- Matthieu 24 -

1 - Introduction

a) Quand ?

  • a.1) Le temple de son corps.
  • a.2) Ce qu'il leur dit.

b) Une alternative.

c) L'avènement.

d) Roi des rois.

e) Fin du monde.

2 - Le signe de la séduction

a) Le problème du mot.

b) Les variations du mot.

  • b.1) Plane.
  • b.2) Planao.
  • b.3) Planos.

c) Ce que cela modifie dans l'apocalypse.

d) Ce que cela modifie dans Matthieu 24.

e) Les formes de la séduction.

  • e.1) Les faux serviteurs.
  • e.2) Les rumeurs.
  • e.3) La réalité concrète.
  • e.4) Les étapes.

3 - La conséquence de la séduction

  • a) Ceux qui n'auront pas été séduit.
  • b) Ceux qui auront été séduit.

4 - L'annonce de la fin

a) La persévérance.

b) Le témoignage.

  • b.1) Cette bonne nouvelle.
  • b.2) Dans le monde entier.

c) Un résumé.

5 - Retour en arrière

6 - A qui s'adresse ce passage ?

a) La question des disciples.

b) La Judée.

c) Le sabbat.

d) Une nation et un royaume.

e) Divers lieux.

f) L'hiver.

g) Retour du Fils de l'homme (donc 7° ange).

7 - Retour du Fils de l'homme

8 - Détermination du moment

a) Eclaircissements.

  • a.1) Le figuier.
  • a.2) La dernière génération.

b) Le moment.

  • b.1) Le jour et l'heure.
  • b.2) Une précision dans Zacharie.

c) La sélection.

9 - Clôture du discours

a) Conseil.

b) Exemple.

10 - Conclusion

1 - Introduction

Il y a différents problèmes dans Matthieu 24 qui ne sont jamais adressés. Certaines explications font consensus, mais elles négligent ces petits points qui malheureusement ne sont pas compatibles avec ce qui est usuellement raconté. Comme la plupart de ceux qui s'y collent ont peur d'aller contre le courant, ils évitent de réfléchir à ces questions qui émergent immanquablement d'une simple lecture du texte.

Une de ces questions étant : pourquoi, dans un texte censé parler d'évènements mondiaux, faut-il prier pour que cela n'arrive pas en hiver puisqu'il sera forcément l'hiver quelque part sur terre ? On se contente assez fréquemment de penser à nous plutôt qu'aux autres, ce qui en soi est déjà un triste constat de l'état de l'église de Dieu, et donc on ne réalise pas toujours cette particularité.

Pourtant il y a encore une autre particularité cocasse qui se trouve contenue dans la question des disciples : « Dis-nous, quand cela arrivera-t-il, et quel sera le signe de ton avènement et de la fin du monde ? ».


a) Quand ?

Généralement on limite notre compréhension de cette question à rallonge à son commencement : « Dis-nous, quand cela arrivera-t-il ? ». Sachant que dans la réalité, ce qui intéresse n'est pas réellement le « quand » de ce qui est décrit, mais une question plus sournoise à laquelle le lecteur cherche une réponse : est-ce maintenant ? Donc fondamentalement : est-ce que c'est nous qui allons écoper ? Ensuite on passe directement à l'explication comme on déchirerait l'emballage d'un cadeau d'anniversaire. Seule la finalité intéresse !

Pourtant ce questionnement est important à comprendre puisqu'il oriente la compréhension de la réponse. Le texte nous dit ceci :

🔘 Matthieu 24.2-3 : « Mais il leur dit : Voyez-vous tout cela ? Je vous le dis en vérité, il ne restera pas ici pierre sur pierre qui ne soit renversée. 24.3 Il s'assit sur la montagne des oliviers. Et les disciples vinrent en particulier lui faire cette question : Dis-nous, quand cela arrivera-t-il, et quel sera le signe de ton avènement et de la fin du monde ? ».

En regardant uniquement ces deux versets et en oubliant temporairement toute l'intervention de Jésus qui va suivre, on réalise en premier lieu que le sujet du « quand » ne concerne pas du tout ce qu'on imagine. Le groupe, incluant Jésus et ses disciples, revient à peine du temple et les disciples lui en font remarquer les constructions (Matthieu 24.1 : « Comme Jésus s'en allait, au sortir du temple, ses disciples s'approchèrent pour lui en faire remarquer les constructions »). Devant ces remarques de ses disciples, Jésus leur annonce une chose qui est alors à venir, et qui, en réalité n'est pas encore arrivée.

On mélange généralement ce passage avec celui où il semble parler de la destruction du temple.


a.1) Le temple de son corps.

Si on ne se fie pas aux apparences et qu'on regarde selon la vérité, Jésus n'a jamais réellement parlé de détruire le temple, il ne l'a même pas réellement annoncée. Dans l'évangile selon Jean, le disciple que Jésus aimait nous relate une altercation entre Jésus et les juifs. C'est le passage des vendeurs du temple. Alors qu'il en ressort, certains juifs essayent de le remettre à ce qu'ils estiment être sa place et lui demandent donc de quel droit il a fait ce qu'il vient de faire. Savoir, renverser les tables, disperser la monnaie des changeurs ... (Jean 2.14-17). C'est dans ce cadre que Jésus donne sa réponse à l'interrogation des juifs.

Il faut donc comprendre ce que Jésus vient de faire pour comprendre ce qu'il vient de dire. Comme dans de très nombreuses occasions dans les 4 versions de l'évangile, Jésus répond au cœur du questionneur plus qu'à la question qui a été formulée.

Ici, le temple d'Hérode est déjà une souillure, le vrai temple est déjà détruit en soi. Jésus connaît le cœur de ceux qui lui parlent, ils sont justement ceux qui ont fait ça. En lui demandant de quel droit il se comporte de cette manière, ils avalisent la mort effective du temple tel qu'ils le connaissent. S'ils avaient regardé comme Jésus regardait à cet instant, ils auraient eux-mêmes fait des fouets avec des cordes. Au lieu de cela, ils se réjouissent de la ruine spirituelle qu'est leur temple dépouillé de la présence même de Dieu depuis des siècles et s'offusquent contre celui qui voit sans le filtre de l'apparence. Lorsque Jésus leur répond, il ne répond pas à leurs mots, mais à leurs intentions.


a.2) Ce qu'il leur dit.

Et ce qu'il leur dit tient dans ces mots : « Jésus leur répondit : Détruisez ce temple, et en trois jours je le relèverai. 20 Les Juifs dirent : Il a fallu quarante-six ans pour bâtir ce temple, et toi, en trois jours tu le relèveras ! 21 Mais il parlait du temple de son corps. 22 C'est pourquoi, lorsqu'il fut ressuscité des morts, ses disciples se souvinrent qu'il avait dit cela, et ils crurent à l'Écriture et à la parole que Jésus avait dite » (Jean 2.19-22).

On remarque dans un premier temps que les juifs ne sont pas choqués par la partie concernant la destruction éventuelle du temple mais sont "amusés" par le fait que Jésus puisse prétendre le relever en trois jours. Il est évident qu'ils n'ont pas compris de quoi il parlait, il ne faisait jamais rien pour qu'ils puissent comprendre ses paroles. Dans la réalité, il commence non pas par dire qu'il va le détruire, mais parle à ceux qui vont le faire, leur annonçant qu'en trois jours il leur en donnera un autre.

Le sens de son affirmation est simple, il leur dit qu'ils ont détruit le temple de Jérusalem, et que leur cœur les portera à détruire le Fils de Dieu, donc lui-même. Parce que leur haine ne peut s'éteindre. S'ils ont haï Dieu jusqu'à souiller sa maison, ils iront jusqu'à souiller son Fils. C'est là qu'il leurs annonce qu'après cette destruction à venir, il se passera trois jours et il ressuscitera. C'est exactement le sens de ce qu'il vient de dire.

Dans l'affirmation « Détruisez ce temple, et en trois jours je le relèverai », le texte nous précise bien que le temple parle de son corps (Jean 2.21). Et finalement, le mot qui est traduit ici par « relèverai » est le mot 'egeiro', qui signifie 'ressusciter'. Rien que dans l'évangile selon Matthieu il est traduit 12 fois de la sorte. Ce qui signifie qu'en réalité il leur dit « Détruisez ce corps, et en trois jours je le ressusciterai ».


Etant acté qu'en réalité il ne parlait pas réellement du temple dans Jean 2, le lien avec Matthieu 24 semble éventé. Pourtant c'est le raccourci que presque tout le monde fait, prétextant que cette partie de Matthieu 24 s'est accomplie en 70 après Jésus-Christ lors du saccage de Jérusalem par les Romains. Le problème c'est que les accomplissements partiels sont souvent avalisés par ceux qui ont une connaissance partielle de la Parole de Dieu. Comme on vient de le voir, ce dont Jésus parle ici n'a pas de réel lien avec la destruction annoncée dans Jean, mais il se trouve qu'elle n'en a pas plus avec celle qui a été perpétrée par les Romains.

La raison en est simple, si notre civilisation aime les hyperboles, elles n'en restent pas moins des mensonges. Si voyant une colline vous dites que c'est une montagne, vous pouvez prétendre que c'est une hyperbole, la réalité est que c'est un mensonge. Ça n'est qu'une colline. Jésus n'use pas d'hyperboles parce qu'il ne ment pas. Or ses paroles exactes sont les suivantes :

🔘 Matthieu 24.2 : « Mais il leur dit : Voyez-vous tout cela ? Je vous le dis en vérité, il ne restera pas ici pierre sur pierre qui ne soit renversée ».

La première chose est qu'il ne parle pas du bâtiment central, mais dit bien : « Voyez-vous tout cela ? ». Il parle donc d'un ensemble de choses, incluant très probablement le temple. La seconde chose revêt une importance fondamentale puisqu'il continue, en ne nommant toujours pas le temple et en nous disant : « il ne restera pas ici pierre sur pierre qui ne soit renversée ». Or il n'aura échappé à personne qu'il existe toujours à ce jour un endroit qu'on appelle le mur des lamentations. Donc ce qu'annonce Jésus dans Matthieu 24.2 n'est pas encore accompli. On comprend soudainement la raison de l'importance de ce mur, il est un signe que les évènements annoncés par Jésus ne sont pas encore arrivés à leur terme.

C'est en réponse à cette remarque de Jésus que les disciples vont alors demander : « quand ». Ce « quand » parle donc de la destruction de « tout cela » et pas directement de la fin des temps. Que les deux choses puissent finir par arriver simultanément ne les empêchent pas d'être séparées. L'annonce faite par Jésus a interpellé les disciples. Ils viennent d'apprendre que dans un temps futur il ne restera plus pierre sur pierre dans l'endroit où ils se trouvent, et ils en déduisent qu'il parle obligatoirement de la fin des temps. C'est donc l'origine de leur question. On peut donc se poser une question simple. Les disciples entendent une affirmation de Jésus et en concluent que cela parle de la fin des temps. Pourtant le temple a déjà été détruit et reconstruit, et ça n'a pas été la fin des temps. Donc ils ont compris autre chose de bien plus vaste, probablement parce que ce que Jésus venait de dire est beaucoup plus vaste que ce qu'on a l'habitude de comprendre.

C'est ce faux lien avec la destruction du temple qui a rendu flou le sens de ce que Jésus disait.


b) Une alternative.

Les disciples viennent de faire remarquer les constructions à Jésus qui leur répond qu'il « ne restera pas ici pierre sur pierre qui ne soit renversée ». On ne va pas tout répéter. Ce qui est intéressant est qu'il ne faut pas prêter à Jésus les paroles de ses disciples. Maintenant que le lien avec la destruction du temple est effacé, il devient intéressant d'essayer de faire preuve d'objectivité. En d'autres termes, de réfléchir à ce qui, dans ses paroles, pourrait faire penser qu'il parle bien du temple.

Là les choses se compliquent, parce que dans la réalité, rien ne dit qu'il parle du temple.

Il découlait des termes de sa discussion avec ses disciples qu'il ne parlait à minima pas uniquement du temple, mais au moins également des constructions qui vont avec. Mais la réalité c'est que c'est effectivement 'au moins'. Comme il n'y a aucun mot dans les propos de Jésus qui puisse affirmer que cela se limite au temple et à ce qui l'entoure, il est nécessaire de prendre en compte que cela puisse ne pas être le cas.

Il est donc parfaitement possible qu'il ne soit pas du tout en train de parler de cela.

On peut sans peine imaginer que les disciples viennent de lui partager leur admiration des constructions présentes, et que Jésus, dont on nous dit qu'il s'assoit sur le mont des Oliviers juste après cette affirmation, vient de désigner « tout cela ». Ce qui signifie qu'il peut parfaitement parler de Jérusalem. Les émotifs vont probablement courir comme des poulets sans tête, mais comme ils ne s'en servent de toute façon pas ...

La suite de la question est primordiale pour comprendre la réponse que Jésus va donner. Les disciples poursuivent donc en disant « ... quel sera le signe de ton avènement et de la fin du monde ? ». Ils ne disent pas « quels seront les signes de ton avènement et de la fin du monde », mais bien « quel sera LE signe ». On peut limiter ce singulier au terme « signe », mais il faut regarder plus loin. Il signifie que dans la bouche des disciples, « l'avènement » et la « fin du monde » sont une seule et même chose, qui est déterminée par un seul signe et qui doivent forcément arriver lorsque le « quand » aura lieu.


c) L'avènement.

L'avènement de Jésus, c'est son couronnement. Ça n'est pas une période, mais un instant. C'est pour cela que dans Matthieu 24.39, Jésus compare cet instant à ce qui s'est passé au temps de Noé. Si le temps de Noé est une époque, par contre la comparaison se fait sur un moment précis de cette époque.

🔘 Matthieu 24.39 : « et ils ne se doutèrent de rien, jusqu'à ce que le déluge vînt et les emportât tous : il en sera de même à l'avènement (parousia) du Fils de l'homme ».

La comparaison que Jésus fait n'est donc pas avec toute la période de Noé. Il nous parle de cette période pour que nous comprenions dans quel cadre les choses vont se passer, et différentes choses arriveront qui nous sont expliquées. Cependant, l'avènement en lui-même est un instant dans la période et non la période elle-même.

Dans son explication, il la compare au moment où le déluge a emporté tout le monde, donc la fin de la période dite du « temps de Noé ». L'élément de comparaison est donc ce qui arrive aux païens, et non aux croyants. Or dans la chronologie des évènements de la fin qui nous est donnée dans le livre de l'apocalypse, il y a deux moissons, la première est celle des croyants, c'est ce qu'on appelle usuellement 'l'enlèvement', et la seconde est celle des païens, qu'on appelle usuellement 'Armageddon'.

L'enlèvement n'est pas l'avènement de Jésus, il ne vient pas sur terre et ne fait que s'en rapprocher. Il ne vient pas régner, mais chercher son épouse, ça n'est donc pas de ce moment dont il nous parle. Le moment qu'il met en avant dans Matthieu 24.39 est le moment où les païens vivront l'équivalent du déluge. Donc le moment sans conversion possible, le moment où il est trop tard et la conséquence de leurs actes leur tombe dessus. C'est le moment où Jésus revient pour régner.


d) Roi des rois.

Dans le livre de l'apocalypse, Jésus n'est appelé « roi des rois » que deux fois.

La première est durant le sixième ange, alors que la grande prostituée va être jugée. Et cette expression est utilisée comme une prophétie dans la prophétie, pour annoncer quelque chose qui est encore à venir alors qu'on est déjà presque à la fin de la vision de Jean : « Ils combattront contre l'agneau, et l'agneau les vaincra, parce qu'il est le Seigneur des seigneurs et le Roi des rois, et les appelés, les élus et les fidèles qui sont avec lui les vaincront aussi » (Apocalypse 17.14). Ça désigne donc Jésus dans un évènement qui est encore plus loin que le sixième ange.

