- Jonas -
1 - La mise en avant
a) Dans l'évangile selon Matthieu
b) Dans l'évangile selon Luc.
c) Les informations qu'ils contiennent.
- c.1) Les informations remises en avant.
- c.2) Les précisions.
d) Et voici ...
e) Passons à la suite.
2 - Un prophète ?
a) Pas dans le livre de Jonas.
b) Dans le reste de la Parole.
c) La réalité du personnage dans le livre de Jonas.
3 - Chapitre 1
a) Jonas chapitre 1.
b) Jonas fils d'Amitthaï.
c) L'appel de Jonas.
d) La fuite de Jonas.
e) La vie à bord.
f) Conclusion du premier chapitre.
- f.1) Une étape dans la formation.
- f.2) Le triptyque géographique.
NOTA : les versets contenant [qara].
4 - Chapitre 2
a) Jonas chapitre 2.
b) Généralités.
c) Mort ou pas mort ?
- c.1) Jeté à l'eau, la mort du corps.
- c.2) Le séjour des morts.
- c.3) Intervention de Dieu.
- c.4) La prière de Jonas.
- c.5) Le retour à la vie.
d) Conclusion du deuxième chapitre : le sens de son voyage.
5 - Chapitre 3
a) Jonas chapitre 3.
b) Jonas n'est plus le même.
- b.1) La nouvelle naissance.
- b.2) Renouvellement de la demande.
c) Obéissance.
d) La réalité du plan de Dieu.
e) La repentance de Dieu.
f) Résumé du troisième chapitre.
6 - Chapitre 4
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{index} 1 - La mise en avant.
Le livre de Jonas n'a pas plus de raison d'attirer l'attention que les autres, en réalité, au premier abord il en a presque moins, parce qu'il parait simple d'accès et plus la lecture est facile, moins l'attention est présente. Jésus s'est assuré de nous orienter dans la bonne direction à plusieurs reprises. Ainsi nous trouvons trois passages répartis dans deux des quatre versions de l'évangile.
a) Dans l'évangile selon Matthieu
🔘 Matthieu 12.38-41 : « Alors quelques-uns des scribes et des pharisiens prirent la parole, et dirent : Maître, nous voudrions te voir faire un miracle. 39 Il leur répondit : Une génération méchante et adultère demande un miracle ; Il ne lui sera donné d'autre miracle que celui du prophète Jonas (colombe/pigeon). 40 Car, de même que Jonas (colombe/pigeon) fut trois jours et trois nuits dans le ventre d'un grand poisson, de même le Fils de l'homme sera trois jours et trois nuits dans le sein de la terre. 41 Les hommes de Ninive (demeure de la postérité) se lèveront, au jour du jugement, avec cette génération et la condamneront, parce qu'ils se repentirent à la prédication de Jonas (colombe/pigeon) ; Et voici, il y a ici plus que Jonas (colombe/pigeon) ».
🔘 Matthieu 16.1-4 : « Les pharisiens et les sadducéens abordèrent Jésus (l'Eternel sauve) et, pour l'éprouver, lui demandèrent de leur faire voir un signe venant du ciel. 16.2 Jésus (l'Eternel sauve) leur répondit : Le soir, vous dites : Il fera beau, car le ciel est rouge ; Et le matin : 16.3 Il y aura de l'orage aujourd'hui, car le ciel est d'un rouge sombre. Vous savez discerner l'aspect du ciel, et vous ne pouvez discerner les signes des temps. 16.4 Une génération méchante et adultère demande un miracle ; Il ne lui sera donné d'autre miracle que celui de Jonas (colombe/pigeon). Puis il les quitta, et s'en alla ».
b) Dans l'évangile selon Luc.
🔘 Luc 11.29-32 : « Comme le peuple s'amassait en foule, il se mit à dire : Cette génération est une génération méchante ; Elle demande un miracle ; Il ne lui sera donné d'autre miracle que celui de Jonas (Ionas - colombe/pigeon). 11.30 Car, de même que Jonas (Ionas - colombe/pigeon) fut un signe pour les Ninivites, de même le Fils de l'homme en sera un pour cette génération. 11.31 La reine du Midi se lèvera (egeiro - se lever), au jour du jugement, avec les hommes de cette génération et les condamnera, parce qu'elle vint des extrémités de la terre pour entendre la sagesse de Salomon (paisible) ; Et voici, il y a ici plus que Salomon (paisible). 11.32 Les hommes de Ninive (demeure de la postérité) se lèveront (anistemi - se lever), au jour du jugement, avec cette génération et la condamneront, parce qu'ils se repentirent à la prédication de Jonas (Ionas - colombe/pigeon ) ; Et voici, il y a ici plus que Jonas (Ionas - colombe/pigeon) ».
c) Les informations qu'ils contiennent.
La principale d'entre elles est que le livre de Jonas détient des secrets incompris.
Si l'on excepte la mention de Salomon, Jésus remet sur le devant de la scène plusieurs informations concernant le livre de Jonas, tout en faisant également quelques précisions qui, lorsque l'on prête attention au texte d'origine, font sens.
c.1) Les informations remises en avant.
- Jonas a été dans le ventre du poisson trois jours et trois nuits (Jonas 2.1) (Matthieu 12.40).
- Ninive s'est repentie (Jonas 3.5-6) (Matthieu 12.41) (Luc 11.32).
c.2) Les précisions.
- Jonas est prophète (Matthieu 12.39).
- L'ingestion de Jonas par un poisson est un miracle (donc une réalité) (Matthieu 12.39) (Matthieu 16.4) (Luc 11.29).
- Dans le livre de Jonas on parle d'un grand [gadol] poisson [dag] (Jonas 2.1), dans Matthieu c'est un [ketos], donc un monstre marin, traduit par « grand poisson » (Matthieu 12.40).
- Jonas n'a pas prophétisé mais prêché (Matthieu 12.41) (Luc 11.32).
d) Et voici ...
- 🔘 Matthieu 12.41 : « Et voici, il y a ici plus que Jonas ».
- 🔘 Luc 11.32 : « Et voici, il y a ici plus que Jonas ».
Si Jésus nous dit qu'il y a plus que Jonas, parlant essentiellement de lui et de ce qui est en train de se dérouler à son époque, ça ne signifie pas qu'il y ait des choses en plus, mais qu'il se passe la même chose à un niveau supérieur. Le livre de Jonas est donc l'annonce non seulement de ce que les contemporains de Jésus vivent, mais également de ce qui devait suivre. Ça nous pousse a avoir un regard plus aiguisé sur ce court livre, parce que « mieux vaut la fin d'une chose que son commencement » (Ecclésiaste 7.8). Les annonces ont moins d'importance que leurs accomplissements. Le livre de Jonas n'annonce pas seulement la mort et la résurrection de Jésus, mais également la repentance qui s'en suivrait.
C'est pour cela que les hommes de Ninive et la reine du Midi se lèveront au jour du jugement, en même temps que cette génération pour la condamner. Ni la reine du midi ni les hommes de Ninive ne sont nativement du peuple de Dieu, et seule la Parole de Dieu nous juge. Ces affirmations désignent en réalité la valeur comparative du jugement, le témoignage que représente leur réaction face à une situation. Confrontés à une version moindre de la résurrection de Jésus et de la sagesse de Dieu, ils n'en ont pas moins reconnu la grandeur.
e) Passons à la suite.
Si nous voulons comprendre ce qu'est ce niveau supérieur de l'histoire de Jonas, il faut impérativement comprendre l'annonce qui a été faite.
{index} 2 - Un prophète ?
a) Pas dans le livre de Jonas.
Si on ne se base que sur le livre qui porte son nom, il n'y a pas moyen de dire que Jonas était prophète, bien au contraire. Non seulement il n'est jamais appelé de la sorte, mais pour ajouter à cela, l'annonce qu'il fait à Ninive n'arrivera pas. Bien que ce soit par suite de la repentance de Ninive que la chose annoncée n'arrivera pas, il n'en reste pas moins que le livre du Deutéronome nous dit clairement que : « le prophète qui aura l'audace de dire en mon nom une parole que je ne lui aurai point commandé de dire, ou qui parlera au nom d'autres dieux (Elohim), ce prophète-là sera puni de mort. 18.21 Peut-être diras-tu dans ton cœur : Comment connaîtrons-nous la parole que l'Éternel n'aura point dite ? 18.22 Quand ce que dira le prophète n'aura pas lieu et n'arrivera pas, ce sera une parole que l'Éternel n'aura point dite. C'est par audace que le prophète l'aura dite : N'aie pas peur de lui » (Deutéronome 18.20-22).
