- Les changements alimentaires -
1 - Introduction
2 - Des signes de changements
a) L'origine du pain.
b) Les changements d'alimentation.
c) Les produits transformés.
d) Le symbole du pain et des poissons.
3 - Des symboles
a) Du pain dans le jardin ?
b) Le pain et les poissons, indissociables de l'eau et du vin.
- b.1) Le pain.
- b.2) L'eau.
- b.3) Les poissons.
- b.4) Le vin.
c) Les annonces figuratives.
- c.1) La chute à l'époque d'Adam et Eve.
- c.2) La chute à l'époque de Noé.
- c.3) Melchisédek.
d) Les oiseaux du ciel.
4 - Porteur de la révélation
a) Abraham, porteur de la révélation en une vie.
- a.1) Une présentation charnelle.
- a.2) La promesse.
- a.3) Le sacrifice d'Isaac.
b) Moïse.
c) Jésus.
d) Noé.
5 - Le début de l'accomplissement
a) L'endurcissement.
b) 5 pains, 2 poissons, 12 paniers , 5000 hommes.
- b.1) Les choses à connaître.
- b.2) Les passages de l'évangile concernés.
- b.3) L'explication des éléments.
- b.4) L'explication de la parabole.
c) 7 pains, qq petits poissons, 7 corbeilles, 4000 hommes.
- c.1) Les passages de l'évangile concernés.
- c.2) L'explication des éléments.
- c.3) L'explication de la parabole.
d) Le rapport entre l'une et l'autre.
6 - La troisième multiplication des pains
a) Les sacrifices de la loi.
b) Le dernier repas.
7 - La révélation de la nappe
a) La vision.
b) L'introspection.
c) La compréhension.
d) La séparation des animaux.
8 - Clôture
a) Elie.
b) Elisée.
c) La fin de la fin.
1 - Introduction
On ne peut comprendre la valeur de la grâce qu'en comprenant la profondeur du péché qui a été enlevé. De la même manière, Il y a un constat qu'on fait rarement et qui concerne la nourriture. Nous sommes souvent portés à parler de l'importance du jeûne, mais ne parlons pas de ce qui concerne la chose dont on se prive. Si l'on y prête attention, on se rend compte qu'on base l'importance du jeûne sur les Paroles de Jésus, pourtant ce dernier a passé une part importante de son ministère à partager la Parole autour d'un repas. La sainte cène ayant elle-même été partagée durant celui de pâques. Et même lorsqu'il s'est présenté à ses disciples au bord du lac, il en avait préparé un.
Pourtant la nourriture porte un message en elle-même et qu'il soit aussi fréquemment négligé est en soi déjà un signe de son importance.
2 - Des signes de changements
a) L'origine du pain.
Dans le Jardin d'Eden, la nourriture de l'homme était composée de fruits divers. Aucune précision ne nous étant donnée, il n'y a aucun moyen de savoir lesquels. Le deuxième chapitre de la Genèse nous présente cela dans deux versets/passages :
🔘 Genèse 2.9 : « L'Éternel Dieu fit pousser du sol des arbres de toute espèce, agréables à voir et bons à manger, et l'arbre de la vie au milieu du jardin, et l'arbre de la connaissance du bien et du mal ».
🔘 Genèse 2.16-17 : « L'Éternel Dieu donna cet ordre à l'homme : Tu pourras manger de tous les arbres du jardin ; 17 mais tu ne mangeras pas de l'arbre de la connaissance du bien et du mal, car le jour où tu en mangeras, tu mourras ».
Si l'homme doit s'occuper du Jardin, il n'en est qu'un locataire, c'est Dieu qui s'occupe de tout faire pousser (Genèse 2.8-9 : « Puis l'Éternel Dieu planta un jardin en Éden ... L'Éternel Dieu fit pousser du sol des arbres de toute espèce... »). L'apparition du pain ne se fait que lorsque la chute d'Adam et Eve a eu lieu. La gratuité de la nourriture de Dieu va disparaître, et désormais, devant un sol maudit, l'homme devra suer pour obtenir sa pitance.
🔘 Genèse 3.17-19 : « Il dit à l'homme : Puisque tu as écouté la voix de ta femme, et que tu as mangé de l'arbre au sujet duquel je t'avais donné cet ordre : Tu n'en mangeras point ! le sol sera maudit à cause de toi. C'est à force de peine que tu en tireras ta nourriture tous les jours de ta vie, 18 il te produira des épines et des ronces, et tu mangeras de l'herbe des champs. 19 C'est à la sueur de ton visage que tu mangeras du pain, jusqu'à ce que tu retournes dans la terre, d'où tu as été pris ; car tu es poussière, et tu retourneras dans la poussière ».
L'homme était nourri par Dieu et, en mangeant de l'arbre de la connaissance du bien et du mal, il a choisi de devenir comme Dieu. Ce faisant, Dieu le juge selon les paroles de sa bouche. Eliphaz de Théman disait : « Ce n'est pas moi, c'est ta bouche qui te condamne. Ce sont tes lèvres qui déposent contre toi » (Job 15.6). C'est exactement ce qui se passe ici. En décidant de passer outre la Parole de Dieu, l'homme a pris sa place et se voit donc chargé de remplir également sa fonction.
Dieu nourrissait l'homme, maintenant l'homme va devoir se nourrir tout seul. C'est à ce moment-là qu'on nomme pour la première fois le pain, qui est un symbole plus qu'un aliment particulier. L'herbe était déjà une nourriture possible pour l'homme (Genèse 1.29) donc le pain est la seule nouveauté.
La particularité du pain, par rapport aux fruits des arbres du jardin, ne réside pas seulement dans sa nouveauté, mais également dans le fait que ce soit le premier produit transformé. Jusque-là, l'homme pouvait manger de l'herbe « portant de la semence et qui est à la surface de toute la terre » (Genèse 1.29), mais se trouvant dans le jardin, je pense que ça ne le concernait pas. Adam et Eve ne devaient, plus que probablement, se nourrir que de fruits divers. Ce sont les peuples qui vivaient en dehors du jardin d'Eden qui devaient se nourrir de cette herbe dont il est question dans le vingt-neuvième verset du premier chapitre.
b) Les changements d'alimentation.
Il était intéressant de soulever une répétition.
La chute de l'homme du jardin d'Eden a provoqué un changement d'alimentation, désormais il va manger du pain.
🔘 Genèse 3.19 : « C'est à la sueur de ton visage que tu mangeras du pain, jusqu'à ce que tu retournes dans la terre, d'où tu as été pris ; car tu es poussière, et tu retourneras dans la poussière ».
La chute de l'homme au déluge va également provoquer un changement d'alimentation, désormais il va manger de la viande, et du poisson.
🔘 Genèse 9.2-3 : « Vous serez un sujet de crainte et d'effroi pour tout animal de la terre, pour tout oiseau du ciel, pour tout ce qui se meut sur la terre, et pour tous les poissons de la mer : ils sont livrés entre vos mains. 3 Tout ce qui se meut et qui a vie vous servira de nourriture : je vous donne tout cela comme l'herbe verte ».
C'est d'autant plus intéressant que, si les deux chutes ont apporté de nouvelles prescriptions alimentaires, représentées dans les multiplications de Jésus, dans le même temps, sa victoire a mené à la révélation de la nappe qui abolit toutes les prescriptions alimentaires et qui agit comme un accomplissement, à l'image de la loi et de la grâce.
c) Les produits transformés.
Je disais que le pain est le premier produit transformé qui apparaisse dans la Parole de Dieu.
Dans les sacrifices de la loi de Moïse, en dehors des animaux sacrifiés, tous les produits qu'on présentait à Dieu devaient avoir été transformés. La main de l'homme devait passer par là avant que le produit ne puisse être offert. Ainsi, l'huile était le produit d'une association de différentes substances, mais on n'offrait pas d'olives, même principe pour l'encens. Sur les sacrifices on faisait des libations de vins, qui était également un produit transformé, par contre on n'offrait pas de raisins, on offrait des gâteaux et du pain, mais pas les ingrédients qui les composaient. Même lorsqu'on présentait une offrande des prémices en apportant des épis nouveaux, il fallait les broyer avant et les rôtir, avant de les mélanger avec de l'huile et de l'encens, sinon ils n'étaient pas agréés.
Même le sel, signe de l'alliance de Dieu (Lévitique 2.13), n'était pas simplement ramassé mais devait être transformé.
Pour comprendre la logique divine, le but était, et est toujours, la proximité. Dieu dresse une table pour son peuple. Le sacrifice était un moment de rencontre, et les produits transformés étaient toujours soit consommés, soit consumés. S'ils n'étaient pas intégralement brûlés, alors ils étaient mangés soit par le peuple, soit par les sacrificateurs.
Les cultes païens pratiquaient les dons alimentaires, les produits étaient généralement des prémices des récoltes, déposés devant des autels où ils pourrissaient sur place. Dieu se démarque par le fait qu'il n'est pas là pour priver son peuple, mais pour le rencontrer. Le psaume 23 nous dit : « tu dresses devant moi une table, en face de mes adversaires ». Même dans les conflits, Dieu ne se contente pas de pourvoir à la nourriture, mais il s'assoit à table avec nous. Même la réunion finale se fait dans un banquet, et Jésus nourrissait sans limite tous ceux qui, venant à lui, avaient faim.
d) Le symbole du pain et des poissons.
Nous avons donc les deux éléments des multiplications faites par Jésus dans l'évangile qui se trouvent être des marqueurs d'un changement profond de l'humanité. Cependant, ce qui compte ça n'est ni le pain ni les poissons en eux-mêmes, mais uniquement ce qu'ils représentent.
3 - Des symboles
a) Du pain dans le jardin ?
Bien que cette association ne se fasse qu'une fois dans la Parole de Dieu, elle y a été faite. Forcément symbolique, elle nous montre que le sens de ce que représente le pain n'est pas limité à ce que nous imaginons. Sa compréhension se situe sur deux plans différents. Regardons cependant, en premier lieu, le verset qui peut nous faire penser cela :
🔘 Jérémie 11.19 : « J'étais comme un agneau familier qu'on mène à la boucherie, et j'ignorais les mauvais desseins qu'ils méditaient contre moi : Détruisons l'arbre avec son fruit ! Retranchons-le de la terre des vivants, et qu'on ne se souvienne plus de son nom ! ».
Dans ce verset, Jérémie exprime sa position chancelante face aux hommes. Ces derniers veulent sa perte, ce qui nous est exprimé de différentes manières. L'une des manières en question se trouve justement être une affirmation bien étrange : «
Détruisons l'arbre avec son fruit ! ».
Ce qui est étrange dans cette formulation c'est le mot traduit par « fruit ». En Hébreux, c'est le mot « lechem » , qui signifie « pain ». « Détruisons l'arbre avec son fruit » se comprend donc également et surtout par : « Détruisons l'arbre avec son pain ».