La deuxième occurrence se situe exactement au moment de l'accomplissement de la première : « Il avait sur son vêtement et sur sa cuisse un nom écrit : Roi des rois et Seigneur des seigneurs » (Apocalypse 19.16). Cela se situe durant le septième ange, et très spécifiquement au moment où Jésus chevauche vers Jérusalem pour mettre fin à la guerre qui est menée contre elle. C'est spécifiquement ce qu'on appelle Armageddon et c'est le moment de la seconde moisson.

C'est à cet instant que Jésus devient concrètement le Roi des rois. Pourtant, il faut comprendre que l'appellation « roi des rois » parle de quelque chose de fondamentalement terrestre. Artaxerxes est appelé ainsi (Esdras 7.12*), tout comme Nebucadnetsar (Daniel 2.37*). Au ciel il n'y a pas de roi des rois, ce serait avaliser l'existence de rois à côté du roi unique qu'est Jésus. De même si l'Eternel est le Dieu des dieux, c'est uniquement sur terre, parce qu'au ciel il n'y a aucun dieu aux côtés de notre Dieu. Les circonvolutions nécessaires pour nous faire passer pour des dieux n'entrent pas en ligne de compte ici, elles ne parlent que d'être des versions périssables de celui qui est sans commencement ni fin.

Tout cela pour dire que l'avènement de Jésus, donc son couronnement, parle d'un moment précis qui se trouve être celui où il soumet tous ses ennemis sous ses pieds. Cela parle d'Armageddon et de la fin du septième ange. C'est à cet instant qu'il devient le « roi des rois » parce que sur terre il y a des rois, et il vient de tous les soumettre en une fois.

* 🔘 Esdras 7.12 : « Artaxerxès, roi des rois, à Esdras, sacrificateur et scribe, versé dans la loi du Dieu des cieux, etc ».

* 🔘 Daniel 2.37 : « O roi, tu es le roi des rois, car le Dieu des cieux t'a donné l'empire, la puissance, la force et la gloire ».

Pour confirmer ce qui vient d'être dit, nous avons Jacques qui nous dit : « Soyez donc patients, frères jusqu'à l'avènement (parousia) du Seigneur. Voici, le laboureur attend le précieux fruit de la terre, prenant patience à son égard, jusqu'à ce qu'il ait reçu les pluies de la première et de l'arrière-saison » (Jacques 5.7). Dans ce long verset, il place l'avènement en question après les pluies de l'arrière-saison. Or, si les pluies de l'arrière-saison parlent du déversement du Saint-Esprit, le texte dit bien « jusqu'à ce qu'il ait reçu », ce qui les place dans un temps passé. Selon ses paroles, elles sont donc déjà révolues à l'avènement de Jésus.

Jean de son côté parle de ne pas être confus le jour de son avènement, or pour être confus il faut qu'il soit ressuscité et la résurrection des justes se trouve juste après le retour de Jésus sur terre. Elle est donc concomitante avec Armageddon (1 Jean 2.28 : « Et maintenant, petits enfants, demeurez en lui, afin que, lorsqu'il paraîtra, nous ayons de l'assurance, et qu'à son avènement (parousia) nous ne soyons pas confus et éloignés de lui »).


e) Fin du monde.

Les disciples ne parlent cependant pas que de l'avènement de Jésus, mais également de la fin du monde, et une fois de plus, ils parlent d'un moment, pas d'une période. Ils ne parlent pas du moment qui annonce le fait que le monde va se terminer, mais du moment spécifique où cela se termine. N'oublions pas que les deux choses sont mises ensembles, dans la même question. Ce qu'ils demandent c'est le signe qui montre ces deux choses, parce qu'ils savent qu'elles se déroulent ensemble. Le couronnement de Jésus et la fin du monde. Pour être encore plus précis, ils ne parlent même pas du jour de la destruction du monde, mais du jour où se termine l'histoire du monde. Il restera encore le millénium, mais cette période n'est pas soumise aux mêmes règles.

Quoi qu'il en soit, les disciples parlent spécifiquement d'un moment, pas d'une période. Ils veulent connaître un élément qui leur montrera que le moment est là. La question est d'autant plus étrange que si vous demandiez quand une bombe explosera, il y aurait deux types de réponse. Soit on vous dit que ce sera lorsqu'elle fera "boom", auquel cas ça ne vous apprend pas grand-chose si vous êtes assis dessus. Soit, en parlant d'un moment précis, on vous explique ce qui arrive juste avant.

C'est ce qu'il va falloir regarder dans l'explication de Jésus. Il va tour à tour parler de choses et d'autres dans le but de répondre à la demande de ses disciples concernant un moment en particulier.

2 - Le signe de la séduction

La séduction est, à juste titre, vue négativement. Par contre, ce qui est dommage, c'est que la compréhension de la Parole de Dieu est tellement limitée de nos jours, qu'on assiste à une pratique relativement commune qui consiste à mettre des étiquettes sur toute chose et à les regrouper ensuite. Un peu comme si vous classiez des sacs en fonction du nombre d'objets qui se trouvent dedans. Les sacs avec un seul article ensemble, les sacs avec deux articles ensemble, et ainsi de suite. C'est indéniablement une forme de classement, mais ça n'assure en rien que les sacs contenant deux articles contiennent tous des objets du même type.

Dans la Parole de Dieu, il est très fréquent de procéder de la sorte. On classe ensemble les notions qui ont l'air négatives, et ensemble celles qui ont l'air positives. Finalement, on s'intéresse uniquement aux positives, généralement en prétextant qu'on n'a de toute façon pas le temps de tout voir. On en arrive à avoir une compréhension lourdement déséquilibrée du message contenu dans les textes qui nous ont été laissés. Ne nous rendant même plus compte de l'importance de certaines compréhensions. Parce que ce qui peut paraître négatif a obligatoirement un but positif, dans le cas contraire, cela n'aurait aucune raison d'être présent dans la Parole de Dieu.

Cette façon de penser pousse par exemple certains à éviter de lire le livre de l'Apocalypse, parce qu'ils en ont peur, se privant dans le procédé d'un des textes les plus rassurant que la Parole de Dieu contienne.

Parmi toutes ces notions qu'on laisse de côté se trouvent évidemment, pêle-mêle "l'enfer", "le message de la repentance", ou encore celui dont on va parler, "la séduction". Pour l'enfer on préférera se dire qu'il vaut mieux s'occuper du paradis, pour le message de la repentance on se dira qu'il vaut mieux parler de l'amour de Dieu et que la repentance viendra plus tard, finalement la plupart des croyants se pensent immunisés contre la séduction par le simple fait qu'ils ne la veulent pas. Ne réalisant pas qu'en pensant cela, ils sont déjà séduits. Si vous sautez d'une falaise, vous avait beau essayer de ne pas penser à l'atterrissage en prétextant que cela vous fera ne jamais atterrir, votre erreur se répandra probablement sur plusieurs mètres alentours.


a) Le problème du mot.

Difficile d'imaginer ce que ce mot portait comme signification dans les temps plus anciens. Cependant, de nos jours, "séduire" signifie "attirer vers". Par exemple, si vous êtes "séduit par le monde", vous êtes "attiré par le monde", si vous êtes "séduit par une personne", vous êtes attiré par cette dernière. Bien que la séduction en elle-même ne soit pas obligatoirement négative, dans la Parole de Dieu elle est toujours rattachée à quelque chose qui l'est.

C'est dans cette définition que se trouve un problème de taille lorsqu'on en vient à essayer de comprendre la Parole de Dieu. Parce que ce que porte ce mot, c'est une destination. "Le monde" si vous êtes séduit par lui, "la richesse" si vous êtes séduit par elle, et évidemment, un homme ou une femme pour les mêmes raisons. Cela vient du mot qu'on utilise qui n'est pas d'origine grecque, mais d'origine latine.

Aussi, lorsqu'on regarde le mot original, et donc le mot grec puisque c'est la langue de la nouvelle alliance, sa traduction change radicalement. Non seulement elle devient multiple, ce qui est un premier point, mais elle revêt au-delà de ça une portée toute différente.

Pour comprendre cette différence de portée, résumons simplement le mot original. Il s'agit de [planao] ou de [plane], voir [planos], qui évidemment sont simplement des variations du même mot. Sa signification est "égarement". Je noterai par la suite les différents mots qui ont été utilisés pour le traduire dans les textes. Soulignons d'abord la différence fondamentale.

"Séduire" implique une destination, ou un destinataire, alors que "égarer" représente une perte d'ancrage. On pourrait arguer de ce que celui qui est séduit s'est égaré mais cela se limiterait à jouer avec les mots. Lorsque le livre de l'apocalypse nous dit, parlant alors à l'église de Thyatire : « Mais ce que j'ai contre toi, c'est que tu laisses la femme Jézabel, qui se dit prophétesse, enseigner et séduire mes serviteurs, pour qu'ils se livrent à l'impudicité et qu'ils mangent des viandes sacrifiées aux idoles » (Apocalypse 2.20), remplacer le verbe "séduire" par le verbe "égarer" modifie complètement la signification du verset. Si Jézabel séduit, alors elle essaye d'attirer les serviteurs vers quelque chose par ses enseignements, elle veut les attirer vers son objectif malsain. C'est le but de sa prédication, le verset nous disant bien qu'elle le fait spécifiquement « pour ... ». Par contre, si elle cherche à les égarer, elle ne fait pas la même chose. Son but n'est pas de les "attirer vers", mais de les "éloigner de". La différence est majeure en ce qu'elle désigne des types d'enseignements différents. Elle ne prêche pas pour montrer des choses attirantes, mais pour donner des raisons d'en trouver d'autres repoussantes. Les intentions sont différentes et si on identifie mal les intentions, on bloque partiellement le discernement.

C'est donc le mot "égarer" qui se trouve dans la Parole de Dieu et non le mot "séduire". On trouve cependant de nombreuses traductions différentes de ce mot, voici un exemple de chaque.


b) Les variations du mot.

Bien que des traductions différentes soient données, il faut garder à l'esprit qu'étant en présence du même mot, le sens est lui aussi similaire. Savoir qu'on parle de la même chose peut se révéler particulièrement important dans plusieurs cas.


b.1) Plane.

🔘​ Matthieu 27.64 : « Ordonne donc que le sépulcre soit gardé jusqu'au troisième jour, afin que ses disciples ne viennent pas dérober le corps, et dire au peuple : Il est ressuscité des morts. Cette dernière imposture [plane] serait pire que la première ».

🔘​ 2 Pierre 2.18 : « Avec des discours enflés de vanité, ils amorcent par les convoitises de la chair, par les dissolutions, ceux qui viennent à peine d'échapper aux hommes qui vivent dans l'égarement [plane] ».

🔘​ 1 Jean 4.6 : « Nous, nous sommes de Dieu; celui qui connaît Dieu nous écoute; celui qui n'est pas de Dieu ne nous écoute pas: c'est par là que nous connaissons l'esprit de la vérité et l'esprit de l'erreur [plane] ».

Les trois traductions de [plane] sont donc : 'imposture', 'égarement' et 'erreur'. Elles sont reparties dans 6 occurrences.


b.2) Planao.

🔘​ Matthieu 18.12 : « Que vous en semble ? Si un homme a cent brebis, et que l'une d'elles s'égare, ne laisse-t-il pas les quatre-vingt-dix-neuf autres sur les montagnes, pour aller chercher celle qui s'est égarée [planao] ? ».

🔘​ Matthieu 22.29 : « Jésus leur répondit : Vous êtes dans l'erreur [planao], parce que vous ne comprenez ni les Écritures, ni la puissance de Dieu ».

🔘​ Matthieu 24.4 : « Jésus leur répondit : Prenez garde que personne ne vous séduise [planao] ».

🔘​ Hébreux 11.38 : « eux dont le monde n'était pas digne, errants [planao] dans les déserts et les montagnes, dans les cavernes et les antres de la terre ».

🔘​ Jacques 1.16 : « Ne vous y trompez [planao] pas, mes frères bien-aimés ».

Les 5 traductions de [planao] sont donc : 'égarement', 'erreur', 'séduction', 'errance' et 'tromperie'. Elles sont reparties dans 33 occurrences.


b.3) Planos.

🔘 Matthieu 27.63 : « et dirent : Seigneur, nous nous souvenons que cet imposteur [planos] a dit, quand il vivait encore : Après trois jours je ressusciterai ».

🔘 2 Jean 1.7 : « Car plusieurs séducteurs [planos] sont entrés dans le monde, qui ne confessent point que Jésus-Christ est venu en chair. Celui qui est tel, c'est le séducteur [planos] et l'antéchrist ».

Les 2 traductions de [planos] sont donc : 'imposteur' et 'séducteur'. Elles sont reparties dans 3 occurrences.


c) Ce que cela modifie dans l'apocalypse.

Comme j'ai déjà parlé du passage concernant l'église de Thyatire, commençons par la fin. La première chose qu'on notera, c'est que dans le cas de ce livre, le mot [planao] est toujours traduit par séduire, sans aucune exception. Si dans les autres livres où il est présent on trouve plusieurs variantes, ici ça n'est pas le cas. C'est une constante d'autant plus étrange qu'elle n'est pas présente dans les autres livres écrit par Jean. Dans l'évangile selon Jean ce mot est traduit par 'égarer' (Jean 7.12) et par 'séduire' (Jean 7.47). Dans sa première épître, il est traduit par 'séduire' (1 Jean 1.8) (1 Jean 3.7) et par 'égarer' (1 Jean 2.26). Donc dans les deux autres livres en dehors de l'apocalypse, les traducteurs ont fait varier les significations, alors que les versets ne s'y prêtaient pas. Par contre, dans le livre de l'apocalypse, quels que soient les contextes, c'est toujours le verbe séduire qui est choisi.

🔘​ Apocalypse 2.20 : Jézabel : « Mais ce que j'ai contre toi, c'est que tu laisses la femme Jézabel, qui se dit prophétesse, enseigner et séduire (pas séduire, égarer) mes serviteurs, pour qu'ils se livrent à l'impudicité et qu'ils mangent des viandes sacrifiées aux idoles ».

🔘​ Apocalypse 12.9 : Dragon, serpent ancien, diable et satan : « Et il fut précipité, le grand dragon, le serpent ancien, appelé le diable et Satan, celui qui séduit (pas séduit, égara) toute la terre, il fut précipité sur la terre, et ses anges furent précipités avec lui ».

🔘​ Apocalypse 13.14 : La deuxième bête : « Et elle séduisait (pas séduisait, égarait) les habitants de la terre par les prodiges qu'il lui était donné d'opérer en présence de la bête, disant aux habitants de la terre de faire une image à la bête qui avait la blessure de l'épée et qui vivait ».

🔘​ Apocalypse 18.23 : La prostituée : « la lumière de la lampe ne brillera plus chez toi, et la voix de l'époux et de l'épouse ne sera plus entendue chez toi, parce que tes marchands étaient les grands de la terre, parce que toutes les nations ont été séduites (pas séduites, égarées) par tes enchantements ».

🔘​ Apocalypse 19.20 : La deuxième bête et le faux prophète : « Et la bête fut prise, et avec elle le faux prophète, qui avait fait devant elle les prodiges par lesquels il avait séduit (pas séduit, égaré) ceux qui avaient pris la marque de la bête et adoré son image. Ils furent tous les deux jetés vivants dans l'étang ardent de feu et de soufre ».

🔘​ Apocalypse 20.3 : Dragon, serpent ancien, diable et satan : « Il le jeta dans l'abîme, ferma et scella l'entrée au-dessus de lui, afin qu'il ne séduisît (pas séduisît, égara) plus les nations, jusqu'à ce que les mille ans fussent accomplis. Après cela, il faut qu'il soit délié pour un peu de temps ».

🔘​ Apocalypse 20.8-10 : Dragon, serpent ancien, diable et satan : « Et il sortira pour séduire (pas séduire, égarer) les nations qui sont aux quatre coins de la terre, Gog et Magog, afin de les rassembler pour la guerre; leur nombre est comme le sable de la mer. 9 Et ils montèrent sur la surface de la terre, et ils investirent le camp des saints et la ville bien-aimée. Mais un feu descendit du ciel, et les dévora. 10 Et le diable, qui les séduisait (pas séduisait, égarait), fut jeté dans l'étang de feu et de soufre, où sont la bête et le faux prophète. Et ils seront tourmentés jour et nuit, aux siècles des siècles ».