Les Ninivites n'ont pas le moyen de vérifier si la parole était de Dieu, ce qui définirait que Jonas est prophète. Ils ont cru, se sont repentis, et l'annonce ne s'est pas réalisée. Certains ont dû se dire que Dieu avait eu pitié d'eux, mais avec le temps, ce qui reste invariablement c'est que la sanction annoncée n'a pas eu lieu, et donc rien n'établit que l'annonce était de Dieu. Ninive finira tout de même détruite plus tard (Nahum 1.1-8*), signe que la repentance en question était temporaire.
Mais pour ce qui concerne Jonas, aux yeux de beaucoup, c'est un homme qui a annoncé des choses qui ne se sont pas réalisées. Ça ne signifie pas qu'il n'est pas de Dieu mais, conformément à ce que nous dit le livre du Deutéronome, que ça n'était pas une prophétie.
* L'annonce de la destruction de Ninive.
🔘 Nahum 1.1 : « Oracle sur Ninive. Livre de la prophétie de Nahum, d'Elkosch ».
🔘 Nahum 1.8 : « Mais avec des flots qui déborderont il détruira la ville, et il poursuivra ses ennemis jusque dans les ténèbres ».
b) Dans le reste de la Parole.
Jonas ne pouvant clairement pas être défini comme prophète dans le livre qui porte son nom, il n'en reste pas moins qu'il est identifié de la sorte une fois dans l'ancienne (2 Rois 14.25 : « ... par son serviteur Jonas, le prophète, fils d'Amitthaï, de Gath Hépher ») et une fois dans la nouvelle alliance (Matthieu 12.39 : « ... Il ne lui sera donné d'autre miracle que celui du prophète Jonas »).
Si la confirmation de Jésus se fait obligatoirement après le livre de Jonas, celle du livre des rois n'est pas parlante à l'époque du livre de Jonas. Il est possible que la prophétie qu'il a apporté et qui est notée dans le livre des rois se soit accomplie plus tard. S'étant accomplie sous le règne de Jéroboam, ça ne nous donne pas beaucoup d'indications comparativement aux évènements du livre de Jonas.
c) La réalité du personnage dans le livre de Jonas.
Jonas est prophète, c'est un fait. On ne sait pas exactement quand il a vécu. Jésus n'en parle pas, il n'est pas dans les généalogies, et le deuxième livre des rois ne fait que nous donner une prophétie qui était déjà donnée du temps de Jéroboam II. On sait simplement qu'il a vécu avant l'instant auquel son nom est mentionné.
Pour ce qui est de sa qualité au moment du livre de Jonas, il faut comprendre quelque chose de particulier. Bien qu'il soit prophète, il n'exerce à aucun moment dans ce livre. Lorsque Jésus en parle, il ne mentionne pas sa prophétie, mais sa prédication (« parce qu'ils se repentirent à la prédication de Jonas » : Matthieu 12.41 + Luc 11.32). Par contre, ce que Jésus fait, c'est non seulement de dire que Jonas est un prophète, mais également qu'il est un signe. Ce qui le place au même plan qu'Abraham, qui est prophète en ne prophétisant pas, mais parce que ce qu'il vit est une annonce de ce qui est à venir.
L'absence de chronologie dans la vie de Jonas fait qu'on n'a aucun moyen de savoir si sa condition de prophète est connue au moment où se déroulent les évènements de sa prédication à Ninive.
{index} 3 - Chapitre 1
Le livre de Jonas souffre de sa structure. C'est une histoire courte qui se lit très vite et dont le sens paraît évident à première lecture. Il paraît facile à résumer et comme c'est dans la nature humaine de synthétiser, il s'est vite réduit à l'histoire d'un homme mangé par un poisson. Une sorte de version de Moby Dick inspirée par Dieu.
Les quatre chapitres sont organisés comme suit :
1️⃣ le premier parle de l'appel et de la fuite de Jonas
2️⃣ le deuxième parle de Jonas stoppé dans sa fuite
3️⃣ le troisième parle de repentance
4️⃣ le dernier des conséquences du troisième.
a) Jonas chapitre 1.
1.1 La parole de l'Éternel fut adressée à Jonas [Colombe/Pigeon], fils d'Amitthaï [Véridique], en ces mots : 1.2 Lève-toi, va à Ninive, la grande ville, et crie contre elle ! Car sa méchanceté est montée jusqu'à moi.
1.3 Et Jonas [Colombe/Pigeon] se leva pour s'enfuir à Tarsis [chrysolithe], loin de la face de l'Éternel. Il descendit à Japho [belle], et il trouva un navire qui allait à Tarsis [chrysolithe] ; Il paya le prix du transport, et s'embarqua pour aller avec les passagers à Tarsis [chrysolithe], loin de la face de l'Éternel.
1.4 Mais l'Éternel fit souffler sur la mer un vent impétueux, et il s'éleva sur la mer une grande tempête. Le navire menaçait de faire naufrage. 1.5 Les mariniers eurent peur, ils implorèrent chacun leur dieu, et ils jetèrent dans la mer les objets qui étaient sur le navire, afin de le rendre plus léger. Jonas [Colombe/Pigeon] descendit au fond du navire, se coucha, et s'endormit profondément.
1.6 Le pilote s'approcha de lui, et lui dit : Pourquoi dors-tu ? Lève-toi, invoque ton Dieu ! Peut-être voudra-t-il penser à nous, et nous ne périrons pas.
1.7 Et il se rendirent l'un à l'autre : Venez, et tirons au sort, pour savoir qui nous attire ce malheur. Ils tirèrent au sort, et le sort tomba sur Jonas [Colombe/Pigeon]. 1.8 Alors ils lui dirent : Dis-nous qui nous attire ce malheur. Quelles sont tes affaires, et d'où viens-tu ? Quel est ton pays, et de quel peuple es-tu ? 1.9 Il leur répondit : Je suis Hébreu, et je crains l'Éternel, le Dieu des cieux, qui a fait la mer et la terre.
1.10 Ces hommes eurent une grande frayeur, et ils lui dirent : Pourquoi as-tu fait cela ? Car ces hommes savaient qu'il fuyait loin de la face de l'Éternel, parce qu'il le leur avait déclaré. 1.11 Ils lui dirent : Que te ferons-nous, pour que la mer se calme envers nous ? Car la mer était de plus en plus orageuse. 1.12 Il leur répondit : Prenez-moi, et jetez-moi dans la mer, et la mer se calmera envers vous ; Car je sais que c'est moi qui attire sur vous cette grande tempête.
1.13 Ces hommes ramaient pour gagner la terre, mais ils ne le purent, parce que la mer s'agitait toujours plus contre eux. 1.14 Alors ils invoquèrent l'Éternel, et dirent : O Éternel, ne nous fais pas périr à cause de la vie de cet homme, et ne nous charge pas du sang innocent ! Car toi, Éternel, tu fais ce que tu veux. 1.15 Puis ils prirent Jonas [Colombe/Pigeon], et le jetèrent dans la mer. Et la fureur de la mer s'apaisa.
1.16 Ces hommes furent saisis d'une grande crainte de l'Éternel, et ils offrirent un sacrifice à l'Éternel, et firent des vœux.
b) Jonas fils d'Amitthaï.
Bien que n'ayant pas d'explication claire, noter ce qui suit est intéressant.
En Hébreu, Jonas se dit [Yonah] et est traduit soit par 'pigeon' soit par 'colombe'.
Le problème réside dans le soit/soit qui ne devrait pas être là pour varier les choix et en proposer deux. [Yonah] devrait toujours être traduit par 'pigeon' ou toujours être traduit par 'colombe'. En faisant varier le choix, cela fait également varier la compréhension du lecteur. La 'colombe' nous paraît plus noble que le 'pigeon'. La colombe pointe vers la paix, le pigeon vers Trafalgar square. Pourtant dans la Parole de Dieu, c'est le même mot, il n'y a pas de distinctions. C'est d'autant plus important que le Saint-Esprit a choisi de se présenter sous la forme de cet animal. Choisir une traduction plutôt qu'une autre parce qu'on veut donner une meilleur impression au lecteur est une faute.