La signification va bien au-delà de la simple image. Cela nous montre la différence entre Dieu et nous. Comme je le disais auparavant, le pain est un produit de transformation, pas un produit de base, mais cela fixe deux origines différentes au point de départ de ce qui peut être une transformation.
Pour l'homme, le fruit d'un arbre est un produit de base, il le prend en l'état ou il le transforme pour en obtenir quelque chose.
Pour Dieu, le fruit d'un arbre est déjà un produit transformé, il est la résultante d'un travail préalable, et d'un assemblage que Dieu a fait.
C'est pour cela que Jérémie nous transmet que ses contemporains veulent détruire « l'arbre avec son fruit/pain ». C'est une reconnaissance de l'origine divine du ministère de Jérémie.
Rapporté au jardin, cela nous permet de comprendre que Dieu se chargeait de tout dans le jardin, et le fruit des arbres était une nourriture suffisante pour l'homme. Maintenant, ayant rejeté l'autorité de Dieu, l'homme a par là-même rejeté tout ce qui venait de lui et se retrouve forcé de palier aux manques que cela crée. Parmi ceux-ci se trouve la nourriture. L'homme commence alors à devoir s'occuper lui-même de la transformation que Dieu faisait pour lui et il doit faire de ses mains ce que Dieu faisait par son autorité. Le fruit des arbres qui était le pain de l'homme dans le jardin est donc remplacé par le pain qui naît du travail de ses mains une fois qu'il se trouve à l'extérieur et qui doit donc être dissocié du pain en tant qu'aliment particulier.
b) Le pain et les poissons, indissociables de l'eau et du vin.
Généralement, une chose est souvent symbolique dans l'ancienne alliance, et plus concrète dans la nouvelle. En ce qui concerne ces aliments, c'est un tout petit peu différent. On passe simplement d'une compréhension à une autre, qui toutes les deux respectent la même symbolique. Nous sommes plus en présence d'un message caché dans l'ancienne alliance et qui se comprend en pénétrant dans la nouvelle. Dieu ne fait rien de nouveau, il a cessé de créer au septième jour. Il faudra attendre apocalypse 21.5 pour qu'il refasse toutes choses nouvelles, parce que les anciennes auront disparues (« Et celui qui était assis sur le trône dit : Voici, je fais toutes choses nouvelles »), même l'annonce faite dans Esaïe 43.19 (« Voici, je vais faire une chose nouvelle, sur le point d'arriver ») n'est qu'une annonce prophétique de ce qui est encore à venir et qui est inclus dans le verset du livre de l'apocalypse que je viens de citer.
C'est pour cela que c'est en comprenant le pain et les poissons dans l'évangile que l'on peut comprendre l'annonce qui en est faite dans l'ancienne alliance et donc le message qu'ils portaient déjà. Le passage à la nouvelle alliance n'ajoute jamais un sens, il éclaire simplement une compréhension. Ce qui n'était pas visible sans le Saint Esprit le devient, et la profondeur de la Parole n'augmente pas, mais notre perception de cette dernière le fait.
Cependant, comprendre pleinement le sens dans la nouvelle alliance, ne se peut qu'en comprenant également celui de l'ancienne. Cela peut sembler représenter une impossibilité, mais c'est uniquement parce qu'il est dans le cœur de l'homme de compartimenter. En réalité, la Parole forme un tout. Comprendre vaguement le sens du pain et des poissons dans la nouvelle alliance permet de le comprendre mieux dans l'ancienne, et cette nouvelle compréhension de l'ancienne nous en ouvre une meilleure pour la nouvelle. Ainsi celui qui refuse la nouvelle alliance se retrouve privé de cette compréhension, et celui qui refuse l'ancienne souffre de la même impossibilité.
b.1) Le pain.
Comme je le disais, le pain apparaît à la sortie du Jardin. Il représente Dieu dans la chair. « Ceci est mon corps » (Matthieu 26.26) disait Jésus en tendant le pain qu'il venait de rompre à ses disciples. On croit souvent, à tort, que le pain de la Sainte Cène représente le corps brisé de Jésus parce qu'il l'a rompu avant de le donner, mais dans la réalité, il ne représente que le corps. La Parole nous dit bien qu'aucun de ses os ne sera brisé. Jésus dit bien « Ceci est mon corps », et non pas "un morceau de mon corps". Chaque morceau de pain de la Sainte Cène représente le corps entier de Jésus. Il signifie le fait que Dieu ait décidé de se rapprocher de manière charnelle de l'homme et qu'il l'ait fait en prenant forme humaine.
Si la Sainte-Cène est une alliance, le pain n'en est pas une. C'est un mouvement de Dieu vers l'homme, afin de rendre cette alliance, que le vin représentera, possible. C'est pour cela que le fruit de l'arbre est également appelé le pain. Parce que dans le Jardin, l'Eternel Dieu avait créé ce lien, il venait sous forme physique, et il était la provision dont Adam et Eve avaient besoin.
Devant le rejet de son autorité, Adam et Eve ne seront pas privés de pain, ils devront cependant fournir des efforts pour y avoir accès, et ce, jusqu'à ce que les hommes sortent de l'Eden. A partir de là, les choses vont peu à peu changer pour permettre le retour prochain dans le jardin de Dieu. Cette première partie de l'histoire de l'homme est dont marquée par le pain, qui représente la présence physique de Dieu. Elle est suivie par l'eau, qui va marquer le baptême.
b.2) L'eau.
Dans la Sainte Cène, le pain représentait le corps de Jésus, donc le fait que Dieu se soit rapproché des hommes. L'eau, c'est la porte de l'acceptation. Le passage par lequel ceux qui y passent conservent la vie. C'est un passage, parce que ça n'est pas celui qui entre dans les eaux qui est lavé, mais celui qui en ressort. C'est pour cela que Jésus sortira immédiatement de l'eau après son baptême (Matthieu 3.16 : « Dès que Jésus eut été baptisé, il sortit de l'eau »).
La particularité de l'eau, c'est qu'elle est concomitante avec les poissons. C'est à l'instant où Noé sortira de l'arche portant son nom que Dieu lui parlera de ce sujet.
b.3) Les poissons.
🔘 Genèse 9.1-3 : « Dieu bénit Noé et ses fils, et leur dit : Soyez féconds, multipliez, et remplissez la terre. 2 Vous serez un sujet de crainte et d'effroi pour tout animal de la terre, pour tout oiseau du ciel, pour tout ce qui se meut sur la terre, et pour tous les poissons de la mer : ils sont livrés entre vos mains. 3 Tout ce qui se meut et qui a vie vous servira de nourriture : je vous donne tout cela comme l'herbe verte ».
Dès que Noé va sortir de l'arche avec les animaux qui l'accompagnent et sa famille, il dressera un autel et fera un sacrifice à Dieu. C'est alors que Dieu va inclure les poissons et la viande dans son alimentation.
La viande représente la Parole, la nourriture solide.
Les poissons représentent l'évangélisation, l'ouverture aux nations.
Ces deux nourritures sont bien entendu également des nourritures physiques, mais elles portent un sens spirituel. D'Adam à Noé, le pain représente la présentation de Dieu à son peuple, l'époque de Noé c'est celle du rejet, vient ensuite l'eau qui est le nettoyage des souillures, nettoyage sans lequel il n'est pas possible de reposer les fondations d'une nouvelle alliance. Dès la sortie de l'eau, c'est la viande et les poissons qui apparaissent dans le nouvel apport nutritif de l'homme, physiquement, mais également spirituellement, annonce des deux alliances à venir.
La première étant celle de la Parole écrite, et la deuxième étant celle de sa dispersion par l'évangélisation. La viande représente la nourriture solide dont nous parle l'écrivain de l'épître aux Hébreux. Rappelons-nous que lorsqu'il parle de lait, dans le même passage, il ne parle pas d'une nourriture normale pour un croyant. C'est en faisant un reproche qu'il fait cette affirmation :
🔘 Hébreux 5.12 : « Vous, en effet, qui depuis longtemps devriez être des maîtres, vous avez encore besoin qu'on vous enseigne les premiers rudiments des oracles de Dieu, vous en êtes venus à avoir besoin de lait et non d'une nourriture solide ».
On ne réfléchit pas assez à ce que représentent les rudiments. Ce sont des bases élémentaires. Si vous possédez des rudiments d'anglais ou d'allemand, vous n'êtes pas capable de parler ces langues, uniquement d'en comprendre quelques mots, mais certainement pas de tenir une conversation, ni même d'en comprendre une. Dans le verset d'Hébreux, son auteur ne parle même pas de rudiments, mais des premiers rudiments, soit le commencement du commencement. C'est cela qu'il appelle le lait, une boisson que l'enfant peut tout juste digérer mais dont il ne peut généralement même pas se saisir lui-même. L'Ethiopien qui discutait avec Philippe était plus avancé que cela.
Dans le verset faisant suite, l'écrivain de l'épître aux Hébreux dira : « Or, quiconque en est au lait n'a pas l'expérience de la parole de justice ; car il est un enfant » (Hébreux 5.13). Il faut cependant comprendre « enfant » plutôt dans le sens de nourrisson, puisque l'enfant peut manger de la nourriture solide, contrairement au nourrisson qui, lui, ne peut ingurgiter que le lait de sa mère. L'enfant spirituel n'est pas encore constitué en ce qui concerne le caractère et donc la mise en pratique de la connaissance, mais il a déjà la capacité d'emmagasiner cette connaissance.
C'est en ce sens que la viande se réfère à la Parole. Distinction est donc faite dans l'alliance que l'Eternel traite avec la descendance de Noé, entre ceux qui seront (ou devraient être) capable de recevoir et digérer la Parole, c'est-à-dire les descendants dans la chair, d'Abraham, d'Isaac et de Jacob, qui par l'entremise de Moïse recevront la Parole écrite, et la descendance dans l'Esprit, qui recevra par l'évangélisation (représentée par les poissons) accès à cette même alliance. Dieu établit donc deux lignées qui ne pourront se réunir qu'en Jésus.
Ainsi, l'Eternel annonce à Noé que tous entreront dans l'alliance qu'il reformule en sa présence, et il initie même l'alliance en question dans les trois versets qui suivent ceux où il vient d'ouvrir l'alimentation humaine à la viande et aux poissons.
b.4) Le vin.
Au sortir de l'arche, Noé entre dans une nouvelle ère. Dieu redéfinit ses attentes, pas sa volonté, parce qu'il est le même hier aujourd'hui et éternellement. Il annonce que les peuples qui se sont séparés avant le déluge, vont recevoir l'opportunité de se réunir, et il annonce de manière à peine voilée ce qu'il adviendra quelques millénaires plus tard.