Pourtant lorsqu'on relit ces versets en gardant à l'esprit que le mot original porte la notion d'éloigner et non celle d'attirer, les significations des versets précités changent du tout au tout. Satan ne cherche pas à attirer les enfants de Dieu vers un péché en particulier ou même vers lui. Tout ce qu'il essaye de faire, c'est de nous faire rejeter Dieu, c'est tout ce qui compte pour lui. Si nous ne sommes plus sur le chemin qu'est Jésus, peu importe le chemin sur lequel nous serons, ils mèneront tous à Rome.

Sa réussite vient de l'absence de nuances dans le regard des croyants. Rejeter Dieu ne prend pas nécessairement la forme d'une rébellion ouverte et affichée, dans l'intégralité des cas, cela correspond en réalité à une multitude d'étapes qui les unes après les autres nous font négliger ce que nous dit la Parole. Toujours avec les mêmes excuses du type "à notre époque on ne peut plus" "il faut faire avec son temps" ou la pire de toute "Dieu m'aime donc il comprendra". Ces façons de penser sont un rejet de ce que Dieu dit et de ce que Dieu est, et l'attraction du monde qui va de pair n'en est qu'une conséquence. C'est parce que les croyants ne veulent plus de Dieu qu'ils se réfugient dans ce qui va être leur excuse. Ils peuvent être séduits parce qu'ils se sont égarés.


d) Ce que cela modifie dans Matthieu 24.

Jésus ne vend pas des lignes, il dit les choses lorsqu'elles doivent être dites. Bien que Matthieu 24 soit un long texte, dans la réalité, sa réponse se trouve dans le premier verset de sa réponse.

🔘 Matthieu 24.4 : « Jésus leur répondit : Prenez garde que personne ne vous séduise ».

C'est la partie qu'on ne regarde presque pas, alors qu'elle est presque la fin de la discussion. Les disciples ont posé une question et ont obtenu une réponse directe. Le signe de la fin est de celles qui sont définies par les proportions. Tout comme les tremblements de terre. Il y en a toujours eu, pourtant c'est un des signes des temps à venir. C'est possible parce que Jésus nous parle de choses particulières et que notre compréhension ne fait que les effleurer. Nous les comprenons à l'aune de ce que nous avons déjà expérimenté, mais le simple fait de les avoir déjà expérimentées devrait nous suffire à comprendre qu'il ne parle pas de cela, sinon ce ne serait pas un signe puisque ça arrive cycliquement.

Lorsqu'il nous dit qu'il y aura des tremblements de terre, nous savons ce que cela désigne communément, alors nous en déduisons que nous savons de quoi il parle. Mais nous oublions que Jésus ne parle jamais pour ne rien dire. S'il veut garder le silence, il a prouvé devant Pilate qu'il peut le faire. Lorsqu'il parle il dit quelque chose qui a réellement du sens. Lorsqu'il place un tremblement de terre comme un signe, il parle obligatoirement de quelque chose de si particulier que le jour où il arrivera on ne se demandera pas si c'est de cela qu'il parlait.

Lorsqu'il nous dit que le signe de son avènement et de la fin du monde sera la séduction, il ne parle pas à la légère. C'est nous, une fois de plus, qui traitons avec légèreté ce qu'il nous dit au lieu d'être reconnaissant de la précision.

Nous avons tous déjà été séduits, et peut-être avons-nous séduit. Nous grandissons et connaissons la tentation dans bien des domaines particuliers. La séduction n'est pas une nouveauté. Pourtant ici, Jésus nous parle d'une séduction particulière. Qu'elle le soit dans l'intensité où dans la forme, peut-être dans les deux à la fois, n'est pas précisé. Par contre, c'est la séduction qui sera le centre de tout.

Il arrivera donc une séduction telle qu'elle n'était jamais arrivée auparavant. Une séduction qui va emporter le monde dans un tourbillon qui ne s'éteindra que dans la géhenne.

Le seul détail qui est donné sur cette séduction, se trouve non pas dans la forme qu'elle va prendre, mais dans sa source. Jésus nous dit bien « que personne ne vous séduise ». Il ne parle pas de se laisser séduire par un paquet de gâteau, mais bel et bien par une ou des personnes qui peuvent parfaitement être celles qui ont tendu le paquet de gâteau.

C'est donc bien des personnes qui essayeront d'égarer le peuple de Dieu, et non des évènements. Toutes les fois où Jésus nous cite ce risque en font mention.

🔘​ Matthieu 24.4 : « Jésus leur répondit : Prenez garde que personne ne vous séduise [planao = égarer] ».

🔘 Matthieu 24.5 : « Car plusieurs viendront sous mon nom, disant : C'est moi qui suis le Christ. Et ils séduiront [planao = égarer] beaucoup de gens ».

🔘​ Matthieu 24.9-11 : « Alors on vous livrera aux tourments, et l'on vous fera mourir; et vous serez haïs de toutes les nations, à cause de mon nom. 10 Alors aussi plusieurs succomberont, et ils se trahiront, se haïront les uns les autres. 11 Plusieurs faux prophètes s'élèveront, et ils séduiront [planao = égarer] beaucoup de gens ».

🔘​ Matthieu 24.24 : « Car il s'élèvera de faux Christs et de faux prophètes ; ils feront de grands prodiges et des miracles, au point de séduire [planao = égarer], s'il était possible, même les élus ».

Et la particularité de l'égarement sur la séduction, c'est que si la finalité est la même, l'origine est différente, et c'est elle qui compte. Il est totalement inutile de parler d'une conséquence si on ne dit pas quelle en a été la cause. Ca ne sert à rien de dire qu'il ne faut pas tomber dans la piscine si on ne prévient pas que le terrain est glissant, les personnes tomberont quand même en essayant de voir la piscine de plus près pour comprendre pourquoi il ne faut pas y tomber. Lorsqu'elles auront compris, il sera trop tard. Alors que si vous leur dites que le terrain est glissant, elles prendront le risque de tomber dans la piscine en connaissance de cause, et les plus sages ne s'en approcheront pas.

Jésus est la porte des brebis, ainsi que le chemin, la vérité et la vie. Il n'est pas la destination, c'est le Père qui l'est. Ce qu'il nous dit, c'est de rester fortement ancré en lui et de ne pas dévier de lui, donc du chemin. Personne qui reste sur le chemin ne se laisse séduire. Il doit d'abord quitter le chemin avant de se laisser séduire. C'est comme dans un couple, l'un ne trompe pas l'autre parce qu'il s'est laissé séduire. Il se laisse séduire parce qu'il a déjà abandonné sa position première dans le couple. Une fois que nous avons lâché ce que nous avions, nous devons le remplacer parce que la nature a horreur du vide.

Lorsque vous marchez avec Dieu, vous ne pouvez pas être séduit sans avoir auparavant abandonné votre marche. Vous devez d'abord rejeter Dieu, même si ça n'est que partiellement, pour commencer, au fur-et-à-mesure, à le remplacer. Domaine après domaine. Vous changez ce qui ne vous convient pas. Comme le disait si bien Josué, nous sommes créés pour être dépendant et nous choisissons notre dépendance. Dès lors que nous refusons quelque chose qui est de Dieu, nous allons obligatoirement accepter autre chose pour le remplacer, parce qu'en refusant Dieu, notre cœur a parlé et nous nous laisserons séduire par ce à quoi il aspire.

Il précise ensuite en donnant la forme de cette séduction.


e) Les formes de la séduction.

Les formes de la séduction doivent être regardées au travers de ce qui a déjà été dit. Il nous les illustre de trois manières :


e.1) Les faux serviteurs.

La première est la plus simple à comprendre, même si elle est assez facile à manquer.

🔘 Matthieu 24.5 : « Car plusieurs viendront sous mon nom, disant : C'est moi qui suis le Christ (Oint). Et ils séduiront beaucoup de gen».

On a tendance, beaucoup par idolâtrie, à penser que cela parle d'antéchrist, ou plus généralement de personnes prétendant être Jésus. Mais une fois de plus, il est important de regarder ce que dit Jésus et de ne pas le réduire aux lectures hâtives que l'on peut faire. Il affirme donc que ces personnes viendront sous son nom, précisant qu'elles sont le christ/oint. C'est là que se trouve le piège et le problème issu de l'idolâtrie.

'Christ' n'est pas le nom de Jésus. Dans la réalité, ça n'est même pas un nom. Donc Jésus ne dit pas que ces personnes prétendront être Jésus, mais qu'elles prétendront venir de lui. Quant à l'affirmation qu'elles prétendront être le "Christ" avec une majuscule, ça n'est qu'un effet de manche. En grec, le mot 'christ' n'est écrit avec une majuscule qu'en début de phrase, sinon c'est toujours avec une minuscule. La compréhension est donc une affaire de contexte et non d'obéissance à une majuscule arbitrairement décidée par des interprètes qui ont maintes fois prouvé leurs biais.

Or le contexte en question nous dit quoi ?

Il nous dit que le temps au sujet duquel les disciples interrogent Jésus sera celui durant lequel « plusieurs » personnes viendront en son nom en prétendant être le « christ ». Le pluriel employé invalide la possibilité de l'antéchrist, qui est un singulier qui ne tolérera pas de pluriel à ses côtés. Quant au fait que cela puisse signifier que ce serait des personnes prétendant réellement être Jésus, il y a également une impossibilité très particulière qui est rendue floue par l'abyssale faiblesse de la connaissance de la Parole de Dieu de nos jours. Jésus parle à ses disciples, des personnes sérieuses et sincères, qui progressaient de jour en jour. Or la Parole de Dieu est claire, Jésus ne revient pas sur terre avant que tout ne soit terminé, et le jour de l'enlèvement de l'épouse précède ce jour particulier du retour. Lors de l'enlèvement de l'épouse, il vient dans les nuées, il ne pose pas son pied sur terre.

Aussi, se laisser séduire par une personne prétendant être Jésus, sur terre, relève soi du volontariat soi d'une telle absence de connaissance de la Parole de Dieu que la sincérité de la conversion peut être remise en question. N'oublions pas Osée 4.6 : « Mon peuple est détruit, parce qu'il lui manque la connaissance. Puisque tu as rejeté la connaissance, je te rejetterai, et tu seras dépouillé de mon sacerdoce ; Puisque tu as oublié la loi de ton Dieu, j'oublierai aussi tes enfants ». Une conversion sincère se suit d'une volonté d'apprendre à connaître Dieu et donc sa Parole, selon Osée, ceux qui n'acquièrent pas cette connaissance se condamnent eux-mêmes, parce que cette parole qu'ils rejettent le leur dit.

Dans le premier exemple de séduction mis en avant par Jésus, il parle non de l'antéchrist, mais de personnes qui prétendront être de Dieu, des loups dans la bergerie. Lorsqu'il parle d'être 'christ', il parle d'être 'oint', il parle de tous ceux qui ont pour intention ouverte de perdre le peuple, mais ne se limite pas à ces personnes. Certains ne pensent qu'à leur propre gamelle. Il parle de tous les pasteurs, prophètes, enseignants, apôtres, chantres et ainsi de suite, que Jésus n'a pas envoyé. Il parle de toutes ces personnes qui recherchent plus leur propre gloire que celle de Dieu. De toutes ces Jézabel et de tous ces Achab qui, le sourire aux lèvres, distillent un vin qui fait tourner la tête au lieu d'ancrer les croyants dans la stabilité du royaume. Limiter la liste à ceux qui se prétendent porteurs d'un ministère quelconque serait toutefois une erreur. Il y a actuellement dans le monde une personne qui porte les stigmates de la flétrissure et que bon nombre de croyants considèrent, à l'image de Cyrus, oint et choisi par Dieu. La séduction bat déjà son plein.

Toutes ces personnes entraînent déjà des multitudes dans le gouffre, pourtant aucun de ceux qui les suivent ne s'en rend compte, sinon on peut espérer qu'ils cesseraient de les suivre. La plupart de ces personnes ont pignon sur rue et font croire que les quitter c'est quitter le seigneur, que ne pas les soutenir c'est s'opposer à Dieu, alors que justement, c'est rester et acquiescer qui l'est.

Cette partie de la séduction dont parle Jésus est déjà présente, mais comme je le disais, il est certain que les choses vont aller encore bien plus loin, suffisamment pour que ce soit un déterminant de la fin des temps.

A l'image des faux-prophètes, « Ils viennent à vous en vêtement de brebis, mais au dedans ce sont des loups ravisseurs » (Matthieu 7.15).


e.2) Les rumeurs.

Comme d'habitude, l'animal apeuré est focalisé sur les phares au lieu d'appréhender le véhicule et donc ce qui est nécessaire pour y échapper. C'est ce que produit ce verset.

🔘 Matthieu 24.6 : « Vous entendrez parler de guerres et de bruits de guerres : gardez-vous d'être troublés, car il faut que ces choses arrivent. Mais ce ne sera pas encore la fi».

Tout le monde focalise sur les « guerres » et les « bruits de guerres », pourtant ça n'est pas réellement le point mis en avant par Jésus.

Ce qui a de la valeur ici, c'est : « gardez-vous d'être troublés ». Rappelons-nous que la raison de son laïus est de nous donner le signe de son avènement et de la fin du monde et que le signe en question est la séduction. Dans ce verset c'est donc à nouveau de cela qu'il parle. La séduction.

Le sens réel de ce qui est dit ici est que la raison d'être de ces « guerres » et de ces « bruits de guerres » a directement à voir avec la séduction. Ça ne signifie pas que dans la réalité il n'y a pas de guerres, mais que le but réel de celles dont il parle et de vous séduire. D'attirer votre attention pour vous détourner de ce qui a véritablement de l'importance.

Le but n'est pas de nier les conséquences inévitables des guerres, la souffrance des uns et la mort des autres, mais de réaliser que ça n'est pas notre royaume. Ça ne doit pas nous faire perdre de vue la direction que notre vie doit avoir. Ça ne doit pas nous faire oublier les promesses de Dieu. Ce que nous ne comprenons pas n'est pas la preuve que ce que nous avions compris était faux. Certains se laissent embarquer dans ces « guerres » et ces « bruits de guerres », ne prient plus que pour ça, tout en se sentant très spirituel dans l'intervalle, puis prennent parti pour un camp ou l'autre et finissent par se séparer de ceux censés faire partie de leur famille spirituelle parce qu'ils ne partagent pas leur position sur telle ou telle guerre. On les retrouve invariablement en supporter d'un camp ou de l'autre, plaçant leur confiance dans l'homme qui le représente, qui en devient le "choix de Dieu" : le sauveur de la chair qui prend la place du sauveur de l'âme. Tout cela en se justifiant par quelques versets picorés de-ci de-là. De nos jours il n'y a plus de bons côtés sur terre, tout est une mascarade, une partie de ping-pong orchestrée par la bête et la grande prostituée pour vous maintenir dans le trouble afin de permettre la séduction.

Ce changement est rendu possible parce que ces personnes se laissent troubler par du bruit. Dans ce verset Jésus ne parle même pas de guerres à proprement parler, mais uniquement du fait d'en entendre parler. Ça ne signifie pas qu'il n'y en a pas, mais qu'il ne parle pas de ça ici, uniquement du fait de se laisser corrompre par ce que l'on entend, peu importe que cela soit vrai ou non, que ces guerres existent ou non. Et même, dans la plupart des guerres effectives actuelles, les bruits de guerres ont été utilisés pour les justifier. Des nations font 'préemptivement' la guerre en se justifiant par les velléités guerrières supposées de ceux qu'ils ont attaqués. En d'autres termes, ils parlent de guerres et de bruits de guerres, et une fois que tout le monde s'est laissé séduire par leurs affirmations, alors ils finissent par la faire eux-mêmes avec l'accord de ces mêmes populations qu'elles ont séduites et qui souvent vont justement aller mourir dans ces conflits.

