La fin des temps

II - LES 7 EGLISES


008 - LE JUGEMENT DE L'EGLISE.

009 - NICOLAITES & DOCTRINE DE BALAAM.

010 - LES TEXTES PARLANT DES 7 EGLISES.


010 - LES 7 EGLISES, Ephèse.

011 - LES 7 EGLISES, Smyrne.

012 - LES 7 EGLISES, Pergame.

013 - LES 7 EGLISES, Thyatire.

014 - LES 7 EGLISES, Sardes.

015 - LES 7 EGLISES, Philadelphie.

016 - LES 7 EGLISES, Laodicée.

017 - LES 7 EGLISES, LES RECOMPENSES.


018 - LA GRANDE TRIBULATION.


{RETOUR A L'INDEX} {RETOUR HAUT DE PAGE}     008 - Le jugement de l'église.

a) Un mélange qui prend fin.

De manière autant amusante qu'étonnante, la compréhension commune de la lettre aux anges des 7 Eglises tourne autour de la notion de récompenses. Les reproches sont vus comme des tapes sur les doigts ou un bonnet d'âne pour ceux qui sont les moins performants, et non comme un jugement ferme et définitif et l'annonce d'une séparation.

De la même manière, beaucoup voient ces deux chapitres du livre de l'Apocalypse comme étant séparés du reste de cet ouvrage et, pour se rassurer, affirment que l'enlèvement aura lieu juste après.

Dans la réalité, le livre de l'Apocalypse dans son entier raconte le retour de Jésus, donc l'accomplissement de la promesse et, par extension, l'aboutissement de toutes les prophéties qui ont été prononcées depuis l'aube des temps. Or nous savons que les temps du retour de Jésus sont des temps de jugements et si la quasi-totalité des croyants est d'accord pour dire que les incroyants vont être jugés et que ce livre en parle, par contre, dès qu'on avance que l'Eglise aussi va l'être, et qu'en l'occurrence ses jugements se trouvent spécifiquement dans les chapitres 2 et 3 de ce livre, les dents se mettent à grincer et les contradicteurs se réveillent. Soudainement, les mêmes personnes qui oublient tous les passages sur l'obéissance, où sur l'obligation de pardonner au risque de ne pas l'être soi-même, se rappellent de l'évangile selon Jean.

🔘 Jean 5.24 : « En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui écoute ma parole, et qui croit à celui qui m'a envoyé, a la vie éternelle et ne vient point en jugement, mais il est passé de la mort à la vie ».

L'erreur (dont l'aspect volontaire est certain), consiste à transformer l'église en personne morale et lui appliquer ce verset. Dès lors, elle ne vient plus en jugement. Les déclinaison de cette erreur sont nombreuses. On parle alors des tribulations de l'église, de l'enlèvement de l'église, de l'église en tant que "corps de christ" afin de l'unir en une seule entité (alors que le "corps de christ" est une invention humaine, la Parole de Dieu ne parle jamais de ça). Ca n'est cependant pas parce que plusieurs personnes souffrent d'une tribulation que c'est l'église qui en souffre, et ça n'est pas parce que des croyants seront enlevés que l'église le sera (l'enlèvement de l'église est également une invention humaine dont on reparlera plus tard).

Pour ce qui est du jugement il en va de même. Ca n'est pas qu'il n'y a pas de jugement dans l'église, mais qu'il n'y a pas de jugement uniforme. En réalité, il y a une multitude de jugements individuels. Le problème est qu'il a été facile de convaincre les croyants que l'église les représentait et qu'elle été composée uniquement de croyants. Mais ça n'est pas le cas. Certains ministères ne croient pas en Dieu, certains pseudo "artistes" de louange ne croient pas en Dieu. Une partie des livres de témoignages, d'enseignements etc ... sont écrit par des gens qui ne croient pas en Dieu. Et, évidemment, une partie non négligeable des assemblées ne croit pas en Dieu. Pourtant ça reste l'église et il va bien falloir faire le tri.

Dieu va donc commencer par faire le tri dans son église et en sortir ceux qui n'ont pas revêtit des habits de fêtes.

Comme je l'ai expliqué dans l'enseignement sur les deux églises, la majorité se trouve du côté de la fausse église et donc les véhémentes oppositions ne sont que le reflet de la peur que ressentent ceux qui savent être en tort et qui ont peur de ce qui en découle. Au lieu de se mettre en règle, alors que le  temps le permet encore, ils s'imperméabilisent aux évidences de la Parole de Dieu accomplissant sans le vouloir la prophétie d'Esaïe : « Il dit alors : Va, et dis à ce peuple : Vous entendrez, et vous ne comprendrez point ; Vous verrez, et vous ne saisirez point. Rends insensible le coeur de ce peuple, endurcis ses oreilles, et bouche-lui les yeux, pour qu'il ne voie point de ses yeux, n'entende point de ses oreilles, ne comprenne point de son coeur, ne se convertisse point et ne soit point guéri » (Esaïe 6.9-10).

Nous n'avons pas eu la rigueur de Jean-Baptiste qui invectivait les pharisiens et les sadducéens venant se faire baptiser. Il leur disait « Races de vipères, qui vous a appris à fuir la colère à venir ? » (Matthieu 3.7), et sa rigueur permettait un tri en amont. Sans cette rigueur, l'église a été infiltrée par ceux-là même qui justement, veulent fuir la colère à venir et ils se sont construit un nid confortable fait de mensonges et de faux-enseignements. En trompant les hommes ils ont pensé qu'ils tromperaient également Dieu. Mais ils ont oublié un passage particulier des écritures :

🔘 1 Pierre 4.17-18 : « Car c'est le moment où le jugement va commencer par la maison de Dieu. Or, si c'est par nous qu'il commence, quelle sera la fin de ceux qui n'obéissent pas à l'Évangile de Dieu ? 18 Et si le juste se sauve avec peine, que deviendront l'impie et le pécheur ? ».

A force d'accepter certains mensonges, on finit par ne plus en reconnaître aucun. La Parole de Dieu est claire, le jugement commence par la maison de Dieu. On peut ne pas être d'accord, mais ce jugement aura lieu et ne souffrira aucun délai. Les croyants affirment alors à tort que nous n'entrons pas en jugement. Je dis 'à tort' parce que si le verset de Jean est correct, et si effectivement les croyants n'entrent pas en jugement, il ne faut pas confondre cela avec le jugement dont il est question dans les deux chapitres du livre de l'Apocalypse qui nous concernent. Ce jugement n'est pas à proprement parler un jugement des croyants, puisqu'en effet, ceux qui sont en christ ne viennent pas en jugement ; C'est un jugement de la maison de Dieu, ce qui n'est pas pareil. Rappelez-vous que dans la Parabole des noces, un homme s'était infiltré au repas et en a été exclus. Il était à l'intérieur, mais n'y avait pas sa place. C'est ce jugement qui arrive et dont parle le texte que nous regardons actuellement.

L'église est infiltrée depuis si longtemps que les vrais croyants s'y trouvent en minorité. L'apparence passant au-dessus de la vérité, Jésus va remettre chaque chose à sa place et dépouiller les simulateurs de leurs déguisements.


b) Un éclaircissement sur la suite.

Si la description de la révélation commence par les 7 Eglises, ça n'est pas pour dire qu'elles disparaissent dans la foulée, mais parce que le jugement doit commencer par elle. Le principe est le même que pour la grande prostituée, son jugement est prononcé au deuxième ange, mais prend effet à la septième coupe. Donc la révélation commence par nous donner l'élément que nous devons prendre en considération dans la suite des descriptions. Il n'est pas nécessaire de revenir dessus parce que l'histoire suit son court. Lorsque Jésus parle à l'Eglise d'Ephèse, ça ne consiste pas en une prédication de 5 minutes au terme de laquelle il donne des bons points aux vainqueurs. Il met en place un cadre qui correspond à un comportement qui peut toucher tous les croyants qui ne persévèrent pas et, évidemment, tous ceux qui simulent leur foi. La séparation entre « celui qui vaincra » et les autres se fait au fur-et-à-mesure de la suite de la narration. La cassure finale se faisant au début de la cinquième trompette. Je détaillerai tout ce qui concerne cela lorsque j'en serai à ce point dans la chronologie des évènements.

Ce qu'il faut donc garder à l'esprit est simplement que Jésus s'adresse à chaque Eglise et à toutes en même temps.

Par contre, s'il s'adresse aux églises, ce que personne ne peut nier c'est qu'aucune d'entre elle ne remporte la victoire. Le texte est clair. « celui qui vaincra » est un masculin singulier, alors qu'Eglises est féminin et pluriel dans ses membres. Jésus parle donc à un grand nombre de personne, mais annonce clairement que la victoire éventuelle ne peut être qu'individuelle et non collective.

On peut même voir dans le fait que Jésus ne dise pas "à ceux qui vaincront" l'affirmation de la petitesse comparative du nombre de ceux qui en effet vaincront.


{RETOUR A L'INDEX} {RETOUR HAUT DE PAGE}     009 - Les Nicolaïtes & la doctrine de Balaam. 

Le texte aux 7 Églises fait plusieurs fois mention, soit de la doctrine de Balaam, soit des Nicolaïtes. L'attention se focalise cependant assez globalement sur les récompenses et celle que l'on porte aux fautes se limite à essayer de choisir laquelle on va considérer être la nôtre. Donc essentiellement celle dont on considère que les autres sont responsables. On ne regarde cependant pas les reproches de très près, et on passe sur ce que représente « la doctrine de Balaam »,  ou sur ce que sont les « Nicolaïtes ».

Bien que les noms paraissent différents, ce sont dans les grandes lignes les mêmes choses qui sont reprochées aux églises concernées. Je vais essayer ici de détailler de quoi il s'agit. C'est extrêmement important car le problème que pose ces appellations est la source de la colère de Dieu pour près de la moitié des Églises.

Les Églises incriminées sont Ephèse, Pergame et Thyatire.

Même si dans le cas de Thyatire il n'est pas fait expressément mention de Balaam et des Nicolaïtes, le descriptif du reproche de Dieu est suffisamment clair pour ne pas prêter à confusion.

🔘 Apocalypse 2.6 (Ephèse) : « Tu as pourtant ceci, c'est que tu hais les œuvres des Nicolaïtes, œuvres que je hais aussi ».

🔘 Apocalypse 2.14-15 (Pergame) : « Mais j'ai quelque chose contre toi, c'est que tu as là des gens attachés à la doctrine de Balaam, qui enseignait à Balak à mettre une pierre d'achoppement devant les fils d'Israël, pour qu'ils mangeassent des viandes sacrifiées aux idoles et qu'ils se livrassent à l'impudicité. De même, toi aussi, tu as des gens attachés pareillement à la doctrine des Nicolaïtes ».

🔘 Apocalypse 2.20 (Thyatire) : « Mais ce que j'ai contre toi, c'est que tu laisses la femme Jézabel, qui se dit prophétesse, enseigner et séduire mes serviteurs, pour qu'ils se livrent à l'impudicité et qu'ils mangent des viandes sacrifiées aux idoles ».

On va donc regarder qui est Balaam et de quoi parle sa doctrine pour ensuite faire le lien avec les Nicolaïtes.


a) Qui est Balaam ?

Replaçons la situation. Israël traverse le désert dans sa route vers Canaan. Leur réputation les a devancée et, alors qu'ils approchent du territoire de Moab, Balak, roi de Moab, décide de les affaiblir. Pour ce faire il désire qu'un devin/prophète maudisse Israël afin que l'affaiblissement procuré soit décisif dans la suite des évènements.

Balaam a une bonne réaction, il décide de se placer devant Dieu et de lui demander la marche à suivre :

🔘 Nombres 22.8 : « Balaam leur dit : Passez ici la nuit, et je vous donnerai réponse, d'après ce que l'Éternel me dira ». 

Suite à cela, Balaam garde le bon cap, et renvoie les serviteurs de Balak :

🔘 Nombres 22.12-13 : « Dieu dit à Balaam : Tu n'iras point avec eux ; tu ne maudiras point ce peuple, car il est béni. Balaam se leva le matin, et il dit aux chefs de Balak : Allez dans votre pays, car l'Éternel refuse de me laisser aller avec vous ». 

Mais Balak n'est pas du genre à accepter un refus :

🔘 Nombres 22.15-17 : « Balak envoya de nouveau des chefs en plus grand nombre et plus considérés que les précédents. Ils arrivèrent auprès de Balaam, et lui dirent : Ainsi parle Balak, fils de Tsippor : Que l'on ne t'empêche donc pas de venir vers moi ; car je te rendrai beaucoup d'honneurs, et je ferai tout ce que tu me diras ; viens, je te prie, maudis-moi ce peuple ». 

Balaam est avide des trésors que lui promet Balak. Beaucoup ne voient pas où est le mal dans le verset qui suit.

🔘 Nombres 22.19-20 : « Maintenant, je vous prie, restez ici cette nuit, et je saurai ce que l'Éternel me dira encore. Dieu vint à Balaam pendant la nuit, et lui dit : Puisque ces hommes sont venus pour t'appeler, lève-toi, va avec eux ; mais tu feras ce que je te dirai ». 

Dans l'apparence, Balaam s'en remet à Dieu qui l'autorise à partir avec les envoyés de Balak. Le prophète semble être toujours aussi droit dans ses bottes. Dans la réalité, c'est exactement l'inverse. Lorsque Balaam va vers Dieu, il pêche. Dieu lui a déjà répondu sur cette question, et ce n'est pas comme les nombreux cas où l'on n'entend pas la réponse et où on repose la question. Là, Balaam connaît la réponse, mais les promesses de richesses de Balak l'attirent et le poussent à reposer la question dans l'espoir d'avoir une autre réponse.

Sachant cela Dieu lui dit d'y aller. Pas dans le sens où Il lui donne sa permission, mais plutôt dans le sens : "comme tu as de toute façon décidé d'y aller, vas-y".

La première chose à comprendre dans la doctrine de Balaam, c'est que Dieu n'a pas la première place dans sa vie. Mais la doctrine de Balaam n'est pas que cela.

L'étape suivante, c'est le voyage de Balaam sur son ânesse, qui va de Nombres 22.22 à Nombres 22.35.

Dans ce passage, on apprend que l'ange de l'Eternel était proche de tuer Balaam ; et un élément très parlant se situe dans la remarque de Balaam à son âne. Tout d'abord, l'ânesse a vu l'ange de l'Eternel, dont on nous dit qu'il « se tenait sur le chemin, son épée nue dans la main » (Nombres 22.23). Dans la Parole de Dieu, l'épée est un symbole de Dieu, c'est pour cela que l'ange en a une en main, mais par contre, lorsque Balaam invective son ânesse, il lui dit « si j'avais une épée dans la main, je te tuerais à l'instant » (Nombres 22.29). C'est que Balaam n'est pas dans la volonté de Dieu.

Finalement il convient avec l'ange de l'Eternel de poursuivre sa route jusqu'à Balak ; là-bas il dressera 7 autels, y sacrifiera 7 taureaux et 7 béliers, et cherchera la conduite de Dieu. « L'Éternel mit des paroles dans la bouche de Balaam, et dit : Retourne vers Balak, et tu parleras ainsi » (Nombres 23.5). Il s'ensuivra une bénédiction sur Israël. Balak proposera alors de voir le peuple sous un autre angle, et emmènera Balaam à Tsophim, qui signifie "épier". Il bâtira à nouveau 7 autels et y fera les mêmes sacrifices. Il répétera également sa conduite et « ira à la rencontre de Dieu. L'Éternel vint au-devant de Balaam ; il mit des paroles dans sa bouche » (Nombres 22.15-16). Une fois de plus Balaam bénira Israël. Jusque-là, on pourrait penser que la conduite du prophète est exemplaire, mais son cœur est retord, et la suite va nous le montrer.

Balak n'a toujours pas compris que Dieu ne sera pas de son côté, il choisit alors un troisième endroit. Balaam y dresse les mêmes autels et y fait les mêmes sacrifices, et révèle sa noirceur, commettant la faute d'Hérode en volant à Dieu cette gloire qui ne revient qu'à Lui.

🔘 Nombres 24.1-4 : « Balaam vit que l'Éternel trouvait bon de bénir Israël, et il n'alla point comme les autres fois, à la rencontre des enchantements; mais il tourna son visage du côté du désert. Balaam leva les yeux, et vit Israël campé selon ses tribus. Alors l'esprit de Dieu fut sur lui. Balaam prononça son oracle, et dit : Parole de Balaam, fils de Beor, parole de l'homme qui a l'œil ouvert, parole de celui qui entend les paroles de Dieu, de celui qui voit la vision du Tout Puissant, de celui qui se prosterne et dont les yeux s'ouvrent ». 

Balaam est passé du prophète qui cherche la Parole de Dieu au faux prophète qui parle de son propre fond en faisant croire que cela vient de Dieu. Que l'esprit de Dieu soit sur lui n'y change rien, Balaam est clair, et il proclame de plusieurs manières qu'il proclame sa propre parole.

Son cœur était déjà perverti. Il s'est exposé à ses faiblesses, les richesses de Balak l'intéressaient, et c'est pour cela qu'il voulait se rendre chez lui pour prophétiser. Malheureusement pour lui, il sera privé des récompenses de Balak.


b) Balaam touche le fond.

Il continuera sur la pente descendante en conseillant les ennemis d'Israël afin qu'ils puissent les détourner de Dieu. C'est à ce moment-là qu'on arrive à la doctrine de Balaam.

🔘 Nombres 31.15-16 : « Il leur dit : Avez-vous laissé la vie à toutes les femmes ? Voici, ce sont elles qui, sur la parole de Balaam, ont entraîné les enfants d'Israël à l'infidélité envers l'Éternel, dans l'affaire de Peor*; et alors éclata la plaie dans l'assemblée de l'Éternel ». 

(*Peor est le nom de la montagne sur laquelle Balaam a décidé de ne pas aller vers Dieu et de parler de sa propre initiative. Ne pouvant les maudire, il conseillera Balak sur le moyen de les pousser à se détruire eux-mêmes).

La plaie dont il est fait mention ici est détaillée dans le livre des Nombres :

🔘 Nombres 25.1-9 : « Israël demeurait à Sittim ; et le peuple commença à se livrer à la débauche avec les filles de Moab. 2 Elles invitèrent le peuple aux sacrifices de leurs dieux; et le peuple mangea, et se prosterna devant leurs dieux. 3 Israël s'attacha à Baal Peor, et la colère de l'Éternel s'enflamma contre Israël. 4 L'Éternel dit à Moïse : Assemble tous les chefs du peuple, et fais pendre les coupables devant l'Éternel en face du soleil, afin que la colère ardente de l'Éternel se détourne d'Israël. 5 Moïse dit aux juges d'Israël : Que chacun de vous tue ceux de ses gens qui se sont attachés à Baal Peor. 6 Et voici, un homme des enfants d'Israël vint et amena vers ses frères une Madianite, sous les yeux de Moïse et sous les yeux de toute l'assemblée des enfants d'Israël, tandis qu'ils pleuraient à l'entrée de la tente d'assignation. 7 A cette vue, Phinées, fils d'Éléazar, fils du sacrificateur Aaron, se leva du milieu de l'assemblée, et prit une lance, dans sa main. 8 Il suivit l'homme d'Israël dans sa tente, et il les perça tous les deux, l'homme d'Israël, puis la femme, par le bas-ventre. Et la plaie s'arrêta parmi les enfants d'Israël. 9 Il y en eut vingt-quatre mille qui moururent de la plaie ».

L'infidélité dont il est fait mention se trouve à deux niveaux. Elle concerne l'impudicité et la consommation de viandes sacrifiées aux idoles (qu'on retrouve tous deux dans Apocalypse 2.20 : « Mais ce que j'ai contre toi, c'est que tu laisses la femme Jézabel, qui se dit prophétesse, enseigner et séduire mes serviteurs, pour qu'ils se livrent à l'impudicité et qu'ils mangent des viandes sacrifiées aux idoles »).

La doctrine de Balaam, c'est le non respect de ces 2 règles. On le comprend plus précisément en regardant ailleurs dans la Parole de Dieu :

🔘 Josué 22.17 : « Regardons-nous comme peu de chose le crime de Peor, dont nous n'avons pas jusqu'à présent enlevé la tache de dessus nous, malgré la plaie qu'il attira sur l'assemblée de l'Éternel ? ».

🔘 Psaumes 106.28 : « Ils s'attachèrent à Baal Peor, et mangèrent des victimes sacrifiées aux morts ». 

🔘 Osée 9.10 : « J'ai trouvé Israël comme des raisins dans le désert, j'ai vu vos pères comme les premiers fruits d'un figuier ; Mais ils sont allés vers Baal Peor, ils se sont consacrés à l'infâme idole, et ils sont devenus abominables comme l'objet de leur amour ». 