Ainsi lorsque Moïse nous parle de l'oiseau que relâche Noé, c'est le mot 'colombe' qui est utilisé. Lorsqu'il nous parle des sacrifices de la loi, c'est le mot 'pigeon' qui est utilisé. Mais il utilise le même mot. En réalité, dans toute l'ancienne alliance, la séparation est assez simple. Dès que les traducteurs avaient envie de pointer sur quelque chose de peu de valeur financière, ils traduisent par 'pigeon' dans le cas contraire, ils traduisent par 'colombe'.
'Pigeon' est donc utilisé pour parler des sacrifices de la loi de Moïse qui sont justement les sacrifices du pauvre* ainsi que dans un verset supplémentaire qui met en avant également quelque chose de socialement bas**. Dans l'intégralité des autres cas, c'est une traduction en 'colombe' qui est privilégiée. Et je ne dis pas que ce sont des traductions normales mais que c'est le choix qu'ont fait les personnes qui ont 'traduit' les textes.
Ce qui en ressort, c'est que le nom de Jonas renvoie directement à la notion de pigeon/colombe, et c'est là que les choses deviennent intéressantes. Jonas signifie donc 'pigeon/colombe', ce qui renvoie directement au choix du Saint-Esprit quant à son apparence lorsqu'il est descendu sur Jésus.
Ceci comprit, le texte précise alors de qui il est fils, et c'est d'Amitthaï ([Amittay]) qui cette fois-ci signifie 'Véridique'. Etant un nom propre, il s'écrit avec une majuscule, or lorsque la vérité est un nom propre, elle désigne Jésus qui est le chemin, la vérité et la vie.
Etrangement, Jonas fils d'Amitthaï n'est pas dans les chroniques, on nous en donne donc la lignée qui pourtant n'a pas d'utilité lorsqu'on en vient a essayer de le placer dans le temps. Ça implique généralement que l'importance se trouve ailleurs. Or, placer le Saint-Esprit et Jésus en introduction d'un texte visant a apporter la repentance et le pardon à une ville pécheresse ne peut pas être une coïncidence.
* Lévitique 5.7 : « S'il n'a pas de quoi se procurer une brebis ou une chèvre, il offrira en sacrifice de culpabilité à l'Éternel pour son péché deux tourterelles ou deux jeunes pigeons, l'un comme victime expiatoire, l'autre comme holocauste ».
** 2 Rois 6.25 : « Il y eut une grande famine dans Samarie ; Et ils la serrèrent tellement qu'une tête d'âne valait quatre-vingts sicles d'argent, et le quart d'un kab de fiente de pigeon cinq sicles d'argent ».
c) L'appel de Jonas.
Tous le livre démarre avec un appel qui tient en un court verset : « Lève-toi, va à Ninive, la grande ville, et crie [qara] contre elle ! Car sa méchanceté est montée jusqu'à moi » (Jonas 1.2). On n'y note pas la chose devant être criée. L'ordre est simplement d'y aller pour crier, et plus spécifiquement, de crier « contre elle ».
Partant du principe que cela fait peu d'informations il est préférable d'y prêter une attention particulière. Il se trouve que le mot traduit par 'crier' est très fréquent dans la parole de Dieu (689 fois), et que ses traductions sont variées. 'Crier' est l'une d'entre elles, et elle est parfois justifiée. Par exemple, dans ce même livre de Jonas, lorsque le roi fait une publication dans Ninive, il dit : « Que les hommes [adam] et les bêtes soient couverts de sacs, qu'ils crient [qara] à Dieu [elohim] avec force, et qu'ils reviennent tous [iysh] de leur mauvaise voie et des actes de violence dont leurs mains sont coupables ! » (Jonas 3.8). La traduction par le verbe 'crier' parait censée, parce que cela correspond au contexte de la repentance qui est demandé par le roi de Ninive. Par contre, dans le verset 1.2, le fait que Jonas soit censé aller [qara] contre Ninive ne semble clairement pas désigner le simple fait de crier.
Dans le seul livre de Jonas, ce terme est traduit de quatre manières différentes : par 'crier' (1.2 + 3.8) ; 'invoquer' (1.6 + 1.14 + 2.2) ; 'proclamer' (3.2) ; 'publier' (3.5). Etrangement, l'Eternel dit par deux fois à Jonas de [qara], mais alors que l'Eternel dit la même chose, à la même personne, la traduction est différente. 'Crier' dans le premier cas, 'proclamer' dans le deuxième.
Dans le cas présent, Jonas est appelé à proclamer les paroles de l'Eternel à Ninive, et plus spécifiquement « contre » Ninive.
Bien que les paroles en question ne lui soient pas encore précisées, il comprend ce qui se passe. Il n'est pas sans connaître Dieu, et il sait que la méchanceté de Sodome était aussi montée jusqu'à lui, pourtant il n'avait envoyé aucun serviteur l'appeler à la repentance. Au contraire, il était descendu en personne accompagné de deux anges afin d'effectuer une dernière vérification avant destruction. La différence tenant dans le fait que Lot tourmentait son âme tous les jours. Il était le juste qui permettait à la ville de ne pas être instantanément détruite. Ce sont les lamentations de Lot qui sont montées jusqu'à Dieu*. La ville avait eu en lui un exemple de droiture et l'avait rejeté. Ninive au contraire n'a aucun juste en elle, aucune lamentation n'est montée, c'est sa méchanceté qui l'a fait. Elle est vouée à la destruction si aucun juste ne parait rapidement.
Aussi, lorsque Jonas apprend qu'il doit aller faire une proclamation à Ninive, il sait que si les mots de Dieu parlent de colère, le coeur de Dieu est au salut. Il sait que l'Eternel veut l'envoyer pour les redresser et que ce qui sera dit (il ne connaît pas les termes du message à cet instant) n'arrivera pas. Cette évidence nous est révélée dans le chapitre 4 de ce même livre où il va se lamenter de voir arriver ce qu'il avait anticipé. (Je reviendrai dessus plus tard).
* 2 Pierre 22.8 (car ce juste, qui habitait au milieu d'eux, tourmentait journellement son âme juste à cause de ce qu'il voyait et entendait de leurs oeuvres criminelles)
d) La fuite de Jonas.
🔘 Jonas 1.3 : « Et Jonas [Colombe/Pigeon] se leva pour s'enfuir à Tarsis [chrysolithe], loin de la face de l'Éternel. Il descendit à Japho [belle], et il trouva un navire qui allait à Tarsis [chrysolithe] ; Il paya le prix du transport, et s'embarqua pour aller avec les passagers à Tarsis [chrysolithe], loin de la face de l'Éternel ».
Sa réaction est donc de fuir, et son choix se porte de suite vers Tarsis. Il n'a pas pris le premier bateau disponible pour fuir le plus vite possible, mais désirait aller dans cette ville précise. C'est pourquoi il descend à Japho (actuelle Jaffa) et y cherche spécifiquement un navire avec cette destination. Il désire aller « loin de la face de l'Éternel ». Pourtant Jérémie nous fait une déclaration qui semble invalider le fait que Jonas puisse s'éloigner de Dieu en allant à Tarsis.
🔘 Jérémie 23.23-24 : « Ne suis-je un Dieu que de près, dit l'Éternel, et ne suis-je pas aussi un Dieu de loin ? 23.24 Quelqu'un se tiendra-t-il dans un lieu caché, sans que je le voie ? Dit l'Éternel. Ne remplis-je pas, moi, les cieux et la terre ? Dit l'Éternel ».
Et Jonas connait suffisamment l'Eternel pour savoir qu'il est partout. Si sa fuite est présentée sous l'angle d'un éloignement physique, la situation associée aux lieux cités parle d'autre chose. Or lorsqu'on connait le déroulé des évènements de la fin qui nous sont narrés dans le livre de l'apocalypse, on se rappelle que la première bête vient de la mer (chemin qu'empreinte Jonas) ; qu'il le fait pour se rendre sur une île (Tarsis), lieu d'apparition de la seconde bête (pas 'Tarsis', mais les îles) et raison partielle de la destruction des îles au septième ange ; et que Dieu le stoppe en chemin en le faisant couler dans l'abîme. Dieu lui montre que l'habitation qu'il s'est choisi chez les hommes pour le fuir aura pour finalité l'abime ('Tarsis' signifie 'chrysolite', la pierre de Zabulon, qui quant à lui signifie justement 'habitation').
La fuite de Jonas est importante. On la regarde comme le résultat d'un Jonas boudeur, mais le sens qui s'en dégage est essentiel.