Le trouble qu'elles ont accepté a permis la séduction et, d'amies de Dieu, elles en deviennent ennemies parce qu'elles n'ont pas cru à ce qu'il a dit.

Et gardons à l'esprit que ces choses doivent arriver, aucune prière ne les empêchera. Se ranger derrière la puissance de la prière de la foi serait un mensonge supplémentaire qui avaliserait la réussite de la séduction sur soi. Jésus l'a dit, donc rien ne peut le changer : « ... il faut que ces choses arrivent ... ». Ce qu'il nous dit a pour but de nous rappeler que nous devons nous garder « d'être troublés ».


e.3) La réalité concrète.

Dans le premier verset il parlait des faux serviteurs, dans le deuxième il parlait des rumeurs, et maintenant il va avaliser les choses concrètes.

🔘 Matthieu 24.7-8 : « Une nation s'élèvera (egeiro) contre une nation, et un royaume contre un royaume, et il y aura, en divers lieux, des famines et des tremblements de terre. 24.8 Tout cela ne sera que le commencement des douleurs ».

Ces deux versets contiennent plusieurs choses, les lire simplement comme des éléments se suivant les uns les autres ne permet pas de le comprendre réellement.

1️⃣ « Une nation s'élèvera (egeiro) contre une nation, et un royaume contre un royaume, ... ».

Cela fait cas d'une guerre totale. La première partie parle d'un conflit humain, la deuxième d'un conflit spirituel. Cependant, le nombre indiqué "un" ne doit pas être compris comme un pronom impersonnel définissant une quantité et pouvant pointer n'importe quel pays ou n'importe quel royaume, mais comme le déterminant d'une unité. Tout comme notre Dieu est un, tout comme l'homme et la femme le sont dans leur union. Ça met donc en avant une guerre qui va opposer deux camps non pas dans le sens ou plusieurs nations vont se donner la main pour agir de concert, mais dans le sens ou plusieurs nations ne feront plus qu'une, et qui seront opposées à plusieurs nations qui ne feront également qu'une. Toutes les guerres ne se faisant pas avec des chars. Conjointement, un royaume s'élèvera contre un royaume, ce qui nous parle des ténèbres qui s'élèveront contre la lumière, de satan qui se lève contre Dieu.

Comme dans les deux premiers cas, il y a évidemment la notion d'intensité qui entre en ligne de compte. Toutes les choses dont Jésus parle existent en flux continu depuis l'aube des temps et ne peuvent donc pas être des signes sous leur forme commune.

2️⃣ « ..., et il y aura, en divers lieux, des famines et des tremblements de terre ».

Cela aussi existe de manière continue depuis probablement aussi longtemps que l'homme a peuplé la terre. Rien que dans la Parole de Dieu, les famines sont omniprésentes. Il y en a eu au temps d'Abraham (Genèse 12.10), d'Isaac (Genèse 26.1), de Jacob et de Joseph (Genèse 41), à l'époque de Ruth (Ruth 1.1), de David (2 Samuel 21.1), d'Elie (Luc 4.25), d'Elisée (2 Rois 6.25). Les famines ayant la particularité d'être généralement la conséquence des guerres et l'origine des épidémies, lorsque les hommes ne se chargent pas d'être l'origine des trois. Or le triptyque guerre/famine/épidémie rappelle très clairement les trois cavaliers.

Il y a dans cette affirmation quelque chose de très intéressant qui va se retrouver par après de manière encore plus forte.

Jésus dit qu'il « y aura, en divers lieux ... », et vous noterez qu'une fois de plus, c'est la suite qui attire l'attention, alors que la réelle particularité de ce qui est dit se trouve ici. Si les famines et les tremblements de terre arrivent en divers lieux, cela signifie que ça n'a pas lieu partout. Et c'est une particularité très importante. En effet, si les signes de la fin ne sont pas visibles dans certains endroits ça pose un problème important. Imaginons un pays, peu importe lequel, qui ne vivrait ni famine, ni tremblements de terre, ni guerres et ainsi de suite. En quoi peut-on considérer qu'il ait reçu un des signes qui pourtant est annoncé ? Or si ces signes sont censés nous avertir, alors ces personnes n'ont pas été averties, et cela ne colle pas. Il y a donc une autre manière de comprendre, et il est probable que la géographie joue un rôle très important dans la compréhension.

Pour ajouter à cela, il faut encore et toujours garder en tête la notion de proportion et d'intensité. Si les tremblements de terre en question ne se ressentent que dans un petit village coupé du monde au fin fond d'une région presque inhabitée, ça ne sera pas un signe pour beaucoup de monde et ça finirait même par n'en être un pour personne.

Or dans le message de la fin des temps, tous les pluriels s'unissent dans un singulier qui lui remettent leur particularité pour exercer une domination globale. Ainsi les bêtes de la terre ont la bête, les antéchrists ont l'antéchrist, les tremblements de terre ont le grand tremblement de terre, et ainsi de suite. Jésus nous parle de choses qui vont se transcender chacune en une seule, majeure. Ainsi il y aura une famine particulière et spécifiquement un tremblement de terre particulier qui provoquera de très grandes destructions, mais pas partout. Parce que l'histoire de la fin des temps ne s'exonère jamais de sa dimension géographique, et je reviendrai bientôt sur ce sujet.

En tous les cas, dans un premier temps Jésus nous a parlé de la séduction apportée par ceux qui prétendent venir en son nom, ensuite de la séduction apportée par les hommes à travers les rumeurs de malheurs. Finalement, il nous parle de ce que ces malheurs que les hommes ont craint leur tombent dessus, confirmant une fois de plus la Parole de Dieu : « Ce que je crains, c'est ce qui m'arrive ; Ce que je redoute, c'est ce qui m'atteint » (Job 3.25).


e.4) Les étapes.

Les choses dites par Jésus comportaient également une autre mention que celles précédemment citées. Ces mentions en question posent une chronologie entre les versets qui ne se limite pas à leur position dans le texte.

On note qu'il commence par parler de la séduction venant de ceux qui prétendent être serviteurs de Dieu. Ensuite il parle de ne pas se laisser troubler, finissant par dire « Mais ce ne sera pas encore la fin » (Matthieu 24.6). Il enchaîne alors sur les choses concrètes et termine ce passage par « Tout cela ne sera que le commencement des douleurs » (Matthieu 24.8).

Il parle bien d'une suite que j'ai mise en avant dans les trois points précédents. Des personnes se posent comme personnes de confiance, prétendant avoir le sceau divin, puis elles partagent des rumeurs, font différentes affirmations pour plonger leurs auditeurs dans la crainte, et une fois que c'est arrivé, ce qu'elles craignaient fini par se passer. Ultimement elles se serviront de ce que c'est arrivé pour affirmer qu'elles avaient raison. Ce schéma se reproduit de l'individuel au général ; vous le trouverez autant au niveau des assemblées locales, que des gouvernements voulant régner sur le monde. 1 - Se présenter comme légitime ; 2 - présenter une situation comme tragique et apeurer tout le monde ; 3 - les personnes vivant dans la peur ne pouvant plus avoir de réflexion propre vont alors rechercher quelqu'un pour penser à leur place, et il se trouve qu'elles connaissent justement quelqu'un de légitime qui devient ultimement le sauveur de la situation.


Le signe que demandaient les disciples n'arrange pas grand monde. Parce qu'il demande beaucoup d'efforts personnels. Il demande de la vigilance, parce que la séduction est partout, et alors même que nous focaliser sur ce que nous dit Dieu devrait être la base même de notre existence, il se trouve que ça n'est pas le socle de tant de monde que ça. Mais l'église a cru pendant longtemps pouvoir survivre dans un entre-deux où elle ne fait des efforts qu'une fois de temps en temps, pour ménager sa conscience. Maintenant elle se retrouve à devoir éprouver les choses et à se tenir à ce que Dieu a dit. Mais sa volonté est atrophiée à force de ne pas s'en servir et elle a du mal à faire ce qu'elle aurait dû apprendre à faire avec le temps, petit à petit. Alors elle va se chercher des personnes en qui elle aura confiance et qui feront l'essentiel du tri. En d'autres termes, le cercle de la séduction va continuer encore et encore.

Si le redressement ne commence pas par la repentance, le redressement ne commencera pas du tout.

3 - La conséquence de la séduction


Je ne compte plus les exemples où ce que Jésus dit se trouve être une suite chronologique alors que ça n'est pas compris de la sorte. Par exemple, le sermon sur la montagne est de ce type. Ici, après le premier verset qui nomme la séduction (verset 4) vient quatre versets qui établissent un ordre dans le déroulement des choses et dans l'installation de cette séduction (versets 5 à 8), les quatre versets suivants définissent la conséquence de la séduction qui couvre peu à peu le monde.

🔘 Matthieu 24.9-12 : « Alors on vous livrera aux tourments, et l'on vous fera mourir ; Et vous serez haïs de toutes les nations, à cause de mon nom. 10 Alors aussi plusieurs succomberont (skandalizo), et ils se trahiront, se haïront les uns les autres. 11 Plusieurs faux prophètes s'élèveront (egeiro), et ils séduiront beaucoup de gens. 12 Et, parce que l'iniquité se sera accrue, la charité du plus grand nombre se refroidira ».

Si on ne le réalise pas de suite, Jésus parle de deux choses sur le même sujet de la conséquence de la séduction, et la séparation est assez simple.


a) Ceux qui n'auront pas été séduit.

🔘 Matthieu 24.9 : « Alors on vous livrera aux tourments, et l'on vous fera mourir ; Et vous serez haïs de toutes les nations, à cause de mon nom ».

Le premier verset parle de ceux qui résisteront à l'appel de la séduction. Notez que dans la partie précédente, on en arrivait à un royaume contre un royaume et comme cela parlait de l'unification de la terre dans le camp de la prostituée et dans le camp de la bête. Ici, on constate que toutes les nations marchent de concert. Ceux qui seront restés attachés au seigneur seront persécutés, mis à morts, et haïs de toutes les nations.

La suite ne parle pas de la même chose, elle parle des autres personnes.


b) Ceux qui auront été séduits.

🔘 Matthieu 24.10-12 : « Alors aussi plusieurs succomberont, et ils se trahiront, se haïront les uns les autres. 24.11 Plusieurs faux prophètes s'élèveront (egeiro), et ils séduiront beaucoup de gens. 24.12 Et, parce que l'iniquité se sera accrue, la charité du plus grand nombre se refroidira ».

Le mot « succomberont » est le mot "skandalizo" et il ne signifie pas mourir. Sans le savoir on pourrait croire que cela parle toujours de la même chose que dans le verset précédent. Il se trouve que ce mot parle "d'occasion de chute". Les personnes succombant sont donc des personnes qui perdent la foi. Leur mort est spirituelle et non physique. Dans les versets 10 à 12 Jésus parle donc de ceux qui auront cédé à la séduction.

La notion de "perdre la foi" est cependant mal comprise, et c'est le bon endroit pour clarifier la chose.

Ça peut désigner trois choses, la première est le fait de ne plus du tout croire en dieu, la deuxième est de ne plus croire dans le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob mais de croire en des faux dieux, et la troisième est de ne plus croire dans le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob, mais de ne pas s'en rendre compte.

Les conséquences de ces trois pertes de foi finissent par se confondre, parce que celui qui n'assemble pas avec Jésus, disperse. Pourtant les dangers pour les croyants ne sont pas les mêmes et Jésus en met de particuliers en avant qui, si on ne réalise pas les différentes pertes de foi possible, peuvent revêtir un plus grand danger encore. Ainsi les deux premiers versets de ce court passage parlent de choses différentes, lorsque le troisième cite les conséquences.


🔘1️⃣ « Alors aussi plusieurs succomberont, et ils se trahiront, se haïront les uns les autres ».

Jésus commence par parler des dissensions dans le peuple. Il ne fait pas de distinctions entre les individus, mais il met en avant une précision intéressante. On comprend assez facilement la première partie, par contre le fait de savoir qu'ils se haïront les uns les autres est intéressant. Jésus nous dit d'aimer nos ennemis, mais là il parle de personnes qui ont réciproquement de la haine les unes pour les autres. Donc techniquement, elles sont toutes dans l'erreur, et au moins certaines n'appartiennent plus à Dieu.

Comme je le disais, cela fait cas du peuple, et on n'a pas beaucoup de peine à l'imaginer. Par contre, il fait suivre cette première affirmation par une seconde qui est plus pernicieuse.


🔘2️⃣ « Plusieurs faux prophètes s'élèveront (egeiro), et ils séduiront beaucoup de gen».

Il ne faut pas oublier que les serviteurs aussi peuvent perdre la foi, mais eux savent que cela leur fera également perdre leur position. Alors ils se taisent. Compter sur leur honnêteté alors qu'ils ne croient plus en Dieu est dangereux. La réalité est qu'ils feront ce qui est nécessaire pour garder leurs lucratives fonctions et feront ce qui est nécessaire pour qu'elles le soient encore plus. Cela augmente encore l'importance de comprendre l'impossibilité de servir Dieu et Mammon (Matthieu 6.24). Plus vous croissez auprès de l'un, plus vous décroissez auprès de l'autre. L'évangile de prospérité est un évident symbole de ce principe de la Parole de Dieu, ses adeptes déployant des trésors d'ingéniosité pour essayer de justifier leur comportement au regard de l'argent.

La différence entre le croyant lambda et le serviteur en poste est importante. Elle justifie à elle seule l'obligation que nous avons d'éprouver ce qu'on nous apporte "de Dieu". Lorsque le livre du Lévitique nous parle de ne pas craindre le prophète dont la parole ne s'est pas accomplie, il faut le faire avec sagesse. Aucun serviteur ne devrait se tromper, et dans un monde idéal, le but serait d'éprouver ce qui est dit pour savoir si la personne qui a parlé est de Dieu ou non. Mais les choses ne sont pas aussi simples, nous sommes charnels et malgré notre attention, l'esprit est bien disposé, mais la chair est faible (Matthieu 26.41). Personne n'est à l'abri d'une parole qui n'était pas de Dieu, et cela n'en fait pas un faux "quoi que ce soit". Ça en fait uniquement quelqu'un qui s'est trompé, et éprouver aide non seulement à ne pas se laisser involontairement égarer, mais également à permettre au serviteur qui a fait une erreur de rectifier le tir. Nous continuons tous d'apprendre encore et encore.

Dans ce passage, il faut distinguer le prophète de Dieu qui comme n'importe qui peut se tromper, et le faux prophète qui a une intention mauvaise qu'il enrobe de "l'Eternel a dit". Pour comprendre ce que nous dit ce passage, il faut comprendre ce qu'est un faux prophète, parce que ça n'est pas une connaissance très répandue et elle est fondamentale ici. Le faux prophète dit être d'un dieu qui n'est pas le sien, alors que le prophète ne se trompe pas sur son maître. Ainsi, les prophètes de Baal ne sont pas des faux prophètes, ce sont de vrais prophètes de Baal.

Ici, lorsqu'on nous parle de faux prophètes, cela fait donc cas de personnes qui sont greffées à l'église, se prétendant de Dieu, mais ne le suivant pas. Ceux qui vont se laisser égarer, bien que coupables de ne pas avoir éprouvé 'correctement' ce qui était dit, n'en étaient pas moins des croyants. Tout cela induit donc le fait que la séduction dont Jésus parle ne pointe pas le fait de quitter ce qui a l'apparence de la foi. Rappelons-nous ce que le livre de l'Apocalypse nous dit concernant l'église de Thyatire :

🔘 Apocalypse 2.20 : « Mais ce que j'ai contre toi, c'est que tu laisses la femme Jézabel, qui se dit prophétesse, enseigner et séduire mes serviteurs, pour qu'ils se livrent à l'impudicité et qu'ils mangent des viandes sacrifiées aux idoles ».