🔘 Genèse 9.4-6 : « Seulement, vous ne mangerez point de chair avec son âme, avec son sang. 5 Sachez-le aussi, je redemanderai le sang de vos âmes, je le redemanderai à tout animal ; et je redemanderai l'âme de l'homme à l'homme, à l'homme qui est son frère. 6 Si quelqu'un verse le sang de l'homme, par l'homme son sang sera versé ; car Dieu a fait l'homme à son image ».
Le début de ce que l'Eternel dit à Noé est facile à comprendre, mais la précision finale change la donne. Ce : « car Dieu a fait l'homme à son image » modifie la compréhension de ce qui vient d'être dit. Cela pourrait sous-entendre que si ça n'avait pas été le cas, les hommes pourraient s'assassiner les uns les autres à tour de bras sans que cela ne pose le moindre problème. Bien évidemment, il n'est pas possible que cela soit le sens de ce qui vient d'être dit.
Je vais expliquer cela dans le point suivant, prenons simplement en compte qu'après le pain, puis simultanément l'eau, la viande et les poissons, Dieu enchaîne immédiatement par l'annonce du sang, et donc, si on se réfère à la Sainte Cène, au vin.
c) Les annonces figuratives.
Dans Genèse 9.4-6, on voyait donc une annonce qui semblait contradictoire avec la réaction de Dieu suite au meurtre d'Abel. Elle "semble" contradictoire, parce que Dieu ne change pas, et 1500 ans plus tôt, il se trouve que ce qui sert de base à la compréhension de ce qu'il vient de dire semble justement dire l'inverse. C'est cette différence qui aide à comprendre. Lorsque Caïn tue Abel, Dieu ne va pas le tuer en retour, et même, il fera en sorte que l'homme ne tire pas vengeance du sang qu'il a versé en mettant une marque sur lui. Comment concilier les deux passages ? Lorsque Dieu précise : « à l'homme qui est son frère », il fait directement allusion aux deux frères, fils d'Adam et Eve. La chose n'est cependant compréhensible qu'en incorporant la signification représentative de ce premier meurtre de l'humanité.
Je disais auparavant que ces deux passages partagent une particularité, celle de comporter un changement alimentaire. Il se trouve qu'ils ne partagent pas que cela.
c.1) La chute à l'époque d'Adam et Eve.
Bien sûr, l'éviction d'Adam et Eve du jardin d'Eden est la conséquence de la chute spirituelle provoquée par leur désobéissance. Il convient cependant de ne pas faire d'amalgame entre, d'un côté, le fait de sortir du Jardin d'Eden, et de l'autre, celui d'entrer dans l'Eden. La sortie est la conséquence du péché, l'entrée est la conséquence de la grâce et de la miséricorde. La conséquence du péché est nécessairement liée étroitement à ces deux notions, sinon, ce serait la mort.
La faute d'Adam et Eve provoque une annonce faite au serpent.
🔘 Genèse 3.15 : « Je mettrai inimitié entre toi et la femme, entre ta postérité et sa postérité : celle-ci t'écrasera la tête, et tu lui blesseras le talon ».
C'est la première annonce de la victoire de Jésus sur le serpent. C'est également ce même moment où Dieu change le mode alimentaire de l'homme. Tout d'abord d'un point de vue général :
🔘 Genèse 3.17 : « ... C'est à force de peine que tu en tireras ta nourriture tous les jours de ta vie ».
Mais immédiatement après de manière particulière :
🔘 Genèse 3.19 : « C'est à la sueur de ton visage que tu mangeras du pain ... ».
L'allusion au pain est là pour imager que l'homme va devoir faire un effort pour garder la présence de l'Eternel. C'est pour cela que nous avons la première apparition de sacrifices, ceux d'Abel et Caïn. Bien qu'à cette époque l'Eternel visite toujours Adam et Eve dans l'Eden, leur descendance ne bénéficie pas de la même faveur et doit faire ce qui est nécessaire pour qu'il reste présent parmi eux. La descendance de la descendance, soit le fils de Seth (Enosch), sera la première à devoir invoquer l'Eternel (Genèse 4.26 : « Seth eut aussi un fils, et il l'appela du nom d'Énosch. C'est alors que l'on commença à invoquer le nom de l'Éternel »).
Le meurtre d'Abel par son frère Caïn est la préfiguration de la mort de Jésus, la lignée de la promesse mise à mort par la lignée du rejet de cette dernière. Par ailleurs, "Caïn" signifiant également "lance", cela préfigure le prix que Jésus paiera pour la réparation de cette faute.
Pour résumer ce moment de l'histoire de l'humanité, nous avons :
- Une chute et un relèvement,
- Un changement alimentaire,
- L'annonce du sacrifice de Jésus,
- Le prix du sang.
Il se trouve que la période de Noé va correspondre trait pour trait à celle de l'Eden.
c.2) La chute à l'époque de Noé.
En fait, je pourrais presque faire un copier/coller du point précédent, mais je vais tout de même préciser pour éviter les méprises. Nous avons donc l'humanité qui a rejeté Dieu, et Dieu qui fait table rase. A travers la survivance de Noé et de sa famille, nous avons à nouveau le signe de la grâce (concernant Noé) et de la miséricorde (concernant sa descendance). Nous avons également un nouveau changement alimentaire, et une nouvelle annonce du sacrifice de Jésus. Pour le changement alimentaire, je l'ai déjà mentionné, par contre il convient maintenant de regarder où se situe l'annonce du sacrifice de Jésus. Cela se trouve évidemment dans le passage parlant du sang dans son discours à Noé :
🔘 Genèse 9.4-6 : « Seulement, vous ne mangerez point de chair avec son âme, avec son sang. 5 Sachez-le aussi, je redemanderai le sang de vos âmes, je le redemanderai à tout animal; et je redemanderai l'âme de l'homme à l'homme, à l'homme qui est son frère. 6 Si quelqu'un verse le sang de l'homme, par l'homme son sang sera versé ; car Dieu a fait l'homme à son image ».
Nous sommes donc en présence d'une annonce de ce qui est à venir. C'est pour cela que cela semble contredire la réaction de Dieu à l'époque de Caïn et Abel, parce que nous ne la regardions pas sous le bon angle. Lorsque Dieu spécifie : « à l'homme qui est son frère », il nous permet de faire le lien avec le meurtre d'Abel, mais il permet également d'annoncer une forme de fraternité universelle. Il annonce que le 7° saignement de Jésus, celui provoqué par la lance dans son côté, allait réconcilier l'humanité, les deux branches formées par les fils d'Adam et Eve. Cette forme de fraternité universelle doit être expliquée, nos frères en Jésus sont ceux qui l'ont accepté comme Seigneur et Maître, pas les autres, mais cette acceptation est spirituelle et non charnelle, bien qu'elle ait forcément des conséquences qui le soient. Etant spirituelle, elle est hors du temps, et Dieu étant le Dieu des vivants et non des morts, nous pouvons définir sans nous tromper que, par exemple, les disciples de Jésus sont nos frères. Ce qu'il faut prendre en compte pour comprendre correctement cette fraternité universelle, c'est justement cette dimension spirituelle qui est hors du temps. Parce que, si ceux qui sont derrière nous sont nos frères, ceux qui sont devant le sont également. Dieu connaissant toute chose, il sait qui lui appartiendra à la fin, et parmi ceux qui ne lui appartiennent pas encore aujourd'hui, il en est qui lui appartiendront demain. Dans le spirituel toutefois, le temps n'existant pas, Dieu les voit déjà comme nos frères, tout comme l'ange de l'Eternel qui voyait Gédéon comme un vaillant héros alors que ce dernier se voyait bien plus misérablement.
C'est pour cela que Dieu parle, dans Genèse 9.4-6, de redemander : « l'âme de l'homme à l'homme, à l'homme qui est son frère ». Il n'est pas question de traiter les gens comme des frères au regard de la foi, mais de considérer l'œuvre que Dieu est en train de faire en eux, tout comme il faisait une œuvre en nous avant que nous ne lui cédions. Pour les hommes nous n'étions rien, mais dans le regard de Dieu, nous étions déjà des frères. L'Eternel annonce donc son travail en tout homme. En outre, lorsqu'il conclut en affirmant que la raison de cette vision des choses est justement que « Dieu a fait l'homme à son image », il établit un nouveau niveau de compréhension des trois versets formant le passage. C'est cet ajout qui établit l'annonce du sacrifice de Jésus.
Alors que l'Eternel avait clairement établi la valeur de la vie en épargnant Caïn, il établit ici le prix du péché. Le péché n'étant pas de tuer, mais de refuser le Fils de Dieu. Il nous parle de la mort de Jésus dont le prix est le sang de celui qui l'aura versé, soit le nôtre. Nous sommes ceux qui avons mis Jésus sur la croix, et le prix est notre propre sang. Le seul moyen d'y échapper étant d'accepter celui de Jésus.
C'est cela qui se passe lorsqu'en 6 versets l'Eternel parle à Noé juste après le déluge. Il annonce les 4 choses suivantes, et cette fois-ci, il s'agit bien d'un copier/coller :
- Une chute et un relèvement,
- Un changement alimentaire,
- L'annonce du sacrifice de Jésus,
- Le prix du sang.
c.3) Melchisédek.
Ce personnage est la troisième et dernière annonce figurative de l'alliance que Dieu formule avec l'homme. Bien évidemment, elle va à nouveau se caractériser par de la nourriture et une image du sacrifice. J'ai déjà enseigné sur Melchisédek, je ne reviendrai donc que sur ce qui a de l'importance ici. Abraham est un personnage particulièrement central dans cette compréhension, et le prochain point parlera spécifiquement de lui. Il doit cependant également être cité ici, parce qu'il est à l'initiative de ce qui arrive, étant l'annonce du sacrifice.
La raison de l'apparition de Melchisédek est directement liée à ce qu'Abraham vient de faire. En mettant sa vie dans la balance pour le salut de tout un peuple, il a placé un marqueur qui apporte une représentation de ce que Jésus fera plus tard. C'est cela qui déclenche la venue de Melchisédek, qui est la partie du Fils de Dieu qui est à la fois roi et sacrificateur. En d'autres termes, Melchisédek est une forme de Jésus glorifié, celui qui est sacrificateur du tabernacle céleste *. Il rencontre celui qui vient d'annoncer par ses actes ce qu'il accomplira bien plus tard. C'est pour cela qu'Abraham ayant établi une préfiguration du sacrifice de Jésus, Melchisédek établit une préfiguration de la nouvelle alliance qui va en découler en faisant servir la première des Sainte-Cènes, dans laquelle le vin est la représentation du sang de l'alliance :
🔘 Genèse 14.18 : « Melchisédek, roi de Salem, fit apporter du pain et du vin : il était sacrificateur du Dieu Très Haut ».