Le culte de Baal inclut la prostitution sacrée. Des prêtresses se livraient sexuellement aux adeptes devant la statue de Baal. Sachant que la sœur de Baal n'est autre qu'Astarté. C'est de cela dont il est question dans Osée quand il est dit qu'ils sont devenus abominables comme l'objet de leur amour. Pierre, qui est celui qui a reçu la révélation de la nappe, nous dit dans sa seconde épître :

🔘 2 Pierre 2.13-15 : « Ils trouvent leurs délices à se livrer au plaisir en plein jour ; hommes tarés et souillés, ils se délectent dans leurs tromperies, en faisant bonne chère avec vous. Ils ont les yeux pleins d'adultère et insatiables de péché ; ils amorcent les âmes mal affermies ; Ils ont le cœur exercé à la cupidité ; Ce sont des enfants de malédiction. Après avoir quitté le droit chemin, ils se sont égarés en suivant la voie de Balaam, fils de Bosor, qui aima le salaire de l'iniquité ».

Dans l'Église actuelle, nombreux sont ceux qui ne s'intéressent pas à ce passage, alors qu'il est fondamental (Les viandes sacrifiées aux idoles incluent la viande Halal. Aucun chrétien ne devrait jamais en manger, enseigner l'inverse fait partie de la doctrine de Balaam). 


c) Résumé de la doctrine de Balaam et des Nicolaïtes.

🔘 Jude 1.11-12 : « Malheur à eux ! car ils ont suivi la voie de Caïn, ils se sont jetés pour un salaire dans l'égarement de Balaam, ils se sont perdus par la révolte de Coré. Ce sont des écueils dans vos agapes, faisant impudemment bonne chère, se repaissant eux-mêmes. Ce sont des nuées sans eau, poussées par les vents ; des arbres d'automne sans fruits, deux fois morts, déracinés ».

Jude fait très fort, en 2 versets il rassemble les trois passages de la Parole de Dieu qui permettent de mieux comprendre ce qui se passe dans cette doctrine.

  1. Egarement de Balaam : Nombres 22 et 23 : on l'a détaillé.
  2. Révolte de Coré : Nombres 16.1-17 : Coré et ses acolytes décident que Dieu peut aussi parler par eux et ils se rebellent contre Moïse. La conséquence de cette révolte est que Dieu ouvrira la terre sous eux et les engloutira.
  3. Voie de Caïn : Genèse 2 et 3 : Caïn tue son frère parce que ses œuvres étaient bonnes alors que les siennes étaient mauvaises. Abel offrait un sacrifice agréable à Dieu contrairement à Caïn. Au lieu de changer ses voies, il décide d'éliminer son frère et donc de conserver sa façon de faire. Il sera chassé des siens.

Dans les trois cas il s'agit, dans un premier temps, de décider à la place de Dieu de ce qui est bien.

Cependant, pour éviter qu'on ne pense qu'il ne s'agirait "que" de ça, Jésus nous précise les choses dans les trois passages de l'Apocalypse. Lorsqu'il parle à Pergame, il fait le lien entre la doctrine de Balaam et la doctrine des Nicolaïtes, en précisant qu'il est question de manger des viandes sacrifiées aux idoles et de se livrer à l'impudicité. Cela nous permet de comprendre de quoi Jésus parlait lorsqu'il s'adressait à l'Église d'Ephèse.

Le troisième passage, à l'Église de Thyatire, fait le lien avec « la femme Jézabel, qui se dit prophétesse, enseigner et séduire » (Apocalypse 2.20). Elle se dit prophétesse, ce qui signifie qu'elle ne l'est pas, ou plus. Le parallèle avec Balaam est fait. Il l'est également dans le but qu'elle poursuit. « Pour qu'ils se livrent à l'impudicité et qu'ils mangent des viandes sacrifiées aux idoles » (Apocalypse 2.20).

Pierre enfonce encore le clou :

🔘 « Il y aura de même parmi vous de faux docteurs, qui introduiront des sectes pernicieuses » (2 Pierre 2.1), « ceux surtout qui vont après la chair dans un désir d'impureté et qui méprisent l'autorité » (2 Pierre 2.10), « Ils trouvent leurs délices à se livrer au plaisir en plein jour ; hommes tarés et souillés, ils se délectent dans leurs tromperies, en faisant bonne chère avec vous. Ils ont les yeux pleins d'adultère et insatiables de péché ; ils amorcent les âmes mal affermies » (2 Pierre 2.13-14), « Après avoir quitté le droit chemin, ils se sont égarés en suivant la voie de Balaam » (2 Pierre 2.15).

Les Nicolaïtes sont donc la résurgence d'un esprit démoniaque qui se manifestait tout particulièrement dans l'histoire de Balaam.

Dans le livre de l'Apocalypse, Jésus nous demande précisément de faire très attention à 2 choses :

  • Les viandes sacrifiées aux idoles,
  • L'impudicité.

Il s'y ajoute une troisième mise en garde contre la « femme Jézabel », dont on voit clairement la présence dans les assemblées actuelles. Elle enseignera, ce que la femme ne peut pas faire, et usera de fausses prophéties pour égarer le peuple et le pousser, par la méconnaissance de la vérité, à transgresser un ou plusieurs des 2 interdits précités.

Les vraies prophétesses existent, mais la « femme Jézabel » est une fausse-prophétesse. Elle « se dit prophétesse », ce qui signifie qu'elle ne l'est pas.

A partir du moment où la notion de doctrine des Nicolaïtes/doctrine de Balaam/femme Jézabel est expliquée, la compréhension des messages aux Églises devient beaucoup plus facile à comprendre et dans la plupart des cas, il n'y a plus grand-chose à dire.


d) Le lien dans les noms.

Dans la réalité, la doctrine de Balaam et la doctrine des Nicolaïtes parlent exactement de la même chose. Il se trouve simplement que l'une des appellations fait appel à l'Hébreu et l'autre au Grec. Balaam signifie "dévorant" ou "pas du peuple" en Hébreu, alors que Nicolaïtes signifie "destruction du peuple".

L'équivalence entre ces deux notions se retrouve assez clairement dans Apocalypse 2.14-15. Jésus commence à parler de gens étant « attachés à la doctrine de Balaam » au verset 14, mais change l'appellation au verset 15 pour affirmer : « toi aussi, tu as des gens attachés pareillement à la doctrine des Nicolaïtes ». Il n'a pas changé de sujet dans l'intervale.


{RETOUR A L'INDEX} {RETOUR HAUT DE PAGE}     010 - Les textes parlant des 7 églises.

Je disais plus haut qu'il est important de comprendre que l'ensemble du livre que nous appelons "livre de l'apocalypse" est en réalité la lettre aux sept Eglises. Les chapitres deux et trois sont une mise à plat des choses, ce qui va, ce qui ne va pas, ce qu'il faut changer et donc le tri qui va se faire. Ce tri, c'est le centre même de cette lettre et ce qui le concerne commence au chapitre 4, c'est-à-dire exactement là où on entend communément que la lettre prend fin.

Cependant cela ne signifie en rien que les chapitres deux et trois n'ont pas d'importance. En réalité ils en ont énormément, et je vais tenter de mettre cela en avant dans ce qui suit.


a) Introduction, pourquoi regrouper les 7 Eglises ?

Les 7 Églises dont il est fait mention dans le livre de l'apocalypse sont souvent traitées chacune séparément des 6 autres. Sans dire que c'est une erreur de les voir comme cela, il n'en reste pas moins que c'est très restrictif. De toute évidence, il y a un message à recevoir dans le regroupement de ces dernières.

Généralement on entend « notre Église correspond à telle Église du livre de l'apocalypse », ou encore « cette Église correspond à telle Église du livre de l'apocalypse » voir encore, et c'est probablement la pire façon de les regarder : « telle église correspond à telle époque passée ». Se reconnaître dans l'une d'entre elles a pour principal défaut de ne pas se rendre compte que l'on est contenu dans toutes.

Le signe évident de ce qu'il faut regrouper les 7 Églises pour mieux comprendre le message qui s'y trouve caché se trouve dans les récompenses de chacune d'entre elles. En effet, aucune des récompenses n'est « viable » isolément. Les 7 récompenses forment un tout que je détaillerai plus loin et ce "tout" fait qu'on ne peut être sauvé en n'ayant qu'une seule des 7 récompenses. Dès lors, devant remporter les 7 victoires, nous avons également les 7 combats à mener.

Par ailleurs, il se trouve que Jésus est géographiquement positionné au centre des sept chandeliers, et la vision qu'en a Jean se déroule pendant qu'il est ravi en esprit, il est donc hors du temps, ce que confirme la ceinture d'or que porte Jésus sur sa poitrine (signe de Justice). Cela fait que Jésus ne les présente pas dans un ordre particulier. Leur présentation ne représente pas une chronologie, simplement une suite qui aurait pu se faire dans n'importe quel ordre.

En premier lieu, je rappellerai rapidement ce qu'est une Église.


b) Qu'est-ce qu'une Eglise ?

Pour beaucoup, une Église est le lieu où ils se rendent le dimanche matin en attendant que le rôti finisse de cuir. Une sorte de salle d'attente pour cuisinier en herbe. Il va de soi qu'il n'en est rien. Dans la Parole, l'Église ne représente qu'une seule chose :

- C'est l'ensemble des enfants de Dieu sans égard pour leur ville, pays, ou siècle de naissance.

Ainsi, lorsqu'il est fait mention d'Églises dans le livre de l'apocalypse, le fait que Jésus cite sept villes ne signifie en rien qu'il parle à ces sept villes, sinon, pour être sauvé, il faut être turc puisqu'elles se situent toutes en Turquie.

L'Eglise c'est donc l'ensemble des croyants, passés, présents et futurs, parce que Dieu est le Dieu d'Abraham d'Isaac et de Jacob, il est le Dieu des vivants, pas des morts. Ceux que nous considérons humainement morts ne le sont pas, ils sont vivants et font partie du royaume de Dieu.

En appelant des lieux et des bâtiments de ce nom, les hommes ont divisé l'Eglise de Dieu, chacun va dans son église, aux dimensions humaines et finit par ignorer la dimension spirituelle de cette même Eglise à qui Jésus parle dans le livre de l'Apocalypse. En agissant de la sorte, les hommes oublient que nous faisons tous face aux mêmes problèmes.

C'est également pour cela que chacune des sept Eglises que Jésus nomme contient des personnes réussissant et d'autres n'en ayant aucune envie.


c) Les différents points traités dans le message aux 7 Eglises.

Chaque point sera détaillé plus tard (quand c'est nécessaire).

La première chose très importante à comprendre c'est la structure du texte. Le texte de chacune des sept Eglise va suivre la même construction. Bien qu'on n'y prête pas forcément attention, il y a deux personnes qui parlent. Tout d'abord Jésus, qui discute avec Jean et lui transmet soit des paroles, soit des visions. Il y a ensuite un deuxième personnage impliqué dans chacune des sept Eglises, et il se trouve que c'est le Saint-Esprit.

Jésus parle à Jean parce qu'il est présent et qu'ils sont tous les deux dans le spirituel (je rappelle que Jean est ravi en esprit). Par contre, les récompenses de chaque Eglise sont données par le Saint-Esprit.

🔘 Apocalypse 2.7 : « Que celui qui a des oreilles entende ce que l'Esprit dit aux Églises A celui qui vaincra je donnerai à manger de l'arbre de vie, qui est dans le paradis de Dieu ».

On pourrait tenter de simplifier en se disant que l'Esprit est Dieu, que Jésus est Dieu, donc que ça revient au même. Mais il se trouve que chaque manifestation de Dieu a un rôle. Or les sept descriptifs de ces Eglises nous donnent en réalité une chronologie géographique des évènements. Ce que j'entends par là c'est que les récompenses sont annoncées par l'Esprit, pas par Jésus, or Jésus est au ciel, et l'Esprit est parmi nous. Jésus peut parler avec Jean parce qu'il vient d'être ravi, mais les récompenses dont parle les deux chapitres que nous regardons ne sont pas annoncées par lui, mais par l'Esprit. Cependant ce qu'annonce l'Esprit c'est ce que Jésus va faire.

Ca établit simplement que tout ce dont il parle se passe sur terre, parce que c'est l'Eprit qui est l'intermédiaire.


c.1) Nom de l'Église.

  • 1️⃣ L'Église d'Ephèse. Signifie 'permis'
  • 2️⃣ L'Église de Smyrne. Signifie 'Myrrhe'
  • 3️⃣ L'Église de Pergame. Signifie 'citadelle'
  • 4️⃣ L'Église de Thyatire. Signifie 'odeur d'affliction'
  • ​​​​5️⃣ L'Église de Sardes
  • 6️⃣ L'Église de Philadelphie. Signifie 'qui aime son frère'
  • 7️⃣ L'Église de Laodicée. Signifie 'justice du peuple'


c.2) Description de Jésus.

On verra ce point plus tard.


c.3) Je connais tes œuvres, ce que j'ai contre toi, ce que tu dois faire.

A chacune des Églises, il commencera par dire qu'Il sait ce qu'elle a fait de bien, puis poursuivra en disant ce qu'elle fait de mal, et terminera sur ce qu'elle doit faire pour arranger les choses.


c.4) Celui qui vaincra.

Ensuite Jésus en viendra à chaque fois à dire quelle sera la récompense de cette Église.


c.5) Que celui qui a des oreilles entende.

La conclusion de chaque Église sera la même, une fois de plus on détaillera par après.


Maintenant, pour comprendre pleinement le message aux sept Eglises, il faut impérativement comprendre autre chose, que je vais détailler dans la prochaine partie, suite à quoi je reviendrais sur les textes des 7 Eglises elles-mêmes.


d) Les 7 chandeliers.

🔘 Apocalypse 1.9-13 : « Moi Jean, votre frère, et qui ai part avec vous à la tribulation et au royaume et à la persévérance en Jésus, j'étais dans l'île appelée Patmos, à cause de la parole de Dieu et du témoignage de Jésus. Je fus ravi en esprit au jour du Seigneur, et j'entendis derrière moi une voix forte, comme le son d'une trompette, qui disait : Ce que tu vois, écris-le dans un livre, et envoie-le aux sept Églises, à Éphèse, à Smyrne, à Pergame, à Thyatire, à Sardes, à Philadelphie, et à Laodicée. Je me retournai pour connaître quelle était la voix qui me parlait. Et, après m'être retourné, je vis sept chandeliers d'or, et, au milieu des sept chandeliers, quelqu'un qui ressemblait à un fils d'homme, vêtu d'une longue robe, et ayant une ceinture d'or sur la poitrine ».

Jean se trouve en exil à Patmos, petite île grecque servant à l'empire romain pour ses différentes déportations.

Notons, même si cela ne donne pas plus d'indications sur le livre de l'Apocalypse, que Jean fut « ravi en esprit au jour du Seigneur ». C'est alors qu'il respecte le jour du Sabbat, que le Seigneur s'adresse à lui. Aurait-il pu le faire un autre jour ? C'est peu probable. C'est le jour du repos, où toute l'attention est tournée vers Dieu, que ce dernier décide de transmettre une révélation. Dieu avait toute l'attention de son serviteur et la conséquence est une vision de ce qui se passera près de 2000 ans plus tard.

Je ne m'étendrai pas plus sur l'importance de respecter le jour du repos de Dieu.

Quoi qu'il en soit, Jean est ravi en esprit et reçoit de Jésus l'annonce de ce qu'Il va lui donner une vision qu'il devra transmettre à 7 Églises, celles d'Éphèse, de Smyrne, de Pergame, de Thyatire, de Sardes, de Philadelphie, et de Laodicée. La première chose très importante se trouve ici. Jésus lui dit :

🔘 Apocalypse 1.11 : « Ce que tu vois, écris-le dans un livre, et envoie-le aux sept Églises ».


d.1) Un livre.

Ca peut sembler anodin, cependant, Jésus lui dit bien de l'écrire dans un livre. Ca atteste de la taille de l'écrit et disqualifie les chapitres deux et trois comme texte unique. La lettre en question est bel et bien l'ensemble de ce que nous appelons le livre de l'Apocalypse.


d.2) 1 livre.

1 livre, 7 Églises.

Pas 7 livres, 7 Églises.

Alors que les versets et chapitres suivants vont énumérer les Églises les unes après les autres en citant les qualités, défauts et récompenses de chacune, c'est en fait l'intégralité du texte qui doit être envoyé à chaque Église. Parce que l'Église de Jésus est composée des 7 Églises, qui ne sont pas réellement des lieux physiques, mais des esprits qui planent sur le royaume de Dieu dans son ensemble.

C'est alors que, se retournant, Jean voit sept chandeliers d'or, et Jésus se tenant au milieu des 7 chandeliers.

🔘 Apocalypse 1.20 : « le mystère des sept étoiles que tu as vues dans ma main droite, et des sept chandeliers d'or. Les sept étoiles sont les anges des sept Églises, et les sept chandeliers sont les sept Églises ».

Dans le livre de l'Apocalypse, il est fait mention 7 fois de chandeliers, et il s'agit toujours de représenter des êtres humains. Dans 5 des cas, Jean parle des Églises, et dans les deux autres, il parle des Témoins.

Se tenant au milieu des chandeliers, il nous est dit de Jésus :

🔘 Apocalypse 1.16 : « Il avait dans sa main droite sept étoiles. De sa bouche sortait une épée aiguë, à deux tranchants; et son visage était comme le soleil lorsqu'il brille dans sa force ».

Il est particulièrement intéressant de se rendre compte que Jésus a dans sa main droite sept étoiles mais, par contre, qu'il n'est pas en contact avec les chandeliers. Il se tient au milieu d'eux, montrant par la même qu'il doit être le centre de son Église mais qu'on ne peut le toucher tant que nous serons charnels.

Il aurait pu avoir les chandeliers dans sa main gauche. Il aurait même pu avoir les étoiles et les chandeliers dans sa main droite. Après tout, il est bien écrit « Il avait dans sa main droite sept étoiles. De sa bouche sortait une épée aiguë, à deux tranchants; et son visage était comme le soleil lorsqu'il brille dans sa force. Quand je le vis, je tombai à ses pieds comme mort. Il posa sur moi sa main droite en disant: Ne crains point ! » (Apocalypse 1.16-17). Bien que Jésus ait les 7 étoiles dans sa main, il peut tout de même la poser sur Jean.

Ces chandeliers ne peuvent qu'être rapprochés du chandelier qui se trouvait dans le tabernacle de Moïse. Les vainqueurs des sept chandeliers sont le chandelier du tabernacle.

Dans l'étude sur les 7 esprits de Dieu je disais qu'ils étaient en fait ce que Jésus fait pour nous, son Église. Les 7 chandeliers sont le symbole des Églises et de ce qu'elles font pour Jésus.

Je détaillerai cela au fur-et-à-mesure.


e) Les descriptions de Jésus.

Ce qui est assez particulier avec la façon dont Jésus se présente aux 7 Églises, c'est qu'il le fait différemment pour chacune. Pourtant il n'est pas plus l'un que l'autre, mais il est les 7 à la fois. Si l'on mettait les descriptifs côte à côte, cela pourrait aisément passer pour un seul texte, sans réelle redondance.

🔘 « Voici ce que dit celui qui tient les sept étoiles dans sa main droite, celui qui marche au milieu des sept chandeliers d'or » (Apocalypse 2.1). « Voici ce que dit le premier et le dernier, celui qui était mort, et qui est revenu à la vie » (Apocalypse 2.8). « Voici ce que dit celui qui a l'épée aiguë, à deux tranchants » (Apocalypse 2.12). « Voici ce que dit le Fils de Dieu, celui qui a les yeux comme une flamme de feu, et dont les pieds sont semblables à de l'airain ardent (Apocalypse 2.18). « Voici ce que dit celui qui a les sept esprits de Dieu et les sept étoiles » (Apocalypse 3.1). « Voici ce que dit le Saint, le Véritable, celui qui a la clef de David, celui qui ouvre, et personne ne fermera, celui qui ferme, et personne n'ouvrira » (Apocalypse 3.7). « Voici ce que dit l'Amen, le témoin fidèle et véritable, le principe de la création de Dieu » (Apocalypse 3.14).

Quand je vois cela, je ne peux m'empêcher de penser, non seulement que chacun des passages nous concerne, mais également que chacun représente autre chose. Tout comme les 7 esprits, qui sont devant le trône de Jésus, représentent les différents aspects de son ministère envers nous, et donc une seule chose, les 7 Églises représentent des étapes de la révélation totale de Jésus. Chacune doit être comprise indépendamment des autres mais chacune à besoin des autres pour être complète.

Je crois que Jésus se présente différemment aux 7 Églises parce que chacune l'a reçu différemment. Cependant, s'identifier soi-même comme faisant partie de l'une ou de l'autre serait une erreur, parce qu'en omettre une serait perdre une partie de la récompense, et probablement perdre la 8e et dernière récompense de celui qui vaincra.