Cela ne parle pas de personne prophétisant de l'extérieur pour attirer en dehors de l'église, mais de personne le faisant de l'intérieur pour en changer les fondements. Pour celui qui ne fait pas attention, rien n'aura changé. Or nous savons tous qu'une immense majorité de croyants n'éprouve jamais rien.


🔘3️⃣ « Et, parce que l'iniquité se sera accrue, la charité du plus grand nombre se refroidira ».

Et pour finir, la conclusion de tous ces refroidissements c'est que l'amour du plus grand nombre se refroidira. Gardons à l'esprit que le mot 'agape' et presqu'uniformément traduit par 'amour', et qu'ici, sur ce qui doit absolument être compris parce que c'est un signe de l'éloignement, alors c'est traduit par 'charité'. Or on voit bien que la 'charité' est souvent un masque au mépris. On donne pour qu'on nous laisse tranquilles. La charité se simule tellement plus facilement que l'amour. La charité soulage la conscience en donnant une pièce à un sans-abri, l'amour nous fait nous asseoir à côté de lui un instant. Peu importe que l'un n'allait pas sans l'autre il y a 2000 ans, nos traductions ne devraient pas être aussi orientées dans le but de nous empêcher de comprendre ce que nous dit la Parole. D'autant qu'on ne parle pas d'un mot qui serait toujours traduit de la sorte et auquel on pourrait alors s'habituer, mais d'un mot toujours traduit autrement et qui l'est de cette étrange façon uniquement dans ce cas particulier, tellement important, et qui au lieu de pousser à s'aimer les uns les autres, ce qui sera le signe que nous appartenons à Dieu (Jean 13.35), nous pousse à donner non pas de nous-même, mais de nos possessions. Ce genre de traductions orientées fait une fois de plus les choux gras d'un courant que j'ai nommé il y a peu.

C'est parce que les croyants, serviteurs ou non, s'éloigneront de Dieu que cette finalité surviendra, Jean nous disait : « Celui qui n'aime pas n'a pas connu Dieu, car Dieu est amour » (1 Jean 4.8), et c'est exactement ce qui arrive.

4 - L'annonce de la fin

a) La persévérance.

🔘 Matthieu 24.13-14 : « Mais celui qui persévérera jusqu'à la fin sera sauvé. 14 Cette bonne nouvelle du royaume sera prêchée dans le monde entier, pour servir de témoignage à toutes les nations. Alors viendra la fi».

Faisant suite à tout ce qu'il vient de dire il pose la persévérance comme la clé de la victoire, nous disant que « celui qui persévérera jusqu'à la fin sera sauvé ».

Ce qui établit que ce dont il vient de parler n'est pas passager. Ça n'est pas une épreuve qui, si on la traverse avec succès, n'a plus de prise sur nous. C'est une infection permanente qui tente sans relâche de grignoter notre chair. La séduction ne vient pas d'une source, elle est partout. Elle tentera de nous faire baisser notre garde dans un domaine pour ouvrir la voie à une autre tentation, dans un autre domaine. Nous devons rester focalisés sur la seule source qui n'a pas connue la corruption et ne pas considérer que quoi que ce soit d'humain puisse être éprouvé. Le tableau n'est sombre que pour celui qui porte ses regards sur les ténèbres, il ne s'assombrira jamais pour celui qui ne détourne pas les regards de celui qui est la lumière.


b) Le témoignage.

Il y a dans l'affirmation de Jésus quelque chose qui fait tiquer les croyants depuis très longtemps. Cela fait longtemps que la bonne nouvelle du royaume a été prêchée dans le monde entier, et c'est une condition sine qua non pour que la fin puisse arriver. Cela sous-entend donc que cela fait longtemps que les conditions sont remplies, pourtant nous sommes toujours là. Quelle est la pertinence d'un signe accomplis depuis aussi longtemps si ce qu'il annonce n'est toujours pas arrivé.

On pourrait penser qu'il y a toujours des personnes qui n'ont pas entendu parler de la bonne nouvelle (évangile), mais la réalité est qu'il y aura toujours des personnes qui n'en entendront pas parler. Si c'était la bonne façon de comprendre ce qui est écrit, alors il suffirait d'enfermer une personne loin de cette information et la fin ne viendrait jamais.

Quelque chose ne colle pas.

Deux "détails" doivent être pris en compte.


b.1) Cette bonne nouvelle.

Jésus ne parle pas de la bonne nouvelle du royaume, mais de CETTE bonne nouvelle du royaume. Il réutilisera ce pronom démonstratif une autre fois dans cette même version de l'évangile et une fois dans celui selon Marc. Est-ce à dire qu'il y ait plusieurs évangiles ? Si c'est de celui-là en particulier ça le suppose. Pourtant on sait qu'il n'y en a qu'un. Mais cela signifie-t-il qu'il n'y ait réellement qu'une bonne nouvelle. Dans la réalité ça n'est pas le cas. C'est parce que nous avons tendance à globaliser et à tout réduire dans le plus petit nombre d'informations possibles. Personne n'est réellement capable de synthétiser courtement la bonne nouvelle qu'y est censée être révélée dans les quatre versions de cette dernière.

Généralement, lorsque nous parlons de la bonne nouvelle, chacun présuppose que nous parlons de la même chose, mais personne ne la nomme vraiment. Un peu comme si c'était un horizon lointain auquel on essaye de ne pas penser en détail de peur de le voir disparaître. Or quand on préfère ne pas réfléchir à quelque chose et admettre un flou collectif, s'il y a bien une chose à laquelle on peut s'attendre, c'est de se tromper.

La bonne nouvelle (donc l'évangile) dont nous parle la Parole de Dieu, c'est le don de la repentance, aux juifs dans un premier temps, puis aux païens. Ca peut sembler peu claire, mais en réalité c'est simplement une évidence qui se retrouve partout dans la Parole de Dieu. Lorsque l'on prend le texte d'Apocalypse 14, versets 6 et 7, on lit ce qui suit :

🔘 Apocalypse 14.6-7 : « Je vis un autre ange qui volait par le milieu du ciel, ayant un Évangile éternel, pour l'annoncer aux habitants de la terre, à toute nation, à toute tribu, à toute langue, et à tout peuple. 7 Il disait d'une voix forte : Craignez Dieu, et donnez-lui gloire, car l'heure de son jugement est venue ; et adorez celui qui a fait le ciel, et la terre, et la mer, et les sources d'eaux ».

On voit donc dans ce passage que l'ange en question, qui est le premier des 7, annonce un évangile éternel « aux habitants de la terre, à toute nation, à toute tribu, à toute langue, et à tout peuple ». Quelques mots plus tard, on a le relevé de ce qu'il dit, et cela parle de craindre Dieu, de lui rendre gloire et de jugement. C'est une première étape importante pour comprendre ce qu'est réellement l'évangile de Dieu. La deuxième étape est un pont entre ce que je viens de dire et ce que le verset 6 annonce. Il nous dit « pour l'annoncer aux habitants de la terre » ! Mais il faut se rappeler ce que Jésus disait sur ce que les inconvertis peuvent comprendre. Ça n'est pas très vaste et ça nous est expliqué dans l'évangile selon Jean alors que Jésus ayant annoncé son départ, rassure ses disciples en leur parlant de la venue prochaine du Saint-Esprit.

🔘 Jean 16.7-11 : « Cependant je vous dis la vérité : il vous est avantageux que je m'en aille, car si je ne m'en vais pas, le consolateur ne viendra pas vers vous ; mais, si je m'en vais, je vous l'enverrai. 8 Et quand il sera venu, il convaincra le monde en ce qui concerne le péché, la justice, et le jugement : 9 en ce qui concerne le péché, parce qu'ils ne croient pas en moi ; 10 la justice, parce que je vais au Père, et que vous ne me verrez plus ; 11 le jugement, parce que le prince de ce monde est jugé ».

Rien d'autre que ces trois doctrines ne peut être transmis aux païens. En tous les cas selon Jésus ... . Or l'ange dont je parlais est justement envoyé par ce même Jésus, afin d'annoncer aux païens l'évangile. Ce qui signifie fort logiquement que ce qu'il dit parle de ce message, simplement parce qu'il n'est pas autorisé à dire autre chose et s'il le faisait, ce serait un ange de satan. Lorsqu'il parle de « crainte » , il parle de « péché ». Lorsqu'il parle de « gloire », il parle de « justice », et le « jugement » est parlant en lui-même, le pont dont je parlais.

De la même manière, lorsque l'ange parle à Zacharie au sujet de son fils à naître, il lui annonce ce que sera son message, et il le fait en ces termes : « il ramènera plusieurs des fils d'Israël au Seigneur, leur Dieu ; il marchera devant Dieu avec l'esprit et la puissance d'Élie, pour ramener les cœurs des pères vers les enfants, et les rebelles à la sagesse des justes, afin de préparer au Seigneur un peuple bien disposé » (Luc 1.16-17). Il lui parle donc de repentance et achève leur discussion en la nommant « bonne nouvelle » (Luc 1.19). Finalement, alors que Jean commencera enfin son service, ce sera en accomplissant la parole de l'ange : « prêchant le baptême de repentance, pour la rémission des péchés » (Marc 1.4).

Si on en revient à ce que Jésus dit dans Matthieu 24, on en est alors à ce qu'il parle du message de la repentance qui SERA, pas qui DOIT être prêché dans le monde entier à toutes les nations. La différence est de taille, parce qu'il ne parle pas ici de ce que nous devons faire, il parle de ce qui sera fait. Ça ne signifie pas que nous ne devions pas parler de repentance aux perdus, cela signifie qu'il ne parle pas de ça ici. En réalité c'est un lien supplémentaire avec le passage du livre de l'Apocalypse que je citais auparavant. Que Jésus ait donné la directive de parler de la repentance aux hommes ne signifie pas que les hommes soient obligés de le faire, mais uniquement que c'est ce que Jésus leur demande. On peut parfaitement imaginer que personne n'obéisse, ce qui n'est pas aussi loin de la réalité que ce qu'on pense. Ici il ne s'agit pas de ça, ce message « SERA », il est donc impossible qu'il ne le soit pas et la raison en est que c'est un ange qui va le faire et qu'il est déjà programmé pour cela.

Pour ajouter à cela, ce message, dans la bouche de l'ange n'a même pas pour but la conversion des nations, ce qui pourtant pourrait paraître évident. Dans la réalité la lettre aux sept églises, communément appelée "livre de l'apocalypse" n'est pas une dernière tentative pour que les nations se convertissent, c'est l'histoire de la fin, c'est le descriptif de la séparation entre le saint et le profane afin que Jésus vienne chercher les siens. L'ange n'annonce pas l'évangile pour que les nations se convertissent, mais pour qu'elles n'aient plus d'excuses, « pour servir de témoignage à toutes les nations ».


b.2) Dans le monde entier.

Finalement, ce qui a été la ligne directrice de bien des mouvements se trouve ne pas parler du tout de ce qu'ils croyaient. L'ange va se charger du message, et la zone de sa dispersion n'est pas plus ce qu'on imaginait. Nous avons fait le raccourci que si la bonne nouvelle devait être « prêchée dans le monde entier » , cela signifiait obligatoirement « à tout le monde ». Le penser est un raccourci qui se fait au détriment de ce qui est réellement dit. Parce que, comme d'habitude, la Parole de Dieu doit être regardée de près, et en changer un mot peut modifier le message en profondeur.

Ce qui est dit ici parle de géographie, et non d'humanité. Lorsque l'ange aura terminé son témoignage, la fin viendra.


c) Un résumé.

Devant la question de ses disciples concernant la fin des temps, l'avènement de Jésus et le temps où il ne restera plus pierre sur pierre, Jésus répond en une seule phrase, annonçant que le signe n'est autre que la séduction. Puis il entre dans une série de révélations qui sont le détail de ce qu'il vient de dire.


Le signe

  • Verset 4 : il désigne la séduction comme le signe demandé par les disciples.

La forme du signe

  • Verset 5 : les séducteurs
  • Verset 6 : le moyen de la séduction, les rumeurs
  • Versets 7-8 : les conséquences de la séduction

Les conséquences du signe

  • Verset 9 : ceux qui ne sont pas séduits
  • Versets 10-12 : ceux qui auront été séduits

L'annonce de la fin

  • Verset 13 : la persévérance mène au salut.
  • Verset 14 : la fin arrivera quand l'ange aura prêché la repentance aux monde entier.


A ce stade, Jésus a autant répondu aux trois parties de la question qu'il n'a répondu qu'à une seule. Si on n'y fait pas attention, on ne réalise pas réellement que tout ce qu'il vient de dire tourne autour de la partie concernant la fin du monde. Il ne parle pas de lui ni de la partie concernant « pierre sur pierre », simplement de comment les choses vont se passer dans le monde. Aussi, étant donné que les disciples ont demandé LE signe, on peut en déduire que la fin dont il parle dans le verset 14 est concomitante avec son retour pour établir son règne.

Ce qu'il va faire, maintenant que son récit a emmené les disciples jusqu'à la fin des temps, c'est revenir en arrière, pour une nouvelle partie du récit. Exactement comme il le fera avec Jean dans le livre de l'apocalypse. Il y parle des coupes et des trompettes séparément alors qu'elles se passent en même temps, parce qu'elles révèlent des choses différentes.

Ici, il vient de parler de la fin du monde comme si on dressait le décor de l'histoire qui reste à venir. Maintenant que ce qui va se passer est établit, il revient à l'intérieur de son descriptif pour y pointer d'autres parties de l'histoire qui se déroulent en même temps. Dans un premier temps il va parler de « pierre sur pierre » puis conclure sur son retour.

5 - Retour en arrière

Après avoir expliqué ce qui est le socle de toute l'histoire et la réponse à la question des disciples, à savoir la séduction, Jésus leur explique les évènements qui vont se dérouler durant cette période particulière.

🔘 Matthieu 24.15-18 : « C'est pourquoi, lorsque vous verrez l'abomination de la désolation, dont a parlé le prophète Daniel (jugement de Dieu), établie en lieu saint, -que celui qui lit fasse attention ! - 24.16 alors, que ceux qui seront en Judée (louange) fuient dans les montagnes ; 24.17 Que celui qui sera sur le toit ne descende pas pour prendre ce qui est dans sa maison ; 24.18 Et que celui qui sera dans les champs ne retourne pas en arrière pour prendre son manteau ».

L'introduction par « C'est pourquoi » alors qu'il vient de passer 10 versets sur la séduction montre que l'abomination de la désolation dont a parlé le prophète Daniel se rattache à cette notion. Un enseignement explique simplement de quoi cela parle réellement (LIEN), je ne reviendrai donc pas sur ce sujet ici. Par ailleurs, la compréhension de ce qu'est l'antéchrist peut se révéler nécessaire à la compréhension de ces temps, je le détaille dans l'enseignement sur la fin des temps (LIEN - point 42c). Ces temps de séduction vont alleren empirant, jusqu'à un degré où même ceux qui prétendent appartenir à Dieu appelleront le mal, bien et le bien, mal. Ça ira tellement loin qu'ils se donneront une figure de Christ qu'ils suivront aveuglément et ceux qui, dénués de l'Esprit, auront pour salaire la perdition, se lèveront contre Jérusalem, la ville de Dieu.

C'est pour cela que les seuls dont on nous parle de la fuite, sont ceux qui sont en Judée. Ça n'est tout simplement pas une image, c'est la dernière zone qui était encore libre sous le contrôle du peuple de Dieu. A cette époque, l'église n'est plus présente, le reste d'Israël sera déjà tombé ou en voie de le faire et c'est le tour de Jérusalem.

Cette ruine sera soudaine, même si les combats duraient depuis déjà quelque temps. Si soudaine que nous avons les versets 17 et 18 qui nous en dépeigne l'urgence absolue de la fuite. L'histoire récente nous a montré le niveau de barbarie que peuvent atteindre certaines personnes, mais cela sera encore pire. Les versets suivants décrivant avec une certaine retenue ce qui adviendra en ces temps, nous font la précision d'un niveau d'horreur jamais atteint.