(* Hébreux 4.14 : « Ainsi, puisque nous avons un grand souverain sacrificateur qui a traversé les cieux, Jésus, le Fils de Dieu, demeurons fermes dans la foi que nous professons ».
* Apocalypse 15.5 : « Après cela, je regardai, et le temple du tabernacle du témoignage fut ouvert dans le ciel »).
A travers ces trois moments, nous avons les deux alliances qui sont annoncées, et qui correspondent à chaque fois à une particularité alimentaire.
Nous avons :
🔘 1️⃣ L'eau, le pain et la viande d'un côté, concernant la loi. L'eau étant nécessaire pour entrer dans l'alliance. Tout d'abord celle de la mer rouge pour la génération qui est sortie d'Egypte, puis celle du Jourdain pour leurs descendants. Et dans le désert, c'est la manne et les cailles qui ont été pourvus, les cailles étant identifiées comme de la viande par l'Eternel. (Exode 16.12 : « J'ai entendu les murmures des enfants d'Israël. Dis-leur : Entre les deux soirs vous mangerez de la viande, et au matin vous vous rassasierez de pain ; et vous saurez que je suis l'Éternel, votre Dieu »). Ce sont les deux aliments que l'Eternel a multipliés dans le désert.
🔘 2️⃣ L'eau, le pain et les poissons de l'autre, concernant la grâce. L'eau étant toujours nécessaire pour entrer dans l'alliance, par le baptême du même type. Ensuite le pain et les poissons sont les deux symboles de la grâce. Le pain étant le corps de Jésus, et les poissons étant la manière dont Jésus représente les croyants (Matthieu 4.19 : « Il leur dit : Suivez-moi, et je vous ferai pêcheurs d'hommes »). Ce qui par extension en a fait un symbole d'évangélisation. Ce sont les deux aliments que Jésus a multipliés dans l'évangile.
Ces deux suites se réunissant dans le sang du sacrifice, compris charnellement dans le premier cas, et spirituellement dans le deuxième.
d) Les oiseaux du ciel.
On ne peut pas passer sous silence la présence des oiseaux qui est mise en avant exactement en même temps que les poissons et la viande lorsque l'Eternel parle à Noé et modifie les directives alimentaires au sortir de l'arche. Si les poissons annoncent le peuple de Dieu qui naîtra de l'évangélisation, donc le peuple par la foi, et si la viande représente le peuple qui naîtra par la loi, les oiseaux représentent la troisième partie, ceux qui se nourrissent des deux, les opportunistes. Ce sont les personnes qui ne veulent pas de Dieu. Ceux que le livre des Nombres appelle un "ramassis" (Nombres 11.4 : « Le ramassis de gens qui se trouvaient au milieu d'Israël »).
Cette désignation est toujours présente dans la Parole de Dieu. Par exemple, lorsqu'Asaph nous parle de l'héritage de Dieu dans les termes suivants :
🔘 Psaumes 79.1-2 : « Psaume d'Asaph. O Dieu ! les nations ont envahi ton héritage, elles ont profané ton saint temple, elles ont fait de Jérusalem un monceau de pierres. Elles ont livré les cadavres de tes serviteurs en pâture aux oiseaux du ciel, la chair de tes fidèles aux bêtes de la terre ».
Il fait mention de ce que les nations de la terre lorsqu'elles envahiront Jérusalem, la livreront à deux factions, les oiseaux du ciel et les bêtes de la terre. Les oiseaux du ciel sont les humains non convertis ayant reçu la marque de la bête mais n'ayant pas adoré son image, alors que les bêtes de la terre sont les inconvertis ayant reçu la marque de la bête et adoré son image.
Cette thématique des oiseaux du ciel se retrouve partout ; Dieu dit par la plume d'Ezéchiel que : « Je te jetterai dans le désert, toi et tous les poissons de tes fleuves. Tu tomberas sur la face des champs, tu ne seras ni relevé ni ramassé ; Aux bêtes de la terre et aux oiseaux du ciel je te donnerai pour pâture » (Ezéchiel 29.5).
S'il jette dans le désert les poissons, c'est bien qu'ils sont une image de quelque chose qui peut s'y trouver. Si les poissons représentent l'appartenance par la foi, il faut comprendre que ce verset ne parle pas des poissons des fleuves, mais « de TES fleuves». Dans le cas présent il parle à l'Egypte, qui n'est autre que la suite spirituelle de Babylone et l'ancêtre spirituelle de Rome. L'Eternel dit donc dans ce verset, que pendant un temps, Dieu livrera ceux qui auront placé leur foi dans l'Egypte : « Aux bêtes de la terre et aux oiseaux du ciel », soit à tous ceux qui ne lui appartiennent pas. Il annonce un temps où le monde se retournera contre celui qui les a trompés et leur a inspiré une fausse confiance.
C'est également de ce même type d'oiseaux que Daniel et Jean parlent lorsqu'ils nous détaillent leurs visions respectives, de l'arbre pour Daniel, et de l'Armageddon pour Jean :
🔘 Daniel 4.12 : « Son feuillage était beau, et ses fruits abondants ; il portait de la nourriture pour tous ; les bêtes des champs s'abritaient sous son ombre, les oiseaux du ciel faisaient leur demeure parmi ses branches, et tout être vivant tirait de lui sa nourriture ».
🔘 Daniel 4.14 : « Il cria avec force et parla ainsi : Abattez l'arbre, et coupez ses branches ; secouez le feuillage, et dispersez les fruits ; que les bêtes fuient de dessous, et les oiseaux du milieu de ses branches ! ».
Une fois que cet arbre est abattu, donc le fameux 'nouvel ordre mondial', l'arbre de la connaissance du bien et du mal, la bête est abattue, alors les oiseaux du ciel, qui sont ceux qui avaient suivi la bête par dépits, mais sans l'adorer sont appelés à se venger de ce que la bête leur avait fait. C'est pour cela qu'ils sont appelés à manger la chair de tous :
🔘 Apocalypse 19.17-18 : « Et je vis un ange qui se tenait dans le soleil. Et il cria d'une voix forte, disant à tous les oiseaux qui volaient par le milieu du ciel : Venez, rassemblez-vous pour le grand festin de Dieu, afin de manger la chair des rois, la chair des chefs militaires, la chair des puissants, la chair des chevaux et de ceux qui les montent, la chair de tous, libres et esclaves, petits et grands ».
4 - Porteur de la révélation
a) Abraham, porteur de la révélation en une vie.
(Ce point est détaillé dans l'enseignement sur le sacrifice d'Isaac)
Dieu travaille en douceur. La première version de sa révélation, il l'a disséminée sur plusieurs générations, d'Adam à Abraham, mais cette fois-ci on se rapproche d'une étape concrète, qui aura lieu un peu plus tard avec Moïse, c'est-à-dire le don de la loi au peuple élu dans la chair. Aussi, Dieu va répéter son alliance à venir, ce qui est une pratique commune.
Par contre, cette fois-ci, il va la présenter dans la vie d'un seul homme plutôt que de l'étaler sur plusieurs générations.
a.1) Une présentation charnelle.
Bien qu'Abraham fasse premièrement connaissance du Dieu Tout-Puissant, il va rencontrer l'Eternel en personne, sous forme charnelle. Il le rencontrera souvent, les deux les plus connues étant évidemment sous la forme de Melchisédek et l'autre lorsqu'il viendra le rencontrer accompagné de deux anges, sous le chêne de Mamré, avant la destruction de Sodome et Gomorrhe.
a.2) La promesse.
Dans sa promesse à Abraham, l'Eternel annoncera autant la descendance charnelle que la descendance spirituelle puisqu'il annonce des choses sur la descendance directe d'Abraham, mais poursuit en affirmant qu'il engendrera une multitude de nations, ce qui ne peut se faire que par la grâce. La promesse contient donc l'annonce de la loi et de la grâce, les deux branches qui se rejoindront.
a.3) Le sacrifice d'Isaac.
Enfin, par le sacrifice d'Isaac, Dieu annonce le sceau du sang qui viendra plus tard avec Jésus et qui réconciliera les deux branches (loi et grâce, donc viande et poisson) et qui marquera donc également la réconciliation de tous les interdits alimentaires à travers la révélation de la nappe.
b) Moïse.
A travers la loi, le sacrifice d'Isaac va se répéter comme un mantra. La séparation des animaux en fonction d'une pureté décidée sur des critères inconnus va les séparer en deux catégories. Les animaux purs et les animaux impurs. Regarder cette séparation selon des critères de difficulté de conservation est d'une particulière tristesse. Cette séparation est spirituelle et n'a aucune raison d'être charnelle pour quelqu'un qui croit que Dieu est Dieu. Cette lubie tient plus de l'orgueil que de la révélation divine. Pensant devoir impérativement expliquer ce qu'ils ne comprennent pas, nombreux sont ceux qui avancent ce genre de théories mettant la notion de conservation des aliments dans la balance, au lieu de simplement se dire non seulement que ça n'est pas grave de ne pas comprendre une chose, mais qu'en plus ils n'ont aucune obligation, voir aucune autorisation, d'expliquer la Parole à ceux qui se posent ces questions, donc généralement les païens.
En réalité, la séparation des animaux en deux catégories suit exactement la même logique que l'interdit alimentaire de la nouvelle alliance mais sous un angle qui noie un peu la lisibilité de ce parallèle.
En réalité, l'ancienne alliance nous explique comment déterminer quel animal est pur et quel animal ne l'est pas. Par contre elle ne nous dit pas pourquoi la règle qu'on nous donne est un déterminant de la pureté ou de l'impureté de la bête. Ainsi :
L'animal terrestre doit ruminer ET avoir SOIT le sabot fendu, SOIT le pied fourchu (Lévitique 11.3).
Le poison doit avoir des écailles ET des nageoires (Lévitique 11.9).
Les oiseaux sont plus particuliers puisqu'une liste de ceux qui sont impurs est donnée (Lévitique 11.13-19).
Les reptiles autorisés sont ceux qui ont : « des articulations qui leur permettent de sauter sur la terre » (Lévitique 11.20-23).
Dans la nouvelle alliance, la séparation ne se fait plus selon les caractéristiques de l'animal, mais selon le traitement qui lui a été infligé (les viandes sacrifiées aux idoles), ce qui fait qu'aucun animal n'est impur en soi, mais chacun d'entre eux peut le devenir en fonction de critères qui lui sont extérieurs.