La position des chandeliers peut paraître étrange, pourtant elle est très importante ; j'ai détaillé qui est Balaam, et le fait que Balak voulait tenter de faciliter une malédiction en changeant l'angle de vue. Ici, il s'agit bien d'angle de vue dans la présentation que Jésus fait de lui-même.

Je suis persuadé que, si Jésus se tient au milieu des chandeliers, c'est pour nous faire comprendre que, bien qu'en gardant les yeux fixés sur lui, nous pouvons tous regarder dans une autre direction. Pour avoir les yeux fixés sur Jésus, l'Église au sud regarde vers le nord, et l'Église au nord regarde vers le sud. Ainsi la division, c'est de croire que notre angle de vue est le meilleur, alors que nous devons être unis pour voir Jésus dans toute sa grandeur.

Si 7 personnes se mettent autour d'une maison, celle qui voit la porte d'entrée et celle qui voit la porte de sortie n'ont pas l'exclusivité de la compréhension de ce qu'est cette maison.

Si Jésus se présente de 7 manières différentes aux sept Églises, c'est parce que chacune l'a reçu différemment. Ce n'est pas un défaut mais Jésus s'est présenté différemment, car nous ne pouvions pas le recevoir de la même manière. Notre faute a été de rejeter la révélation des autres au lieu de l'additionner à la nôtre. Notre faute a été d'être des Balak qui, parce que l'angle était différent, pensaient que la chose vue serait différente.

La révélation de Jésus, au centre des 7 chandeliers et des 7 façons différentes de se présenter à elles, est un message clair sur ce que chacun d'entre nous devrait faire : cesser de juger nos frères et sœurs sur nos différences et nous attacher à nos points communs.


{RETOUR A L'INDEX} {RETOUR HAUT DE PAGE}     011 - Les 7 Eglises : Ephèse.

a) EPHESE (permis)

🔘 Apocalypse 2.17 : « Ecris à l'ange de l'Église d'Ephèse : Voici ce que dit celui qui tient les sept étoiles dans sa main droite, celui qui marche au milieu des sept chandeliers d'or : 2 Je connais tes œuvres, ton travail, et ta persévérance. Je sais que tu ne peux supporter les méchants; que tu as éprouvé ceux qui se disent apôtres et qui ne le sont pas, et que tu les as trouvés menteurs ; 3 que tu as de la persévérance, que tu as souffert à cause de mon nom, et que tu ne t'es point lassée. 4 Mais ce que j'ai contre toi, c'est que tu as abandonné ton premier amour. 5 Souviens-toi donc d'où tu es tombé, repens-toi, et pratique tes premières œuvres; sinon, je viendrai à toi, et j'ôterai ton chandelier de sa place, à moins que tu ne te repentes. 6 Tu as pourtant ceci, c'est que tu hais les œuvres des Nicolaïtes, œuvres que je hais aussi. 7 Que celui qui a des oreilles entende ce que l'Esprit dit aux Églises: A celui qui vaincra je donnerai à manger de l'arbre de vie, qui est dans le paradis de Dieu ».


b) Le côté positif.

Jésus nous parle ici d'une Église qui semble avoir presque tout fait dans les règles. Elle réunit toutes les qualités suivantes :

  • œuvres (même si elles ne sauvent pas, elles sont un signe, le fruit de l'arbre),
  • travail,
  • persévérance (citée 3 fois),
  • intolérance envers les méchants,
  • éprouve les faux apôtres, est capable de reconnaître le mensonge,
  • a accepté la souffrance pour le nom de Jésus.

C'est un sacré palmarès !

De toute évidence, Ephèse est une Église qui met un point d'honneur à respecter certaines règles, bien choisies, qui lui permettent de continuer malgré une adversité qui doit être particulièrement forte. Il nous est dit « Je connais ta persévérance », puis « tu as de la persévérance » et enfin « tu ne t'es point lassée ».

Cette Église doit connaître particulièrement bien la Parole de Dieu. Sa capacité de discernement est significative. Elle est capable de reconnaître des faux apôtres, ainsi que le mensonge ; or l'origine du discernement, qu'il soit spirituel ou non, est toujours la connaissance de la Parole de Dieu.

Cette Église vit des tribulations mais n'abandonne pas sa foi et continue sur sa voie.


c) Le problème.

Beaucoup seraient tentés de dire qu'on est en présence de l'Église parfaite, pourtant Ephèse a un problème suffisamment important pour que Jésus prévienne qu'Il pourrait en venir à enlever son « chandelier de sa place ».

« Mais ce que j'ai contre toi, c'est que tu as abandonné ton premier amour ».

La signification de ce premier amour dont il est question ne nécessite pas de parcourir la Parole de Dieu. Il suffit d'être honnête envers soi-même et d'admettre que, quelle que soit notre relation, nous ne la vivons pas de la même manière au début et après dix années. Ce qui s'installe, c'est généralement le jugement de l'autre. Au début seul l'autre à de l'importance, et la raison n'a pas tellement sa place, mais plus le temps passe et plus on se demande ce que le monde qui nous entoure en pense. On se met à relativiser, à évaluer les choses selon des critères qui sont ceux que l'on voit autour de nous.

Je ne parle même pas uniquement d'une relation de couple (maritale), mais également d'amitié, ou de filiation.

Dans un couple, même les païens en viennent à prétendre que la relation ne dure pas. Qu'au bout d'un certains nombres d'années l'amour disparaît. Les divorces en sont la preuve flagrante. On ne voit plus les choses de la même manière, et ce, étrangement, parce qu'on se met à les regarder, et donc à les juger.

Ca peut être une amitié qui s'étiole parce qu'on a écouté ce que certains ont dit, voir même parce que votre ami pense différemment de vous sur certains sujets. Les pensées de Dieu ne sont pas les nôtres et très souvent nous nous faisons reprendre. Cela laisse discrètement des traces qui modifient au fur et à mesure notre relation avec lui. C'est important de remettre les choses en place de temps à autre et de réaliser l'état réel de notre relation. Combien d'amis d'enfance avons-nous perdu pour ce type de raison ? Voulons-nous aussi perdre notre ami céleste ?

Ca peut être la relation d'un enfant envers ses parents. Enfant qui ne cherche pas à remettre en question le fait que ses parents soient toujours là pour lui, qu'ils le nourriront, le changeront, lui prodigueront tous les soins dont il aura besoin, lui donneront tout l'amour qu'ils pourront. Quand cet enfant apprend que ses parents lui ont menti toute leur vie, il aura beau continuer de les aimer, peut-être même en rire avec eux, et en plaisanter quand il s'agit de mensonges du type du père noël, la vérité c'est que quelque chose se casse à ce moment-là. Cet enfant perd de son innocence. Nous prétendons qu'il devient adulte, mais il le serait de toute façon devenu ; il le devient simplement avec une confiance amoindrie envers ses parents. Quand ses parents lui diront quelque chose il réfléchira d'abord parce que sa confiance ne sera pas totale.

Quand on en vient à Dieu, la perte du premier amour c'est exactement cela. Ca vient avec la connaissance, quand elle est mal établie. La connaissance n'est pas seulement une bonne chose, elle est indispensable, mais elle doit impérativement avoir un but, celui de connaître Dieu. Sinon elle devient froide et stérile. Emmagasiner de la connaissance qui nous rapproche de Jésus c'est manger de l'arbre de vie, emmagasiner de la connaissance pour la connaissance, c'est manger de l'arbre de la connaissance du bien et du mal, et cela nous éloigne de l'obéissance parce que cela nous rapproche de la volonté de juger des choses qui nous entourent et ultimement, de juger de ce que Dieu dit et demande.

Celui qui vit le premier amour croit avec simplicité, et son amour l'est aussi, simple et vrai. Ensuite il reçoit un enseignement, presque toujours des hommes, et qui suit usuellement une liste prédéfinie qui correspond plus à des cours magistraux qu'à de véritables enseignements dirigés par Dieu. Là commence la baisse du thermostat. Bien sûr, c'est un processus lent qui nous fait passer de la passion à la chaise du fond scrutant l'heure toutes les 5 minutes. La question n'est pas : à qui la faute ? Mais comment inverser les choses ? Et Jésus le dit à l'Église d'Ephèse, « Souviens-toi donc d'où tu es tombée, repens-toi, et pratique tes premières œuvres ».

  • « Souviens-toi donc d'où tu es tombée » : commençons par nous rappeler comment nous étions au début.
  • « repens-toi » : admettons notre erreur et amendons nos voies.
  • « pratique tes premières œuvres » : comportons-nous de la même manière que nous nous comportions au début, et soyons vigilant en mettant Jésus au centre de tout comme Il est au centre des 7 chandeliers.

C'est cela, retrouver le premier amour. Réaliser qu'on ne fait plus les choses par envie mais par habitude, parce que nous avons perdu de vue le but à atteindre.

Notons également que cette Église, qui pourtant a perdu son premier amour, et donc dans laquelle le Saint-Esprit n'est plus totalement libre de faire ce qu'il veut, a tout de même de la haine envers les Nicolaïtes, dont nous avons parlé auparavant.

Notons encore que Jésus se présente à cette Église comme étant au centre des Églises/chandeliers, que leur défaut est justement de ne pas l'avoir gardé au centre de leur vie, que Jésus les invite à retrouver leur premier amour, qui se trouve être le fruit de l'arbre de Vie, et que la récompense de cette Église est justement de manger de l'arbre de Vie qui se trouve au centre du Jardin, et qui correspond au fait de retrouver le premier amour.

Concernant Ephèse, la boucle est bouclée.


{RETOUR A L'INDEX} {RETOUR HAUT DE PAGE}     012 - Les 7 Eglise : Smyrne.

a) SMYRNE (Myrrhe)

🔘 Apocalypse 2.8-11 : « Ecris à l'ange de l'Église de Smyrne : Voici ce que dit le premier et le dernier, celui qui était mort, et qui est revenu à la vie : 9 Je connais ton affliction et ta pauvreté (bien que tu sois riche), et les calomnies de la part de ceux qui se disent Juifs et ne le sont pas, mais qui sont une synagogue de Satan. 10 Ne crains pas ce que tu vas souffrir. Voici, le diable jettera quelques-uns d'entre vous en prison, afin que vous soyez éprouvés, et vous aurez une tribulation de dix jours. Sois fidèle jusqu'à la mort, et je te donnerai la couronne de vie. 11 Que celui qui a des oreilles entende ce que l'Esprit dit aux Églises : Celui qui vaincra n'aura pas à souffrir la seconde mort ».


b) Un révélateur.

Smyrne agit presque comme un révélateur. La liste des souffrances qui sont les siennes est telle que personne n'espère en faire partie, pourtant, c'est la seule des 7 Églises qui ne reçoit aucun reproche de la part de Jésus. Cette caractéristique en fait une exception parmi les 7.

Jésus se présente à elle comme étant « le premier et le dernier, celui qui était mort, et qui est revenu à la vie ». Cela aura son importance.

  • C'est une Église qui vit de nombreuses déceptions. L'affliction représente une profonde tristesse, un abattement à la suite de graves revers.
  • Elle est pauvre humainement,
  • Elle est riche spirituellement,
  • Elle est le sujet de nombreuses calomnies de la part de ceux qui se disent croyants.

On y notera également une opposition intéressante avec l'Eglise de Laodicée, qui justement est la seule dans laquelle il ne se soit rien trouvé de correct. Ici, concernant Smyrne, il nous est dit qu'elle est pauvre humainement, alors que pour Laodicée, c'est tout l'inverse, elle prétend être riche, ce qu'elle est humainement, mais Jésus pointe l'urgent intérêt qu'elle a à s'enrichir spirituellement.

🔘 Apocalypse 3.17-18 (LAODICEE) : « Parce que tu dis : Je suis riche, je me suis enrichi, et je n'ai besoin de rien, et parce que tu ne sais pas que tu es malheureux, misérable, pauvre, aveugle et nu, 18 je te conseille d'acheter de moi de l'or éprouvé par le feu, afin que tu deviennes riche, et des vêtements blancs, afin que tu sois vêtu et que la honte de ta nudité ne paraisse pas, et un collyre pour oindre tes yeux, afin que tu voies ». 


c) La synagogue de satan.

C'est également la première Eglise où l'on nous fait mention de la synagogue de Satan. La présence du mot synagogue fait souvent penser que cela désigne spécifiquement ce que ce mot semble représenter. Mais son sens est différent. N'oublions pas que si notre époque considère sans aucune réticence qu'une église et qu'une synagogue puissent être des bâtiments, il n'en était pas de même à l'époque des apôtres de Jésus. Dans les deux cas, cela désignait simplement le rassemblement des croyants des deux cultes respectifs. Ce sont devenus des bâtiments plus tard.

Aussi, lorsque Jésus parle de ceux qui se disent Juifs mais qui ne le sont pas, il faut noter que Dieu connaît leurs calomnies. Le verset est important : « Je connais ton affliction et ta pauvreté (bien que tu sois riche), et les calomnies de la part de ceux qui se disent Juifs et ne le sont pas, mais qui sont une synagogue de Satan ».

S'il est évident que Dieu ne s'intéresse pas aux calomnies, il faut comprendre qu'il ne s'intéresse à strictement aucune d'entre elles. Celles dont il parle ici sont donc d'un ordre particulier s'il doit le préciser. Donc ces calomnies sont prononcées par des personnes qui se disent juives sans pour autant l'être. Là aussi il y a une autre compréhension importante. Au temps de Jésus, les disciples ne considéraient pas qu'ils démarraient quoi que ce soit de nouveau. Dans la conception des premiers croyants, qui étaient tous juifs, ils étaient l'exacte continuation du Judaïsme biblique : ceux qui avaient reconnu le Messie annoncé et qui perpétuaient la promesse de Dieu faite à Abraham (entre autres). Les premiers croyants considéraient donc être le Judaïsme. C'est cela qu'il faut comprendre pour réaliser de quoi Jésus parle dans ce verset. Jésus connaît leurs calomnies parce qu'elles sont proférées par des personnes qui sont censées lui avoir donné leur vie, et il les définit comme une « synagogue » de Satan exactement pour la même raison. En se comportant de la sorte ils deviennent des accusateurs et par voie de conséquence, 'l'accusateur' étant une traduction de 'satan', leur assemblée (sens premier de 'synagogue') est donc appelée une « synagogue de Satan ».

Dans des termes plus modernes, Jésus nous parle en fait de supposés chrétiens et d'églises déviantes.


d) Sa conclusion.

Jésus s'adresse à elle pour l'encourager. Elle va souffrir grandement et sera mise à mort, mais sa récompense sera de ne pas « souffrir la seconde mort ». Il y a donc à nouveau un parallèle entre la manière dont Jésus se présente à l'Église, l'épreuve qu'elle subira et la récompense qui sera la sienne. En outre, la Myrrhe, qui est l'origine du nom de Smyrne, est l'ingrédient donnant son odeur au parfum qui était brûlé dans le tabernacle, et pour l'obtenir, ce ne pouvait être qu'en blessant un arbre. C'est le symbole de ce que celui qui veut plaire à Dieu souffrira. Non pas que celui qui souffre plaît à Dieu, ce qui idéaliserait la souffrance, mais que Jésus nous à prévenu que ceux qui veulent le suivre seront persécutés. Etre d'une bonne odeur à Dieu nous attirera toujours la haine de ceux qui ne partagent pas cette volonté, et c'est ce qui arrive à cette Eglise. Le nom de cette Eglise, la présentation de Jésus, l'épreuve et la récompense sont liés.


{RETOUR A L'INDEX} {RETOUR HAUT DE PAGE}     013 - Les 7 Eglises : Pergame.

🔘 : « ».  

a) PERGAME (Apocalypse 2.12-17) (citadelle) 🔘

  • « Ecris à l'ange de l'Église de Pergame: Voici ce que dit celui qui a l'épée aiguë, à deux tranchants : 13 Je sais où tu demeures, je sais que là est le trône de Satan. Tu retiens mon nom, et tu n'as pas renié ma foi, même aux jours d'Antipas, mon témoin fidèle, qui a été mis à mort chez vous, là où Satan a sa demeure. 14 Mais j'ai quelque chose contre toi, c'est que tu as là des gens attachés à la doctrine de Balaam, qui enseignait à Balak à mettre une pierre d'achoppement devant les fils d'Israël, pour qu'ils mangent des viandes sacrifiées aux idoles et qu'ils se livrent à la débauche. 15 De même, toi aussi, tu as des gens attachés pareillement à la doctrine des Nicolaïtes. 16 Repens-toi donc; sinon, je viendrai à toi bientôt, et je les combattrai avec l'épée de ma bouche. 17 Que celui qui a des oreilles entende ce que l'Esprit dit aux Églises: A celui qui vaincra je donnerai de la manne cachée, et je lui donnerai un caillou blanc; et sur ce caillou est écrit un nom nouveau, que personne ne connaît, si ce n'est celui qui le reçoit ».  

b) L'explication.

Il y a beaucoup de choses à dire sur cette Église.

Par deux fois il est fait mention de Satan. On parle tour à tour de là où est le trône de Satan, et de l'endroit où Satan a sa demeure. De toute évidence un endroit antipathique. Bien que je pense savoir où se trouve cet endroit, la seule vraie preuve sera l'accomplissement de la Révélation, donc autant ne pas l'écrire ici.

Antipas quant à lui est un martyr chrétien du premier siècle, chercher des références le concernant est inutile car Dieu lui rend ici témoignage, ce qui paraît suffisant pour estimer la valeur de cet homme. La première partie de ce passage est clairement le signe du niveau de l'Église de Pergame, mais n'oublions pas que Dieu ne parle pas qu'aux croyants du passé, mais aussi à ceux du présent.

Le problème de cette Église se trouve dans la doctrine de Balaam, appelée également doctrine des Nicolaïtes. Une partie de cette Église pratique ces cultes idolâtres. Par contre cela ne condamne pas tous les membres de l'Église. Il nous est dit « Repens-toi donc; sinon, je viendrai à toi bientôt », donc il demande à toute l'Église de se repentir, par contre il ne combattra que ceux qui se livrent à ces pratiques (« je les combattrai avec l'épée de ma bouche »). Il semblerait donc que tous savent ce qui se passe, mais qu'ils soient peu ou prou sans autorité réelle sur ceux qui pratiquent ces choses. Sinon Dieu leur rappellerait leurs responsabilités. Il leur demande une repentance, mais il semblerait donc que ce soit plus une intercession/repentance.

Pour ce qui est de cette Église, Jésus se présente à eux comme étant « celui qui a l'épée aiguë, à deux tranchants », c'est-à-dire la Parole de Dieu. Cela se retrouve de nouveau dans le nœud du problème, la doctrine de Balaam ayant pour origine des faux enseignements. Si cette Église ne se repent pas, Jésus les combattra avec l'épée de sa bouche, autrement dit, sa Parole, tout comme il a combattu Satan après avoir passé 40 jours dans le désert.


c) La manne cachée.

La présence de sa Parole doit donc de nouveau se faire sentir dans la conclusion. Si cette explication m'est toute personnelle, c'est vraiment celle que je ressens. Il est écrit : « A celui qui vaincra je donnerai de la manne cachée, et je lui donnerai un caillou blanc; et sur ce caillou est écrit un nom nouveau, que personne ne connaît, si ce n'est celui qui le reçoit ».

La manne cachée se réfère à l'époque de l'errance d'Israël dans le désert et à la provision divine de manne Céleste.

  • Exode 16.32-34 : « Moïse dit: Voici ce que l'Éternel a ordonné: Qu'un omer rempli de manne soit conservé pour vos descendants, afin qu'ils voient le pain que je vous ai fait manger dans le désert, après vous avoir fait sortir du pays d'Égypte. Et Moïse dit à Aaron: Prends un vase, mets-y de la manne plein un omer, et dépose-le devant l'Éternel, afin qu'il soit conservé pour vos descendants. Suivant l'ordre donné par l'Éternel à Moïse, Aaron le déposa devant le témoignage, afin qu'il fût conservé ».  

La manne cachée, c'est cette manne que les Israélites, en recherche de Canaan, ont mise de côté pour leurs descendants. Jésus la donne aux vainqueurs de Pergame parce qu'ils achèvent la marche dans le désert en arrivant dans la Canaan Céleste. Cette nourriture terrestre est l'image de la nourriture spirituelle que représente la Parole de Dieu.


d) Le caillou blanc.

Il y a deux couches de compréhension concernant le caillou blanc. 

d.1) L'eau.

La première rejoint l'explication de la manne cachée.

Lorsqu'on continue la lecture des versets de l'Exode que je citais, le passage suivant nous parle de la soif. Avec la manne cachée, Dieu nourrissait son peuple, maintenant, Dieu va l'abreuver.

  • Exode 17.5-6 : « L'Éternel dit à Moïse: Passe devant le peuple, et prends avec toi des anciens d'Israël; prends aussi dans ta main ta verge avec laquelle tu as frappé le fleuve, et marche! Voici, je me tiendrai devant toi sur le rocher d'Horeb; tu frapperas le rocher, et il en sortira de l'eau, et le peuple boira. Et Moïse fit ainsi, aux yeux des anciens d'Israël ».  