🔘 Matthieu 24.19-21 : « Malheur aux femmes qui seront enceintes et à celles qui allaiteront en ces jours-là ! 20 Priez pour que votre fuite n'arrive pas en hiver, ni un jour de sabbat21 Car alors, la détresse sera si grande qu'il n'y en a point eu de pareille depuis le commencement du monde jusqu'à présent, et qu'il n'y en aura jamai».

Le livre du prophète Zacharie nous le dépeint avec plus de précisions :

🔘 Zacharie 14.1-3 : « Voici, le jour de l'Éternel arrive, Et tes dépouilles seront partagées au milieu de toi. 2 Je rassemblerai toutes les nations pour qu'elles attaquent Jérusalem ; La ville sera prise, les maisons seront pillées, et les femmes violées ; La moitié de la ville ira en captivité, mais le reste du peuple ne sera pas exterminé de la ville. 3 L'Éternel paraîtra, et il combattra ces nations, comme il combat au jour de la bataille ».

C'est la partie de la réponse concernant le fait qu'il ne restera pas pierre sur pierre. Ces temps seront si difficiles que précision est faite de leur abrogation. Si la raison de la double précision « Priez pour que votre fuite n'arrive pas en hiver, ni un jour de sabbat » reste incomprise à ce jour, elle contient cependant une information très particulière. S'il est nécessaire de prier pour ces deux choses, il paraît évident qu'il est possible par ce biais de faire en sorte que cela ne se passe pas durant ces moments. Et c'est là que se dissimule une information intéressante.

Cette information vient de ce qu'en nous parlant d'un moment particulier, Jésus nous parle également d'une durée. S'il faut prier pour que ça ne se passe pas en hiver, cela signifie que cela ne peut pas durer plus de 6 mois, sinon ça se passe obligatoirement en hiver, et prier est inutile (dans la Parole de Dieu il n'y a que deux saisons, l'été et l'hiver). Pourtant, le livre de Zacharie nous dit que cela se passera en hiver (Zacharie 14.6 : « En ce jour-là, il n'y aura point de lumière ; Il y aura du froid et de la glace », ce qui semble attester que l'obéissance n'a pas été de mise. Le fait de prier sans comprendre le passage peut également jouer sur l'inutilité de la prière en elle-même.

De la même manière, s'il faut prier pour que ça ne se passe pas durant un sabbat, cela signifie que ça ne peut pas durer plus de 6 jours. Il est donc probable que ces deux informations parlent de choses différentes, et c'est la raison pour laquelle je disais que cette double précision restait incomprise. Jésus nous parle de deux choses particulières dont la compréhension reste en attente. Il n'en reste pas moins que la fuite ne peut pas durer plus de 6 jours, sinon elle se passe obligatoirement durant un sabbat et la prière est vaine.

Devant la violence de l'agression et la brutalité que doivent fuir les juifs, Jésus mettra un terme à ce qui se passe. C'est le moment où il paraît sur son cheval.

🔘 Matthieu 24.22 : « Et, si ces jours n'étaient abrégés, personne ne serait sauvé ; Mais, à cause des élus, ces jours seront abrégé».

Alors que ce verset a souvent été vu comme l'annonciateur de l'enlèvement, il n'en est rien. Ce dernier a eu lieu deux anges auparavant, et ce qui va s'en suivre est le véritable retour de Jésus, posant son pied sur le sommet du mont des oliviers.

C'est la deuxième moisson.

Ce moment c'est celui ou le Roi des rois et le Seigneur des seigneurs vient pour se saisir de son trône.

6 - A qui s'adresse ce passage ?

Il y a quelque chose que nous prenons pour un acquis alors que ça n'en est pas un. Nous considérons qu'étant enfants de Dieu, la Parole de Dieu nous parle. Si en soi c'est correct, cela ne signifie pourtant pas qu'elle parle de nous. La distinction est fine, mais elle est extrêmement importante. Cela revient à dire que ça n'est pas parce que le livre de l'apocalypse parle de la fin des temps qu'il parle de nous. En réalité la Parole de Dieu parle du plan de Dieu pour l'humanité. Parfois les choses dites nous concernent, parfois non. Il y a toujours des choses importantes à comprendre, mais cela ne signifie pas que nous soyons le sujet de ce qui est dit.

Cette particularité devient plus fréquente au fur et à mesure que l'on s'approche de la fin des temps.

Certaines choses ont été écrites pour des personnes que nous ne sommes pas. Le plus simple pour comprendre ça ce sont les évènements qui jalonnent le sixième et le septième ange de l'apocalypse. Ils se déroulent alors que l'enlèvement a déjà eu lieu et ne nous concernent donc en rien. Par contre ils nous apprennent des choses. C'est cette distinction que je mets entre les deux faits.

Certains passages nous parlent mais ne parlent pas de nous.


a) La question des disciples.

Il y a un point que je n'ai pas encore mis en lumière concernant la question des disciples. La question qu'ils posent est fortement orientée, et ça fait que la réponse l'est également. C'est cette orientation qui doit être mise en avant dans ce chapitre, parce qu'elle modifie toute la compréhension d'une importante partie du passage. Reprenons le début du passage :

🔘 Matthieu 24.1 : « Comme Jésus s'en allait, au sortir du temple, ses disciples s'approchèrent pour lui en faire remarquer les constructions ».

🔘 Matthieu 24.2-3 : « Mais il leur dit : Voyez-vous tout cela ? Je vous le dis en vérité, il ne restera pas ici pierre sur pierre qui ne soit renversée. 24.3 Il s'assit sur la montagne des oliviers. Et les disciples vinrent en particulier lui faire cette question : Dis-nous, quand cela arrivera-t-il, et quel sera le signe de ton avènement et de la fin du monde ? ».

Parmi les multiples questions que les disciples posent à Jésus tout du long des textes parlant de leur formation, celui-ci est une exception à plusieurs titres. Il n'aura pas échappé qu'il est étrange que nous ayons un tel discours sur la fin des temps à ce moment de la vie de Jésus. Mais autre chose est tout autant rare. La question des disciples contient une donnée éminemment géographique, ce qui fait que la réponse la contiendra également.

Le cadre est simple et j'en ai déjà parlé. Jésus et ses disciples viennent de sortir du temple, pendant qu'ils s'éloignent, ses disciples s'approchent de lui pour lui parler des constructions qu'ils ont devant les yeux. On ne sait pas exactement à quel instant est posée la question, on sait simplement que la première réponse de Jésus, concernant le "pierre sur pierre" est donnée juste avant qu'il ne s'assoie au sommet de la montagne des oliviers. Une fois assis, les disciples réagissent à sa réponse pour finalement lui poser la question qu'on connaît.

La remarque des disciples est donc géographique. Ça n'est pas une question qui déclenche la discussion, mais un commentaire sur « les constructions ». A minima cela parle du temple et de ce qui l'entoure. La réponse est donc également géographique : « Voyez-vous tout cela ? ». « tout cela » ne parle pas du temple uniquement ; quoi que Jésus désigne, il désigne un ensemble de choses. Il poursuit alors sur le fait qu'il « ne restera pas ici pierre sur pierre qui ne soit renversée ». Il parle donc d'un lieu spécifique et c'est alors seulement, lorsqu'il vient de s'asseoir sur la montagne des oliviers, que les disciples posent réellement une question.

Il y a trois interrogations formulées par les disciples, et une seule réponse qui va être donnée par Jésus.

Ça signifie que la question des disciples, qui porte partiellement sur l'avènement de Jésus et celle de la fin du monde, est reliée à une donnée géographique. La question des disciples est liée au lieu. Bien qu'ils disent « quand », ce qui pose un moment, ils interrogent Jésus sur une destruction spécifique, qui pose un lieu. Ça veut dire que la réponse de Jésus est temporelle et géographique.

Ce qu'il leur dit c'est ce qui va arriver à Jérusalem. Le cœur même de toute sa réponse tourne autour de ça. Ça peut paraître étrange comme affirmation, pourtant il y a plusieurs signes qui pointent dans cette direction.


b) La Judée.

🔘 Matthieu 24.16 : « alors, que ceux qui seront en Judée fuient dans les montagnes ».

La fuite faisant suite aux destructions dont Jésus parle est identifiée géographiquement. Cela ne parle qu'à ceux qui sont en Judée. De la même manière que la Parole nous dit « ... Frappe le pasteur, et que les brebis se dispersent ! » (Zacharie 13.7), frapper Jérusalem marquera la fin de tout Israël.

L'assaut apportera une destruction telle que la fuite sera la seule solution.


c) Le sabbat.

🔘 Matthieu 24.20 : « Priez pour que votre fuite n'arrive pas en hiver, ni un jour de sabbat ».

Si je disais que la notion d'hiver de par son existence permanente sur terre, avalisait que le texte parlait bien d'un endroit en particulier, il se trouve que la mention du sabbat est également un élément parlant de géographie.

Bien que des hordes de personnes ne faisant pas trop attention à ce que dit la Parole de Dieu, l'affirment, le sabbat n'est pas marqué comme un jour spécifique. Le sabbat des juifs se passe le samedi, ça c'est une évidence historique. Mais du point de vue de la Parole de Dieu, le sabbat c'est le septième jour. C'est la fin d'un cycle. Ça c'est l'alliance que Dieu a établi avec Adam.

Le livre de la genèse, qui marque l'établissement de ce jour dans son deuxième chapitre, nous dit ce qui suit :

🔘 Genèse 2.2 : « Dieu acheva au septième jour son œuvre, qu'il avait faite : et il se reposa au septième jour de toute son œuvre, qu'il avait faite ».

Ce qui signifie que ceux qui sont nés sous la grâce sont sous cette compréhension. Le sabbat c'est la fin d'un cycle, le jour du repos après 6 jours de travail. Cela ne pose aucun jour en particulier, simplement le septième. Pour les juifs il n'en sera pas de même. Non pas qu'ils soient soumis à des règles différentes, mais ils vont vivre quelque chose que nous n'avons jamais vécu. Une nation qui est intégralement sous l'obéissance de Dieu. Lors de l'enlèvement des témoins, 7000 habitants de Jérusalem vont mourir dans un tremblement de terre, tous les autres vont rendre gloire à Dieu (Apocalypse 11.12-13*). Pour la première fois dans l'histoire de l'humanité, un royaume terrestre sera entièrement céleste. C'est donc également la première fois qu'un peuple pourra obéir à Dieu dans son ensemble et respecter son sabbat dans l'esprit. C'est pour cela que selon toute vraisemblance, leur sabbat pourra être synchronisé afin que tous le vivent simultanément. Ce qui est idéalement le mieux, mais qui est rendu impossible tant que le peuple de Dieu actuel vit au milieu du monde.

Ça veut dire que prier pour que cela ne se passe pas pendant un sabbat signifie au moins que le sabbat est synchronisé parmi tout le peuple, et c'est impossible sous la dispensation actuelle. Cela parle donc une fois de plus d'Israël alors qu'elle s'est donnée à Jésus, donc à partir du 6° ange.

* Apocalypse 11.12-13 : « Et ils entendirent du ciel une voix qui leur disait : Montez ici ! Et ils montèrent au ciel dans la nuée; et leurs ennemis les virent. 13 A cette heure-là, il y eut un grand tremblement de terre, et la dixième partie de la ville, tomba; sept mille hommes furent tués dans ce tremblement de terre, et les autres furent effrayés et donnèrent gloire au Dieu du ciel ».


d) Une nation et un royaume.

« Une nation s'élèvera (egeiro) contre une nation, et un royaume contre un royaume, ...».

Revenons à l'explication de ce passage.

Je disais que l'adjectif qualificatif « une » désigne en réalité l'équivalent du 'echad' hébreux, que nous retrouvons autant dans le fait que l'Eternel soit 'un' que dans le fait que l'homme et la femme le soient. Lorsqu'on nous parle ici de « une nation », on nous parle d'un groupement de nation qui sont devenues 'une', et qui va se lever contre un autre groupement de nation qui sont également devenues 'une'.

Ce verset nous parle du royaume de la bête qui, suite à l'enlèvement de l'épouse et la conversion massive des Juifs suite à l'enlèvement des témoins (fin 5° et début 6° ange), ne parviendra pas à détruire Jérusalem (6° ange). C'est donc le moment où la bête dévore la grande prostituée (6° ange) (Apocalypse 17.16 : « Les dix cornes que tu as vues et la bête haïront la prostituée, la dépouilleront et la mettront à nu, mangeront ses chairs, et la consumeront par le feu »). C'est de cela que parle « Une nation s'élèvera contre une nation », la bête s'élèvera contre la grande prostituée.

La terre était séparée en deux royaumes, mais la conversion des Juifs a changé la donne. Initialement partie de la grande prostituée, Israël en sort à sa conversion et pousse la bête à précipiter sa destruction. Pour ce faire la bête va donc absorber la grande prostituée.

Une fois que cette dernière est absorbée le royaume de la bête existe réellement. Il n'était que l'un des deux royaumes terrestres avec celui de la prostituée. Maintenant qu'il l'a absorbée, accomplissant ce que la Genèse disait pour l'homme qui ne ferait plus qu'un avec la femme (Genèse 2.24), il se transcende en un seul et unique royaume, à la fois charnel et spirituel. Il n'est pas la victoire de l'un sur l'autre, mais l'addition des deux à l'image du couple selon le cœur de Dieu. La côte qu'est la grande prostituée se fait transplanter dans le corps de la bête. Dès lors étant devenu un royaume à part entière couvrant la terre entière (vu comme un arbre par Daniel et Jean), la bête se lève une dernière fois contre Jérusalem. Les peuples que craignaient Caïn finissent par envahir Eden, la terre de Dieu. C'est le royaume contre le royaume, et cela parle d'Armageddon, qui se déroule à la fin du 7° ange.

Cette compréhension pose Matthieu 24 après l'enlèvement, mais ça n'est pas la seule.


e) Divers lieux.

Immédiatement après avoir parlé des nations et des royaumes, dont on a vu que cela parlait du 6° et du 7° ange, Jésus parle des famines et des tremblements de terre, il utilise une expression étrange pour indiquer où cela aura lieu. L'expression en question est « en divers lieux ». Aussi étrange que cela puisse paraître, c'est une expression qui ne pourrait pas se trouver n'importe où dans la Parole de Dieu.

La raison est simplement que la notion de géographie est limitée et plus spécifiquement dans le message de la fin des temps où généralement un signe doit être un signe pour tout le monde. Or Si les famines et les tremblements de terre n'ont lieu qu'en divers lieux, alors certains endroits n'auront aucun des signes supposés annoncer ce qui est à venir. Ce qui est difficilement imaginable.

Il faut réaliser que la géographie attachée au peuple de Dieu n'est plus d'actualité depuis 2000 ans. Avant Jésus, le peuple de Dieu était identifié de la même manière en ce qui concerne le peuple que sa terre. Israël est un peuple, mais c'est également une terre. Ceux qui faisaient partie de ce peuple était le peuple de Dieu, et ceux qui n'en faisaient pas partie n'étaient pas le peuple de Dieu. C'était l'Eden contre le reste du monde, une différenciation géographique qui identifiait une appartenance.

Avec la venue de Jésus, le peuple de Dieu est devenu spirituel. Dès lors ça n'était plus une ethnicité qui le définissait et, par extension, il n'était plus identifiable géographiquement. Et alors qu'on pourrait penser que les choses resteraient en l'état, ça n'est pas du tout ce qui était prévu. L'alliance de Dieu avec les nations prend fin (Zacharie 11.10 : « Je pris ma houlette Grâce, et je la brisai, pour rompre mon alliance que j'avais traitée avec tous les peuples »). Cette rupture a lieu parce que l'enlèvement de l'épouse approche, et qu'il est trop tard pour que ceux qui ont refusé d'en faire partie changent soudainement d'avis devant l'évidence de l'existence de Dieu. Cela se passe durant la 5° trompette de l'Apocalypse et précède donc l'enlèvement de l'épouse qui est concomitant à celui des deux témoins. A cet instant, Jérusalem accepte enfin son Messie et devient le seul peuple de Dieu sur terre, ceux qui les ont précédés dans la grâce ayant été enlevés.