Le point commun des deux déterminations est que l'animal n'est jamais impur en lui-même. On notera que dans le livre du Lévitique, lorsque l'Eternel parle à Moïse et à Aaron au sujet des animaux interdits et autorisés, il ne leur dit pas "voici les animaux purs et les animaux impurs". Il leur dit : « Voici les animaux que vous pourrez manger parmi toutes les bêtes qui vivent sur la terre » (Lévitique 11.2). Il ne parle pas de pureté intrinsèque. Il n'est question que d'obéissance. La précision de l'impureté ne concerne pas plus l'animal, mais la façon de le regarder (Lévitique 11.4 : ... vous le regarderez comme impur). Ainsi, l'Eternel dit en réalité, : "vous ne mangerez pas ces animaux et vous vous comporterez avec eux comme s'ils étaient impurs", il ne dit jamais qu'ils le sont, mais uniquement comment les hébreux devaient les regarder ou les considérer.
Cette séparation en deux catégories de la vie animale dans son ensemble peut paraître arbitraire, mais en réalité elle est un symbole fort et primordial dans la révélation de Dieu et de l'accès que nous avons auprès de lui.
c) Jésus.
Il était facilement prévisible que l'accomplissement des préceptes alimentaires passerait par Jésus.
Dans l'ancienne alliance, le pain représente la nourriture de base, tout comme c'est également le cas dans la nouvelle, ce qu'on retrouve assez facilement dans l'exemple de prière que donne Jésus (Matthieu 6.11 : « donne-nous aujourd'hui notre pain quotidien »). La forme charnelle, c'est le pain, mais pas en tant qu'aliment particulier. Cela désigne la nourriture d'un point de vue général. Ainsi le fruit de l'arbre est du pain selon Jérémie, et lorsque l'Eternel Dieu dit à Adam qu'il mangera du pain à la sueur de son visage (Genèse 3.19*), cela désigne simplement le fait qu'il devra travailler pour obtenir sa nourriture et pas une nourriture spécifique. Ca englobe donc tous les types de nourritures (animaux purs et impurs, parce qu'il n'y a pas encore de distinctions).
* Genèse 3.19 : « C'est à la sueur de ton visage que tu mangeras du pain, et ce jusqu'à ce que tu retournes à la terre, puisque c'est d'elle que tu as été tiré. Oui, tu es poussière et tu retourneras à la poussière ».
De la même manière, lorsqu'on le transpose dans le spirituel, le pain reste la nourriture basique du croyant. Ainsi Jésus devient le pain de vie, à l'image de la manne. Cependant le pain n'est pas une alliance, c'est le sang qui l'est.
d) Noé.
Au sortir de l'arche, nous avons tous les éléments qui sont présents :
- Le pain est premier, il est la base de la vie, la représentation de Jésus. Au sortir de l'arche tous les éléments qui vont lui être ajoutés sont cités.
- La viande : la loi.
- Les poissons : La grâce.
- Les oiseaux : ceux qui refusent Jésus mais n'adorent pas la bête.
- Les bêtes des champs : ceux qui refusent Jésus et adorent la bête.
- Le sang : qui peut tout réconcilier.
La sortie de l'arche est le début de l'annonce de ce qui va suivre. Tout d'abord la loi, à travers l'addition du pain et de la viande (l'Exode), ensuite le pain et les poissons (l'évangile), les oiseaux et les bêtes des champs (Daniel et l'Apocalypse). Toutes les factions terrestres sont donc représentées.
C'est l'annonce d'une séparation aux survivants d'un monde où il n'y en avait plus. Dieu annonce la séparation entre ceux qui lui appartiennent et ceux qui ne lui appartiennent pas. Avant le déluge, la lignée de Caïn s'est unie avec celle de Seth et ils ne formaient plus qu'un peuple dans lequel Noé était une exception. Le dernier grain de sel avant l'extinction.
Pourtant, la séparation entre les animaux et la façon de les regarder ne va commencer que quelques siècles plus tard. D'autant que l'Eternel va justement déclarer que tous les animaux serviront de nourriture aux hommes. Affirmation intéressante parce qu'elle ne trouvera son accomplissement que quelques millénaires plus tard. Si on regarde charnellement le texte, alors on ne peut que se demander pourquoi l'Eternel donne tous les animaux comme nourriture à la sortie de l'arche, mais que sous la loi, il en interdit une immense partie.
Les choses deviennent plus précises si on regarde de plus près l'affirmation de l'Eternel. Il leur donne tous les animaux pour nourriture, mais place un interdit. Il n'est pas permis de consommer un animal avec son sang. C'est là que les choses deviennent amusantes. L'interdit que place l'Eternel est donné plusieurs siècles avant la loi, mais il n'en parle pas. Il parle directement de la grâce dans laquelle tous les animaux sont regardés comme purs, mais le sang reste interdit. C'est entre cette annonce et son accomplissement que vont se situer la multitude d'interdits alimentaires qui seront détaillés sous la loi et qui ne seront valables que sous elle. Les interdits alimentaires sont donc une parenthèse entre l'annonce faite à Noé et l'accomplissement révélé à Pierre.
Alors qu'il n'y avait aucune distinction avant, avec l'apparition de la loi, des animaux qui, la veille, n'avaient rien de particulier devront soudainement être regardés comme impurs. Ils n'ont pas changé, mais le regard des hommes l'a fait.
Cette distinction entre les animaux représentait justement la particularité des Hébreux. En ce sens qu'ils n'étaient pas différents en eux-mêmes. La différence avec les autres peuples ne se faisait que dans le regard de l'Eternel, et nulle part ailleurs. Les Hébreux avaient été décrétés purs et les nations impures, pourtant les comportements des uns et des autres n'étaient pas très différents, les points communs étaient particulièrement nombreux. Ces séparations entre les animaux représentaient une période dans laquelle un peuple avait été arbitrairement séparé des autres par l'Eternel. De la même manière qu'ils annonçaient le sacrifice à venir de Jésus au travers de tous les sacrifices qui structuraient leur existence, ils répétaient en boucle leur différence d'avec les autres peuples par la séparation entre les animaux purs et les animaux impurs.
Dans son alliance avec Noé, l'Eternel annonçait une finalité. Signe supplémentaire que la loi, qui n'est pas l'accomplissement de l'alliance alimentaire faite avec Noé, n'est qu'une étape vers elle. La finalité se trouvant dans l'accomplissement par le sacrifice de Jésus, plus spécifiquement révélé à Pierre dans le passage de la nappe.
5 - Le début de l'accomplissement, la multiplication des pains
Après nous avoir annoncé ce qui était à venir en utilisant systématiquement l'alimentation comme image, nous en arrivons finalement à la période de Jésus sur terre. C'est évidemment la période dans laquelle les annonces faites durant les différents changements alimentaires vont s'accomplir. Arrivé à l'aube du commencement des réalisations, la première chose que va faire Jésus, c'est de résumer le passé et d'expliquer la transition. Il va le faire au travers des deux multiplications du pain les plus connues.
Passages incompris s'il en est, ces multiplications des pains de l'évangile portent une signification qui va bien au-delà du simple fait de nourrir ceux qui ont faim. Matthieu termine l'explication de la première fois où s'est arrivé en nous disant qu'ils « n'avaient pas compris le miracle des pains, parce que leur cœur était endurci » (Matthieu 6.52). Propos doublement étonnant. Tout d'abord, ils attestent que la compréhension du miracle des pains ne se limite pas à une provision alimentaire, mais bien au-delà, nous apprenons que l'incapacité de ses disciples à comprendre ce à quoi ils venaient pourtant de participer, montrait l'endurcissement de leur cœur. Aussi triste que cela soit, cette vérité n'a pas changé, et notre propre incompréhension révèle la même chose.
Comprenant que ma propre incompréhension révélait mon endurcissement, il n'en fallait pas plus pour que le besoin de comprendre apparaisse. Non pas seulement le besoin de comprendre le passage, puisque cela n'effacerait pas mon endurcissement, mais de comprendre, au-delà du passage, en quoi j'étais endurci, clé de la compréhension de la Parole de Dieu dans son ensemble.
a) L'endurcissement.
Lorsque l'on cherche la signification du verbe "endurcir", on fait face à deux définitions, une concernant le corps, une concernant l'âme. Pour le corps, il s'agit de devenir plus résistant, c'est donc une chose positive. Par contre, pour l'âme, il s'agit de devenir moins sensible, ce qui a plutôt tendance à être négatif. En réalité, dans les deux cas, le sens est exactement le même, la différence ne se trouve que dans notre perception. S'endurcir revient à diminuer ses réactions à ce qui entre en contact avec nous. Spirituellement, cela revient à s'attacher aux apparences. Dans la Parole, il va de soi que Dieu ne parle pas d'endurcissement du corps, mais uniquement d'endurcissement du cœur, donc de l'âme, ou, plus généralement, des pensées.
🔘 Hébreux 3.8-9 : « N'endurcissez pas vos cœurs, comme lors de la révolte, le jour de la tentation dans le désert, où vos pères me tentèrent, pour m'éprouver, et ils virent mes œuvres pendant quarante ans ».
De la même manière, lorsque Dieu endurcit le cœur de Pharaon, c'est pour qu'il ne soit plus en mesure de s'attacher à ce qui paraît le plus censé, mais qu'il se renferme sur ses croyances. Dieu ne voulait pas que Pharaon se convertisse, et il savait qu'en faisant éclater ses signes au milieu de l'Egypte, cela pouvait arriver, alors il a endurci son cœur, afin de le rendre aveugle :
🔘 Exode 10.1 : « L'Éternel dit à Moïse : Va vers Pharaon, car j'ai endurci son cœur et le cœur de ses serviteurs, pour faire éclater mes signes au milieu d'eux ».
Dans l'évangile, Jésus était coutumier des paraboles, mais il ne se contentait pas seulement de les dires. Tout comme la fonction de certains prophètes s'exprime par le langage, donc la transmission de ce que Dieu dit, et que d'autres sont prophètes non pas dans ce sens, mais dans leur existence même, comme l'était Abraham, les paraboles de Jésus sont également mises en avant de différentes manières.
Il se trouve justement que les deux multiplications des pains sont des paraboles, qui, comme toutes les paraboles, avaient plongé les disciples dans l'incompréhension.
Pour en revenir cependant à la notion même d'endurcissement, il faut comprendre qu'elle exprime une incapacité de comprendre issue d'une incapacité, non pas d'entendre, mais d'écouter. Ainsi, nous entendons parfaitement ce que Dieu dit, mais nous ne faisons qu'attendre qu'il se taise afin de donner notre avis. C'est dit rapidement et de manière abrupte, mais c'est de cela qu'il s'agit. Nous sommes continuellement dans la certitude de comprendre quelque chose, et chaque chose que nous croyons avoir cerné devient un endurcissement en soi.
Il faut toutefois garder à l'esprit que je ne parle pas de condamnation, mais de compréhension. Le meilleur exemple étant celui de Marthe et Marie lorsque Jésus vient auprès de Lazare, qui est mort quelques jours auparavant. L'incompréhension des disciples est le signe d'un endurcissement :
🔘 Jean 11.11-13 : « Après ces paroles, il leur dit : Lazare, notre ami, dort ; mais je vais le réveiller. Les disciples lui dirent : Seigneur, s'il dort, il sera guéri. Jésus avait parlé de sa mort, mais ils crurent qu'il parlait de l'assoupissement du sommeil ».