On néglige souvent certaines choses qui sont pourtant des bases de la compréhension de ce que fait Dieu. Il a appelé Samuel quatre fois avant que ce dernier ne réponde, mais quand on regarde le texte de prêt on réalise que l'Eternel ne s'est présenté à lui que la quatrième fois. Ça n'était pas utile auparavant parce qu'il savait qu'il n'était pas en mesure de répondre. Il se présente lorsque c'est le bon moment.
De la même manière, l'Eternel sait parfaitement que Jonas va fuir avant même qu'il ne le lui demande. On pourrait alors se demander pourquoi il ne l'a pas formé auparavant, voir même pourquoi il n'a pas envoyé quelqu'un qui avait déjà la stature nécessaire pour le faire. Et il se trouve que la réponse partielle a déjà été donnée.
Le voyage a autant d'importance que la destination. Les évènements qui jalonnent la route vers l'acceptation sont importants. Rappelons nous également que Dieu a enlevé Enoch et Elie, ou encore qu'il transportait Elie et Philippe d'un lieu a un autre, mais ici il demande à un poisson de venir avaler Jonas alors qu'il aurait sans peine pu simplement le transporter du fond des mers vers le rivage. Mais, comme je le disais, tout a de l'importance, et le poisson symbolisant l'évangélisation fait partie des détails à ne pas négliger. Je reviendrai également là-dessus.
Dans l'immédiat, Jonas a trouvé le bateau qui devrait lui permettre de fuir l'Eternel.
e) La vie à bord.
Tout le reste du premier chapitre va nous raconter ce qui se passe à bord et qui conduit à voir Jonas être jeté à la mer.
La situation de base est simple. Joas a prit un bateau pour Tarsis, et une tempête se lève. Cette dernière est particulièrement violente, suffisamment pour instiller de la peur chez les mariniers. On ne parle pas de passager qui n'auraient pas l'habitude de ce genre de situation et qui s'inquiéteraient inutilement. Ce sont des personnes qui passent leur vie sur la mer, qui ont déjà affronté de nombreuses tempêtes, et celle qu'ils affrontent leur fait peur au point de s'en remettre chacun à leur dieu.
Le seul qui ne le fasse pas, c'est Jonas, qui est parfaitement conscient de ce qui est en train de se passer. Il descend dans la cale se couche et s'endort profondément. Rien que ce détail parait surnaturel.
C'est le pilote du navire qui le réveille et lui reproche de ne pas invoquer son Dieu. On a souvent tendance à séparer la foi en dieu en deux groupes, ceux qui croient en un dieu et ceux qui croient en plusieurs. Dans la Parole de Dieu, beaucoup de peuple sont entre les deux (Israël inclus). Ils croient en l'existence de plusieurs dieux, mais en servent un seul, parfois à tour de rôle.
A la vue de la situation dans laquelle ils se trouvent, étant dans l'urgence, ils concluent que la tempête ne peut pas être naturelle et décident alors de tirer au sort pour savoir lequel parmi eux a attiré le malheur qui les frappe. Evidemment, le sort tombe sur Jonas qui ne nie pas la réalité et annonce ses origines et l'identité de son Dieu. On notera que de nombreuses divinités sont présentes sur le bateau, ce qui pose question sur l'époque et la situation en Israël, ainsi que sur l'origine du bateau.
Ne connaissant pas bien le Dieu de Jonas, une discussion s'engage dans laquelle les marins demandent ce qu'ils doivent faire pour que la situation s'arrange. Jonas ne cache rien et annonce qu'ils doivent le jeter à l'eau et que le problème de navigation cessera. Ce qu'on note rarement c'est que bien que la situation soit catastrophique, et que les marins savent désormais ce qu'il convient de faire, ils s'y refusent. La réaction des marins alors qu'ils viennent d'apprendre ce que Jonas a dit est de retourner ramer pour gagner la terre et pas de le jeter à l'eau. Plus ils font d'efforts, et plus la tempête enfle. Finalement devant le constat de leur incapacité à rejoindre le rivage, ils décident à contre coeur de faire ce que Jonas leur disait.
Mais pas avant de s'être mis en règle avec l'Eternel.
f) Conclusion du premier chapitre.
La Parole nous dit que les pensées de l'Eternel ne sont pas les nôtres, et ce premier chapitre en est la démonstration. Alors qu'on pourrait regarder d'un mauvais œil la réaction de Jonas ou penser que l'Eternel aurait pu choisir quelqu'un qui était disposé à faire sa volonté, ce qui se dégage de ces quelques premiers versets dresse un tableau totalement différent.
f.1) Une étape dans la formation.
Comme je le montrais, Jonas connait l'Eternel, mais personne ne peut connaitre Dieu totalement. Si nous avons un socle commun, cela ne signifie pas pour autant que nous le connaissons de la même manière. C'est l'une des leçons qui sortent des sept églises des chapitres 2 et 3 du livre de l'apocalypse. Jésus se présente différemment à chacun, et si nous sommes censés le connaître pleinement, cette plénitude ne se fait pas dans le même ordre pour chacun. Jonas n'est pas plus coupable que nous ne le sommes de ne pas ressusciter les morts. Chaque chose en sont temps.
Ce qui peut aider à comprendre de quoi l'Eternel est en train de parler dans ce premier chapitre. Il faut réaliser que dans une bonne partie des cas les serviteurs qui sont les sujets d'un des passages des écritures apparaissent alors qu'ils accomplissent quelque chose dans le nom de l'Eternel. Dans la quasi totalité des cas, on ne connaît pas le parcours des prophètes qui jalonnent l'ancienne alliance avant qu'ils ne servent l'Eternel. Elie apparait comme un cheveux sur la soupe ; on ne sait pas réellement à quoi ressemblait la vie d'Elisée avant que l'Eternel ne le désigne et qu'il suive Elie. On sait que Samuel a été cherché enfant, mais ensuite il y a un creux dans lequel il murit jusqu'à ce qu'il entre pleinement en service. On ne peut que supposer la stature d'Osée avant que l'Eternel ne lui fasse cette première demande d'épouser une prostituée. Dans la réalité, on ne connaît le parcours que de très peu de prophètes. On ne sait pas ce qu'ont vécu Nahum, Sophonie, Amos ou Jean-Baptiste avant d'entrer en service.
C'est là que réside la première des particularités de ce livre. Le premier chapitre nous montre un Jonas qui n'est pas encore près à servir l'Eternel, comme Moïse ne l'était pas non plus en Egypte alors qu'il assassinait le garde. Cette impréparation tend à faire penser que le livre de Jonas date d'avant la référence qui nous est faite sur ce personnage dans le livre des Rois.
Dans ce ce premier chapitre, l'Eternel nous montre qu'il ne perd jamais de temps. Nous croyons généralement que nous avons besoin d'un peu plus de ceci ou de cela pour le servir, mais nous oublions qu'il est Dieu. Il fait ce qu'il veut. Si nous ne voulons pas le servir, alors il se servira de nous. L'Eternel connaissait les travers de Jonas, il savait qu'il fuirait, mais il savait également que Jonas avait besoin de fuir pour le trouver. Personne ne sait si Elie n'a pas eu besoin d'un moment comme celui-là, la Parole de Dieu ne s'étale pas sur les échecs des serviteurs de Dieu. Elle parle de leurs obéissances diverses, pas de leurs désobéissances, presque jamais de leur formation. Alors on a l'impression que lorsque le premier chapitre de Jonas se déroule, Jonas est en plein abandon de sa foi en Dieu. Ça n'est pas le cas. Celui qui perdra sa vie la conservera nous disait Jésus, Jonas en est là. Il connait Dieu, il le connaît même très bien, mais une chose peut étonner, notre connaissance de nous-même limite la connaissance que nous avons de Dieu. Savoir qu'il est un Père n'a aucune valeur si nous ne comprenons pas que nous sommes ses enfants. Les choses fonctionnent par pallier : ce que nous connaissons de lui nous révèle des choses sur nous, parce que nous sommes sont oeuvres, ses enfants. De la même manière qu'un père charnel se reproduit au travers de son code génétique, le Père céleste se reproduit au travers de son code spirituel, en devant ses enfants, nous devenons une descendance spirituellement génétique, nous portons ses traits, son caractère. Notre nature charnelle lutte contre, mais notre Père le sachant nous transforme peu à peu, aussi il ne le fait pas conte notre gré, mais en sachant que nous avons besoin de son aide pour y arriver. C'est pour cela que le livre de l'apocalypse nous dit : « Moi, je reprends et je châtie tous ceux que j'aime » (Apocalypse 3.19), ou que la version de Jean de l'évangile nous dit: « il l'émonde, afin qu'il porte encore plus de fruit » (Jean 15.2) en parlant de nous. Quand nous lui appartenons, notre accord est tacite. Certaines épreuves deviennent nécessaire pour notre propre croissance.