Ce qui signifie qu'après l'enlèvement (donc 6° ange et 7° ange), le peuple de Dieu redevient géographique, et cette donnée permet de comprendre Matthieu 24.7 totalement différemment.

🔘 Matthieu 24.7-8 : « Une nation s'élèvera contre une nation, et un royaume contre un royaume, et il y aura, en divers lieux, des famines et des tremblements de terre. 8 Tout cela ne sera que le commencement des douleurs ».

La réalité des « divers lieux » est que ça ne parle pas d'être un témoignage pour ceux dans les divers lieux en question qui vivront ces épreuves. De part l'avancée de la narration de la fin des temps, à ce stade, tout le monde a déjà compris que Dieu est Dieu. Durant les 4° et 5° coupes ces mêmes personnes reconnaîtront que ce qui leur arrive vient de Dieu, ils blasphémeront et refuseront de se repentir. Donc les famines et les tremblements de terre dont parle Jésus ne sont pas un témoignage pour eux, ils le sont pour Israël qui elle, ne les vivra pas. C'est pour cela que tous les pays n'ont pas besoin d'être balayés par ces malheurs. Israël verra la main de Dieu s'appesantir sur les nations qui lui font la guerre.

Le verset 7 nous dit donc que la Bête dévorera la grande prostituée, et qu'unis en un seul royaume, ils attaqueront Jérusalem. Dans ce cadre, Jérusalem venant de recevoir le Messie attendu, recevra des signes, donc les famines et les tremblements, mais pas sur eux. Cela arrivera sur le monde mais de la même manière qu'il y avait encore de la lumière en Gosen, les famines et les tremblements épargneront Israël.

Un autre élément, toujours dans ce cadre, pointe vers une explication du même type.


f) L'hiver.

🔘 Matthieu 24.20 : « Priez pour que votre fuite n'arrive pas en hiver, ni un jour de sabbat ».

Encore un passage très particulier, qui est directement ancré dans la géographie et qui se retrouve dans ce même passage de Matthieu 24. Combien ont prié pour ça, sans réaliser que cela relève d'une impossibilité si l'on s'en tient à la compréhension standard de ce texte. Ce sera forcément l'hiver quelque part. Or puisque Jésus ne parle pas pour ne rien dire, ce qu'il vient d'annoncer est une vérité.

Il convient donc de regarder dans quelle condition cela peut être vrai, parce qu'il y a forcément un angle, une façon de le comprendre qui révèle la vérité qui y est dissimulée.

Dans cette affirmation, Jésus parle donc obligatoirement d'un endroit spécifique, un endroit où il serait souhaitable que ce ne soit pas l'hiver quand tout ce qu'il vient de décrire arrivera. On pourrait donc paraphraser en disant qu'il faut prier pour que ce soit l'hiver ailleurs, mais surtout pas dans l'endroit dont il parle.

Or on a vu que depuis la première affirmation, en passant par la question qui s'ensuit et tout du long des différentes parties de sa réponse, qu'il parle spécifiquement d'Israël. Or comment concevoir que Jésus puisse prévenir qu'un évènement arrive et qu'il faut absolument prier pour que ce ne soit pas en hiver, tout en le comprenant comme c'est usuellement compris, donc mondialement. Cela signifierait que Jésus met une compétition entre les croyants, leur disant de se disputer le malheur de le voir arriver en hiver. La réalité est qu'il parle de quelque chose qui n'arrivera qu'en Israël et pas ailleurs. Cette affirmation est un signe supplémentaire de ce que sa réponse ne parle pas du monde mais de son peuple dans une assertion géographique.

Il parle d'un temps où le monde est divisé en deux royaumes, celui de la bête et Israël, les enfants du diable et les enfants de Dieu. La mention de l'hiver qui, si elle parle de temporalité parle également de géographie, se comprend dans ce cadre et éclaire tout le passage.

Il reste encore un point qui est éminemment géographique, et je vais le détailler dans le prochain chapitre, me contentant de le nommer ici.


g) Retour du Fils de l'homme (donc 7° ange).

🔘 Matthieu 24.30-31 : « Alors le signe du Fils de l'homme paraîtra dans le ciel, toutes les tribus de la terre se lamenteront, et elles verront le Fils de l'homme venant sur les nuées du ciel avec puissance et une grande gloire. 24.31 Il enverra ses anges avec la trompette retentissante, et ils rassembleront ses élus des quatre vents, depuis une extrémité des cieux jusqu'à l'autr».

Ce passage parle de la venue triomphante de Jésus, qui se déroule donc à Armageddon, qui est la fin du 7° ange.

C'est donc un point final aux 7 anges, et c'est également le moment où ceux qui ont été enlevés sont réunis avec leurs frères et sœurs juifs qui étaient sur terre durant cette période.


Tout montre que la compréhension de Matthieu 24 tourne autour de Jérusalem et non du monde. Si ce passage nous apprend bien des choses, il ne parle pas de nous. Il parle de ceux qui nous suivront dans la foi.

7 - Retour du Fils de l'homme

Finalement, après avoir parlé de la séduction, et de la destruction de Jérusalem, il ne reste plus que la dernière partie de la question des disciples, celle concernant l'avènement de Jésus. Elle se situe une fois de plus chronologiquement. Si on excepte le retour en arrière que Jésus a opéré dans son discours juste après avoir annoncé : « Alors viendra la fin » (Matthieu 24.14), la partie qui précède était entièrement chronologique, tout comme la partie qui suit.

Ainsi, après avoir expliqué la destruction de Jérusalem, voici qu'il enchaîne sur la suite directe qui va conduire au retour de celui qu'il appelle le « fils de l'homme ». La temporalité de ce qu'il raconte alors est extrêmement courte.

Comme je l'ai expliqué, la fuite ne peut pas durer plus de 6 jours.

Si l'explication sur la séduction, qui était la première partie de son discours, porte sur l'humanité entière, la suite centre la réponse en montrant les conséquences de cette séduction poussée à l'extrême.

Et une fois de plus, l'introduction de cette partie est importante, parce qu'elle place ce qui suit comme la suite temporelle directe de ce qui vient d'être dit. Or, ce qui vient d'être dit, c'est que les habitants de la Judée seront en fuite. Le texte poursuit alors en disant :

🔘 Matthieu 24.23-28 : « Si quelqu'un vous dit alors : Le Christ (Oint) est ici, ou : Il est là, ne le croyez pas. 24 Car il s'élèvera (egeiro) de faux Christs (Oint) et de faux prophètes ; Ils feront de grands prodiges et des miracles, au point de séduire, s'il était possible, même les élus. 25 Voici, je vous l'ai annoncé d'avance. 26 Si donc on vous dit : Voici, il est dans le désert, n'y allez pas ; Voici, il est dans les chambres, ne le croyez pas. 27 Car, comme l'éclair part de l'orient et se montre jusqu'en occident, ainsi sera l'avènement du Fils de l'homme. 28 En quelque lieu que soit le cadavre, là s'assembleront les aigles ».

Luc complète ce moment dans les termes suivants :

🔘 Luc 17.31-33 : « En ce jour-là, que celui qui sera sur le toit, et qui aura ses effets dans la maison, ne descende pas pour les prendre ; et que celui qui sera dans les champs ne retourne pas non plus en arrière. 32 Souvenez-vous de la femme de Lot. 33 Celui qui cherchera à sauver sa vie la perdra, et celui qui la perdra la retrouvera ».

Ça n'est pas un temps où il sera possible de passer du temps dans la prière en attendant une réponse. La capacité à éprouver une chose devra être fonctionnelle. Les juifs d'alors devront être suffisamment ancrés dans la Parole de Dieu pour savoir de suite que les affirmations diverses concernant la présence de Jésus quelque part sont obligatoirement fausses. Ils vivront l'inverse de ce qui a précédé la pentecôte. Alors qu'ils ont dû attendre la venue de l'Esprit à Jérusalem, ils attendront le retour de Jésus en fuyant.

C'est donc dans cette intense partie de la persécution qui aboutit au massacre pur et simple de ce qui reste de Jérusalem, que certains se présenteront comme le "Christ". Terme intéressant qui passe inaperçu en raison de son habituel détournement. Si "Christ" désigne évidemment Jésus, il ne le fait que très rarement (17 fois comme identifiant unique dans les 4 versions de l'évangile réunies). Ici c'est encore un cas particulier, parce qu'il n'identifie pas Jésus, simplement celui que les juifs attendent. Même si nous savons que c'est la même personne, eux ne le savent pas forcément, ce qui instaure donc une forme de neutralité dans l'utilisation du terme.

Comprendre le mot 'Christ' correctement, éclaire beaucoup ce passage. La période dont il est question est une période où l'antéchrist est en action, il n'y a donc pas d'antéchrists au pluriel. Il règne et dirige les armées de la bête. Aussi, lorsqu'il est fait mention ici de « faux Christs », ça ne parle pas de celui qui a séduit le monde. Ça parle de personnes qui, alors que l'antéchrist règne, n'essaieront de convaincre que les croyants de cette époque, donc les juifs. C'est pour ça que l'utilisation du mot 'christ' est importante alors qu'elle est secondaire en général, n'étant qu'un identifiant de la nature de Jésus puisqu'elle ne parle que de sa nature de 'oint'.

Lorsqu'il est dit : « Si quelqu'un vous dit alors : Le Christ (Oint) est ici, ou : Il est là, ne le croyez pas », cela parle spécifiquement à des juifs, qui ont attendu pendant des millénaires la venue de celui qui était annoncé. Si ce mot à la même définition pour eux que pour nous, par contre, il n'a pas le même sens. Nous n'avons pas attendu un oint particulier pendant des millénaires, eux si. Nous avons reçu par la grâce ce qu'ils ont rejeté, alors que nous ne l'attendions pas. Le 'oint' porte une signification qui ne peut exister que pour eux. C'est pour ça que ce mot qui est si peu utilisé l'est ici et qu'il y a pleinement sa place. Cela parle à des juifs qui sont au bord de l'extinction après avoir attendu des millénaires la venue d'un 'oint/christ'. Bien qu'ils l'aient finalement reçu, ils n'ont pas encore vu l'accomplissement des promesses qui s'y rattachent. Ils savent donc qu'il va paraître et que c'est une question de jours parce que la Parole le dit (je reviendrai sur le moment par après).

Alors tous ceux qui croiront en ces faux christs seront mis à mort, c'est ce que nous dit la fin du passage : « En quelque lieu que soit le cadavre, là s'assembleront les aigles » (Matthieu 24.28). On le comprend mieux en regardant le verset d'où est tirée cette citation de Jésus. Il se trouve dans le livre de Job : « Ses petits boivent le sang ; Et là où sont des cadavres, l'aigle se trouve »  (Job 39.33).

C'est dans cette fuite éperdue vers les montagnes de Judée que le secours viendra, alors que s'accomplira le psaume 121 : « ... Je lève mes yeux vers les montagnes ... d'où me viendra le secours ? 2 Le secours me vient de l'Éternel, qui a fait les cieux et la terre » (Psaumes 121.1-2).

🔘 Matthieu 24.29-30 : « Aussitôt après ces jours de détresse, le soleil s'obscurcira, la lune ne donnera plus sa lumière, les étoiles tomberont du ciel, et les puissances des cieux seront ébranlées. 30 Alors le signe du Fils de l'homme paraîtra dans le ciel, toutes les tribus de la terre se lamenteront, et elles verront le Fils de l'homme venant sur les nuées du ciel avec puissance et une grande gloire ».

La fuite prendra fin dans une victoire qui n'est pas humaine mais divine.

C'est alors que toutes les nations verront le retour de Jésus et que les anges rassembleront les élus.

🔘 Matthieu 24.31 : « Il enverra ses anges avec la trompette retentissante, et ils rassembleront ses élus des quatre vents, depuis une extrémité des cieux jusqu'à l'autre ».

Ce dernier verset ne parle pas de l'enlèvement. Cela parle d'un évènement qui est visible de tous, sous le commandement de Jésus, qui est également visible de tous, et qui se trouve physiquement sur le mont des oliviers après avoir sauvé son peuple qui fuyait vers les montagnes de Judée. Ce moment c'est Armageddon, ça n'a rien à voir avec Jésus cherchant sa promise. C'est le jour du jugement et si les anges rassemblent les « élus des quatre vents », cela nous parle de la première résurrection, celle des justes.

8 - Détermination du moment

a) Eclaircissements.

Comprenant tout ce qui vient d'être dit, cela va impliquer que la suite, c'est-à-dire la détermination du moment où cela va se passer, va également devoir se comprendre différemment.


a.1) Le figuier.

🔘 Matthieu 24.32-33 : « Instruisez-vous par une comparaison tirée du figuier. Dès que ses branches deviennent tendres, et que les feuilles poussent, vous connaissez que l'été est proche. 33 De même, quand vous verrez toutes ces choses, sachez que le Fils de l'homme est proche, à la porte ».

C'est le premier élément important concernant le moment. Bien que cela passe de manière anodine, essentiellement lorsque l'on croit que Matthieu 24 parle de l'enlèvement, dans la réalité, l'indice est clair. Dans la Parole de Dieu, le figuier représente toujours Israël. C'est pour cela que c'est le premier élément indiquant le moment. C'est une confirmation de ce que ça ne parle pas de l'enlèvement, mais du secours des juifs. C'est donc un élément supplémentaire pointant le retour de Jésus à Armageddon.

Quant au fait d'être « à la porte », cela n'indique que l'imminence, et rien d'autre. Les histoires de 'porte dorée' par laquelle Jésus entrerait n'étant pas fondées sur la Parole de Dieu.


a.2) La dernière génération.

🔘 Matthieu 24.34-35 : « Je vous le dis en vérité, cette génération ne passera point, que tout cela n'arrive. 35 Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront point ».

Cette mention d'une génération qui ne passera pas fait partie des choses incomprises, alors qu'elle est relativement simple. Les débats constants sur la durée d'une génération devraient mettre la puce à l'oreille. Une génération du temps d'Adam n'est pas la même chose qu'une génération du temps de Moïse, ou encore du nôtre.

Devant cette disparité, il aurait au moins été sage de considérer qu'on ne savait pas de quelle génération Jésus parlait plutôt que d'inventer n'importe quelle justification. En réalité, dans l'échelle qu'utilise Jésus dans cette phrase, nous sommes de la même génération que ses disciples d'alors.

Dans cette façon de parler, il y a trois générations en tout, depuis Adam jusqu'à nous. Il va même continuer son discours en citant la première des trois, celle de Noé. Les trois premières sont donc la génération allant de Adam à Noé, ensuite celle allant d'Abraham à Jésus, et finalement celle de jésus à nous. Ces trois périodes correspondent à la période sans aucune forme de loi, puis la période de la loi (dont Abraham, Isaac et Jacob sont des révélateurs), et finalement la période de la révélation de Jésus.

Lorsqu'il dit que « cette génération ne passera point, que tout cela n'arriv», il ne parle donc pas en échelle humaine mais selon l'échelle de la révélation.


b) Le moment.

b.1) Le jour et l'heure.

🔘 Matthieu 24.36-39 : « Pour ce qui est du jour et de l'heure, personne ne le sait, ni les anges des cieux, ni le Fils, mais le Père seul37 Ce qui arriva du temps de Noé arrivera de même à l'avènement du Fils de l'homme. 38 Car, dans les jours qui précédèrent le déluge, les hommes mangeaient et buvaient, se mariaient et mariaient leurs enfants, jusqu'au jour où Noé entra dans l'arche ; 39 Et ils ne se doutèrent de rien, jusqu'à ce que le déluge vînt et les emportât tous : Il en sera de même à l'avènement du Fils de l'homme ».