Dans le texte original, le mot rocher et caillou est le même. Quand le peuple a eu soif, Dieu l'a amené sur le "caillou" d'Horeb, sachant que c'est sur cette montagne que Dieu a donné les 10 commandements à Moïse. Il demande alors à Moïse de frapper ce "caillou" duquel va sortir de l'eau qui abreuvera tout le peuple.

Je pense que ce caillou blanc est le rocher sur lequel l'Eternel se tenait, mais tout comme la manne, il donne la version purifiée à l'Église de Pergame. Je crois que ce caillou en est la version individuelle ; et contrairement à ce que certaines personnes peuvent croire, le nom qui est inscrit dessus n'est pas le nom de la personne qui le reçoit, mais le nom éternel de Jésus. "Jésus" n'est que le nom de la forme charnelle de Jésus, il existait bien avant de naître dans la chair et il avait déjà un nom. Quand Jésus nous dit que, sur ce caillou blanc, sera inscrit un nom nouveau, c'est le nom que Jésus portera quand tout sera achevé. Ce qui fait le lien avec la Parole de Dieu et qui est la deuxième compréhension.

d.2) Le jugement.

Les sacrificateurs faisaient confiance à Dieu pour prendre des décisions, mais il fallait parfois que le peuple soit lui aussi participant et atteste que c'était bien la volonté de Dieu. Par exemple, au temps du roi David, pour déterminer les chantres, un tirage au sort a été fait. Non pas que personne ne s'intéressait au résultat et donc qu'on faisait rapidement un tirage au sort, mais parce que tous pouvaient attester que cela ne venait pas du cœur de l'homme, mais de Dieu. Les sacrificateurs avaient donc sur eux deux galets, l'urim et le thummim (Exode 28.30) (Nombres 27.21), l'un était une réponse positive, et l'autre négative. Les deux étant considérés comme des réponses de Dieu.

Le nom dont il est question ici n'est pas le nom de celui qui vaincra, pour plusieurs raisons. La première est que celui qui vaincra a déjà été appelé par son nom (Esaïe 43.1b : « ... Je t'appelle par ton nom : Tu es à moi ! »). Dans cette compréhension, la manne cachée renvoie au vase de manne qui était conservé auprès de l'arche de l'alliance, et le caillou blanc se rapporte à l'urim et le thummim qui servaient à exercer un jugement. C'est une allusion à ce que celui qui appartient à Jésus n'entrera pas en jugement. Il reçoit donc symboliquement la pierre qui devait servir à le juger et sur laquelle est inscrit le nom de son Dieu, raison pour laquelle il n'entre pas en jugement. C'est donc le nom de Dieu qui se trouve sur cette pierre, et personne ne connaîtra ce nom avant la fin du monde, parce que dans l'intervalle, c'est le nom de Jésus qui doit être connu et accepté.

013 - Les 7 Eglises, Thyatire.

🔘 : « ».  


a) THYATIRE (Apocalypse 2.18-29) (odeur d'affliction)

  • « Ecris à l'ange de l'Église de Thyatire: Voici ce que dit le Fils de Dieu, celui qui a les yeux comme une flamme de feu, et dont les pieds sont semblables à de l'airain ardent : 19 Je connais tes œuvres, ton amour, ta foi, ton fidèle service, ta constance, et tes dernières œuvres plus nombreuses que les premières. 20 Mais ce que j'ai contre toi, c'est que tu laisses la femme Jézabel, qui se dit prophétesse, enseigner et séduire mes serviteurs, pour qu'ils se livrent à la débauche et qu'ils mangent des viandes sacrifiées aux idoles. 21 Je lui ai donné du temps, afin qu'elle se repente, et elle ne veut pas se repentir de sa débauche. 22 Voici, je vais la jeter sur un lit, et envoyer une grande tribulation à ceux qui commettent adultère avec elle, à moins qu'ils ne se repentent de leurs œuvres. 23 Je frapperai de mort ses enfants; et toutes les Églises connaîtront que je suis celui qui sonde les reins et les cœurs, et je vous rendrai à chacun de vous selon vos œuvres. 24 A vous, à tous les autres de Thyatire, qui ne reçoivent pas cette doctrine, et qui n'ont pas connu les profondeurs de Satan, comme ils les appellent, je vous dis: Je ne mets pas sur vous d'autre fardeau ; 25 seulement, ce que vous avez, retenez-le jusqu'à ce que je vienne. 26 A celui qui vaincra, et qui gardera jusqu'à la fin mes œuvres, je donnerai autorité sur les nations. 27 Il les paîtra avec une verge de fer, comme on brise les vases d'argile, ainsi que moi-même j'en ai reçu le pouvoir de mon Père. 28 Et je lui donnerai l'étoile du matin. 29 Que celui qui a des oreilles entende ce que l'Esprit dit aux Églises ! ».


b) L'explication.

Au tour de Thyatire, une des église avec le plus de choses à mettre en avant.

Jésus se présente à eux comme le Fils de Dieu, celui qui a les yeux comme une flamme de feu, et dont les pieds sont semblables à de l'airain ardent. Cela peut sembler anodin, mais il se présente comme « le Fils de Dieu ». C'est la seule fois qu'il se présente de la sorte, comme s'il était nécessaire avec cette Église de lui rappeler une base qu'elle semblerait avoir oublié. Il poursuit en disant « celui qui a les yeux comme une flamme de feu ». En d'autres termes "celui qui voit les choses sans leur maquillage, sans déguisement". Et il termine sa présentation en précisant qu'il est celui dont « les pieds sont semblables à de l'airain ardent ». Bien que la traduction 'd'airain ardent' diffère souvent, le sens reste toujours le même. On peut lire 'airain, airain fin, airain le plus fin, cuivre en fusion...' Dans toutes les traductions le sens reste le même. Il consiste à souligner la pureté et la vérité. Lorsqu'on souligne sa finesse c'est pour affirmer qu'il a été épuré de nombreuses fois, ce qui est la méthode pour purifier les métaux, mais également le comparatif utilisé dans les psaumes pour souligner le degré de vérité de la Parole de Dieu (Psaumes 12.6).

Dans 'airain ardent', ardent représente donc la purification de l'airain, et l'airain c'est la vérité. Lorsque Moïse a été confronté au péché d'Israël dans le livre des Nombres, il nous est dit :

  • Nombres 21.6-9 : « Alors l'Éternel envoya contre le peuple des serpents brûlants; ils mordirent le peuple, et il mourut beaucoup de gens en Israël. Le peuple vint à Moïse, et dit: Nous avons péché, car nous avons parlé contre l'Éternel et contre toi. Prie l'Éternel, afin qu'il éloigne de nous ces serpents. Moïse pria pour le peuple. L'Éternel dit à Moïse: Fais-toi un serpent brûlant, et place-le sur une perche; quiconque aura été mordu, et le regardera, conservera la vie. Moïse fit un serpent d'airain, et le plaça sur une perche; et quiconque avait été mordu par un serpent, et regardait le serpent d'airain, conservait la vie ».

Dans ce passage, le serpent représente la punition du péché d'Israël. Punition qui le dévore et le condamne. Dieu demande à ce qu'un serpent d'airain soit mis sur une perche et tous ceux qui le regardent sont guéris. Jean nous donne dans son évangile le parallèle avec Jésus :

  • Jean 3.14-15 : « Et comme Moïse éleva le serpent dans le désert, il faut de même que le Fils de l'homme soit élevé, afin que quiconque croit en lui ait la vie éternelle ».

Le sens n'est pas si ardu à comprendre. Le serpent représente la punition du péché, et sa matière, l'airain, représente la vérité. C'est pour cela que ceux qui regardaient le serpent d'airain sur la perche étaient sauvés, parce qu'ils reconnaissaient leur faute qui était représentée en un seul symbole, la vérité et le prix de la faute unis sur la perche. Quand Jean en parle, il ne fait rien d'autre que nous dire que celui qui reconnaît que Jésus est la vérité et qu'il a porté notre condamnation sera sauvé.

C'est peut-être un peu long pour expliquer comment Jésus se présente, mais c'était nécessaire pour comprendre le lien avec le reste.


c) L'attitude.

c.1) Positive.

Le comportement global de Thyatire semble une fois de plus être bon, Jésus trouve chez elle : « œuvres, amour, foi, fidèle service, constance », et ses « dernières œuvres plus nombreuses que les premières ». Superbe bilan. Si l'on regarde chaque point de ce qui la caractérise, on n'aurait aucune peine à la considérer comme une église exemplaire. Il faut donc bien essayer de se représenter ce qu'est cette église comparativement à nos jours. Si nous trouvions un endroit où toutes ces choses sont pratiquées, nous nous sentirions en 'phase'. Pourtant, une fois la surprise de trouver un endroit correspondant autant à la volonté de Dieu, il y a un point qui pourrait inquiéter. C'est justement l'enseignement.

c.2) Négative.

Malheureusement le bât blesse de la même manière que pour Ephèse et Pergame. Si pour ces deux Églises Jean parlait de la doctrine de Balaam et des Nicolaïtes, cette fois-ci, il parle de la « femme Jézabel ». Bien qu'elle fasse la même chose, c'est bien plus spécifique. La femme Jézabel est plus détaillée dans l'enseignement sur l'homme et la femme, de même, la doctrine de Balaam et des Nicolaïtes l'est plus tôt dans cet enseignement.

Ce qui en ressort, ce sont les faux enseignements, d'où le lien avec la présentation de Jésus qui se montrait comme un mélange de discernement dans le regard et de vérité éprouvée dans les pieds. C'est confirmé dans l'affirmation « toutes les Églises connaîtront que je suis celui qui sonde les reins et les cœurs ». Affirmation qui montre deux choses, la première étant la confirmation de la présentation de Jésus, qui nous sonde entièrement, dans nos actes et nos intentions, mais qui montre également que Jésus, bien qu'il parle à Thyatire, s'adresse à toutes les Églises. C'est pour cela qu'il va poursuivre en recentrant ce propos dans le verset suivant : « A vous, à tous les autres de Thyatire ».

Il est important de réaliser que cette église est partiellement dans la vérité. Elle est la conséquence de l'enseignement de Jézabel, mais Jézabel n'a pas d'intérêt particulier à modifier toute la Parole de Dieu, elle ne le fait que sur certains sujets, en l'occurrence, ceux qui, lentement, pousseront les enfants de Dieu (les serviteurs) vers les faux dieux (viandes sacrifiées aux idoles) et l'impudicité. Ainsi juger sa propre assemblée sur le fait qu'elle professe certaines choses correctes n'est pas suffisant. Pour être selon Dieu, elle doit avoir un enseignement conforme dans certains points spécifiques incontournables. Ces points concernent justement les viandes sacrifiées aux idoles et l'impudicité qui toutes les deux sont rampantes dans presque toutes les assemblées actuelles.

c.3) La moyenne ?

Malgré tout les aspects positifs qui pourraient nous faire penser qu'un peu de négatif, bien que n'étant pas acceptable, ne serait pas suffisant pour condamner ceux qui s'y livrent, la conséquence de ce s points négatifs spécifiques, représentés par la femme Jézabel et ses enseignements se trouve signifié en deux affirmations : « je vous rendrai à chacun de vous selon vos œuvres », et : « A vous, à tous les autres de Thyatire, qui ne reçoivent pas cette doctrine », qui va introduire la récompense, attestant que ceux qui s'y sont livrés ne l'auront pas.

Lorsque Dieu choisissait Smyrne dont le nom vient de la Myrrhe, un parfum d'une bonne odeur à Dieu, cette église de Thyatire en est exactement l'inverse. Thyatire signifie 'une odeur d'affliction' et c'est ce qu'elle représente aux yeux de Dieu, malgré les bonnes choses qui semblaient essayer de contrebalancer la présence de Jézabel.

Avec Dieu il n'y a pas de moyenne entre les bonnes et les mauvaises choses.


d) Autorité sur les nations.

Tout d'abord concernant la récompense. Jean nous retranscrit les Paroles de Jésus de cette manière : « A celui qui vaincra, et qui gardera jusqu'à la fin mes œuvres, je donnerai autorité sur les nations ». Ce qui est intéressant, c'est le singulier de « A celui qui vaincra », mais le pluriel dans la récompense, « autorité sur les nations ». Cela signifie que chaque vainqueur aura autorité sur TOUTES les nations. Cela peut sembler étrange, mais il y a une cohérence avec le message global du jugement. Si chaque vainqueur avait autorité sur plusieurs nations, Jean aurait parlé d'autorité sur DES nations, mais sur LES nations signifie bien sur toutes. Donc si chaque vainqueur a autorité sur toutes les nations, cela signifie soit qu'il n'y a qu'un seul vainqueur, solution impossible, ne serait-ce qu'en raison des 144 000, soit que c'est le foutoir intégral, ce qui n'est pas plus possible, soit finalement que tous seront un, unis en Christ et non pas indépendants et individuels. La chose peut paraître folle et je la détaillerai peut-être plus tard, ce n'est simplement pas le bon endroit pour ça.


e) La verge de fer.

La deuxième chose à détailler est : « Il (celui qui vaincra) les paîtra avec une verge de fer, comme on brise les vases d'argile ». En lisant rapidement ce verset on ne fait pas réellement attention au fait qu'il semble ne pas avoir de sens. On le comprend mieux lorsqu'on lit Esaïe 14.13-14 : « Ce crime sera pour vous Comme une partie crevassée qui menace ruine Et fait saillie dans un mur élevé, Dont l'écroulement arrive tout à coup, en un instant: Il se brise comme se brise un vase de terre, Que l'on casse sans ménagement, Et dont les débris ne laissent pas un morceau Pour prendre du feu au foyer, Ou pour puiser de l'eau à la citerne ».

Ce qui signifie que celui qui vaincra régnera sans douceur, il sera intransigeant et que les personnes qu'il brisera seront réduites à si peu qu'elles ne seront plus d'aucune utilité pour Dieu. Cela peut sembler étrange comme récompense, mais un court enseignement sur le millénium, que je ferai plus tard, vous aidera à comprendre.


f) L'étoile du matin.

L'affirmation suivante paraît étrange. « Je lui donnerai l'étoile du matin ». Cette étoile du matin est particulièrement mal comprise. J'ai souvent entendu que Jésus était l'étoile du matin. Affirmation qui a la particularité d'être à la fois vraie et fausse. Dans Apocalypse 22.16 il nous est dit :

  • Apocalypse 22.16 : « Moi, Jésus, j'ai envoyé mon ange pour vous attester ces choses dans les Églises. Je suis le rejeton et la postérité de David, l'étoile brillante du matin ».

Cela semble confirmer que Jésus est l'étoile du matin, mais on trouve aussi ce passage dans Job :

  • job 38.7 : « Alors que les étoiles du matin éclataient en chants d'allégresse, Et que tous les fils de Dieu poussaient des cris de joie ? ».

Cette fois-ci ce n'est pas Jésus l'étoile du matin, mais les anges ; plus tard encore, dans Esaïe, c'est satan qui est désigné comme ayant été l'étoile du matin.

  • Ésaïe 14.12 : « Te voilà tombé du ciel, Astre brillant, fils de l'aurore! Tu es abattu à terre, Toi, le vainqueur des nations ! ».

Et pour finir, nous avons Pierre qui nous donne encore une autre façon de comprendre l'étoile du matin :

  • 2 Pierre 1.19 : « Et nous tenons pour d'autant plus certaine la parole prophétique, à laquelle vous faites bien de prêter attention, comme à une lampe qui brille dans un lieu obscur, jusqu'à ce que le jour vienne à paraître et que l'étoile du matin se lève dans vos cœurs ; ».

Pierre s'adresse à des convertis, il n'est pas en train de faire des remontrances, pourtant il leur annonce qu'ils doivent continuer ce qu'ils font jusqu'à ce que « le jour vienne à paraître et que l'étoile du matin se lève dans leurs cœurs ». Ca n'a donc rien à voir avec ce que l'on pourrait penser de prime abord. Il ne s'agit pas de Jésus qui se lève dans leur cœur, il y est déjà.

Si on se réfère à tous ces passages, il ressort que l'étoile du matin représente une fonction. C'est plus un titre qu'une personne. Cette fonction a été portée par satan avant sa chute (Esaïe 14.12), par les anges (Job 38.7) par Jésus (Apocalypse 22.16) et finalement, Pierre prophétise que nous deviendrons l'étoile du matin, (2 Pierre 1.19) ce que confirme Jésus dans la récompense de l'Église de Thyatire (Apocalypse 2.28).

L'étoile du matin est un sceptre qui représente la victoire ultime, il est porté par ceux qui ont été éprouvés. Voyez-le comme un flambeau qui est remis à celui qui est en charge des hommes. Il appartenait au troisième archange, qui avait la charge des hommes, puis à sa chute, les anges ont fait l'intermédiaire, puis Jésus est venu en chair et est devenu l'étoile du matin. A la fin, pendant le millénium, nous serons en charge de la terre pendant 1000 ans, et  nous serons donc l'étoile du matin. parce que Jésus nous la remettra.


g) Les disciples de Jézabel.

La dernière des choses à voir dans le passage concernant l'Eglise de Thyatire se trouve être l'annonce prophétique au sujet de ceux qui se laisseront séduire par les enseignements de Jézabel. Il ne faut surtout pas croire que cette séduction ne saisira que quelques personnes et qu'ils sortiront des assemblées pour faire leurs propres affaires dans leur coin. Ca n'est absolument pas de cela dont Dieu nous parle et dont il nous met en garde.

La réalité est que cette séduction, pour s'infiltrer, a utilisé la porte ouverte de la convoitise. Depuis longtemps les péchés ne sont plus montrés du doigt, alors plus personne n'a de claire ligne séparatrice entre ce qui est saint et ce qui ne l'est pas. Les assemblées sont pleines de personnes qui ne font pas le tri dans leur vie et qui ne voient pas le mal dans des choses du monde qui sont pourtant des abominations aux yeux de Dieu. N'en voyant pas le mal, ils n'ont aucun scrupule à les introduire dans les assemblées, et petit à petit, dans les règles de fonctionnement du culte.

La réalité est que Jézabel contrôle désormais des assemblées entières, et, pour tout dire, la quasi-totalité d'entre elles. Les assemblées qui ont acté leur soumission sont généralement en tête de gondole sur les réseaux sociaux. Pendant ce temps, Dieu continue de faire son tri, jusqu'à ce qu'en une heure, tout s'inverse et que l'on voit finalement qui le sert et qui ne le sert pas.

Le problème se pose concernant ceux qui se seront laissés séduire, sont-ils responsable de leurs errements ? Le texte de cette Eglise nous dit ce qui suit :

  • Apocalypse 2.22-23 : « Voici, je vais la jeter sur un lit, et envoyer une grande tribulation à ceux qui commettent adultère avec elle, à moins qu'ils ne se repentent de leurs oeuvres. Je ferai mourir de mort ses enfants; et toutes les Églises connaîtront que je suis celui qui sonde les reins et les cœurs, et je vous rendrai à chacun selon vos oeuvres ».  

Ce que font ces personnes n'est pas anodin, et ceux qui les suivent sont eux aussi coupables. Ils attirent sur eux « une grande tribulation », et le jugement de Dieu à leur encontre sera un témoignage pour toutes les 7 Eglises. Ces personnes savent que ce qu'elles font n'est pas droit devant Dieu, elles se reproduisent spirituellement, s'élèvent entre elles, se cooptent, c'est de cela que Dieu parle en nous disant qu'il fera « mourir de mort ses enfants ».

014- Les 7 Eglises, Sardes.

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a) SARDES (Apocalypse 3.1-6)

  • « Ecris à l'ange de l'Église de Sardes: Voici ce que dit celui qui a les sept esprits de Dieu et les sept étoiles: Je connais tes œuvres. Je sais que tu passes pour être vivant, et tu es mort. 2 Sois vigilant, et affermis le reste qui est près de mourir; car je n'ai pas trouvé tes œuvres parfaites devant mon Dieu. 3 Rappelle-toi donc comment tu as reçu et entendu la parole, garde-la, et repens-toi. Si tu ne veilles pas, je viendrai comme un voleur, et tu ne sauras pas à quelle heure je viendrai te surprendre. 4 Cependant tu as à Sardes quelques hommes qui n'ont pas souillé leurs vêtements; ils marcheront avec moi en vêtements blancs, parce qu'ils en sont dignes. 5 Celui qui vaincra sera ainsi revêtu de vêtements blancs; je n'effacerai point son nom du livre de vie, et je confesserai son nom devant mon Père et devant ses anges. 6 Que celui qui a des oreilles entende ce que l'Esprit dit aux Églises ! ».


b) L'explication.