Simon allait d'échecs en échecs avant de devenir Pierre et, à son image, Jonas avait besoin de couler pour appeler à l'aide.
Finalement, alors que Jonas en est encore à couler et que l'appel à l'aide approche, devant le calme revenu à la surface les marins reconnaissent la grandeur de Dieu, lui offrent un sacrifice et font des vœux (Jonas 1.16). Alors qu'on pourrait se focaliser sur Jonas, la réalité est que l'œuvre de Dieu s'est faite, et que Jonas ne le sait pas. Ça nous rappelle également de ne pas tirer d'aberrantes conclusions sur notre propres épreuves, Dieu fait ce qu'il veut. La fuite de Jonas et sa 'mise à mort' ont produit quelque chose d'inattendu et il en va de même dans nos vies. Ça n'est jamais sage de tirer des conclusions sur ce que nous ignorons. La variation des angles au travers desquels nous regardons les choses est importantes. Lorsque nous regardons Jonas nous trouvons étrange que quelque chose d'aussi positif puisse ressortir des conséquences de sa désobéissance, mais nous oublions que ce chapitre nous parle d'une opposition très intéressante. Si nous avons d'un côté Jonas qui désobéit et qui fuit, on oublie trop rapidement que de l'autre côté nous avons les marins qui obéissent, se soumettent à Dieu et en reçoivent une révélation en retour.
Jonas avait besoin de ça pour rencontrer celui qu'il connaissait, et bien qu'il ne soit pas en état de le demander, Dieu le sait et a pourvu à tout ce qui était nécessaire pour que son serviteur puisse entrer dans la dimension d'obéissance qui était nécessaire pour ce qu'il avait à faire. Ce faisant, Dieu s'en est servi pour que du bien en ressorte sur plusieurs niveaux. Jonas ne va pas tarder à changer en stature, mais des marins en pleines détresses ont trouvé en Dieu le phare dont ils avaient besoin.
f.2) Le triptyque géographique.
Tout ce chapitre est tourné vers les nations à une époque ou cela n'a pas réellement de sens. On comprend plus facilement que le livre d'Esaïe parle des temps ou Jésus a marché sur cette terre, ou que le livre de Daniel parle des temps dans lesquelles nous entrons. Etant sous la loi de Moïse, ces marins ne sont pas censés faire de vœux à l'Eternel, mais au-delà il y a les Ninivites. Ninive est une ville Chaldéenne, située non loin d'Ur, ville de naissance d'Abraham. Le livre de Jonas nous parle donc de l'appel à la repentance d'une ville non-juive, sous la loi de Moïse, et qui se trouve exactement à l'endroit que l'Eternel voulait qu'Abraham quitte.
Il nous parle également de Tarsis, une ville à la signification particulière et dont on ne connait pas réellement la localisation. Elle représente les îles, au milieu des eaux, le royaume de la seconde bête, enfantée par la première qui est née au milieu des eaux et donc l'Eternel a protégé son serviteur Jonas afin qu'il n'aille pas aussi loin dans sa fuite.
Nous avons trois territoires représentés, désignant les trois factions de la fin des temps. Israël qui représente le peuple de Dieu ; Ninive qui représente le monde et donc la prostituée (Ishtar est la déesse de Ninive, elle est une version d'Astarté) ; et enfin Tarsis, les îles, territoire de la bête, destinée à être détruites dans un terrible tremblement de terre au septième ange de l'apocalypse.
L'histoire de Jonas parle de bien plus que ce qu'on imagine au premier abord.
NOTA : les versets contenant [qara].
- Jonas 1.2 : « Lève-toi, va à Ninive, la grande ville, et crie [qara] contre elle ! car sa méchanceté est montée jusqu'à moi ».
- Jonas 1.6 : « Le pilote s'approcha de lui, et lui dit : Pourquoi dors-tu ? Lève-toi, invoque [qara] ton Dieu ! peut-être voudra-t-il Penser à nous, et nous ne périrons pas ».
- Jonas 1.14 : « Alors ils invoquèrent [qara] l'Eternel, et dirent : O Eternel, ne nous fais pas périr à cause de la vie de cet homme, et ne nous charge pas du sang innocent ! Car toi, Eternel, tu fais ce que tu veux ».
- Jonas 2.2 : « Il dit : Dans ma détresse, j'ai invoqué [qara] l'Eternel, et il m'a exaucé ; Du sein du séjour des morts j'ai crié, et tu as entendu ma voix ».
- Jonas 3.2 : « Lève-toi, va à Ninive, la grande ville, et proclames [qara]-y la publication que je t'ordonne ! ».
- Jonas 3. : « Jonas fit d'abord dans la ville une journée de marche; il criait [qara] et disait : Encore quarante jours, et Ninive est détruite ! ».
- Jonas 3.5 : « Les gens de Ninive crurent à Dieu, ils publièrent [qara] un jeûne, et se revêtirent de sacs, depuis les plus grands jusqu'aux plus petits ».
- Jonas 3.8 : « Que les hommes et les bêtes soient couverts de sacs, qu'ils crient [qara] à Dieu avec force, et qu'ils reviennent tous de leur mauvaise voie et des actes de violence dont leurs mains sont coupables ! ».
{index} 4 - Chapitre 2
a) Jonas chapitre 2.
2.1 L'Éternel fit venir un grand poisson pour engloutir Jonas [Colombe/Pigeon], et Jonas [Colombe/Pigeon] fut dans le ventre du poisson trois jours et trois nuits.
2.2 Jonas [Colombe/Pigeon], dans le ventre du poisson, pria l'Éternel, son Dieu. 2.3 Il dit : Dans ma détresse, j'ai invoqué l'Éternel, et il m'a exaucé ; Du sein du séjour des morts j'ai crié, et tu as entendu ma voix. 2.4 Tu m'as jeté dans l'abîme, dans le cœur de la mer, et les courants d'eau m'ont environné ; Toutes tes vagues et tous tes flots ont passé sur moi. 2.5 Je disais : Je suis chassé loin de ton regard ! Mais je verrai encore ton saint temple.
2.6 Les eaux m'ont couvert jusqu'à m'ôter la vie, l'abîme m'a enveloppé, les roseaux ont entouré ma tête.
2.7 Je suis descendu jusqu'aux racines des montagnes, les barres de la terre m'enfermaient pour toujours ; Mais tu m'as fait remonter vivant de la fosse, Éternel, mon Dieu !
2.8 Quand mon âme était abattue au dedans de moi, je me suis souvenu de l'Éternel, et ma prière est parvenue jusqu'à toi, dans ton saint temple.
2.9 Ceux qui s'attachent à de vaines idoles éloignent d'eux la miséricorde.
2.10 Pour moi, je t'offrirai des sacrifices avec un cri d'actions de grâces, j'accomplirai les vœux que j'ai faits : Le salut [Yeshua] vient de l'Éternel. 2.11 L'Éternel parla au poisson, et le poisson vomit Jonas [Colombe/Pigeon] sur la terre.
b) Généralités.
Il y a trois phases concernant le « grand poisson », avant, pendant et "après" Jonas. Bien que cela paraisse évident, il n'en reste pas moins que situer correctement Jonas en fonction de ce qu'il nous raconte est important. On pourrait séparer ces trois phases en les regardant sans l'angle de Jonas, ce serait alors, le fond de la mer, le ventre du poisson et finalement le rivage.
Les informations qu'on nous donne dans ce deuxième chapitre ne sont pas tout à fait chronologique. Ça commence avec le poisson qui engloutit Jonas, puis Jonas qui prie et qui raconte ce qu'il lui est arrivé (ce qui est donc un retour en arrière) pour finir par être vomi sur la plage.
Nous avons donc les phases dans l'ordre 2 - 1 - 3.
c) Mort ou pas mort ?
C'est probablement la seule véritable question de ce deuxième chapitre, et la réponse est : 'mort'.
Le chemin qui mène a cette compréhension consiste simplement à remettre les affirmations de Jonas dans l'ordre, et c'est donc ce que je vais faire ici. Basiquement l'histoire consiste en ce court résumé : Jonas est jeté à l'eau ; il se noie et meurt ; du séjour des morts il crie à Dieu ; Dieu envoie un poisson l'avaler ; il prie pour se consacrer à Dieu ; le poisson le vomit à terre et Jonas est prêt à le servir.