Lorsqu'il parle du jour et de l'heure, il ne parle donc pas de l'enlèvement. Il est difficile de concilier la parabole des 10 vierges avec un enlèvement par surprise. Elles sont averties à l'avance et doivent encore marcher. Par contre, on retrouve dans l'affirmation du jour et de l'heure, un intéressant complément à ce qu'on apprenait dans l'hiver et le sabbat.

Désormais, on sait donc que cela arrive un jour glacial (Zacharie 14.6 : « En ce jour-là, il n'y aura point de lumière ; Il y aura du froid et de la glace »), dans un intervalle de 6 jours puisqu'il est possible qu'aucun sabbat ne soit inclus. Finalement, on nous précise ici que dans cet intervalle de 6 jours, il y a une heure précise où Jésus revient, durant un jour précis, qui sera un jour unique (Zacharie 14.7 : « Ce sera un jour unique ... »).

Finalement, on ne sait pas avec exactitude le moment de son retour pour Armageddon, mais la fourchette n'est pas grande, et un indice pourrait encore la réduire.


b.2) Une précision dans Zacharie.

Le passage de Zacharie 14.6-7 contient une information intéressante au sujet du retour de Jésus. Le texte nous dit ce qui suit :

🔘 Zacharie 14.6-7 : « En ce jour-là, il n'y aura point de lumière ; Il y aura du froid et de la glace. 7 Ce sera un jour unique, connu de l'Éternel, et qui ne sera ni jour ni nuit ; Mais vers le soir la lumière paraîtra ».

Cela parle donc du jour du retour et on peut se demander si la précision finale ne parle pas du moment du retour. Lorsqu'il est fait mention de la parution de la lumière à la fin de cette journée d'obscurité, on peut légitimement se demander s'il ne parle pas de Jésus, qui est la lumière du monde (Jean 8.12 : « Je suis la lumière du monde»). La précision de « vers le soir » rappelant la venue de l'Eternel dans le jardin, qui elle également se faisait « vers le soir » (Genèse 3.8*).

* Genèse 3.8 : « Alors ils entendirent la voix de l'Éternel Dieu, qui parcourait le jardin vers le soir, et l'homme et sa femme se cachèrent loin de la face de l'Éternel Dieu, au milieu des arbres du jardin ».


c) La sélection.

Lorsque le moment sera venu de mettre fin à l'histoire de l'humanité, Jésus nous résume ce qui va se passer en deux versets :

🔘 Matthieu 24.40-41 : « Alors, de deux hommes qui seront dans un champ, l'un sera pris et l'autre laissé 24.41 De deux femmes qui moudront à la meule, l'une sera prise et l'autre laissée ».

Lorsque l'on pensait que Matthieu 24 parlait de l'enlèvement, ces deux versets passaient de manière presque anodine. Maintenant que l'on comprend que cela parle en réalité du retour de Jésus et de son avènement au moment d'Armageddon, soudainement leur compréhension nécessite plus d'attention. Il devient ici très important de garder à l'esprit tout ce que j'ai dit auparavant.

Tout est question de proportion. Jésus parle de signes qui avaient déjà des manifestations à son époque, voir depuis des milliers d'années. Il parle donc de choses communes qui, à un moment donné, vont avoir une manifestation qui ne le sera pas. Ça concerne absolument tout ce qu'il dit dans Matthieu 24. Cela signifie que plusieurs des choses nous concerne, non pas dans leur forme définitive, mais dans l'une des étapes qui y mène. Par exemple, la séduction va aller en empirant, elle est déjà impressionnante de nos jours, mais va continuer d'aller en s'aggravant. Cette croissance continuera pendant l'enlèvement de l'épouse et après, alors qu'il ne restera plus qu'Israël face au monde.

C'est pour cela que bien que ces deux versets ne parlent pas de l'enlèvement, ils peuvent parfaitement en être un descriptif. Cependant, il faut les regarder dans le cadre de ce qui est dit par Jésus dans le passage. Or il vient de faire cas de la fuite des habitants de Jérusalem vers les montagnes de Judée et du retour triomphant de Jésus qui dans la foulée pose son pied sur le mont des oliviers.

Cette journée est qualifiée d'unique par Zacharie. Matthieu et Luc donnent 5 caractéristiques concernant ceux qui seront sauvés :

1️⃣ 🔘 Matthieu 24.40 : « Alors, de deux hommes qui seront dans un champ, l'un sera pris et l'autre laissé ».

2️⃣ 🔘 Matthieu 24.41 : « De deux femmes qui moudront à la meule, l'une sera prise et l'autre laissée ».

3️⃣ 🔘 Luc 17.34 : « Je vous le dis, en cette nuit-là, de deux personnes (absent) qui seront dans un même lit, l'une sera prise et l'autre laissée ».

4️⃣ 🔘 Luc 17.35 : « de deux femmes qui moudront ensemble, l'une sera prise et l'autre laissée ».

5️⃣ 🔘 Luc 17.36 : « De deux hommes qui seront dans un champ, l'un sera pris et l'autre laissé ».

Le problème de ces descriptions est évident. Matthieu parle d'être aux champs ou à la meule, et Luc parle d'être dans un même lit, de moudre (ainsi que du champ). Toutes les activités semblent diurnes à l'exception d'une. Pourtant le retour de Jésus se fait en un instant, en une heure, rendant difficile la nuit annoncée par Luc et les activités diurnes annoncées par Matthieu. Il y a cependant un moyen de rendre conciliable toutes ces apparentes différences.

Matthieu parle de deux activités qui se font la journée, de ce côté il n'y a donc pas grand-chose à dire. Par contre, le descriptif de Luc est particulièrement intéressant, parce qu'il parle spécifiquement d'une nuit (« ... en cette nuit-là ... »). Or cette fameuse nuit n'est pas qu'un descriptif du premier des trois exemples qu'il donne. Dans la réalité, c'est la caractéristique des trois. Il dit donc que les personnes qui sont dans le même lit, les femmes qui moudront et les hommes dans le champ, se passent tous les trois durant la nuit.

La raison en est simplement que cette nuit n'en est pas une. C'est une journée dans laquelle « ... il n'y aura point de lumière ... » (Zacharie 14.6), renvoyant une fois de plus aux chapitres 12 à 14 du livre de Zacharie. C'est cette distinction qui rend tout conciliables. C'est ce fameux « jour unique », que seul l'Eternel connaît.

Si les exemples donnés nous permettent de comprendre des choses, il ne faut pas non plus les prendre à la lettre. Si cela parle partiellement de la différence entre les personnes, cela parle également et surtout de ce que la venue était inattendue.

9 - Clôture du discours


Jésus vient donc de terminer de répondre à la question de ses disciples concernant le 'quand', son 'avènement' et la 'fin du monde'. Mais il ne s'arrête pas là. Faisant suite à tout ce qu'il vient de dire il ajoute encore deux choses. La première étant un conseil, et la deuxième un exemple.


a) Conseil.

🔘 Matthieu 24.42-44 : « Veillez donc, puisque vous ne savez pas quel jour votre Seigneur viendra. 43 Sachez-le bien, si le maître de la maison savait à quelle veille de la nuit le voleur doit venir, il veillerait et ne laisserait pas percer sa maison. 44 C'est pourquoi, vous aussi, tenez-vous prêts, car le Fils de l'homme viendra à l'heure où vous n'y penserez pas ».

Après avoir donné le signe qui centralise tous les évènements à venir, c'est-à-dire la séduction, il nous donne un conseil pour nous en prémunir. Ça n'est pas la première fois qu'il le donne dans Matthieu 24. Ici cela prend la forme de « Veillez donc », qui ne fait qu'exprimer à nouveau le conseil qu'il donnait dans le verset 6 : « gardez-vous d'être troublés ». Dans les deux cas cela signifie : 'soyez vigilant'. La Parole est éprouvée est nous avons la direction de nous y attacher. Lorsque ces choses arriveront, il sera indispensable de les comparer avec ce qui est annoncé, et ceux qui n'en ont pas pris l'habitude seront désemparés.

Le conseil de Jésus est donc de faire attention, de regarder les choses avec droiture et de les comparer à la Parole, et non avec nos envies, avec ce que nous aimerions qu'elle dise.


b) Exemple.

🔘 Matthieu 24.45-51 : « Quel est donc le serviteur (doulos) fidèle et prudent, que son maître a établi sur ses gens, pour leur donner la nourriture au temps convenable ? 46 Heureux ce serviteur (doulos), que son maître, à son arrivée, trouvera faisant ainsi ! 47 Je vous le dis en vérité, il l'établira sur tous ses biens. 48 Mais, si c'est un méchant serviteur (doulos), qui dise en lui-même : Mon maître tarde à venir, 49 s'il se met à battre ses compagnons (sundoulos), s'il mange et boit avec les ivrognes, 50 le maître de ce serviteur (doulos) viendra le jour où il ne s'y attend pas et à l'heure qu'il ne connaît pas, 51 il le mettra en pièces, et lui donnera sa part avec les hypocrites : C'est là qu'il y aura des pleurs et des grincements de dents ».

Finalement, il termine son discours par une parabole. Donc une image représentant ce qu'il vient de dire. Ce qui atteste que ce qu'il vient de dire n'est pas une image mais bien une réalité concrète.

Le conseil et l'exemple sont très importants, parce qu'ils portent une chose qui n'est presque pas présente dans le reste de Matthieu 24. Alors que tout du long il parlait de ce qui allait de toute façon se passer, ici il nous parle directement. Son conseil de « Veillez donc » ne parle plus de ce qui va se passer, mais de ce que nous devons faire. L'exemple suit ce même principe.

Avec tout ce qu'il vient de dire, la parabole qui suit parle de l'importance de la persévérance dans les périodes de troubles plus que des troubles en eux-mêmes.

10 - Conclusion.

Le chapitre 24 de la version de l'évangile selon Matthieu est probablement l'un des plus discutés. Si l'on demande les chapitres du sermon sur la montagne, ou ceux décrivant la crucifixion, les croyants auront besoin de réfléchir, si tant est qu'ils en connaissent la réponse. Par contre, Matthieu 24 est probablement dans la tête de presque tous.

C'est d'autant plus étonnant qu'il est totalement incompris.

Sa structure est parfaite, presque scolaire. Les disciples ont demandé quand surviendra la destruction de Jérusalem, ainsi que le signe de l'avènement de Jésus et de la fin des temps. En substance, ils demandent donc 3 évènements particuliers, ainsi qu'un signe et un moment.

Jésus répond méthodiquement à tous les sujets qui sont mis en avant, savoir par le signe, puis la fin du monde, il reviendra alors chronologiquement en arrière pour adresser la question de la destruction et de l'avènement de Jésus. Tout étant expliqué, il termine alors sur le moment où cela arrivera et conclut sur un conseil et une courte parabole pour nous rappeler que ce qui compte, c'est le maître, et non les agitations du monde.


1ère partie : le signe (la séduction)

Le signe

  • Verset 4 : Il désigne la séduction comme le signe demandé par les disciples.

La forme du signe

  • Verset 5 : Les séducteurs
  • Verset 6 : Le moyen de la séduction, les rumeurs
  • Versets 7-8 : Les conséquences de la séduction

Les conséquences du signe

  • Verset 9 : ceux qui ne sont pas séduits
  • Versets 10-12 : ceux qui auront été séduits.


2° Partie : L'annonce de la fin du monde.

L'annonce de la fin

  • Verset 13 : La persévérance mène au salut.
  • Verset 14 : La fin arrivera quand l'ange aura prêché la repentance au monde entier.


3° partie : pierre sur pierre (la destruction de Jérusalem)

La destruction de Jérusalem et la fuite

  • Verset 15-18 : L'urgence de la fuite. 
  • Verset 18-22 : Pas en hiver, pas pendant un sabbat.
  • Verset 23-28 : Les fausses annonces du christ.


4°partie : l'avènement de Jésus

Le retour

  • Verset 29-31 : Le retour du Fils de l'homme.


5° partie : le 'quand' ?

Le moment du retour

  • Verset 32-35 : L'exemple du figuier
  • Verset 36-41 : Le jour et l'heure


6° partie : la fin du discours

Conseil

  • Verset 42 : Veillez donc

Parabole

  • Verset 43-51 : Le retour du maître.


Tout ce chapitre est mal compris pour une raison simple. Evidemment, on pourrait simplement dire que c'est dû à un défaut d'attention, et ce ne serait pas faux, il nous faut cependant admettre que sa nature même facilitait l'erreur. Il y a peu de textes parlant de l'époque que nous ne vivrons pas, ce qui est le sujet abordé par Jésus. Il faut comprendre qu'il parle à des juifs. On fait trop souvent une distinction entre les juifs et les disciples, en oubliant que les disciples sont juifs. Quand on ajoute à cela que, bien que la finalité de l'histoire des juifs et de celles des non-juifs est la même, leurs histoires sont différentes. Mais la Parole de Dieu parle aux deux. Parfois elle parle de ce qui nous arrive, et si cela porte des significations et des compréhensions particulières pour ceux qui accepteront Jésus à l'élévation des témoins, il n'en reste pas moins que cela ne parle pas de la même dispensation. Cependant, elle parle parfois de choses qui leurs arriveront, et cette fois-ci, c'est nous qui ne sommes pas concernés de la façon dont nous l'imaginons.

Ce qui est décrit dans Matthieu 24 ne parle pas de nous mais porte cependant des messages clairs et importants. La dernière période de l'histoire de l'humanité, celle qui verra Armageddon est le paroxysme de quelque chose qui existe déjà. Cela ne doit cependant pas nous pousser à adapter des leçons que Jésus donne en prétendant que ce qui est décrit parle forcément de nous.

Les leçons sur la séduction, les annonces sur les tremblements de terre et sur les famines, les conseils sur la persévérance, toutes ces choses sont importantes à prendre en considération. Nous devons simplement comprendre que quels que durs peuvent être les évènements que nous traversons et traverserons, ils ne sont pas l'intensité maximum de ce qui doit arriver. Ainsi il y aura des tremblements durant notre période sur terre, mais le plus grand d'entre eux sera celui du septième ange, qui verra la disparition des îles. Il y a eu, il y a et il y aura des séductions durant notre passage sur terre, mais la plus grande sera pendant la fin et verra la chute de Jérusalem.

Alors il est évident que Matthieu 24 est important parce qu'au stade où nous en sommes, toutes ces choses arrivent déjà, à un degré moindre, mais il ne nous appartient pas de modifier ce qui est écrit. Ça l'a été pour ceux qui vont le vivre sous peu.

Bien que cela puisse sembler ironique, l'église dans son ensemble n'en a pas grand-chose à faire de ce que dit la Parole de Dieu, peu la lisent, beaucoup en parlent comme s'ils le faisaient. Aussi lorsqu'un texte est si largement connu et son explication si uniformément acceptée, on a de légitimes raisons de se méfier. Matthieu 24 ne déroge pas à ce principe, son explication, bien qu'importante, n'est en rien celle qu'on lui prête en sortant un verset par ici et un verset par là.

Le comprendre peut paraître futile vu sous cet angle, mais il faut également réaliser qu'il est souvent utilisé pour véhiculer de fausses croyances, et ces dernières sont un piège pour tous les croyants. Combien de fois a-t-on entendu en parlant de l'enlèvement de l'épouse (faussement appelé enlèvement de l'église) que personne ne connaît le jour ni l'heure ? Pourtant, ce texte ne parle pas de ça. Croire ce genre de choses nous ferait repousser Dieu lui-même s'il venait nous donner le moment de l'enlèvement. Pourtant il n'a jamais dit que nous ne serions pas informés de son retour puisqu'il parlait d'Armageddon. La parabole des 10 vierges est claire sur la voix qui informe du retour du maître. Les choses étaient claires, sous nos yeux, mais nous ne les avons pas vues. Nous ne faisions pas le lien.

Ce texte parle donc du retour de Jésus pour sauver les judéens en fuite de Jérusalem alors que la bête détruira la ville. Il nous parle de la fin du monde, ce qui est clairement la question des disciples, et nous savons que l'enlèvement ne l'est pas, il en est simplement une étape.