Jésus se présente à l'Église de Sardes comme celui qui a les sept esprits de Dieu, et les sept étoiles. En d'autres termes, il se présente comme voyant toutes les Églises en même temps. C'est pour cela qu'il enchaîne de suite sur « Je sais que tu passes pour être vivant, et tu es mort ». L'Église de Sardes s'occupe plus des apparences que du fond. On peut aisément la comparer à tous ces mouvements qui font du caritatif du matin au soir, du social à ne plus pouvoir en compter les actions, mais qui ne s'occupent jamais de leur relation personnelle avec Jésus.

Cette Église est presque entièrement morte. « Affermis le reste qui est près de mourir » peut se rapprocher de 1 Samuel 3.3 : « la lampe de Dieu n'était pas encore éteinte ». Dieu annonce que cette Église est sur son lit de mort et il demande à son ange de tenter une dernière stimulation cardiaque.

La platitude de leur encéphalogramme spirituel aura des conséquences graves. « Si tu ne veilles pas, je viendrai comme un voleur, et tu ne sauras pas à quelle heure je viendrai te surprendre ». Personne ne sait quand le voleur vient le cambrioler. Le voleur vient pour prendre ce qui a de la valeur et laisse ce qui n'en a pas. La vierge folle n'aura pas assez d'huile (Matthieu 25.1-13), elle sera dans le noir et ne trouvera pas son chemin à temps. Ne pas savoir à quelle heure Jésus reviendra fait le lien avec les croyants endormis. Le voleur ne vient pas en plein jour, les lampes ne sont utiles que dans la nuit, et les croyants de Sardes ne veillent pas, ils dorment. Il y a cependant quelque chose de très positif dans cette mise en garde : ceux qui veillent connaîtront l'heure de la venue de Jésus.

Je sais que Matthieu 24.36 nous dit que « Pour ce qui est du jour et de l'heure, personne ne le sait, ni les anges des cieux, ni le Fils, mais le Père seul » mais Jésus connaîtra cette fameuse heure lorsque Dieu le Père lui dira de revenir nous chercher. A ce moment il préviendra ceux qui seront toujours connectés avec lui.

D'habitude il y a des mauvaises graines dans les Églises, mais ici c'est l'inverse, « tu as à Sardes quelques hommes qui n'ont pas souillé leurs vêtements ». Cette Église vit dans un tel endormissement qu'ils ne sont plus que « quelques hommes ». Ces hommes recevront en récompenses des vêtements blancs et marcheront avec Jésus. Bien que cela implique des choses assez dures à vivre, il est possible que ces vêtements se réfèrent aux vêtements blancs qui sont donnés aux martyrs, bien que ça ne soit pas obligatoire.

Jésus conclut son message à l'Église de Sardes, en nous permettant de mieux comprendre le début de son message. Il nous dit qu'il confessera « son nom devant mon Père et devant ses anges ». C'est-à-dire exactement ce que cette Église, dans sa majorité, ne faisait pas. Confesser le nom de Dieu. Œuvrer dans le monde pour des valeurs humaines et sociales et ce, pour avoir bonne conscience, mais en oubliant le socle sur lequel ils auraient dû se tenir.

015 - Les 7 Eglises, Philadelphie.

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a) PHILADELPHIE (Apocalypse 3.7-13) (qui aime son frère)

  • « Écris à l'ange de l'Église de Philadelphie: Voici ce que dit le Saint, le Véritable, celui qui a la clef de David, celui qui ouvre, et personne ne fermera, celui qui ferme, et personne n'ouvrira : 8 Je connais tes œuvres. Voici, parce que tu as peu de puissance, que tu as gardé ma parole, et que tu n'as pas renié mon nom, j'ai mis devant toi une porte ouverte, que personne ne peut fermer. 9 Voici, je te donne quelques uns de ceux de la synagogue de Satan, qui se disent Juifs et ne le sont pas, mais qui mentent; voici, je les ferai venir se prosterner à tes pieds, et reconnaître que je t'ai aimé. 10 Parce que tu as gardé la parole de la persévérance en moi, je te garderai aussi à l'heure de la tentation qui va venir sur le monde entier, pour éprouver les habitants de la terre. 11 Je viens bientôt. Retiens ce que tu as, afin que personne ne prenne ta couronne. 12 Celui qui vaincra, je ferai de lui une colonne dans le temple de mon Dieu, et il n'en sortira plus; j'écrirai sur lui le nom de mon Dieu, et le nom de la ville de mon Dieu, de la nouvelle Jérusalem qui descend du ciel d'auprès de mon Dieu, et mon nom nouveau. 13 Que celui qui a des oreilles entende ce que l'Esprit dit aux Églises ! ».


b) La porte ouverte.

Le fait que ce soit l'Église de Philadelphie qui reçoive la clef de David a un rapport avec le message qui lui est destiné. Pour ce qui concerne Philadelphie, la signification est « amour fraternelle », alors que celle de David est « Bien aimé », et Jésus forcera « ceux de la synagogue de Satan » a reconnaître que Jésus aime l'Église de Philadelphie. Le thème est bien récurrent.

Je pense que La clef de David dont il est question ici représente la raison de la puissance de David et de sa maison. (On peut très facilement relier ce passage à Esaïe 22.22). La raison de cette puissance se trouve partiellement dans 1 Samuel 13.14 : « L'Éternel s'est choisi un homme selon son cœur, et l'Éternel l'a destiné à être le chef de son peuple ». Il faut se rappeler ce que nous disait le prophète Jérémie concernant le cœur de l'homme dont il disait qu'il : « est tortueux par-dessus tout, et il est méchant » (Jérémie 17.9). Donc le cœur du roi David était pareil, parce que Jérémie ne parle pas seulement de certains hommes, mais de tous. Ce qui faisait la différence, c'est que le roi David cherchait le conseil de Dieu en toute chose. Les rares fois où il ne l'a pas fait ont généralement dû être suivies d'une repentance de sa part. David tenait les penchants de son cœur en bride pour rechercher la volonté de celui de Dieu.

Celui qui possède cette clef ne verra jamais la porte des cieux se fermer.


c) La faiblesse de l'église.

  • Apocalypse 3.8 : « Je connais tes oeuvres. Voici, parce que tu as peu de puissance, et que tu as gardé ma parole, et que tu n'as pas renié mon nom, j'ai mis devant toi une porte ouverte, que personne ne peut fermer ».

Cette Église est faible en puissance, mais elle est restée droite et n'a pas renié sa foi en Jésus. C'est pour ça que Dieu leur fera justice et qu'il les gardera « aussi à l'heure de la tentation qui va venir sur le monde entier, pour éprouver les habitants de la terre ». La faiblesse dont il est question ici est très intéressante parce que ça n'est pas un reproche, simplement un fait. En réalité, Jésus la présente presque comme une force. Pas de manière isolée, évidemment, mais en association avec le fait d'avoir tout de même continué de croire en Jésus et en sa Parole.

Le mot puissance ici est le mot 'dunamis', qui représente la capacité de faire des miracles. On peut aisément y voir une église qui n'a pas les signes exprimés dans Marc 16.17-18 : « Voici les miracles qui accompagneront ceux qui auront cru: en mon nom, ils chasseront les démons ; ils parleront de nouvelles langues ; 18 ils saisiront des serpents ; s'ils boivent quelque breuvage mortel, ils ne leur feront point de mal ; ils imposeront les mains aux malades, et les malades, seront guéris ». Pourtant, alors qu'elle est fidèle, elle ne voit pas l'accomplissement de ce en quoi elle croit et persévère pourtant, sachant que le fait de ne pas le vivre ne remet pas en question la véracité de la Parole de Dieu.

C'est pourquoi Jésus prend en compte sa faiblesse, non pas pour l'en blâmer, mais pour mettre en œuvre ce qui est nécessaire à son salut. C'est lui qui met la porte ouverte en face de cette Eglise, et il a fait en sorte que personne ne puisse la fermer.


d) La récompense.

Le vainqueur sera « une colonne dans le temple de Dieu » et « il n'en sortira plus ». Jésus écrira sur lui le nom de son Dieu, le nom de la Jérusalem Céleste et le nouveau nom de Jésus. Ca fait envie. Par contre ce n'est pas si facile à comprendre, en tous les cas pour moi. De prime abord, je pensais qu'il fallait rapprocher cela aux deux colonnes d'airain qui se trouvent sous le portique du temple de Salomon. Ca pourrait faire sens étant donné que le plan du temple de Salomon a été donné par Dieu lui-même à David. Il est une image du temple céleste. Cependant, les deux colonnes du temple de Salomon sont sous le portique, pas à l'intérieur du temple. En fait, il n'y a pas de colonnes dans le temple.

Quand on regarde ces deux colonnes de plus près, on apprend qu'elles sont d'airain (1 Rois 7.15), qu'elles sont sous le portique du temple (1 Rois 7.21), l'une à droite et l'autre à gauche (2 Chroniques 3.17) et enfin que celle de droite s'appelle Jakin (il établit) et celle de gauche Boaz (la force en lui). J'ai bien regardé les généalogies, afin d'être certain, et si Boaz est très important dans la généalogie de Salomon, Jakin, par contre, ne l'est pas. Il est cependant possible que le rapport soit tout de même fonction de la position géographique des deux colonnes du temple de Salomon. Etant sous le portique, elles sont en réalité devant la porte, et l'annonce de Jésus à l'Eglise de Philadelphie pourrait donc signifier que le temple leur est ouvert et que l'accès leur est accordé. Sachant évidemment que le texte parlerait alors du temple céleste. Leur nom ferait alors également sens. "Il établit" (Jakin) représenterait le fait que ce soit Dieu qui le fait, et "en lui la force" (Boaz) représenterait le fait que la force des croyants de Philadelphie, qui ne parviennent pas à avoir de manifestation extérieur, soit en eux.

016 - Les 7 Eglises, Laodicée.

🔘 : « ».  


a) LAODICEE (Apocalypse 3.14-22) (justice du peuple)

  • « Ecris à l'ange de l'Église de Laodicée: Voici ce que dit l'Amen, le témoin fidèle et véritable, le principe de la création de Dieu : 15 Je connais tes œuvres. Je sais que tu n'es ni froid ni bouillant. Puisses-tu être froid ou bouillant ! 16 Ainsi, parce que tu es tiède, et que tu n'es ni froid ni bouillant, je te vomirai de ma bouche. 17 Parce que tu dis: Je suis riche, je me suis enrichi, et je n'ai besoin de rien, et parce que tu ne sais pas que tu es malheureux, misérable, pauvre, aveugle et nu, 18 je te conseille d'acheter de moi de l'or éprouvé par le feu, afin que tu deviennes riche, et des vêtements blancs, afin que tu sois vêtu et que la honte de ta nudité ne paraisse pas, et un collyre pour oindre tes yeux, afin que tu voies. 19 Moi, je reprends et je châtie tous ceux que j'aime. Aie donc du zèle, et repens-toi. 20 Voici, je me tiens à la porte, et je frappe. Si quelqu'un entend ma voix et ouvre la porte, j'entrerai chez lui, je souperai avec lui, et lui avec moi. 21 Celui qui vaincra, je le ferai asseoir avec moi sur mon trône, comme moi j'ai vaincu et me suis assis avec mon Père sur son trône. 22 Que celui qui a des oreilles entende ce que l'Esprit dit aux Églises ! ».


b) L'explication.

Après Sardes, presque entièrement endormie, on finit sur Laodicée, tiède.

Une fois de plus, il y a un lieu commun entre la présentation de Jésus, la récompense et les reproches. En effet, pour comprendre le principe de la création de Dieu, il faut regarder le jardin d'Eden qui en est une expression (je préciserai le principe de la création un peu plus loin). Ca permet de mieux comprendre pourquoi Laodicée est aveugle et nue. C'est une Église qui ne s'est pas attachée à connaître Dieu, mais à emmagasiner de la connaissance pour la connaissance. Ce qui est le parallèle avec Adam et Eve préférant l'arbre de la connaissance du bien et du mal à l'arbre de la Vie. L'accroissement de sa connaissance l'a poussé à se croire riche alors que sa connaissance de Dieu était pauvre. En quelque sorte, elle a privilégié la quantité à la qualité.

Cela l'a amené au point de ne même pas se rendre compte qu'elle était malheureuse. A ne plus regarder à Jésus, elle a fini par se déconnecter de la profondeur de son message et de sa personne. Aussi, sa vision du bonheur s'en est trouvée amoindrie parce qu'il n'y a de bonheur qu'en Jésus.

Elle se croit heureuse mais elle n'a pas mis son bonheur en Jésus et croit qu'elle a atteint son but. Elle a mangé du fruit de l'arbre de la connaissance du bien et du mal, c'est pour cela qu'elle a besoin de vêtements blancs pour que « la honte de ta nudité ne paraisse pas, et un collyre pour oindre tes yeux, afin que tu voies ». Adam et Eve ne réalisent leur nudité qu'après avoir mangé des fruits de cet arbre.

Jésus leur conseille de lui acheter « de l'or éprouvé par le feu », afin qu'elle devienne riche. Leur richesse est un fruit pourri, et elle a besoin de revenir à Dieu et de s'attacher à ses enseignements. Malgré tout, Jésus précise qu'il reprend et châtie ceux qu'il aime, continuant de s'attendre à leur repentir.

Pour cette Église, la récompense est celle d'Adam et Eve. « J'entrerai chez lui, je souperai avec lui, et lui avec moi », nous dit Jésus. Il sera avec eux comme il a été avec Adam et Eve avant la chute. Ils seront un en Lui comme Lui est un avec Dieu le Père.


c) L'amour de Jésus.

L'avertissement concernant l'état spirituel de l'Eglise de Laodicée peut paraître dur à entendre. Jésus annonce clairement qu'il les vomira de sa bouche. Pourtant, rien de définitif n'est dit. Bien qu'ils semblent perdus, Jésus leur donne la solution à leur problème et annonce ce qui de nos jours semble totalement oublié par les croyants. Au verset 19, il nous dit : « Moi, je reprends et je châtie tous ceux que j'aime ». On entend bien plus souvent que Dieu nous aime plutôt qu'il « châtie TOUS ceux » qu'il aime.

Cette église, bien qu'éloignée de Dieu, n'en reste pas moins sous son regard, et le fait qu'il lui donne une direction à suivre pour s'en sortir et revenir à lui est le signe qu'il l'aime toujours. Jésus est venu pour sauver, pas pour condamner, et il n'a pas changé en étant couronné. C'est toujours le salut des hommes qu'il souhaite, mais la justice dont on reparlera courtement par après, fait que les hommes doivent se mettre en règle.


d) Le principe de la création et la justice du peuple.

La notion de « principe de la création de Dieu » peut se résumer en un seul mot : la justice. Nous trouvons cette information dans le livre des psaumes, lorsqu'Ethan, l'Ezrachite dit : « La justice et l'équité sont la base de ton trône. La bonté et la fidélité sont devant ta face » (Psaumes 89.15). Tout est basé sur la justice de Dieu, l'équité nous précisant simplement que la justice de Dieu est la même pour tous. C'est pour cela que la récompense est justement de s'asseoir sur le trône de Dieu.

C'est pour cela que Jésus a choisi Laodicée, qui signifie 'la justice du peuple', ou 'la justice du monde', par opposition à la justice de Dieu qui sera le centre de son message. Les Laodicéens sont une église totalement phagocytée par le monde, sa vision de la justice est humaine est Jésus veut redresser ça.

017 - Les 7 Eglises, les récompenses.

🔘 : « ».  


a) Celui qui vaincra.

Jésus s'est présenté à chaque Église différemment, mais on note quelque chose de particulier concernant les récompenses.

Beaucoup pensent que Jésus s'adresse à chaque Église indépendamment des 6 autres, mais il n'en est rien. Il faut essayer d'imaginer la scène pour comprendre ce qui se passe réellement.

Jésus se tient au milieu des 7 Églises et les passe en revue les unes après les autres. C'est pour cela qu'il y a 1 lettre aux 7 Églises. Lorsqu'il parle à une de ces églises, les 6 autres entendent ce qui est dit. Quand Jésus se présente à une église, il atteste aux 6 autres que cette Église l'a bien rencontré sous cette forme. Ca peut sembler complexe, mais en fait c'est très simple.

Jésus ne s'est pas seulement présenté différemment à chaque Église dans le livre de l'Apocalypse, il l'a fait durant le cours de l'histoire du monde. Les Églises ont reçu des révélations différentes de la personne de Jésus. Toutes sont vraies, mais l'homme à le cœur torve et on a constaté dans l'histoire de l'humanité, à la suite des réveils successifs, que chaque nouvelle révélation amenait un réveil temporaire, mais également une division, qui malheureusement semblait durer bien plus longtemps.

Quand Jésus se présente à chaque Église dans le livre de l'Apocalypse, Il parle autant aux 6 autres qu'à celle à laquelle Il s'adresse. En faisant cela, Il atteste que la révélation de cette Église était de lui. C'est un appel fort à l'unité des croyants, tout autant que le début du jugement de chacune des églises.

Après avoir attesté aux 6 autres Églises, Il détaille, pour l'Église à laquelle il s'adresse, les bonnes et les mauvaises choses, ainsi que ce qui est à changer et les conséquences néfastes si elle ne le fait pas.

Ensuite vient la récompense. Mais là, une fois de plus, il ne s'adresse plus uniquement à l'Église qu'il a citée, mais aux 7. La meilleure preuve étant la récompense de l'Église de Smyrne, « Celui qui vaincra n'aura pas à souffrir la seconde mort ». Comment imaginer que cette récompense puisse n'être que pour Smyrne ? Elle est forcément pour tous ceux qui ont accepté Jésus sous toutes ses présentations, et auront donc également droit à toutes ses récompenses.

La liste des récompenses est la suivante, en les lisant d'affilée, vous verrez qu'il n'est tout simplement pas possible que ces récompenses soient indépendantes les unes des autres.

  • Apocalypse 2.7 (Ephèse) : « A celui qui vaincra je donnerai à manger de l'arbre de vie, qui est dans le paradis de Dieu ».
  • Apocalypse 2.11 (Smyrne) : « Celui qui vaincra n'aura pas à souffrir la seconde mort ».
  • Apocalypse 2.17 (Pergame) : « A celui qui vaincra je donnerai de la manne cachée, et je lui donnerai un caillou blanc; et sur ce caillou est écrit un nom nouveau, que personne ne connaît, si ce n'est celui qui le reçoit ».
  • Apocalypse 2.26 (Thyatire) : « A celui qui vaincra, et qui gardera jusqu'à la fin mes oeuvres, je donnerai autorité sur les nations ».
  • Apocalypse 3.5 (Sardes) : « Celui qui vaincra sera revêtu ainsi de vêtements blancs; je n'effacerai point son nom du livre de vie, et je confesserai son nom devant mon Père et devant ses anges ».
  • Apocalypse 3.12 (Philadelphie) : « Celui qui vaincra, je ferai de lui une colonne dans le temple de mon Dieu, et il n'en sortira plus; j'écrirai sur lui le nom de mon Dieu, et le nom de la ville de mon Dieu, de la nouvelle Jérusalem qui descend du ciel d'auprès de mon Dieu, et mon nom nouveau ».
  • Apocalypse 3.21 (Laodicée) : « Celui qui vaincra, je le ferai asseoir avec moi sur mon trône, comme moi j'ai vaincu et me suis assis avec mon Père sur son trône ».

Lorsque l'on regarde de cette manière, on cerne une chose qu'on ne perçoit pas naturellement en lisant les deux chapitres concernés du livre de l'Apocalypse. Ce point c'est que chaque croyant est concerné par chacune des églises. Il n'est pas concevable que seuls les vainqueurs de l'église d'Ephese reçoivent du fruit de l'arbre de vie. Surtout si seuls les vainqueurs de l'église de Smyrne n'auront pas à souffrir la seconde mort. Ce principe continue durant tout le texte, jusqu'à la dernière église. Les vainqueurs de celle-ci, qui se trouve être Laodicée, s'assiéront avec Jésus sur son trône.

En regardant les récompenses de cette manière, on se rend compte qu'en réalité les 7 églises n'en sont qu'une seule, cependant, il y a un élément qui manque et nous allons rapidement le regarder.


b) La 8° récompense.

7 églises, 7 récompenses ? En réalité, il y a une récompense supplémentaire, qui est réservée à ceux qui auront remporté les 7 premières victoires. On passe souvent à côté de celle-là parce qu'elle se trouve beaucoup plus loin dans le texte de l'Apocalypse. C'est justement dans cette 8° récompense qu'on cerne la grâce de Dieu.

Au chapitre 21, Jésus nous parle des vainqueurs, ceux-là même qui sont devenus l'épouse. Dans les 7 églises, il commençait par se présenter, expliquait ce qui allait, ce qui n'allait pas, ce qu'il fallait changer, et terminait par la récompense des vainqueurs. Ici, il va faire pareil, mais on ne s'en rend pas immédiatement compte parce que les deux versets concernés ne contiennent pas autant d'informations. La raison en est justement qu'il s'adresse à ceux qui n'ont pas ces problèmes mis en avant dans les chapitres 2 et 3 de ce livre. Les deux versets en question sont donc les suivants :

  • Apocalypse 21.6-7 : « Et il me dit: C'est fait! Je suis l'alpha et l'oméga, le commencement et la fin. A celui qui a soif je donnerai de la source de l'eau de la vie, gratuitement. 7 Celui qui vaincra héritera ces choses; je serai son Dieu, et il sera mon fils ».