Dans une version plus détaillée, cela donne ce qui suit :
c.1) Jeté à l'eau, la mort du corps.
Tout commence par le fait qu'il soit jeté à l'eau par ses compagnons de voyage. Il y aura plusieurs descriptifs de ce qui se passe en dessous du niveau de la surface. Ces deux types de narratifs sont l'un attaché à la chair, et l'autre attaché à l'esprit. Lorsqu'il parle d'eau, il parle de ce qui est concret, de l'expérience qu'il a vécu charnellement. Ce sont les versets 4 et 6 qui en font mention.
🔘 Jonas 2.4 : « Tu m'as jeté dans l'abîme, dans le cœur de la mer, et les courants d'eau m'ont environné ; Toutes tes vagues et tous tes flots ont passé sur moi ».
🔘 Jonas 2.6 : « Les eaux m'ont couvert jusqu'à m'ôter la vie, l'abîme m'a enveloppé, les roseaux ont entouré ma tête ».
Les propos qu'il tient dans ce deux versets sont simples. Il parle clairement de sa noyade et affirme sa mort (« jusqu'à m'ôter la vie »). Ça n'est qu'après ces affirmations qu'il va poursuivre sur la notion de mort en passant dans le spirituel.
c.2) Le séjour des morts.
Lorsqu'on entre dans ce champ lexical, Jonas ne parle plus de ce qui est aquatique, mais de ce qui est terrestre. Or, toute la dialectique concernant le sejour des morts est systématiquement terrestre et non aquatique.
🔘 Jonas 2.7 : « Je suis descendu jusqu'aux racines des montagnes, les barres de la terre m'enfermaient pour toujours ; Mais tu m'as fait remonter vivant de la fosse, Éternel, mon Dieu ! ».
🔘 Jonas 2.3 : « Il dit : Dans ma détresse, j'ai invoqué l'Éternel, et il m'a exaucé ; Du sein du séjour des morts j'ai crié, et tu as entendu ma voix ».
Il ne parle plus d'abime, mais de fosse, tout comme il parle soudainement de la racine des montagnes et des barres de la terre. C'est le même champ lexical que celui que Jésus utilise dans la version de l'évangile selon Matthieu lorsqu'il nous est dit : « 40 Car, de même que Jonas (colombe/pigeon) fut trois jours et trois nuits dans le ventre d'un grand poisson, de même le Fils de l'homme sera trois jours et trois nuits dans le sein de la terre ». Or, la réalité de la mort de Jésus se trouve dans un caveau, pas dans la terre, donc lorsque Jésus parle du « sein de la terre », il ne parle pas de sa situation charnelle, mais de sa localisation spirituelle, dans le séjour des morts. Ça pose le fait qu'il compare les trois jours et les trois nuits que Jonas passe dans le ventre du grand poisson au séjour des morts, et non à la mort.
Ça peut passer pour un détail, mais ça n'est pas sans importance. Dieu étant Dieu, il n'avait pas besoin d'un grand poisson pour aller chercher le corps de Jonas, il avait totalement l'autorité de le relever de la mort où et quand ça lui chante. Il pouvait même le ressusciter sous l'eau et le transporter sur le rivage. Le grand poisson a une autre utilité.
c.3) Intervention de Dieu.
On pourrait penser que l'intervention de Dieu est en demi-teinte. Jonas est dans le ventre du poisson, mais il n'est pas sauvé pour autant.
🔘 Jonas 2.1 : « L'Éternel fit venir un grand poisson pour engloutir Jonas [Colombe/Pigeon], et Jonas [Colombe/Pigeon] fut dans le ventre du poisson trois jours et trois nuits ».
Pourtant il y a un réel sens. Le premier est le plus évident se trouve évidemment être le parallèle avec Jésus. Pour sa propre histoire, Jonas n'avait pas besoin de mourir, mais pour ce que cette courte partie de son existence représente, il était nécessaire qu'il passe par là. Il en va exactement de même pour Lazare dont Jésus a attendu la mort avant d'intervenir, parce qu'il annonçait au travers d'elle et de sa résurrection celles à venir de Jésus.
Pourtant la réalité est que le poisson n'est pas à proprement parler le séjour des morts, il représente autre chose.
Bien que Jonas fuyait Dieu, dans la réalité, c'est un Jonas différent de celui qui va être vomi sur la plage et le ventre du poisson est la transition entre les deux états de cette même personne. On sait de par ce que Jésus a dit de lui que les trois jours et les trois nuits dans le ventre du poisson sont l'image des trois jours et des trois nuits de Jésus dans le séjour des morts, mais on sait également autre chose qui nous est dit à plusieurs reprises dans l'ancienne alliance, les morts n'ont pas de souvenirs.
🔘 Ecclésiaste 9.5 : « Les vivants, en effet, savent qu'ils mourront ; Mais les morts ne savent rien, et il n'y a pour eux plus de salaire, puisque leur mémoire est oubliée ».
🔘 Ecclésiaste 9.10 : « Tout ce que ta main trouve à faire avec ta force, fais-le ; Car il n'y a ni œuvre, ni pensée, ni science, ni sagesse, dans le séjour des morts, où tu vas ».
🔘 Psaumes 115.17 : « Ce ne sont pas les morts qui célèbrent l'Éternel, ce n'est aucun de ceux qui descendent dans le lieu du silence ».
Pourtant Jonas en a, et c'est le sens du grand poisson qui l'explique.
Dans la Parole de Dieu lorsque l'on parle du séjour des morts ([hades/thanatos]), c'est en réalité un raccourcis pour parler de la "porte du séjour des morts". Le type de séjour étant défini par la porte qui permet d'y accéder (explication détaillée dans l'enseignement sur la mort). Avant Jésus, il n'y avait qu'une porte et donc qu'un seul séjour. Avec sa venue, une deuxième porte est devenue franchissable, celle du berger (« Je suis la porte des brebis »).
Cette partie de l'histoire de Jonas nous parle de ça, elle annonce la deuxième porte, celle de Jésus.
Jonas est mort dans l'ancienne alliance, et s'est rendu dans le séjour des morts de l'ancienne alliance, unique, général à tous. Mais il appartient à Dieu, et sa mort annonce la venue de Jésus. Ce faisant, il ne peut pas séjourner dans le séjour des morts traditionnel, et le grand poisson apparaît à cet instant.
Lorsqu'on ne fait que citer le « poisson » ou le « grand poisson », les choses peuvent paraître moins claires, parce qu'un élément manque. Cet élément c'est le « ventre ». Le « ventre » dans la Parole de Dieu parle de naissance, et c'est le sens du « ventre du grand poisson ». Ça nous parle de la naissance de quelque chose qui est symbolisé par l'animal choisi, le poisson. Jonas qui est mort sous l'ancienne alliance annonce la nouvelle au travers d'une gestation de trois jours et de trois nuits dans le ventre d'un poisson qui représente ceux qui sont nés de la nouvelle alliance. Mort sous l'ancienne alliance, porteur de son péché, il renait dans la nouvelle, en laissant la mort sous les eaux et en passant trois jours et trois nuits dans ce qui symbolise la mort et la résurrection de Jésus, a travers une nouvelle naissance à l'intérieur d'un poisson qui a toujours représenté les croyants de la nouvelle alliance.
c.4) La prière de Jonas.
C'est dans le ventre de ce grand poisson que celui qui va être prophète se consacre à Dieu.
🔘 Jonas 2.2 : « Jonas [Colombe/Pigeon], dans le ventre du poisson, pria l'Éternel, son Dieu ».
🔘 Jonas 2.10 : « Pour moi, je t'offrirai des sacrifices avec un cri d'actions de grâces, j'accomplirai les vœux que j'ai faits : Le salut [Yeshua] vient de l'Éternel ».
Et les dernières paroles de sa consécration tiennent dans un savoureux jeu de mots : « Le salut [Yeshua] vient de l'Éternel ». Bien qu'il parle de salut, le mot hébreux est [Yeshua], il confesse donc le nom de Jésus, affirmant que « Jésus vient de l'Eternel », ce qui est la plus stricte vérité.
c.5) Le retour à la vie.
C'est alors qu'il confesse le nom de Jésus que la vie lui est réellement rendue. A cette instant l'Eternel acte le changement dans son serviteur.
🔘 Jonas 2.11 : « L'Éternel parla au poisson, et le poisson vomit Jonas [Colombe/Pigeon] sur la terre ».
d) Conclusion du deuxième chapitre : le sens de son voyage.