Les disciples ont entendu Jésus, mais ils ne l'ont pas écouté. Cependant, ce sont ses disciples, alors Jésus leur expliquera dans le verset suivant : « Alors Jésus leur dit ouvertement : Lazare est mort » (Jean 11.14). Par contre, devant exactement la même situation, quelques versets plus tard, alors que Marthe parle de la mort de son frère Lazare, Jésus reste silencieux quant à l'éventuelle explication de ce qu'il vient de lui dire :
🔘 Jean 11.23-26 : « Jésus lui dit : Ton frère ressuscitera. Je sais, lui répondit Marthe, qu'il ressuscitera à la résurrection, au dernier jour. Jésus lui dit : Je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi vivra, quand même il serait mort; et quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais. Crois-tu cela ? ».
Dans le cas de Marthe ou des disciples, l'endurcissement en question vient de la situation. La peine d'un "décès" bloque leur capacité d'écoute, et ils se retrouvent tous à se baser non sur ce qu'ils entendent, mais sur les croyances personnelles qu'ils ont déjà. C'est en cela qu'ils entendent Jésus, mais qu'ils ne l'écoutent pas vraiment, et c'est pour cela que je disais qu'on a tendance à attendre qu'il se taise pour mettre en avant nos propres référents.
L'endurcissement dont Jésus parle concernant l'incapacité de comprendre le miracle des pains ne représente donc pas un endurcissement global de la personne devant comprendre, dans le cas présent, les disciples. Il représente un endurcissement particulier. Nous pouvons être à l'écoute dans un domaine et ne pas l'être dans un autre, justement parce que nous nous reposons sur des acquis et non sur Dieu, qui, justement n'est pas un acquis. Or, dans les deux exemples de multiplication des pains qui nous sont donnés, c'est le premier qui apporte cette remarque de Jésus, et il y a une différence importante sur laquelle il faudra revenir plus tard. Le premier miracle de la multiplication des pains est à l'initiative des disciples, alors que le deuxième est à l'initiative de Jésus. Les disciples ont posé la base de ce qui se passe la première fois, et ils n'entrent pas dans ce que Jésus dit parce qu'ils restent purement charnels. Ils oublient à cet instant que le sacrifice d'Isaac avait beau être un geste charnel, il portait une signification spirituelle. Ils ne voient donc dans ce qui vient de se passer que la provision divine attachée à un besoin du corps et ne perçoivent pas le message spirituel qu'elle porte. Cette limitation qu'ils posent est l'endurcissement dont Jésus parle.
Esaïe parlait déjà de cela dans le sixième chapitre de son livre, nous affirmant que ce que l'on comprend vient de ce que l'on entend et de ce que l'on voit.
🔘 Esaïe 6.9-10 : « Il dit alors : Va, et dis à ce peuple : Vous entendrez, et vous ne comprendrez point ; Vous verrez, et vous ne saisirez point. Rends insensible le cœur de ce peuple, endurcis ses oreilles, et bouche-lui les yeux, pour qu'il ne voie point de ses yeux, n'entende point de ses oreilles, ne comprenne point de son cœur, ne se convertisse point et ne soit point guéri » .
Il faut donc voir l'endurcissement non pas comme une punition, mais comme une conséquence. Dans l'ancienne alliance, la loi ne permettait pas la nuance, alors que la grâce le fait. Elle n'autorise pas plus le péché, elle le couvre pendant la marche de celui qui veut changer. Cependant, elle ne nous exclut pas des conséquences. Lorsque la Parole de Dieu nous dit que : « la malédiction sans cause n'a point d'effet » (Proverbes 26.2), il faut bien comprendre, que croyant ou non, appartenant à Jésus ou non, si une cause existe, la malédiction a un droit. L'endurcissement marche de la même manière. Chaque partie de nous que nous n'avons pas encore mise en règle diminue la quantité de lumière que nous pouvons porter, et certaines compréhensions deviennent impossibles parce qu'elles nécessitent des parties de nous qui sont encore dans l'obscurité.
C'est difficile d'abandonner ses certitudes autres que celles basées sur la Parole de Dieu, et je ne parle pas de domaines existentiels, je parle de toute certitude. Dans le cas des disciples, ils ont de facto considéré que ce que Jésus venait de faire devait se trouver sur le même plan que la demande qu'ils avaient faite concernant la nourriture des 5000, et il en a résulté qu'ils n'ont pas compris ce qu'il a fait. Quelque chose d'aussi "insignifiant" que de croire que Jésus pourrait simplement donner à manger à quelqu'un qui a faim leur a fait oublier à qui ils avaient demandé de trouver une solution. Ils attendaient une réponse à leur dimension et n'ont pas été capable de voir que la réponse de Jésus était à la dimension de Dieu.
Ce faisant, ils ont accompli la parole de Dieu dans Esaïe :
🔘 Esaïe 55.8 : « Car mes pensées ne sont pas vos pensées, et vos voies ne sont pas mes voies, dit l'Éternel ».
b) 5 pains, 2 poissons, 12 paniers, 5000 hommes.
b.1) Les choses à connaître.
1️⃣ - La grâce qui était sur Moïse et Josué.
Moïse est passé par l'eau et par le feu en traversant la nuée. Il en va de même pour Josué. L'un des signes de ce qui s'est passé se trouve dans l'imposition des mains de Moïse à Josué. La forme qu'elle prend est unique dans l'ancienne alliance en ce qu'elle est le calque de l'imposition des mains de la nouvelle alliance. Ces deux personnages connaissaient parfaitement la symbolique de cette pratique et ne pouvait donc pas en venir à faire n'importe quoi. Moïse savait que l'imposition des mains consistait à prendre la faute du pécheur afin de la poser sur le sacrifice, de telle sorte à ce que Dieu puisse regarder ce pécheur, dépouillé de sa faute. Moïse a conscience de cela, pourtant il impose les mains à Josué sans aucun animal sacrificiel dans les environs. Parce qu'en entrant dans la nuée, il est entré dans l'éternité, lieu où le sacrifice de Jésus a déjà eu lieu. Toute la scène de l'imposition des mains de Moïse à Josué est anachronique, si on enlevait le nom des personnages, nous croirions tous qu'elle se situe dans le livre des actes des apôtres. En outre, dans ce même passage, nous voyons que : « Josué, fils de Nun, était rempli de l'esprit de sagesse, car Moïse avait posé ses mains sur lui » (Deutéronome 34.9), ce qui signifie qu'il n'avait pas l'esprit sur lui, mais en lui. Cependant, contrairement à ce qui est majoritairement cru de nos jours, Moïse n'a rien transmis à Josué. On comprend cela beaucoup mieux grâce à Medad et Eldad. Le passage est le suivant :
🔘 Nombres 11.25-27 : « L'Éternel descendit dans la nuée, et parla à Moïse ; il prit de l'esprit qui était sur lui, et le mit sur les soixante-dix anciens. Et dès que l'esprit reposa sur eux, ils prophétisèrent ; mais ils ne continuèrent pas. Il y eut deux hommes, l'un appelé Eldad, et l'autre Médad, qui étaient restés dans le camp, et sur lesquels l'esprit reposa ; car ils étaient parmi les inscrits, quoiqu'ils ne fussent point allés à la tente ; et ils prophétisèrent dans le camp. Un jeune garçon courut l'annoncer à Moïse, et dit : Eldad et Médad prophétisent dans le camp ».
L'esprit qui venait de Moïse était pour Moïse, et personne ne pouvait l'avoir. Lorsqu'il a reposé sur les 68, il n'a pu être que passager. Par contre, l'esprit qui vient de Dieu est permanent, et c'est de cet esprit que Medad et Eldad sont recouverts. Ca nous montre que Moïse ne pouvait pas transmettre de son esprit sur Josué, il n'a fait que permettre à Dieu de transmettre le sien.
2️⃣ - La dimension du tabernacle de Moïse.
Jésus fait asseoir les 5000 hommes par rangées de 50, soit 100 rangées de 50 hommes, ce qui correspond aux dimensions du parvis du tabernacle qui était de 50 coudées sur 100. Chaque homme assis a la taille de l'autel duquel émane les parfums, qui sont une image de la prière des saints.
Par ailleurs, dans ce tabernacle, tout tourne autour de Jésus, de l'autel des sacrifices, au lavoir (qui représente le baptême d'eau), la table des pains, et le chandelier placé devant spécifiquement pour que la lumière pointe sur elle. Tout le trajet qui mène au Père, dans le saint des saints, passe par le Fils.
Comprendre cela est nécessaire pour comprendre la multiplication des pains.
b.2) Les passages de l'évangile concernés.
Contrairement à la deuxième multiplication des pains, la première est présente dans les quatre versions de l'évangile.
🔘 Matthieu 14.15-21 : Le soir étant venu, les disciples s'approchèrent de lui, et dirent : Ce lieu est désert, et l'heure est déjà avancée ; renvoie la foule, afin qu'elle aille dans les villages, pour s'acheter des vivres. 16 Jésus leur répondit : Ils n'ont pas besoin de s'en aller ; donnez-leur vous-mêmes à manger. 17 Mais ils lui dirent : Nous n'avons ici que cinq pains et deux poissons. 18 Et il dit : Apportez-les-moi. 19 Il fit asseoir la foule sur l'herbe, prit les cinq pains et les deux poissons, et, levant les yeux vers le ciel, il rendit grâces. Puis, il rompit les pains et les donna aux disciples, qui les distribuèrent à la foule. 20 Tous mangèrent et furent rassasiés, et l'on emporta douze paniers pleins des morceaux qui restaient. 21 Ceux qui avaient mangé étaient environ cinq mille hommes, sans les femmes et les enfants.