Il commence donc par se présenter, comme dans les 7 églises, mais ne le fait plus partiellement, il se présente de manière entière. Ainsi, pour l'église de Laodicée, il était « le commencement de la création de Dieu » (Apocalypse 3.14), mais ici il est « l'alpha et l'oméga, le commencement et la fin ». Se présentant de manière entière, il le fait à ceux qui ont remporté une victoire entière. Leur récompense est alors mise en avant, et elle est étrange : « je serai son Dieu, et il sera mon fils ».


c) La nouvelle naissance.

Selon ce que j'ai mis en avant dans le point précédent, la nouvelle naissance est la conséquence de la victoire. Seuls ceux qui auront remporté les 7 victoires seront participants de la 8°. Devenir un enfant de Dieu ne se peut donc, si l'on suit ce que nous dit ce passage, qu'à la toute fin de l'humanité. Pourtant on trouve à différents endroits le fait que nous le soyons déjà. A ce sujet, Jean met souvent ce point en avant :

  • Jean 1.12-13 : « Mais à tous ceux qui l'ont reçue, à ceux qui croient en son nom, elle a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu, lesquels sont nés, 13 non du sang, ni de la volonté de la chair, ni de la volonté de l'homme, mais de Dieu ». 
  • 1 Jean 3.1-2 : « Voyez quel amour le Père nous a témoigné, pour que nous soyons appelés enfants de Dieu! Et nous le sommes. Si le monde ne nous connaît pas, c'est qu'il ne l'a pas connu. 2 Bien-aimés, nous sommes maintenant enfants de Dieu, et ce que nous serons n'a pas encore été manifesté; mais nous savons que, lorsque cela sera manifesté, nous serons semblables à lui, parce que nous le verrons tel qu'il est ». 

Si le premier passage pourrait être contesté en arguant du fait que "devenir enfants de Dieu" pourrait désigner un moment futur, la précision faite dans le passage suivant clarifie ce point. Nous le sommes déjà.


d) Ce que cela signifie.

Notons que tous les exemples que j'ai pris viennent de Jean. Que ce soit l'Apocalypse, l'évangile ou la première épitre. Aucun des versets utilisés dans ce court enseignement n'est tiré d'un écrit qui ne soit pas passé par sa main.

Il nous montre donc clairement que nous sommes déjà enfants de Dieu, mais nous précise que nous ne pouvons l'être que si nous remportons les victoires des 7 églises de l'Apocalypse. Or nous ne pouvons pas remporter ces victoires sans être enfants de Dieu. Très simplement, nous avons 7 victoires à remporter pour devenir, à la fin de toute chose, des enfants de Dieu. Malheureusement, le seul moyen de remporter ces victoires, c'est justement d'être déjà un enfant de Dieu. Un peu comme si le seul moyen d'escalader une montagne soit d'avoir un grappin, et que le grappin se trouve au sommet de la montagne.

C'est cela la grâce de Dieu.

Il prend le grappin et nous le donne, bien que nous ne le méritions pas, parce que nous n'avons pas escaladé la montagne. Il nous le donne non pas pour que nous n'ayons pas à l'escalader, mais pour que nous puissions le faire.

Il a fait de nous ses enfants alors que nous n'avons aucun moyen de le mériter. Parce que le seul moyen de le mériter aurait été de remporter les 7 victoires qui doivent être remportées, par nos propres forces. Dans l'incapacité totale de remporter cette 8° victoire, il nous l'a accordée, non pas pour nous épargner les 7 premières, mais pour que nous soyons en capacité de le faire par la nouvelle naissance que nous avons reçue.

Il nous a donné ce que nous ne méritions pas, non pas comme un acquis qui nous permettrait de prendre notre retraite du monde de l'escalade en exposant le grappin sur un mur, en témoignage d'un honneur qui nous a été fait, mais afin que nous puissions continuer d'escalader la montagne de Dieu. Il est juste de le bénir pour la nouvelle naissance que nous avons reçue, mais cette grâce est une couverture qui nous permet d'avancer, elle ne nous donne pas de va-tout pour ne rien faire. Elle couvre nos laideurs, le temps que nous les corrigions.

C'est ce que nous montrent les récompenses des 7 Eglises qui nous sont présentées dans les deuxième et troisième chapitres du livre de l'Apocalypse. Cela rend impossible l'éventualité qu'elles ne soient pas liées les unes aux autres.


e) Que celui qui a des oreilles.

On en arrive alors à « Que celui qui a des oreilles entende ce que l'Esprit dit aux Églises » passage très important puisqu'il atteste de ce que je viens de dire. Après avoir détaillé les bonnes et les mauvaises choses ainsi que les actions à entreprendre pour redresser la barre, et avant de donner les récompenses, Jésus dit « Que celui qui a des oreilles entende ce que l'Esprit dit aux Églises ». Il parle donc bel et bien à nouveau AUX Églises, et les 7 bénédictions sont pour tous les croyants qui auront vaincu.

Mais les choses ne s'arrêtent pas là. L'Église de Jésus se doit d'être unie, et la lettre aux 7 Églises et le dernier appel à l'unité avant la fin. C'est pour cela qu'au chapitre 22 de l'Apocalypse on trouve successivement Églises au pluriel, suivie de l'épouse (donc singulier), qui est l'Église unifiée de Christ.

  • Apocalypse 22.16 : « Moi, Jésus, j'ai envoyé mon ange pour vous attester ces choses dans les Églises. Je suis le rejeton et la postérité de David, l'étoile brillante du matin. Et l'Esprit et l'épouse disent: Viens. Et que celui qui entend dise: Viens. Et que celui qui a soif vienne; que celui qui veut, prenne de l'eau de la vie, gratuitement ».

On est passé de « écris à l'ange », à « j'ai envoyé mon ange dans les Églises ». La lettre aux Églises est du passé, le temps n'est plus à la repentance, à l'amendement des voix des croyants. C'est pour cela qu'on arrive à : « Et l'Esprit et l'épouse ». Ceux dans les Églises qui ont vaincu, sont devenus l'Église triomphante, qui est la promise de Christ, l'épouse au singulier, celle qui, en cadeau de mariage, reçoit la huitième et dernière récompense. Parce que si chaque Église était à l'origine d'une récompense, celui qui vaincra aura non seulement ces 7 récompenses, mais également celles promises dans le passage suivant :

  • Apocalypse 21.1-6 : « Puis je vis un nouveau ciel et une nouvelle terre; car le premier ciel et la première terre avaient disparu, et la mer n'était plus. Et je vis descendre du ciel, d'auprès de Dieu, la ville sainte, la nouvelle Jérusalem, préparée comme une épouse qui s'est parée pour son époux. Et j'entendis du trône une forte voix qui disait: Voici le tabernacle de Dieu avec les hommes! Il habitera avec eux, et ils seront son peuple, et Dieu lui-même sera avec eux. Il essuiera toute larme de leurs yeux, et la mort ne sera plus, et il n'y aura plus ni deuil, ni cri, ni douleur, car les premières choses ont disparu. Et celui qui était assis sur le trône dit: Voici, je fais toutes choses nouvelles. Et il dit: Écris; car ces paroles sont certaines et véritables. Et il me dit: C'est fait! Je suis l'alpha et l'oméga, le commencement et la fin. A celui qui a soif je donnerai de la source de l'eau de la vie, gratuitement ».

La conclusion de tout cela se trouve dans le verset suivant :

  • Apocalypse 21.7 : « Celui qui vaincra héritera ces choses ; je serai son Dieu, et il sera mon fils ».

18 - La grande tribulation.

🔘 : « ».  


a) Introduction.

Il y a deux sujets qui sont intimement liés dans la pensée des croyants. La grande tribulation et l'enlèvement des croyants. Il est étrange de constater que ces sujets soient tellement présents dans la bouche de nos contemporains, alors qu'ils le sont si peu dans la Parole de Dieu.

La Parole de Dieu faisant donc très peu cas de ce sujet, il est cocasse de le trouver aussi fréquemment dans les discussions. Evidemment, l'imminence du retour de Jésus a modifié les sujets les plus abordés par les croyants, et celui-ci a pris encore plus de place qu'il n'en avait déjà. La raison est particulièrement égocentrée. C'est un peu comme des lycéens passant l'oral du baccalauréat et s'inquiétant soudainement de savoir si l'examinateur est plus ou moins sympathique. Ils ne cherchent pas à le savoir par désir de mieux connaître l'examinateur, mais pour essayer de se rassurer.

L'église est dans cette même situation. Devant l'approche de l'avènement de Jésus, elle s'inquiète de savoir ce qui adviendra d'elle. Elle s'inquiète soudainement de savoir si elle va échapper à ce qui vient. Dès lors se multiplient les messages rassurants affirmant que Dieu est amour, et qu'en conséquence de quoi, les croyants seront enlevés avant la grande tribulation. A se demander pourquoi Jésus nous préviendrait au sujet d'un évènement que nous ne serions pas censés traverser. A grand renfort d'explications alambiquées se construisent alors des théories qui oublient de prendre en compte l'essentiel, c'est-à-dire ce que nous dit réellement la Parole de Dieu à ce sujet.

Une fois de plus, c'est la peur qui parle, cette même peur que nous ne sommes pas censés avoir et qui fausse les compréhensions. Les faux enseignements s'amoncellent pour tenter de rassurer les croyants tièdes et froids, au lieu de les aider à comprendre qui est Dieu, parce que s'ils le comprenaient, ils ne craindraient plus la grande tribulation.

Commençons donc par regarder ce qui concerne les tribulations.


b) Les tribulations.

Le plus étrange avec cette notion, c'est qu'en réalité, les croyants ne se demandent pas réellement ce que c'est. Dans la majeure partie des cas, ils veulent qu'on leur dise qu'ils ne la vivront pas et qu'ils seront enlevés avant. Mais si on venait à les interroger, la plupart seraient bien incapables de dire en quoi cela consiste.

b.1) Les tribulations.

Une tribulation est une forte pression qui est mise sur quelqu'un. Rien ne nous spécifie qu'elles doivent obligatoirement prendre une forme précise, ainsi ce qui représente une pression pour les uns ne l'est pas nécessairement pour les autres. En fonction des cultures, les choses peuvent varier. Cette distinction est importante à comprendre parce qu'elle prendra toute sa dimension lorsqu'on en viendra à parler de la grande tribulation. Un des éléments qui cependant est toujours présent, que nous soyons en présence de la grande tribulation où de celles qui jalonnent notre vie, c'est que bien qu'étant exposé à la même chose qu'une autre, une personne peut vivre une tribulation et pas l'autre.

La tribulation peut avoir des conséquences physiques, mais la constante est que pour la personne qui la vit, cela doit être moralement oppressant.

Bien qu'on ne le réalise pas souvent, il y a une constante dans le récit de la fin des temps, celle du passage du pluriel au singulier pour de très nombreuses notions. Qu'il s'agisse des tremblements de terre, des faux prophètes, des esprits de l'antéchrist, des bêtes de la terre ainsi que de nombreuses autres notions de ce type, elles passent soudainement du pluriel au singulier. On découvre alors le grand tremblement de terre, le faux-prophète, l'antéchrist, la bête. En devenant "la grande tribulation", les tribulations ne sont donc pas une exception.

Cependant, il faut réaliser que les tribulations font partie du quotidien du croyant. Jésus nous en parle non pas comme d'une chose terrible qui arrivera un jour, mais comme quelque chose de commun qu'il faut simplement apprendre à gérer.

  • Matthieu 13.21 : mais il n'a pas de racines en lui-même, il manque de persistance, et, dès que survient une tribulation ou une persécution à cause de la parole, il y trouve une occasion de chute.
  • Jean 16.33 : Je vous ai dit ces choses, afin que vous ayez la paix en moi. Vous aurez des tribulations dans le monde ; Mais prenez courage, j'ai vaincu le monde.

Dans l'évangile selon Matthieu, les tribulations sont présentées dans deux traductions différentes. Il est fait mention de tourments et de détresse, alors que le mot grec est le même que dans les cas où il est fait mention de tribulations. C'est le mot grec "thlipsis". Cela fait donc 2000 ans que les tribulations sont multiples autant dans les endroits où elles prennent formes que dans la forme qu'elles revêtent. On a tendance à penser qu'une tribulation est obligatoirement physique, mais il n'est pas toujours nécessaire d'en arriver à ce stade. Il survient généralement lorsque les étapes d'apparence plus pacifiques ont échouée. C'est pour cette raison qu'en évaluant l'éventualité d'une tribulation mondiale en regardant la société dans laquelle on vit, on en vient immanquablement à commettre une erreur. On se regarde le nombril et on en conclut que n'étant pas emprisonné pour nos croyances, alors la tribulation n'a pas commencé. Pourtant, le nom de Jésus est censuré dans nos médias, à l'exception des fois où il s'agit de l'insulter, de faire des mauvaises blagues, ou de mentir à son sujet. La Parole de Dieu de son côté est de plus en plus associée à un discours de haine, et son interdiction arrivera tôt ou tard. Revendiquer son appartenance à Jésus attire les foudres, et souvent celles de l'église qui recherche plus le consensus que la vérité.

Par contre la masse croyante ne perçoit toujours pas les tribulations, pour la simple raison qu'elles sont faites pour tenter de faire chuter ceux qui se lèvent, et n'atteignent donc pas ceux qui restent assis. L'église est un peu comme ces grenouilles qui ne perçoivent pas la hausse progressive de la température et finissent ébouillantées.

b.2) Tribulation et persécution.

Dans de très nombreux cas, les croyants sont assis sur des certitudes qui ne sont pas fondées. Un amalgame particulier est venu s'installer dans ce flou global de la compréhension de la Parole de Dieu. Pour nombre de croyants, l'utilisation des termes "tribulation" et "persécution" se fait sans distinction. Pourtant dans un des versets que je citais auparavant, on y voit une différenciation. Ce verset était celui de l'évangile selon Matthieu nous disant : mais il n'a pas de racines en lui-même, il manque de persistance, et, dès que survient une tribulation ou une persécution à cause de la parole, il y trouve une occasion de chute (Matthieu 13.21).

Dans ce passage, Matthieu nous cite deux occasions de chutes différentes. La première est : une tribulation, la deuxième est : une persécution à cause de la parole. Ce qui nous montre clairement que ce sont deux choses différentes. Pour mieux comprendre ce qu'est une tribulation il convient de faire ce que toute personne fait lorsqu'elle ne connaît pas le sens exact d'un mot : en chercher la définition. Dans notre cas, regardons sa signification étymologique :

Tribulation vient du grec "Thlipsis" et se traduit généralement par "Une pression, une oppression". Cela peut également être traduit par "affliction, tribulation, détresse".

Une tribulation est donc une pression que nous ressentons. Ca peut avoir une origine spirituelle, mais ça peut tout autant n'être que charnel. Les tribulations sont nombreuses, nous en traversons en permanence, et nous ne traversons pas forcément les mêmes en même temps. Le livre des Actes des apôtres nous dit même que Joseph, en Egypte en avaient eu de très nombreuses :

  • Actes 7.10 : Mais Dieu fut avec lui, et le délivra de toutes ses tribulations ; il lui donna de la sagesse et lui fit trouver grâce devant Pharaon, roi d'Égypte, qui l'établit gouverneur d'Égypte et de toute sa maison.

Ca n'est pas nouveau, tout le monde en vit constamment, certains en vivent des particulières et d'autres sont plus généralisées. C'est pour cela que Jésus nous en parle dans ces termes : Je vous ai dit ces choses, afin que vous ayez la paix en moi. Vous aurez des tribulations (thlipsis) dans le monde ; mais prenez courage, j'ai vaincu le monde (Jean 16.33).

Les tribulations ne visent pas spécifiquement les croyants, par contre, elles les atteignent. Par exemple, condamner la possession d'une Bible dans un pays peut être considéré comme une tribulation. Cela vise tout le monde, mais n'atteint pas tout le monde. C'est là que se place la différence avec les persécutions qui, elles, sont ciblées spécifiquement et ne visent pas tout le monde. On fait souvent l'amalgame parce que les deux sont des conséquences systématiques de la foi en Jésus. On a déjà vu que les tribulations sont un élément standard de la vie du croyant, mais l'évangile de Marc nous présente cette même présence des persécutions qui est tout autant systématique.

  • Marc 10.29-30 : Jésus répondit: Je vous le dis en vérité, il n'est personne qui, ayant quitté, à cause de moi et à cause de la bonne nouvelle, sa maison, ou ses frères, ou ses sœurs, ou sa mère, ou son père, ou ses enfants, ou ses terres, 10.30 ne reçoive au centuple, présentement dans ce siècle-ci, des maisons, des frères, des sœurs, des mères, des enfants, et des terres, avec des persécutions, et, dans le siècle à venir, la vie éternelle.

L'une et l'autre sont une conséquence obligatoire de la recherche de Dieu. On pourrait tenter de les définir pendant longtemps, mais le meilleur moyen de les résumer est que la tribulation vient en premier, elle consiste en une pression qui augmente de plus en plus, qui se fait de plus en plus lourde et oppressante. Généralement elle est suffisante pour bon nombre de croyants qui cessent leur progression et mettent leur foi en demi-teinte. Mais pour tous ceux qui résistent et qui continuent leur recherche de Jésus, alors, les tribulations ne suffisant plus, on en vient aux persécutions. C'est exactement l'image de ce qui se passe en ce moment. Les valeurs que Jésus a mises en avant sont combattues, et de plus en plus de croyants craignent d'afficher leur foi. Dans peu de temps, ceux qui refuseront de se prosterner devant la pensée du monde seront alors les cibles de persécutions. Ce schéma est en place depuis deux millénaires, et si nous n'en sommes pas encore là dans certains pays, il faut comprendre que d'autres y sont depuis longtemps. Ce sont les tribulations et les persécutions au pluriel, dont les apôtres de Jésus étaient déjà les cibles. Nous entrons de plain-pied dans une époque durant laquelle les croyants ne seront pas montrés du doigt pour ce qu'ils font, parce qu'ils pourraient le faire en secret, mais ils seront mis en accusation pour ce qu'ils ne font pas (Shadrac Méshac et Abed Négo en sont l'exemple typique).

Cela fait que discuter en détail des tribulations diverses n'a pas grand intérêt. Elles sont si nombreuses que nous n'en finirions pas. C'est plus le principe qu'il faut comprendre parce qu'il est nécessaire pour comprendre cette tribulation qui est appelée la "grande tribulation" et qui, bien que devant nous, n'est pas bien loin.


c) La grande tribulation.

Il y a donc une tribulation qui est différente de toutes les autres, Jésus l'appelle "la grande tribulation". Cette dernière couvrira toute la terre en même temps et c'est elle qui est le sujet de tant de faux enseignements. Tout le monde est tellement certain de savoir ce que c'est que peu se posent les questions nécessaires à l'établissement d'une compréhension équilibrée. La peur paralysant les capacités de réflexion, tout ce qui compte devient de faire en sorte de se rassurer, quel que soit le moyen. Prétendre qu'elle n'aura pas lieu pour les croyants est une affirmation souvent faite par les enseignements les plus courants. Pourtant les textes ne semblent pas en accord avec cette compréhension.

c.1) Les 2 éléments qui ne collent pas.

Il existe deux points qui sont généralement mis en avant pour affirmer que l'enlèvement aura lieu avant la grande tribulation, mais ils sont tous les deux particulièrement problématiques. Le premier se balayant assez rapidement, c'est surtout le deuxième qui demandera plus de connaissances.

                    1️⃣ L'amour de Dieu.

C'est l'argument basé sur les émotions. Comme dans la quasi-intégralité des cas, lorsque l'église se base sur les émotions, elle va dans le mur. C'est également le cas ici. Dans les évangiles, ne serait-ce qu'au travers des versets que j'ai déjà cités, Jésus nous dit clairement que nous aurons des tribulations, il n'y a donc pas de raison que nous devions être enlevés avant celle-ci, surtout lorsque l'on prend en compte que c'est l'église qui va provoquer la grande tribulation et non pas le monde (fait que je détaillerai plus tard).

                    2️⃣ Apocalypse 4.

Cet argument est presque amusant. Il consiste à dire que l'église sera enlevée pendant ce chapitre du livre de l'apocalypse parce qu'il n'est plus jamais fait mention d'elle par après. C'est l'argument principal des défenseurs de cette théorie. Si je dis que c'est amusant c'est en raison du verset qui suit :

  • Apocalypse 7.14 : Je lui dis : Mon seigneur, tu le sais. Et il me dit : Ce sont ceux qui viennent de la grande tribulation ; Ils ont lavé leurs robes, et ils les ont blanchies dans le sang de l'agneau.