Lorsque l'Eternel parle à son serviteur et lui demande d'aller prêcher à Ninive afin de les appeler à la repentance il se passe l'inattendu, Jonas s'enfuit. Mais dans la réalité cette fuite est logique et obligatoire. Ça n'est pas qu'il rejette l'œuvre de Dieu, mais la route qui mène à l'obéissance est parfois jalonnée de surprenants virages. Il se trouve que l'Eternel savait que Jonas ne pouvait pas faire ce qu'il lui demandait en l'état. Non seulement Ninive est une ville Chaldéenne et à ce titre n'est pas inclue dans l'alliance de Dieu avec son peuple, mais encore plus généralement l'histoire se déroule pendant l'ancienne alliance. Peu importe le niveau de votre repentance, c'est la loi qui régit votre destin, et pour le prix d'une faute il n'est jamais demandé de repentances, mais un sacrifice variant selon la faute.
Aussi, lorsque l'Eternel envoie Jonas appeler Ninive à la repentance, il y a déjà un anachronisme de taille. Ninive ne peut se repentir qu'à la condition que la loi soit accomplie, ce qu'elle finira par être, au travers du ministère de Jésus.
Et c'est justement cela que la fuite de Jonas va annoncer. Il s'enfuit en étant sous l'alliance qui ne peut sauver ni lui ni les Ninivites. Il meurt submergé par les eaux et annonce en trois jours et trois nuits dans le ventre d'un grand poisson une alliance nouvelle au travers de Jésus qu'il finira par glorifier. Ces trois jours pendant lesquels Jésus a vaincu la mort vont voir son serviteur Jonas faire de même, passant de l'ancienne à la nouvelle alliance, et rendant possible l'accomplissement de la demande qui lui a été faite concernant Ninive. Finalement il sortira des eaux renouvelé et prêt à obéir, finissant lui-aussi par apprendre l'obéissance au travers de sa souffrance.
Ainsi sa fuite n'est pas une défaite, c'est une étape obligatoire vers la victoire.
{index} 5 - Chapitre 3
a) Jonas chapitre 3.
3.1 La parole de l'Éternel fut adressée à Jonas [Colombe/Pigeon] une seconde fois, en ces mots : 3.2 Lève-toi, va à Ninive, la grande ville, et proclames-y la publication que je t'ordonne !
3.3 Et Jonas [Colombe/Pigeon] se leva, et alla à Ninive, selon la parole de l'Éternel. Or Ninive était une très grande ville, de trois jours de marche. 3.4 Jonas [Colombe/Pigeon] fit d'abord dans la ville une journée de marche ; Il criait et disait : Encore quarante jours, et Ninive est détruite !
3.5 Les gens de Ninive crurent à Dieu, ils publièrent un jeûne, et se revêtirent de sacs, depuis les plus grands jusqu'aux plus petits. 3.6 La chose parvint au roi de Ninive ; Il se leva de son trône, ôta son manteau, se couvrit d'un sac, et s'assit sur la cendre.
3.7 Et il fit faire dans Ninive cette publication, par ordre du roi et de ses grands ; Que les hommes et les bêtes, les bœufs et les brebis, ne goûtent de rien, ne paissent point, et ne boivent point d'eau !
3.8 Que les hommes et les bêtes soient couverts de sacs, qu'ils crient à Dieu avec force, et qu'ils reviennent tous de leur mauvaise voie et des actes de violence dont leurs mains sont coupables ! 3.9 Qui sait si Dieu ne reviendra pas et ne se repentira pas, et s'il ne renoncera pas à son ardente colère, en sorte que nous ne périssions point ?
3.10 Dieu vit qu'ils agissaient ainsi et qu'ils revenaient de leur mauvaise voie. Alors Dieu se repentit du mal qu'il avait résolu de leur faire, et il ne le fit pas.
b) Jonas n'est plus le même.
Le livre de Jonas est particulier. Composé de quatre chapitres, il se sépare en deux parties distinctes, chacune en faisant deux. Si les deux premiers chapitres parlent principalement de Jonas dans les termes qui le composent, son sens tourne autour de Ninive puisque tout ce qui nous y est décrit pointe vers ce qui est nécessaire pour obtenir la repentance de Ninive. Par contre, les deux chapitres suivant, s'ils parlent beaucoup de Ninive, tournent en réalité autour de Jonas, parce que ce qui nous y est raconté a pour but de mettre en avant le caractère de Jonas.
b.1) La nouvelle naissance.
L'expérience que vient de vivre Jonas a changé certaines choses dans sa vie, mais la suite du texte nous montrera que tout n'est pas concerné. Dans le ventre du poisson il a fait des vœux à l'Eternel et a proclamé le nom de Jésus. Comme je le montrais dans le chapitre précédent, ce qui lui est arrivé symbolise sa nouvelle naissance en annonçant par voix de conséquence le salut accordé aux nations par la repentance.
Son changement est donc profond, mais n'inclut pas toute sa personne. Le chapitre 4 clarifiera ce point et je reviendrai donc dessus plus tard.
b.2) Renouvellement de la demande.
Les deux parties du livre de Jonas (chapitres 1 et 2 puis chapitres 3 et 4) commencent de la même manière, l'Eternel s'adresse à lui pour lui faire la même demande.
🔘 Jonas 1.2 : « Lève-toi, va à Ninive, la grande ville, et crie [qara] contre elle ! Car sa méchanceté est montée jusqu'à moi ».
🔘 Jonas 3.2 : « Lève-toi, va à Ninive, la grande ville, et proclames-y [qara] la publication que je t'ordonne ! ».
Si la demande semble différente, (« crie » « proclames »), c'est une fois de plus dû aux choix des traducteurs. En réalité on est en présence du même mot et c'est bien la même chose que l'Eternel demande à Jonas. Ce qui a donc changé, ça n'est pas l'Eternel et ça n'est pas Ninive, c'est donc bel et bien Jonas.
c) Obéissance.
L'obéissance de Jonas nous montre une chose très importante. L'Eternel lui demande de faire quelque chose de précis, mais on peut l'interpréter de la mauvaise manière. Et à dire vrai, l'interpréter est déjà une mauvaise manière de faire. On a tendance à passer plus de temps dans l'anticipation des choses que dans l'accomplissement de ce qui est demandé. On veut comprendre plus de choses que nécessaire. Par exemple, si l'Eternel nous dit de lire sa Parole, l'anticipation serait de penser qu'une fois que nous l'aurons lu il se passera quelque chose, alors qu'une demande de ce type peut tout simplement être une directive générale, ou simplement une demande d'obéissance qui pourrait immédiatement déclencher quelque chose en s'y soumettant. Dans une demande du type 'lis ta bible', il n'y a pas de précisions sur la quantité à lire ou la durée de lecture, chacun aura tendance à le comprendre à sa manière, souvent comme la chair lui dit de le comprendre. Pourtant dans la directive en elle-même ne se trouvait que le fait de la lire.
Ici, Jonas a reçu la directive d'aller faire une proclamation à Ninive. On imagine assez facilement que son rôle est donc d'aller parler aux habitants de Ninive, mais ça n'est pas du tout ce que l'Eternel lui a demandé de faire, et selon le texte, ça n'est effectivement pas ce qu'il va faire.
Son rôle est de faire une proclamation dans un lieu, pas de parler aux habitants de ce lieu. Le verset 3.3 nous monter bien cette dualité entre ce qui est demandé et ce qui est anticipé.
🔘 Jonas 3.3 : « Et Jonas se leva, et alla à Ninive, selon la parole de l'Éternel. Or Ninive était une très grande ville, de trois jours de marche ».
La première partie nous parle de la directive, alors que la deuxième, introduite par la conjonction de coordination 'or', indique l'anticipation. Jonas est allé à Ninive en ayant à l'esprit qu'il fallait trois jours de marche pour la traverser. Cela semble être une montagne difficile à déplacer, mais il a tout de même obéït.
d) La réalité du plan de Dieu.
🔘 Jonas 3.4 : « Jonas fit d'abord dans la ville une journée de marche ; Il criait et disait : Encore quarante jours, et Ninive est détruite ! ».
Ayant franchi l'étape la plus importante qui est celle de l'obéissance, l'Eternel peut dérouler son plan. Alors que Jonas anticipait une proclamation qui durerait trois jours, il y avait un relai au bout du premier en la personne du roi. Ce dernier, voyant la repentance du peuple ayant entendu la proclamation, décide de promulguer un édit afin d'appeler la ville entière à la repentance.