🔘 Marc 6.35-52 : Comme l'heure était déjà avancée, ses disciples s'approchèrent de lui, et dirent : Ce lieu est désert, et l'heure est déjà avancée ; 36 renvoie-les, afin qu'ils aillent dans les campagnes et dans les villages des environs, pour s'acheter de quoi manger. 37 Jésus leur répondit: Donnez-leur vous-mêmes à manger. Mais ils lui dirent: Irions-nous acheter des pains pour deux cents deniers, et leur donnerions-nous à manger ? 38 Et il leur dit : Combien avez-vous de pains ? Allez voir. Ils s'en assurèrent, et répondirent : Cinq, et deux poissons. 39 Alors il leur commanda de les faire tous asseoir par groupes sur l'herbe verte, 40 et ils s'assirent par rangées de cent et de cinquante. 41 Il prit les cinq pains et les deux poissons et, levant les yeux vers le ciel, il rendit grâces. Puis, il rompit les pains, et les donna aux disciples, afin qu'ils les distribuassent à la foule. Il partagea aussi les deux poissons entre tous. 42 Tous mangèrent et furent rassasiés, 43 et l'on emporta douze paniers pleins de morceaux de pain et de ce qui restait des poissons. 44 Ceux qui avaient mangé les pains étaient cinq mille hommes. 45 Aussitôt après, il obligea ses disciples à monter dans la barque et à passer avant lui de l'autre côté, vers Bethsaïda, pendant que lui-même renverrait la foule. 46 Quand il l'eut renvoyée, il s'en alla sur la montagne, pour prier. 47 Le soir étant venu, la barque était au milieu de la mer, et Jésus était seul à terre. 48 Il vit qu'ils avaient beaucoup de peine à ramer; car le vent leur était contraire. A la quatrième veille de la nuit environ, il alla vers eux, marchant sur la mer, et il voulait les dépasser. 49 Quand ils le virent marcher sur la mer, ils crurent que c'étaient un fantôme, et ils poussèrent des cris ; 50 car ils le voyaient tous, et ils étaient troublés. Aussitôt Jésus leur parla, et leur dit : Rassurez-vous, c'est moi, n'ayez pas peur ! 51 Puis il monta vers eux dans la barque, et le vent cessa. Ils furent en eux-mêmes tout stupéfaits et remplis d'étonnement ; 52 car ils n'avaient pas compris le miracle des pains, parce que leur cœur était endurci.
🔘 Luc 9.12-17 : Comme le jour commençait à baisser, les douze s'approchèrent, et lui dirent : Renvoie la foule, afin qu'elle aille dans les villages et dans les campagnes des environs, pour se loger et pour trouver des vivres ; car nous sommes ici dans un lieu désert. 13 Jésus leur dit : Donnez-leur vous-mêmes à manger. Mais ils répondirent : Nous n'avons que cinq pains et deux poissons, à moins que nous n'allions nous-mêmes acheter des vivres pour tout ce peuple. 14 Or, il y avait environ cinq mille hommes. Jésus dit à ses disciples : Faites-les asseoir par rangées de cinquante. 15 Ils firent ainsi, ils les firent tous asseoir. 16 Jésus prit les cinq pains et les deux poissons, et, levant les yeux vers le ciel, il les bénit. Puis, il les rompit, et les donna aux disciples, afin qu'ils les distribuassent à la foule. 17 Tous mangèrent et furent rassasiés, et l'on emporta douze paniers pleins des morceaux qui restaient.
🔘 Jean 6.5-13 : Ayant levé les yeux, et voyant qu'une grande foule venait à lui, Jésus dit à Philippe : Où achèterons-nous des pains, pour que ces gens aient à manger ? 6 Il disait cela pour l'éprouver, car il savait ce qu'il allait faire. 7 Philippe lui répondit : Les pains qu'on aurait pour deux cents deniers ne suffiraient pas pour que chacun en reçût un peu. 8 Un de ses disciples, André, frère de Simon Pierre, lui dit : 9 Il y a ici un jeune garçon qui a cinq pains d'orge et deux poissons ; mais qu'est-ce que cela pour tant de gens ? 10 Jésus dit : Faites-les asseoir. Il y avait dans ce lieu beaucoup d'herbe. Ils s'assirent donc, au nombre d'environ cinq mille hommes. 11 Jésus prit les pains, rendit grâces, et les distribua à ceux qui étaient assis ; il leur donna de même des poissons, autant qu'ils en voulurent. 12 Lorsqu'ils furent rassasiés, il dit à ses disciples : Ramassez les morceaux qui restent, afin que rien ne se perde. 13 Ils les ramassèrent donc, et ils remplirent douze paniers avec les morceaux qui restèrent des cinq pains d'orge, après que tous eurent mangé.
b.3) L'explication des éléments.
Dans cette première multiplication, Jésus résume l'un des aspects de l'ancienne alliance le concernant.
Il nous pose 8 choses, quatre sont les différents éléments : pains, poissons, corbeilles et hommes ; les quatre autres étant les quantités.
Les pains et les poissons représentent chacun différentes choses, commençons par les 5 pains.
1️⃣ - Les 5 pains.
- Ce sont 5 personnes : Aaron et ses 4 fils.
- Ils sont les garants de la loi, qui est contenue dans les 5 livres du pentateuque.
- Le pain c'est Jésus.
- Dans cette "parabole", Jésus, parlant des 5 pains fait donc allusion à la révélation qui a été donnée sur lui durant la loi par le truchement d'Aaron et de ses fils, qui représentent la sacrificature, et donc les serviteurs du temple de l'époque.
2️⃣ - Les 2 poissons.
- Ce sont deux personnes : Moïse et Josué.
- Comme je l'expliquais auparavant, Aaron et ses 4 fils représentent la sacrificature de la loi. Par contre, Moïse et Josué représentent la sacrificature de l'esprit.
- Les poissons, comme toujours, représentent la conversion par la grâce et pas par la loi. D'un point de vue plus général, c'est la conséquence, de nos jours, de l'évangélisation.
- Dans cette "parabole", Jésus, parlant des 2 poissons fait donc allusion à la révélation qui a été donnée sur lui par la grâce, et que Moïse et Josué ont reçu en traversant la nuée.
3️⃣ - Les 5 pains et les 2 poissons.
L'addition des deux paraît donc logique. C'est la totalité de la révélation qui a été donnée à l'époque de Moïse, mais qui ne pouvait alors être reçue que partiellement par le peuple, parce que le peuple y accédait non pas par Moïse et Josué, mais par le filtre d'Aaron et de ses fils. Non pas parce que Dieu ne voulait pas, mais parce que le peuple avait refusé d'entendre Dieu.
🔘 Exode 20.19 : « Ils dirent à Moïse : Parle-nous toi-même, et nous écouterons ; mais que Dieu ne nous parle point, de peur que nous ne mourions ».
4️⃣ - Les 5000 hommes.
Ils définissent les destinataires en reproduisant les dimensions du tabernacle de Moïse, qui est un tabernacle fait pour les hommes. Parce que si les hommes l'ont construit pour que Dieu puisse habiter au milieu d'eux, il faut se rappeler que ça ne s'est pas fait à l'initiative des hommes, mais à l'initiative de Dieu, qui voulait habiter au milieu de son peuple. La construction du tabernacle de Moïse est donc ordonnée par Dieu pour qu'il puisse garder le contact avec les hommes, et non pas pour que les hommes puissent garder un contact avec Dieu.
Les 5000 hommes de la parabole sont donc un rappel de la dimension charnelle du tabernacle de Moïse en remettant en avant ses proportions de 50 coudées sur 100.
5️⃣ - Les 12 corbeilles.
Les 12 corbeilles sont les restes de ce que Jésus a partagé. Elles sont l'image de la corbeille dans laquelle les sacrificateurs plaçaient le pain de la table de proposition et qu'ils devaient manger par après. Dans la parabole, ils représentent, la dispersion de la révélation dans les 12 tribus, une corbeille par tribu.
b.4) L'explication de la parabole.
Jésus, dans la première multiplication des pains, résume le principe de la loi. Il nous parle de ce que la compréhension de sa personne a été donnée à Aaron et ses fils, donc aux 5 pains, les responsables de la propagation auprès du peuple; Et des deux poissons, Moïse et Josué, qui ont reçu ce que le peuple aurait dû avoir mais a refusé. Ces 5 pains et deux poissons sont donc donnés au peuple qui est au nombre de 5000 hommes, que Jésus fait asseoir en 100 rangées de 50, reproduisant les dimensions du parvis du tabernacle de Moïse, lieu à partir duquel la compréhension de qui est Jésus a commencé.
Dans ce lieu, les 12 pains finissaient dans une corbeille afin d'être mangés par les sacrificateurs, donc Aaron et ses fils. Ces mêmes sacrificateurs avaient alors la charge de transmettre au peuple la connaissance de la loi, et donc les prémices de la compréhension de qui est Jésus. C'est ce que représentent les 12 corbeilles. La compréhension de la loi était donnée aux douze tribus.
La première multiplication des pains est donc une parabole nous parlant de ce que Dieu a fait avec le tabernacle de Moïse.
c) 7 pains, qq petits poissons, 7 corbeilles, 4000 hommes.
Après la première multiplication des pains, il est étrange de voir que Jésus en reproduit une deuxième. Cela confirme que le sens n'est pas simplement la provision alimentaire puisqu'il l'a déjà établie la première fois. La compréhension de cette deuxième multiplication ne se fait qu'à travers la première. Bien qu'elles aient le même sujet, elles ne parlent pas de la même chose. Celle-ci représentant quelque chose qui se passe plus tard.
c.1) Les passages de l'évangile concernés.
Cette fois-ci, la multiplication n'est présente que dans deux versions de l'évangile, ceux de Matthieu et de Marc.
🔘 Matthieu 15.29-39 : Jésus quitta ces lieux, et vint près de la mer de Galilée. Étant monté sur la montagne, il s'y assit. 30 Alors s'approcha de lui une grande foule, ayant avec elle des boiteux, des aveugles, des muets, des estropiés, et beaucoup d'autres malades. On les mit à ses pieds, et il les guérit ; 31 en sorte que la foule était dans l'admiration de voir que les muets parlaient, que les estropiés étaient guéris, que les boiteux marchaient, que les aveugles voyaient ; et elle glorifiait le Dieu d'Israël. 32 Jésus, ayant appelé ses disciples, dit: Je suis ému de compassion pour cette foule ; car voilà trois jours qu'ils sont près de moi, et ils n'ont rien à manger. Je ne veux pas les renvoyer à jeun, de peur que les forces ne leur manquent en chemin. 33 Les disciples lui dirent : Comment nous procurer dans ce lieu désert assez de pains pour rassasier une si grande foule ? 34 Jésus leur demanda : Combien avez-vous de pains ? Sept, répondirent-ils, et quelques petits poissons. 35 Alors il fit asseoir la foule par terre, 36 prit les sept pains et les poissons, et, après avoir rendu grâces, il les rompit et les donna à ses disciples, qui les distribuèrent à la foule. 37 Tous mangèrent et furent rassasiés, et l'on emporta sept corbeilles pleines des morceaux qui restaient. 38 Ceux qui avaient mangé étaient quatre mille hommes, sans les femmes et les enfants. 39 Ensuite, il renvoya la foule, monta dans la barque, et se rendit dans la contrée de Magadan.