La raison n'est pas nécessairement celle que l'on peut croire, même si ce verset est très parlant au sujet de la présence des croyants pendant la grande tribulation. Concernant l'affirmation faite par certains que l'enlèvement a lieu au chapitre 4, la particularité de ce verset tient dans le fait qu'il parle de ceux qui viennent de la grande tribulation, qui se trouve donc avant le chapitre 7, si l'on suit la logique chronologie du livre de l'apocalypse que suivent les tenants de cette théorie. C'est alors que, si l'on regarde quels sont les versets qui parlent de la tribulation, on se rend compte qu'on cesse d'en parler en même temps qu'on cesse de parler de l'église. Ca veut dire qu'on ne parle de la tribulation que lorsque l'on parle de l'église. L'argument des défenseurs de l'enlèvement avant la grande tribulation n'a donc pas de valeur.

Ce que ces personnes ne comprennent pas, et qui, en réalité n'est presque jamais mis en avant, c'est que la lettre à l'ange des sept églises est un jugement de l'église. On omet souvent qu'aucune église n'est considérée par Jésus comme ayant vaincu, uniquement certains de ses membres. Ceux-là sont désignés par les 7 conclusions commençant par : "à celui qui vaincra". C'est l'accomplissement de ce que Pierre nous disait dans sa première épître : Car c'est le moment où le jugement va commencer par la maison de Dieu. Or, si c'est par nous qu'il commence, quelle sera la fin de ceux qui n'obéissent pas à l'Évangile de Dieu ? (1 Pierre 4.17). Le livre de l'apocalypse est le livre qui clôt la révélation de Jésus, et tout se termine par un jugement. Or, comme je viens de le dire, Dieu ne peut pas juger le monde sans avoir au préalable jugé sa maison. La lettre aux anges des 7 églises, c'est le jugement de sa maison, qui est trouvée coupable, et les quelques-uns parmi elle qui auront été droits recevront leur récompense. Mais l'église est condamnée (une explication détaillée se trouve dans l'enseignement sur : les deux églises).

Ceci étant dit, il reste à montrer par la Parole de Dieu, ce qui concerne et l'enlèvement, et la grande tribulation.

c.2) Concrètement, la grande tribulation.

Je ne pourrai pas dire combien de fois j'ai entendu que l'église de Christ serait enlevée avant la grande tribulation. C'est un non-sens très facile à démontrer, et on va le faire dans les lignes qui suivent. Méfiez-vous de toute personne qui essayerait de vous faire croire que l'enlèvement aura lieu avant la grande tribulation, elle essaye, consciemment ou non, de faire en sorte que, croyant que vous n'aurez pas à l'affronter, vous ne vous y prépariez pas. Ce faisant, le choc sera frontal, et la Parole nous prévient que même en nous préparant ce sera difficile.

La grande tribulation a cela de particulier qu'elle fait couler énormément d'encre, alors qu'il n'existe que deux versets qui la citent clairement dans la plupart des traductions, et un troisième dans la version Darby, et lorsqu'on les regarde de près, aucun ne prête à confusion.

                    1️⃣ Apocalypse 2.22.

  • Apocalypse 2.22 : Voici, je vais la jeter sur un lit, et envoyer une grande tribulation (thlipsis) à ceux qui commettent adultère avec elle, à moins qu'ils ne se repentent de leurs oeuvres.

Le premier des trois passages en question se trouve dans la lettre à l'église de Thyatire, Jésus nous dit qu'il enverra la : grande tribulation, et que tous ceux qui seront sous le règne de la femme Jézabel en souffriront. Cependant, ceux qui se repentent seront épargnés. Dans ce passage, Jésus parle à l'église de Thyatire, c'est à eux qu'il fait des reproches, pas au monde. Dans aucun des textes concernant les 7 églises Jésus ne parle au monde, il s'agit du jugement des églises, le jugement du monde vient après. Il nous dit donc que c'est lui, Jésus, qui va envoyer la grande tribulation. Ses mots sont : je vais ... envoyer une grande tribulation. Il l'envoie à cause du comportement de l'église, et spécifiquement sur ceux parmi elle qui se compromettent avec Jézabel.

Si l'église est déjà enlevée alors à qui parle Jésus ? Comment expliquer que l'église provoque la grande tribulation, ce que nous dit clairement ce passage, mais qu'elle parte avant ? Si elle part avant, alors le Saint-Esprit n'est plus accessible, alors pourquoi Jésus nous dirait-il que ceux qui se repentent n'en souffriront pas ? Comment se repentir si le Saint-Esprit n'est plus là ?

Dans tous les cas, ce verset est clair, c'est Jésus qui envoie la grande tribulation, et c'est la conséquence du comportement de l'église. Elle est une partie du jugement de l'église, donc l'église est encore présente.

                    2️⃣ Apocalypse 7.14.

  • Apocalypse 7.14 : Je lui dis : Mon seigneur, tu le sais. Et il me dit : Ce sont ceux qui viennent de la grande tribulation (thlipsis); ils ont lavé leurs robes, et ils les ont blanchies dans le sang de l'agneau.

Ce deuxième verset est encore plus explicite. Il n'est pas écrit "ce sont ceux qui ont été enlevés avant la grande tribulation", mais "Ce sont ceux qui viennent de la grande tribulation". La grande tribulation est utilisée ici comme une période, et celui des 24 vieillards qui parle à Jean est très explicite : la foule qui se trouve devant le trône de Dieu vient de cette période, ce sont donc les croyants qui l'ont vécu.

Bien des sujets peuvent être illustrés par des dizaines, voir des centaines de versets, et il est possible de passer à côté de l'un ou de l'autre, mais dans le cas de la grande tribulation, il n'y a que trois versets dans toute la Parole de Dieu qui la cite ouvertement, et les deux premiers sont déjà explicites. Prétendre qu'elle aura lieu après l'enlèvement est un piège de satan envers les croyants pour les empêcher de se préparer.

                    3️⃣ La tribulation dans Matthieu 24.

Bien que le mot ne soit pas traduit de la même manière, le mot 'tribulation' est présent trois fois :

  • Matthieu 24.9 : Alors on vous livrera aux tourments (thlipsis), et l'on vous fera mourir; et vous serez haïs de toutes les nations, à cause de mon nom.
  • Matthieu 24.21 : Car alors, la détresse (thlipsis) sera si grande qu'il n'y en a point eu de pareille depuis le commencement du monde jusqu'à présent, et qu'il n'y en aura jamais.
  • Matthieu 24.29 : Aussitôt après ces jours de détresse (thlipsis), le soleil s'obscurcira, la lune ne donnera plus sa lumière, les étoiles tomberont du ciel, et les puissances des cieux seront ébranlées.

Dans leurs traductions les plus communes, on ne réalise pas que Jésus parle de tribulations, bien que le mot grec ne laisse pas de doute à ce sujet. Là où les choses deviennent intéressantes, c'est lorsque l'on regarde la traduction Darby du verset 21 :

  • Matthieu 24.21 (Darby) : car alors il y aura une grande tribulation, telle qu'il n'y en a point eu depuis le commencement du monde jusqu'à maintenant, et qu'il n'y en aura jamais.

Dans cette description de la fin des temps que Jésus nous donne tout au long du 24° chapitre de l'évangile selon Matthieu, et qui sera suivi dans le chapitre 25 par la parabole des 10 vierges, il établit très clairement l'ordre dans lequel se feront les choses. Bien que nombre de croyants ne lisent pas le livre de l'Apocalypse, par contre, les évangiles sont plus souvent parcourus, et voici le texte complet mettant en avant à la fois la grande tribulation et l'enlèvement :

  • Matthieu 24.21-31 : Car alors, la détresse sera si grande qu'il n'y en a point eu de pareille depuis le commencement du monde jusqu'à présent, et qu'il n'y en aura jamais. 24.22 Et, si ces jours n'étaient abrégés, personne ne serait sauvé ; Mais, à cause des élus, ces jours seront abrégés. 24.23 Si quelqu'un vous dit alors : Le Christ est ici, ou : Il est là, ne le croyez pas. 24.24 Car il s'élèvera de faux christs et de faux prophètes ; ils feront de grands prodiges et des miracles, au point de séduire, s'il était possible, même les élus. 24.25 Voici, je vous l'ai annoncé d'avance. 24.26 Si donc on vous dit: Voici, il est dans le désert, n'y allez pas; voici, il est dans les chambres, ne le croyez pas. 24.27 Car, comme l'éclair part de l'orient et se montre jusqu'en occident, ainsi sera l'avènement du Fils de l'homme. 24.28 En quelque lieu que soit le cadavre, là s'assembleront les aigles. 24.29 Aussitôt après ces jours de détresse, le soleil s'obscurcira, la lune ne donnera plus sa lumière, les étoiles tomberont du ciel, et les puissances des cieux seront ébranlées. 24.30 Alors le signe du Fils de l'homme paraîtra dans le ciel, toutes les tribus de la terre se lamenteront, et elles verront le Fils de l'homme venant sur les nuées du ciel avec puissance et une grande gloire. 24.31 Il enverra ses anges avec la trompette retentissante, et ils rassembleront ses élus des quatre vents, depuis une extrémité des cieux jusqu'à l'autre.

Ce texte est connu, et les choses y sont détaillées clairement.

verset 21 : Jésus parle de la grande tribulation.

verset 22 : Jésus parle de ce que les élus la vivront.

versets 23-26 : Jésus parle de la situation pendant la tribulation, des faux christs, des faux prophètes, et de la séduction.

versets 27-30 : Jésus détaille son retour dans les nuées, comme ça nous est dit également dans le livre des actes*.

verset 31 : Et finalement il nous parle de l'enlèvement.

(* Actes 1.9-11 : Après avoir dit cela, il fut élevé pendant qu'ils le regardaient, et une nuée le déroba à leurs yeux. 1.10 Et comme ils avaient les regards fixés vers le ciel pendant qu'il s'en allait, voici, deux hommes vêtus de blanc leur apparurent, 1.11 et dirent: Hommes Galiléens, pourquoi vous arrêtez-vous à regarder au ciel ? Ce Jésus, qui a été enlevé au ciel du milieu de vous, viendra de la même manière que vous l'avez vu allant au ciel).

Jésus nous annonce donc une grande tribulation et précise que cette période prendra fin par égard aux élus, qu'il ne faut pas confondre avec les appelés. J'ai déjà expliqué la différence entre les uns et les autres, et tous les détails se trouvent dans l'enseignement sur les 2 églises. Ce qui signifie que la grande tribulation commence et termine avant l'enlèvement des croyants. Pour résumer la chose, l'église actuelle est "ekklesia", ce qui signifie 'appelé hors de'. Les élus par contre font partie de "suneklektos" qui signifie 'l'église des élus'. C'est la différence qui est déjà mise en avant dans le verset nous disant qu'il y a beaucoup d'appelés mais peu d'élus. Dans le passage de Matthieu parlant de la grande tribulation, Jésus précise spécifiquement que c'est pour les élus qu'il fera stopper cette tribulation, et alors seulement il apparaîtra pour le jour de l'enlèvement. Ce jour-là, ça n'est pas l'église qui montera vers lui, mais l'épouse, cette dernière étant l'union des élus et non des appelés. C'est la raison pour laquelle on ne parle plus de l'église après le chapitre 3 du livre de l'apocalypse, parce qu'elle a reçu son jugement et est sortie de la course. Par contre, si on ne parle plus d'elle, les chapitres 19, 21 et 22 remettent l'épouse en avant. La dernière mention précisant que : l'Esprit et l'épouse disent : Viens ... (Apocalypse 22.17a), attestant que ça n'est pas l'église qui appelle Jésus, mais l'épouse.


Nous avons donc dans l'évangile selon Matthieu la chronologie qui fait tellement parler. Jésus n'est pas mystérieux, il dit les choses clairement et ne laisse pas de place au doute.

Dans les trois versets traduisant "Thlipsis" par 'détresse' et 'tourment', même si les traducteurs ont savamment effacé le fait que Jésus parlait de tribulation, il apparaît clairement que les versets 21 et 29 parlent d'une tribulation particulière, qui arrivera à la fin, et donc la grande tribulation. Ces deux versets spécifiques font cas de la même chose que les deux autres du livre de l'Apocalypse.

c.3) Sa dimension planétaire.

Les tribulations sont le quotidien de celui qui croit en Dieu, la grande tribulation ne vise pas une personne, mais un ensemble de personnes. On pourrait croire qu'il s'agirait du monde, mais rien ne le sous-entend réellement. Lorsque Jésus en parle, il dit qu'il va : envoyer une grande tribulation à ceux qui commettent adultère avec elle (Apocalypse 2.22), or le monde n'appartenant pas à Dieu, ne commet pas d'adultère en se soumettant à Jézabel. Par ailleurs, il est en train de parler à l'église de Thyatire, et pas au monde, et la Parole de Dieu est destinée aux enfants de Dieu, et à personne d'autre.

Pourtant, sa dimension n'en reste pas moins planétaire, et c'est bien l'humanité qui va la subir. La raison en est simple, les persécutions sont ciblées, pas les tribulations. Mais ce qu'on oublie souvent, parce qu'on se focalise sur la grande tribulation, c'est que rien n'indique que les persécutions vont cesser, au contraire.

                     1️⃣ Le monde saura.

Dieu va envoyer la grande tribulation à cause de l'église. Si elle avait fait ce qu'elle aurait dû faire, ça n'aurait pas été nécessaire. En premier lieu, elle était censée être mise à part pour Dieu et à ce titre représentait le résultat d'un tri dont les baptêmes auraient été le signe de l'entrée. En d'autres termes, normalement, l'église aurait déjà dû être le rassemblement de tout ceux qui appartiennent à Jésus. Dans la réalité c'est très loin d'être le cas et les chapitres 2 et 3 du livre de l'apocalypse, concernant la lettre à l'ange des 7 églises l'atteste assez clairement. C'est parce que l'église n'a pas fait son travail de filtre que Dieu va être obligé de le faire lui-même. C'est ce tri qui porte le "doux nom" de "grande tribulation".

On voit par ailleurs, dans la parabole des 10 vierges, que la moitié d'entre elles ne sont pas acceptées auprès du maître, parce qu'elles ne s'étaient pas préparées. Pourtant, le premier verset de cette parabole nous disait clairement : Alors le royaume des cieux sera semblable à dix vierges ... (Matthieu 25.1), pointant du doigt le fait que les 5 qui se voient refuser l'entrée faisaient bien partie de l'église.

Comme il est particulièrement difficile de différencier l'église et le monde, le filtre que Dieu met en place se doit d'être global, et le monde saura ce qui est en-train de se passer. Difficile de dire s'il le formulera avec clarté, mais la Parole nous précise par deux fois que le monde saura que Dieu est à l'origine de ce qui se passe, qu'il refusera de se repentir, et choisira de blasphémer d'avantage*.

(* Apocalypse 16.8-11 : Le quatrième versa sa coupe sur le soleil. Et il lui fut donné de brûler les hommes par le feu ; 16.9 et les hommes furent brûlés par une grande chaleur, et ils blasphémèrent le nom du Dieu qui a l'autorité sur ces fléaux, et ils ne se repentirent pas pour lui donner gloire. 16.10 Le cinquième versa sa coupe sur le trône de la bête. Et son royaume fut couvert de ténèbres; et les hommes se mordaient la langue de douleur, 16.11 et ils blasphémèrent le Dieu du ciel, à cause de leurs douleurs et de leurs ulcères, et ils ne se repentirent pas de leurs oeuvres).

                    2️⃣ La protection des croyants.

De la même manière que nous avons toujours été sous la protection de Dieu, nous le serons également pendant la grande tribulation. Il y a cependant un point qu'il faut comprendre, et qui est très particulier. La différence entre les tribulations et la grande tribulation vient pour partie de celui qui l'initie. Les tribulations viennent du monde, alors que la grande tribulation vient de Jésus. La différence dans l'origine crée une différence dans la destination. Ainsi nous sommes accompagnés par Jésus lorsque nous traversons les tribulations ; Shadrac Méshac et Abed Négo ne se sont pas vu épargner la fournaise, mais au lieu d'être une souffrance, elle a été une libération, et alors qu'ils étaient dans la fournaise, la présence de quelqu'un à leur côté s'est faite évidente pour tous.

Les étapes sont toujours les mêmes, il y a une source qui initie la tribulation, c'est-à-dire qu'elle met en place une situation qui va toucher tout le monde, mais qui, en fonction de la forme qu'elle prend, passera inaperçue pour certains et sera pénible pour d'autres. L'exemple que je prenais avec la bible est parlant. Si la bible est interdite dans le pays, c'est une tribulation, elle est interdite pour tout le monde même si cela n'affecte pas tout le monde, si les chrétiens désobéissent et en possèdent tout de même, alors l'état peut être amené à prendre des mesures spécifiques contre les chrétiens, et dans ce cas, ça devient une persécution.

Par contre, la grande tribulation est différente, parce que c'est Jésus qui l'envoie, et si les tribulations étaient l'action globale du monde d'une manière qui ne dérange que les croyants, l'action de Jésus est du même type mais dans l'autre sens. C'est une action globale, qui agit sur tout le monde mais qui ne touche pas les vrais croyants. Cette tribulation rétablira la frontière entre ceux qui servent Dieu et ceux qui servent le monde. Comme je l'ai déjà dit, la frontière aurait dû être l'entrée dans l'église, mais les croyants n'ont pas fait ce qui leur était demandé, et le monde s'est mélangé à l'église. C'est la raison pour laquelle Jésus envoie une grande tribulation, qui couvrira toute la terre et qui a pour but de faire le tri non pas dans l'église puisqu'elle s'est laissée infiltrer par le monde, mais dans le monde entier.

C'est pour cela que les vrais croyants n'ont pas à craindre la grande tribulation, elle vient de Dieu et n'a pas pour but de les toucher, mais de les séparer des faux. Par contre, elle va s'accompagner d'une persécution qui elle visera spécifiquement les croyants, et ce, indistinctement. Les temps que cela concerne seront des temps difficiles pour tout le monde, mais Dieu se tiendra avec ceux qui le suivent réellement et les délivrera. Et justement, il les délivrera par l'enlèvement de l'épouse.


d) La source de la confusion.

Les croyants se représentent assez mal l'état actuel des choses. Beaucoup se voient comme une ligne de défense qui protège l'Eglise, alors qu'en réalité ils sont plus comme une ligne Maginot, attendant un ennemi qui les a déjà dépassés depuis longtemps.

L'origine de la confusion, c'est la croyance que l'ennemi est devant alors qu'il est derrière. Cela peut paraître imagé, alors je vais être plus clair. Les croyants qui s'intéressent à la Parole de Dieu pensent que dans les temps de la fin ils devront faire attention à la femme Jézabel, en ne prenant pas en compte un fait d'une terrible simplicité : Nous ne devons pas faire en sorte que Jézabel ne rentre pas dans nos assemblées, nous devons faire en sorte qu'elle n'y prospère pas. Ca n'est pas du tout la même chose. C'est dans la nature humaine de rejeter Dieu, et la Parole nous dit clairement que la chair est faible (Matthieu 26.41), même si l'esprit est bien disposé. La faiblesse de la chair fera toujours que l'homme veut suivre et que la femme veut guider. C'est pour cela qu'il ne sert à rien de vouloir empêcher Jézabel d'entrer, ce qu'il faut c'est que l'obéissance de l'assemblée la mette suffisamment mal à l'aise pour qu'elle ne puisse pas prendre de place.

Malheureusement, nous n'en sommes plus là, elle s'est déjà si fortement installée dans la maison que la lèpre l'a totalement envahie. Dans de très nombreux cas, il ne suffit plus de simplement remplacer les pierres que sont les faux enseignements qu'elle a prodigués, ni de gratter les murs pour enlever la poussière que sont les modifications dans la compréhension générale de la Parole que ses faux enseignements ont apportée. Cette lèpre est, comme nous le dit le livre du Lévitique, invétérée (Lévitique 14.33-46). La seule solution c'est la destruction de la maison, et c'est exactement ce que Jésus est en-train de faire.

La source de la confusion est donc d'avoir cru que nous pouvions empêcher Jézabel d'entrer alors que nous ne devions que l'empêcher de prendre de la place. A partir de là, elle a grignoté encore et encore et finalement, la conséquence en a été que l'autorité de la Parole de Dieu est désormais portée massivement par des femmes, ce qui n'est pas permis. Les pasteurs et les enseignants femmes pullulent, et la première chose qu'elles ont faites, a été de réviser certains enseignements pour leur élargir l'entrée. Désormais, on entend que "l'esprit" de Jézabel touche les hommes, alors que non seulement ça n'est pas un esprit, mais qu'étant l'expression des aspirations de la chair chez la femme, ce comportement ne peut que la toucher elle. Le but est de détourner l'attention pour qu'elle ait le champ libre. Un autre exemple des faux enseignements qui sont prodigués étant justement la grande tribulation (la boucle est bouclée).