A partir de cet instant, on ne parle plus de la proclamation de Jonas, il devait emmener le message à Ninive et à partir de là, c'est l'Eternel qui prenait les choses en mains.
e) La repentance de Dieu.
Devant le revirement de situation, Dieu décide de ne pas détruire Ninive.
🔘 Jonas 3.10 : « Dieu vit qu'ils agissaient ainsi et qu'ils revenaient de leur mauvaise voie. Alors Dieu se repentit du mal qu'il avait résolu de leur faire, et il ne le fit pas ».
N'oublions pas que la présence d'un seul juste rendait impossible la destruction de Sodome, et qu'il en va de même à la fin des temps, les justes seront enlevés pour que le jugement puissent tomber. Dans le cas présent la proclamation de Jonas ne peut que se comprendre d'une manière plus particulière que ce que l'on imagine. Dans la réalité, ce que Jonas annonçait, au-delà de la conséquence de son péché, c'était la conséquence de l'absence de juste. Cette conséquence, annoncée à Ninive est également vraie pour la terre entière. C'est la raison pour laquelle, à partir du moment où les habitants se repentent, la ville ne correspond plus aux critères de sa destruction.
Dans la fin des temps ça nous est représenté par le fait que les habitants de la terre ne se repentent pas. (Apocalypse 9.18-21 ; Apocalypse 16.8-11) n'invalidant pas à leur encontre la destruction à venir de la terre.
Le problème essentiel de compréhension dans ce passage est la notion de repentance associée à Dieu. Balaam et Samuel nous affirment clairement que Dieu ne se repent pas (Nombres 23.18* ; 1 Samuel 15.29**), pourtant on trouve à différents endroits de la Parole de Dieu une notification inverse (1 Samuel 15.11*** ; Jonas 3.10 ...). Notre incompréhension du principe de cette notion vient justement de ce que nous considérons qu'un même mot signifie la même chose lorsqu'on l'applique à Dieu ou à nous. Mais la vengeance des hommes repose sur la colère, lorsque la vengeance de Dieu repose sur la justice. Donc même mot, mais sens différent. La vengeance de Dieu n'est pas la vengeance des hommes. Il en va de même avec la jalousie qui est destructrice lorsqu'elle est humaine, mais protectrice lorsqu'elle est divine.
Une simple connaissance de ce que signifie la repentance devrait déjà de base faire comprendre qu'il ne s'agit pas de la même chose. La repentance parle de justice, de jugement et de péché, mais la connaissance de ce qu'est le péché c'est-à-dire de ne pas avoir cru dans celui que le Père a envoyé, invalide la possibilité que la repentance de Dieu soit corrélative à celle des hommes.
Bien qu'on ne s'en rende pas compte intuitivement, la réalité est que nous réduisons toujours Dieu au niveau de l'homme parce que nous avons besoin d'un réfèrent pour définir quelque chose, tout est une question de proportion. Si on nous dit qu'une chose est grande ça ne nous dit pas grand chose, on doit pouvoir l'évaluer comparativement, souvent à soi-même. Si on mesure 1m50, une personne d'1m80 sera grande, mais si on mesure 2m, on ne verra pas les choses de la même manière. Rapporté à Dieu, le principe va plus en profondeur. Dans une très grande partie de cas qui sont mis en avant dans la Parole de Dieu, ce que Dieu dit n'est pas un langage d'homme, mais on le comprend de cette manière. Dieu parle en lois spirituelles, il établit des principes. Aussi, lorsqu'il dit : « Encore quarante jours, et Ninive est détruite ! », il ne parle pas d'un absolu, il parle d'une loi spirituelle. Il est en train de dire qu'il n'y a pas de juste dans Ninive et que cette absence va produire sa destruction. Il n'a pas besoin d'ajouter : "si vous vous repentez je ne ferai pas ... " parce qu'il ne s'agit pas de décision mais, comme je le disais, d'une loi spirituelle. Si les conditions de la destruction disparaissent, la loi ne s'applique pas.
Ainsi la 'repentance' de Dieu ne parle pas de lui qui change d'avis, mais de conditions qui ne sont plus remplies pour que telle chose arrive ou n'arrive pas. C'est la traduction par le mot 'repentance' et ses variables qui est problématique.
* Nombres 23.18 : « Balaam prononça son oracle, et dit : Lève-toi, Balak, écoute ! Prête-moi l'oreille, fils de Tsippor ! 23.19 Dieu (El) n'est point un homme [iysh] pour mentir, ni fils d'un homme [adam] pour se repentir. Ce qu'il a dit, ne le fera-t-il pas ? Ce qu'il a déclaré, ne l'exécutera-t-il pas ? ».
** 1 Samuel 15.29 : « Celui qui est la force d'Israël ne ment point et ne se repent point, car il n'est pas un homme [adam] pour se repentir ».
*** 1 Samuel 15.11 : « Je me repens d'avoir établi Saül pour roi, car il se détourne de moi et il n'observe point mes paroles ».
f) Résumé du troisième chapitre.
Bien que ce chapitre nous parle de Ninive et de sa repentance, en réalité, le sujet tourne plus autour de Jonas lui-même. Les conditions pour que la repentance de la ville ait un sens ont été remplies dans les deux premiers chapitres. Ici Jonas commence à marcher dans l'obéissance et nous montre que nos anticipations de ce que signifie ce que Dieu nous demande ne sont pas forcément ce qu'il nous demande. L'obéissance simple, dénuée de la pensée humaine, est de loin préférable. Ce qu'on ajoute à ce qu'il nous dit n'étant justement pas de lui, ne peut en aucun cas aider à accomplir ce qu'il demande. Ça équivaut à mettre de l'eau dans le vin.
{index} 6 - Chapitre 4
: « ». 🔘1️⃣2️⃣3️⃣4️⃣5️⃣6️⃣7️⃣8️⃣9️⃣ xxx
a) Jonas chapitre 4.
4.1 Cela déplut fort à Jonas [Colombe/Pigeon], et il fut irrité. 4.2 Il implora l'Éternel, et il dit : Ah ! Éternel, n'est-ce pas ce que je disais quand j'étais encore dans mon pays ? C'est ce que je voulais prévenir en fuyant à Tarsis [chrysolithe]. Car je savais que tu es un Dieu (El) compatissant et miséricordieux, lent à la colère et riche en bonté, et qui te repens du mal. 4.3 Maintenant, Éternel, prends-moi donc la vie, car la mort m'est préférable à la vie. 4.4 L'Éternel répondit : Fais-tu bien de t'irriter ?
4.5 Et Jonas [Colombe/Pigeon] sortit de la ville, et s'assit à l'orient de la ville, Là il se fit une cabane, et s'y tint à l'ombre, jusqu'à ce qu'il vît ce qui arriverait dans la ville. 4.6 L'Éternel Dieu fit croître un ricin, qui s'éleva au-dessus de Jonas [Colombe/Pigeon], pour donner de l'ombre sur sa tête et pour lui ôter son irritation. Jonas [Colombe/Pigeon] éprouva une grande joie à cause de ce ricin.
4.7 Mais le lendemain, à l'aurore, Dieu fit venir un ver qui piqua le ricin, et le ricin sécha. 4.8 Au lever du soleil, Dieu fit souffler un vent chaud d'orient, et le soleil frappa la tête de Jonas [Colombe/Pigeon], au point qu'il tomba en défaillance. Il demanda la mort, et dit : La mort m'est préférable à la vie.
4.9 Dieu [Elohim] dit à Jonas [Colombe/Pigeon] : Fais-tu bien de t'irriter à cause du ricin ? Il répondit : Je fais bien de m'irriter jusqu'à la mort. 4.10 Et l'Éternel dit : Tu as pitié du ricin qui ne t'a coûté aucune peine et que tu n'as pas fait croître, qui est né dans une nuit et qui a péri dans une nuit. 4.11 Et moi, je n'aurais pas pitié de Ninive, la grande ville, dans laquelle se trouvent plus de cent vingt mille hommes qui ne savent pas distinguer leur droite de leur gauche, et des animaux en grand nombre !
b) La colère de Jonas, différence entre préparation au service et perfection humaine.
c) Jonas connait Dieu
d) NOTA : Le ricin et le ver. (Ricin, arbre à huile, le ver, symbole de Jésus).
e) La relativité des choses, relier avec la conclusion de Jésus sur Ninive et la reine de Saba.
pas de réponse de Jonas, les paroles de Dieu closent le débat.