Le but de l'ennemi reste la destruction des croyants, et leur faire croire que la grande tribulation aura lieu après l'enlèvement est une doctrine purement démoniaque qui a pour seul but de faire en sorte que les croyants ne soient pas près lorsqu'elle arrivera.


e) conclusion.

e.1) Le manque de confiance en Dieu.

Nous avons tous besoin de grandir dans la confiance en Dieu. Le simple fait de savoir qu'il est Dieu et qu'il nous aime devrait nous suffire à comprendre que tout se passera bien, mais c'est rarement le cas. Heureusement pour nous, il connaît nos faiblesses, alors il nous a transmis sa Parole qui contient tout ce qui est nécessaire pour comprendre que nous ne devons pas avoir peur. Jésus nous disait : vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous affranchira (Jean 8.32), et c'est exactement de cela qu'il s'agit. Connaître ce que nous dit la Parole nous affranchit de cette peur qui paralyse l'Esprit en nous. C'est ce manque de connaissance* qui nous pousse à imaginer pour combler les manques laissés par l'ignorance, et notre imagination est rarement bonne conseillère.

(* Osée 4.6 : Mon peuple est détruit, parce qu'il lui manque la connaissance).

Il faut toujours ouvrir la Parole de Dieu pour découvrir ce qu'elle dit, et non pour chercher des confirmations de ce que l'on voudrait être la vérité. Il est évidemment plus porteur d'annoncer que nous serons enlevés avant la grande tribulation, mais ça n'est pas ce que dit la Parole de Dieu. Les croyants la vivront, ça ne fait aucun doute, et il n'y a plus tant de temps que cela pour s'y préparer. Il faut : Cherchez l'Éternel pendant qu'il se trouve (Esaïe 55.6*) nous disait le prophète Esaïe. Jésus nous a prévenu qu'il en sera comme au temps de Noé, et en cette époque, personne n'écoutait ce prédicateur de la justice, pourtant, lorsque la pluie a commencé à tomber, ils ont finalement dû comprendre leur erreur, mais peu importe ce qu'ils ont compris à ce moment-là, ça n'avait plus aucune importance, parce que : ... l'Éternel ferma la porte sur lui (Genèse 7.16*).

Quant à savoir si nous seront enlevés pendant ou après la grande tribulation, Matthieu semble nous avoir également transmis la réponse : Aussitôt après ces jours de détresse (Matthieu 24.29) sont les mots de Jésus parlant de la grande tribulation, juste avant qu'il n'annonce son retour et l'enlèvement de l'épouse dans les deux versets suivant.

(* Esaïe 55.6 : Cherchez l'Éternel pendant qu'il se trouve; Invoquez-le, tandis qu'il est près).

(* Genèse 7.16 : Il en entra, mâle et femelle, de toute chair, comme Dieu l'avait ordonné à Noé. Puis l'Éternel ferma la porte sur lui).

e.2) La peur de nous-même.

L'argument qui fait pencher les mal-instruits dans les faux-enseignements de Jézabel prétendant que l'enlèvement aura lieu avant la grande tribulation, est le fait que Dieu ne peut pas envoyer quelque chose de mauvais sur ses enfants. Lorsque l'on fait cette affirmation à quelqu'un qui connaît mal la Parole, ça fait mouche, mais la réalité de la Parole est autre. Lorsque l'Egypte était plongée dans les ténèbres, il y avait de la lumière en Gosen, pour les enfants d'Israël. Dieu prévient de ce qui va se passer et explique à ses enfants comment ne pas en souffrir.

La réalité est que bien des croyants sont parfaitement conscients de leur laxisme spirituel. Leur conscience de Dieu n'est pas suffisamment éveillée pour qu'ils se prennent en main, parce qu'ils ne comprennent pas la réalité de ce qui est annoncé. Pour beaucoup ils n'ont même pas la certitude du salut, alors comment feront-ils quand les vraies difficultés arriveront .

Il faut bien comprendre que Dieu n'envoie pas la grande tribulation sur les non-croyants, mais sur tout le monde. La grande tribulation n'est pas un jugement sur certains, mais un tamis à travers lequel nous devons tous passer. Elle va servir à faire le dernier tri entre ceux qui appartiennent à Dieu et les autres, c'est pour cela qu'elle doit toucher tout le monde. Par contre, ça ne signifie pas que tout le monde en souffrira.

Comme je viens de le dire, la grande tribulation fait un tri. Ceux qui sont en règle n'en pâtiront pas, mais la crainte de ne pas être ce que nous devrions être, nous pousse à passer notre temps à prétendre des choses qui sont fausses afin de nous tromper nous-même. L'église se comporte comme l'enfant qui ferme les yeux et pense qu'on ne le voit plus. L'enfant a une excuse, c'est un enfant, l'église n'en a aucune. Il faut ouvrir les yeux, et rapidement.

e.3) Conclusion.

La grande tribulation est la conséquence de la faiblesse de l'église des appelés. Si l'église de Christ avait été à l'image de Jésus, elle aurait influencé le monde, et Jézabel n'aurait pas pu l'influencer elle.

Les choses sont cependant ce qu'elles sont. Pour comprendre la grande tribulation, il faut se regarder individuellement, et cesser de regarder les églises des hommes. Lorsque Dieu regarde la terre, il voit les choses sans le filtre de l'hypocrisie humaine. Il ne regarde pas les églises en se demandant ce qui s'y passe, parce qu'il n'a pas de raison de comprendre ce que sont ces endroits. Lorsqu'il regarde, il veut voir ses enfants, et lorsqu'il les croise du regard, il voit un peuple dispersé, souvent entouré d'une multitude de simulateurs prononçant son nom en pensant à autre chose, dans des bâtiments auxquels ils ont donné le nom du peuple de Dieu pour en accentuer l'égarement.

Devant cette hérésie généralisée qu'est le règne de Jézabel, sur terre premièrement, mais également au milieu du peuple de Dieu, il envoie alors ce qui est nécessaire pour faire le tri entre ceux qui sont à lui et les autres, la grande tribulation. Un feu qui dévorera tous ceux qui n'y sont pas préparés.

Ce n'est que lorsque ce tri sera terminé qu'il enlèvera alors les siens et qu'il laissera les simulateurs entre eux.

La grande tribulation aura lieu juste avant l'enlèvement, et non juste après.

Libre à chacun d'y croire ou non, mais n'oublions jamais que l'enfant a beau fermer les yeux, on le voit quand même.


f) Les destinataires.

Une chose n'est pas comprise par les croyants c'est que toutes les tribulations, qu'elles désignent la grande ou les autres, ont toujours pour cible tout le monde, contrairement aux persécutions qui ne  visent que les croyants. Ce qui les différencie, c'est leur nature. Notons que lorsqu'on passe par l'une ou l'autre, les différencier reste de la sémantique. Cependant, continuons de clarifier.

Si une loi interdit uniquement aux chrétiens de se réunir, c'est une persécution.

Si une loi interdit à tout le monde de se réunir, c'est une tribulation. Cependant, pour tous ceux qui n'avaient aucune intention de se réunir, elle n'a aucun effet. Les tribulations, bien qu'agissant sur tout le monde, n'ont pas d'effet sur tout le monde. S'il fait trente degrés dans une région, ceux qui aiment la chaleur se réjouiront, et ceux qui ne la supportent pas en souffriront.

Les tribulations sont au pluriel parce qu'elles varient dans leur nature et dans leur géographie. Une tribulation qui toucherait un pays n'atteint pas nécessairement un autre pays, parfois même voisin. Il en va de même au sein même d'une assemblée. Ce qui est une tribulation pour l'un ne l'est pas forcément pour l'autre. Par une forme d'obligation les croyants vivent constamment des tribulations parce que sortant du monde en esprit mais vivant physiquement au milieu du monde, ils subissent une pression permanente pour y retourner. Cette pression est exercée par le monde et regroupe toute une variété de formes (habitudes, amis, famille, travail ...). Le but d'une tribulation n'étant pas de tuer une personne mais de lui faire abandonner sa foi en Jésus. La tuer représenterait une défaite pour satan puisqu'un croyant mourant dans le Seigneur serait sauvé. Certains abandonnent dès la première tribulation (Matthieu 13.21 : mais il n'a pas de racines en lui-même, il manque de persistance, et, dès que survient une tribulation ou une persécution à cause de la parole, il y trouve une occasion de chute). Mais d'autres résistent, alors il faudra que la pression augmente pour qu'ils cèdent, et tant qu'ils résisteront, la pression continuera d'augmenter jusqu'à ce que l'évidence de ce qu'ils ne céderont jamais soit criante. Alors le monde essayera de les éliminer parce qu'ils sont un danger de part l'exemple qu'ils donnent.

Dans tous les cas, une tribulation représente une pression, ne serait-ce que parce que c'est la traduction du mot, son intensité variant et ceux qui en souffrent également. La différence entre la grande tribulation, qui est envoyée par Jésus, et les tribulations c'est que le but des tribulations est de faire abandonner la foi alors que le but de la grande tribulation est de protéger ceux qui l'ont en éloignant ceux qui prétendent l'avoir. On oublie souvent que Jésus va jeter la femme Jézabel sur un lit, cette partie est importante, parce qu'elle sera l'appât de tout ceux qui commettent l'adultère avec elle, tous ceux qui pensent comme elle. Ceux qui sont à son image vont lui sauter dessus justement pour persévérer dans leurs adultères, aussi graveleuse que peut sembler l'image, c'est celle qui est employée dans le livre de l'Apocalypse. Ceux qui se repentiront seront épargnés et pourront dès lors être sauvés. Le but de la grande tribulation est bien de protéger les vrais croyants, mais tous les faux vont en souffrir grandement (Je ferai mourir de mort ses enfants ; et toutes les Eglises connaîtront que je suis celui qui sonde les reins et les cœurs, et je vous rendrai à chacun selon vos oeuvres : Apocalypse 2.23).

La grande tribulation ne remplace pas les tribulations. Et, comme je le disais, les tribulations continueront de s'intensifier proportionnellement au refus des croyants de se souiller jusqu'à en arriver à la volonté de les éliminer pour qu'ils ne puissent pas servir d'exemple de résistance face à l'adversité. Certains comprennent alors que tous les croyants mourront, ce qui n'est pas dit dans la Parole de Dieu.


g) La mort des croyants.

Cette théorie de la mort généralisée des croyants se base essentiellement sur 2 passages que plusieurs m'ont soulevé, alors autant y répondre globalement.

g.1) Pour Daniel :

  • Daniel 12.7 : Et j'entendis l'homme vêtu de lin, qui se tenait au-dessus des eaux du fleuve; il leva vers les cieux sa main droite et sa main gauche, et il jura par celui qui vit éternellement que ce sera dans un temps, des temps, et la moitié d'un temps, et que toutes ces choses finiront quand la force (YAD) du peuple saint sera entièrement brisée (NAPHATS).

Si on peut discuter de la signification de NAPHATS, ce qui par contre n'est pas discutable c'est que NAPHATS ne parle pas du peuple saint, mais de sa 'force'. Or sa force c'est le mot YAD qui signifie MAIN. Ce verset ne nous parle donc pas de la fin du peuple saint, mais de la fin de sa capacité à agir.

Si le but avait été de parler de la mort du peuple saint, alors le texte aurait du dire : toutes ces choses finiront quand le peuple saint sera entièrement brisée. Mais ça n'est pas ce que le texte dit.

g.2) Pour l'apocalypse :

  • Apocalypse 13.7 : Et il lui fut donné de faire la guerre aux saints, et de les vaincre (NIKAO).

Ici, 'vaincre' ne signifie pas 'tuer' comme certains le pensent, mais 'remporter la victoire'. En réalité, c'est toujours le sens que porte ce mot. C'est le même qui est utilisé pour parler de la victoire de Jésus sur le monde (Jean 16.33), de la victoire sur le malin par les jeunes gens dans l'épître de Jean (1 Jean 2.14), de notre victoire sur les esprits mauvais (1 Jean 4.4). Pourtant dans aucun de ces cas, le vaincu n'est tué.

L'exemple le plus clair concernant le fait que ce terme ne désigne pas la mort des croyants se trouve deux chapitres plus tôt dans ce même livre de l'apocalypse :

  • Apocalypse 11.7 : Quand ils auront achevé leur témoignage, la bête qui monte de l'abîme leur fera la guerre, les vaincra (NIKAO), et les tuera.

Dans ce verset, il est nécessaire de préciser que la bête tuera les témoins, ce qui atteste que les avoir vaincus ne signifiait pas de les avoir tués.


  • Apocalypse 6.11 : Une robe blanche fut donnée à chacun d'eux; et il leur fut dit de se tenir en repos quelque temps encore, jusqu'à ce que fût complet le nombre de leurs compagnons de service et de leurs frères qui devaient être mis à mort comme eux.

Ici, pas besoin d'entrer dans le détail, ça ne dit pas qu'on doit tous mourir mais qu'il y a un nombre défini de personnes qui mourront "comme eux".

g3) Pour Matthieu :

Même dans l'évangile selon Matthieu, il nous est dit : Alors on vous livrera aux tourments, et l'on vous fera mourir (Matthieu 24.9), mais une fois de plus, ça n'est pas tout le monde. Le verset suivant nous dit bien que "plusieurs succomberont", sachant que 'succomberont" est le mot grec "Skandalizo" qui ne désigne pas la mort, mais la chute spirituelle. Ca veut dire que plusieurs rejoindront la pensée du monde et changeront de bord. Et ces personnes trahiront les vrais croyants. Mais qui sont-ils si nous sommes déjà morts ?

La suite du passage est par ailleurs claire sur le fait que les croyants sont toujours présents. Les faux prophètes du verset 11 ne pouvant séduire ceux qui sont déjà séduits, ce verset parle de croyants qui seront séduits, prouvant qu'ils sont toujours présents.

La résultante de tout ce que je viens de dire est donc que l'affirmation selon laquelle nous allons tous mourir n'est pas basée sur la Parole de Dieu. La grande tribulation n'aura d'effet que sur ceux qui se livrent à l'adultère avec la femme Jézabel, sachant que les enseignements de cette femme sont les enseignements du monde qui mènent à l'adoration de faux-dieux et à l'impudicité qu'elle a importés dans l'église. Par contre, les tribulations et les persécutions ne cesseront pas et iront croissantes en intensité jusqu'à provoquer la mort de beaucoup de croyants.

Le malheur des croyants est de se focaliser sur une chose qui ne doit pas les atteindre et d'être si aveuglés par leur peur qu'ils en oublient celle qui va les atteindre.

Pourtant Jésus a été clair :

  • Apocalypse 2.20-23 : Mais ce que j'ai contre toi, c'est que tu laisses la femme Jézabel, qui se dit prophétesse, enseigner et séduire mes serviteurs, pour qu'ils se livrent à l'impudicité et qu'ils mangent des viandes sacrifiées aux idoles. 21 Je lui ai donné du temps, afin qu'elle se repentît, et elle ne veut pas se repentir de son impudicité. 22 Voici, je vais la jeter sur un lit, et envoyer une grande tribulation à ceux qui commettent adultère avec elle, à moins qu'ils ne se repentent de leurs œuvres. 23 Je ferai mourir de mort ses enfants; et toutes les Églises connaîtront que je suis celui qui sonde les reins et les cœurs, et je vous rendrai à chacun selon vos œuvres.

La suite de ce passage sera que de nombreuses personnes qui se présentent comme membres de l'église vont mourir et cela remettra la crainte de Dieu au centre des croyants, comme il en a été avec Ananias et Saphira (Actes chapitre 5).

Alors oui, beaucoup vont mourir, les tribulations et les persécutions feront de sérieux dégâts dans les rangs des vrais croyants. La grande tribulation en fera dans les rangs des faux. L'addition des deux faisant une partie importante de l'église actuelle.

Par contre, cette théorie de 'nous allons tous mourir' n'est pas dans la Parole de Dieu.


h) Les versets parlant de tribulation.

  • Matthieu 13.20-21 : Celui qui a reçu la semence dans les endroits pierreux, c'est celui qui entend la parole et la reçoit aussitôt avec joie ; 13.21 mais il n'a pas de racines en lui-même, il manque de persistance, et, dès que survient une tribulation ou une persécution à cause de la parole, il y trouve une occasion de chute.
  • Matthieu 24.9 : Alors on vous livrera aux tourments, et l'on vous fera mourir; et vous serez haïs de toutes les nations, à cause de mon nom.
  • Matthieu 24.21 : Car alors, la détresse sera si grande qu'il n'y en a point eu de pareille depuis le commencement du monde jusqu'à présent, et qu'il n'y en aura jamais.
  • Matthieu 24.29 : Aussitôt après ces jours de détresse, le soleil s'obscurcira, la lune ne donnera plus sa lumière, les étoiles tomberont du ciel, et les puissances des cieux seront ébranlées.
  • Marc 4.16-17 : Les autres, pareillement, reçoivent la semence dans les endroits pierreux; quand ils entendent la parole, ils la reçoivent d'abord avec joie ; 4.17 Mais ils n'ont pas de racine en eux-mêmes, ils manquent de persistance, et, dès que survient une tribulation ou une persécution à cause de la parole, ils y trouvent une occasion de chute.
  • Marc 13.18-19 : Priez pour que ces choses n'arrivent pas en hiver. 13.19 Car la détresse, en ces jours, sera telle qu'il n'y en a point eu de semblable depuis le commencement du monde que Dieu a créé jusqu'à présent, et qu'il n'y en aura jamais.
  • Marc 13.24 : Mais dans ces jours, après cette détresse, le soleil s'obscurcira, la lune ne donnera plus sa lumière,
  • Luc 21.23 : Malheur aux femmes qui seront enceintes et à celles qui allaiteront en ces jours-là ! Car il y aura une grande détresse (pas le même mot) dans le pays, et de la colère contre ce peuple.
  • Jean 16.21 : La femme, lorsqu'elle enfante, éprouve de la tristesse, parce que son heure est venue; mais, lorsqu'elle a donné le jour à l'enfant, elle ne se souvient plus de la souffrance, à cause de la joie qu'elle a de ce qu'un homme est né dans le monde.
  • Jean 16.33 : Je vous ai dit ces choses, afin que vous ayez la paix en moi. Vous aurez des tribulations dans le monde; mais prenez courage, j'ai vaincu le monde.
  • Actes 7.10-11 : Mais Dieu fut avec lui, et le délivra de toutes ses tribulations; il lui donna de la sagesse et lui fit trouver grâce devant Pharaon, roi d'Égypte, qui l'établit gouverneur d'Égypte et de toute sa maison. 7.11 Il survint une famine dans tout le pays d'Égypte, et dans celui de Canaan. La détresse était grande, et nos pères ne trouvaient pas de quoi se nourrir.
  • Actes 11.19 : Ceux qui avaient été dispersés par la persécution survenue à l'occasion d'Étienne allèrent jusqu'en Phénicie, dans l'île de Chypre, et à Antioche, annonçant la parole seulement aux Juifs.
  • Actes 14.21-22 : Quand ils eurent évangélisé cette ville et fait un certain nombre de disciples, ils retournèrent à Lystre, à Icone et à Antioche, 14.22 fortifiant l'esprit des disciples, les exhortant à persévérer dans la foi, et disant que c'est par beaucoup de tribulations qu'il nous faut entrer dans le royaume de Dieu.
  • Actes 20.22-23 : Et maintenant voici, lié par l'Esprit, je vais à Jérusalem, ne sachant pas ce qui m'y arrivera ; 20.23 Seulement, de ville en ville, l'Esprit Saint m'avertit que des liens et des tribulations m'attendent.
  • Apocalypse 1.9 : Moi Jean, votre frère, et qui ai part avec vous à la tribulation et au royaume et à la persévérance en Jésus, j'étais dans l'île appelée Patmos, à cause de la parole de Dieu et du témoignage de Jésus.
  • Apocalypse 2.9-10 : Je connais ta tribulation et ta pauvreté (bien que tu sois riche), et les calomnies de la part de ceux qui se disent Juifs et ne le sont pas, mais qui sont une synagogue de Satan. 2.10 Ne crains pas ce que tu vas souffrir. Voici, le diable jettera quelques-uns de vous en prison, afin que vous soyez éprouvés, et vous aurez une tribulation de dix jours. Sois fidèle jusqu'à la mort, et je te donnerai la couronne de vie.
  • Apocalypse 2.22 : Voici, je vais la jeter sur un lit, et envoyer une grande tribulation à ceux qui commettent adultère avec elle, à moins qu'ils ne se repentent de leurs oeuvres.
  • Apocalypse 7.14 : Je lui dis: Mon seigneur, tu le sais. Et il me dit: Ce sont ceux qui viennent de la grande tribulation ; Ils ont lavé leurs robes, et ils les ont blanchies dans le sang de l'agneau.