🔘 Marc 8.1-19 : En ces jours-là, une foule nombreuse s'étant de nouveau réunie et n'ayant pas de quoi manger, Jésus appela les disciples, et leur dit : 2 Je suis ému de compassion pour cette foule; car voilà trois jours qu'ils sont près de moi, et ils n'ont rien à manger. 3 Si je les renvoie chez eux à jeun, les forces leur manqueront en chemin; car quelques-uns d'entre eux sont venus de loin. 4 Ses disciples lui répondirent: Comment pourrait-on les rassasier de pains, ici, dans un lieu désert ? 5 Jésus leur demanda: Combien avez-vous de pains? Sept, répondirent-ils. 6 Alors il fit asseoir la foule par terre, prit les sept pains, et, après avoir rendu grâces, il les rompit, et les donna à ses disciples pour les distribuer; et ils les distribuèrent à la foule. 7 Ils avaient encore quelques petits poissons, et Jésus, ayant rendu grâces, les fit aussi distribuer. 8 Ils mangèrent et furent rassasiés, et l'on emporta sept corbeilles pleines des morceaux qui restaient. 9 Ils étaient environ quatre mille. Ensuite Jésus les renvoya. 10 Aussitôt il monta dans la barque avec ses disciples, et se rendit dans la contrée de Dalmanutha. 11 Les pharisiens survinrent, se mirent à discuter avec Jésus, et, pour l'éprouver, lui demandèrent un signe venant du ciel. 12 Jésus, soupirant profondément en son esprit, dit : Pourquoi cette génération demande-t-elle un signe ? Je vous le dis en vérité, il ne sera point donné de signe à cette génération. 13 Puis il les quitta, et remonta dans la barque, pour passer sur l'autre bord. 14 Les disciples avaient oublié de prendre des pains; ils n'en avaient qu'un seul avec eux dans la barque. 15 Jésus leur fit cette recommandation : Gardez-vous avec soin du levain des pharisiens et du levain d'Hérode. 16 Les disciples raisonnaient entre eux, et disaient : C'est parce que nous n'avons pas de pains. 17 Jésus, l'ayant connu, leur dit: Pourquoi raisonnez-vous sur ce que vous n'avez pas de pains ? Etes-vous encore sans intelligence, et ne comprenez-vous pas ? 18 Avez-vous le cœur endurci ? Ayant des yeux, ne voyez-vous pas ? Ayant des oreilles, n'entendez-vous pas ? Et n'avez-vous point de mémoire ? 19 Quand j'ai rompu les cinq pains pour les cinq mille hommes, combien de paniers pleins de morceaux avez-vous emportés ? Douze, lui répondirent-ils. 20 Et quand j'ai rompu les sept pains pour les quatre mille hommes, combien de corbeilles pleines de morceaux avez-vous emportées ? Sept, répondirent-ils. 21 Et il leur dit : Ne comprenez-vous pas encore ?
c.2) L'explication des éléments.
Dans cette deuxième multiplication, Jésus résume l'un des aspects de la nouvelle alliance le concernant.
Il nous pose 8 choses, quatre sont les différents éléments : pains, poissons, corbeilles et hommes ; les quatre autres étant les quantités.
Bien que dans le principe, les éléments représentent les mêmes choses, concrètement elles se comprennent différemment, et les quantités ajoutent une surcouche dans la compréhension.
1️⃣ - Les 7 pains.
Les pains restent la révélation de Jésus, par contre, elle est "pondérée" par sa quantité. 7 étant le chiffre de Dieu. Dans le cas présent, ce dont Jésus nous parle, c'est de la révélation du Fils faite par Dieu lui-même. Il parle donc de l'accomplissement de la première multiplication.
2️⃣ - Quelques petits poissons.
Dans sa Parole, Dieu n'est pas avare de quantités chiffrées, pourtant, ici, il ne parle que de quelques petits poissons. Fait d'autant plus étrange que les deux versions de l'évangile nous en transmettent la quantité dans les mêmes termes. On aurait pu penser qu'un des évangélistes aurait donné le nombre précis. Après tout, "quelques" ne doit pas être un nombre suffisamment important pour qu'on ne puisse pas l'évaluer sans effort. Pourtant, comme je le disais, les deux versions de l'évangile ne font que nous relater le fait qu'il y en avait "quelques". On peut le comprendre de deux manières, soit cela n'a pas d'importance, soit justement cela porte une importance si particulière que la définir par une quantité fixe serait préjudiciable à la compréhension du message.
Il va de soi que c'est la deuxième solution qui est la bonne, ne serait-ce que parce que rien dans la Parole de Dieu n'est sans importance.
Or, ici, « quelques » désigne une quantité qui, justement n'est pas fixe et ne peut donc être définie que par un ordre de grandeur. Il s'agit des serviteurs de Dieu. Les serviteurs dans la première multiplication étaient les pains, ils étaient attachés au corps et donc au charnel. La dispensation de la grâce fait que, désormais, les serviteurs ne peuvent l'être qu'en esprit, le « sacerdoce royal » dont nous parle Pierre dans sa première épître (1 Pierre 2.9). Dès lors, ils sont représentés non pas par le pain, mais par les poissons. A partir de là, il est plus facile de comprendre le pourquoi de "quelques" au lieu d'un nombre défini. C'est donc à rapprocher de : « la moisson est grande mais il y a peu d'ouvriers »(Matthieu 9.37).
Les quelques petits poissons représentent donc la faible quantité de serviteurs de Dieu.
3️⃣ - Les 7 corbeilles.
Une fois de plus, la présence du chiffre 7 va représenter la perfection de Dieu, et les corbeilles sont, comme dans la première multiplication, le symbole de la dispersion de la révélation de Jésus. Cette fois-ci, la dispensation se faisant pas le Saint-Esprit, sa propagation dans le peuple se fera en l'état et donc sans perte. On a tendance à commencer d'oublier ce qu'on entend dès l'instant où on l'a entendu pour n'en garder qu'une version plus ou moins proche de l'original. Comme le Saint-Esprit est en nous, nous avons quelqu'un qui nous rappelle en permanence les détails que nous avons tendance à oublier. C'est pour cela qu'il y a 7 corbeilles. Cette fois-ci, la révélation se propagera de manière parfaite dans le corps de Jésus.
4️⃣ - Les 4000 hommes.
Le nombre d'homme représente une durée. Ce sont les 4000 années qui séparent l'Eden de Jésus, cette compréhension est appuyée par le fait que les 4000 hommes doivent attendre 3 jours avant que Jésus ne les nourrisse.
c.3) L'explication de la parabole.
Dans la première multiplication, le nombre de poissons représentait Moïse et Josué, qui étaient les seuls à être passés par l'eau et le feu de la nuée pour aller jusqu'à Dieu. Ici également, les poissons représentent la conversion par la grâce. Jésus ayant parlé du tabernacle de Moïse et de la révélation de sa personne dans la première multiplication, parle ici du tabernacle céleste et de la révélation de sa personne.
Ce dont il nous parle, ce sont les 4000 années qui ont mené du Jardin d'Eden jusqu'à lui, 1 homme par année. Ces hommes devant attendre 3 jours, qui sont les jours de la résurrection durant lesquelles Jésus n'était plus parmi eux, absence représentée par le fait qu'ils n'aient rien à manger (« voilà trois jours qu'ils sont près de moi, et ils n'ont rien à manger »).
Suite à ces trois jours, Jésus annonce que le Saint-Esprit leur révélera Jésus. Ce sont les 7 pains (divinité + révélation de Jésus), et que cette révélation sera parfaite, ce qui est représenté par les 7 corbeilles (divinité + propagation).
🔘 Jean 16.7 : « Cependant je vous dis la vérité: il vous est avantageux que je m'en aille, car si je ne m'en vais pas, le consolateur ne viendra pas vers vous; mais, si je m'en vais, je vous l'enverrai ».
🔘 Jean 16.13.14 : « Quand le consolateur sera venu, l'Esprit de vérité, il vous conduira dans toute la vérité; car il ne parlera pas de lui-même, mais il dira tout ce qu'il aura entendu, et il vous annoncera les choses à venir. Il me glorifiera, parce qu'il prendra de ce qui est à moi, et vous l'annoncera ».
d) Le rapport entre l'une et l'autre.
La première multiplication représente donc la révélation de Jésus à travers la loi. Elle a pour origine l'homme parce que ce sont les disciples qui prennent l'initiative de demander de la nourriture pour le peuple (« les disciples s'approchèrent de lui, et dirent »), or la loi a été rendue nécessaire par le peuple et non par Dieu. C'est le refus du peuple de rencontrer Dieu qui a causé le don de la loi. Par contre, la deuxième multiplication représente la révélation de la grâce, c'est pour cela qu'elle ne se fait pas à l'initiative des hommes, mais de Jésus (« Jésus, ayant appelé ses disciples, dit : Je suis ému de compassion pour cette foule »).
La première multiplication est donc, d'une étrange manière, inclue dans le nombre d'hommes de la deuxième. Les 4000 représentant la partie de l'histoire de l'humanité qui précède Jésus, partie dont fait cas la totalité de la première multiplication.
La première se passe le jour même / La deuxième se passe après trois jours.
La première parle de ce qu'il y avait avant la résurrection / La deuxième parle de ce qu'il va y avoir après la résurrection.
Dans les deux cas, Jésus ne donne pas le pain à la foule, il le rompt et le donne aux disciples qui le donnent à la foule. Ce qui représente évidemment le choix de Dieu d'œuvrer à travers les hommes. Que ce soient Moïse et Aaron en leur temps, ou tous les serviteurs qu'il choisit de nos jours.
6 - La troisième multiplication des pains
Après avoir annoncé son plan pour le salut au travers de principes alimentaires, tout d'abord en sortant du Jardin d'Eden, puis en sortant de l'arche de Noé et finalement au travers de Melchisédek, le temps de l'accomplissement est arrivé. Jésus commence par résumer l'ancienne alliance et la transition vers la nouvelle par les deux multiplications des pains les plus connues. Finalement, c'est au travers d'une troisième multiplication qu'il scelle le commencement de cette nouvelle période.
Cette multiplication n'est pas comprise en tant que telle, pourtant en le regardant de plus près l'évidence est frappante.
a) Les sacrifices de la loi.
Dans la loi, les sacrifices d'animaux annonçaient le sacrifice ultérieur de Jésus, qui est l'agneau de Dieu. Durant toute la période des sacrifices d'animaux, les bêtes étaient consommées. Cette annonce ne date cependant pas de la loi puisque la première pâque date de la sortie de l'Egypte. Le principe reste cependant le même.
Les animaux sacrifiés étaient mangés, ce qui est une image du pain de la cène. Le pain représentant le corps de Jésus, tout comme les animaux le faisaient en leur temps.
b) Le dernier repas.
Fait qu'il me semble important de préciser dans le cadre d'une explication sur les multiplications des pains dans l'évangile. Dans chacune des deux premières multiplications, il ne s'agissait pas de faire en sorte que les personnes recevant le pain aient, à chaque fois que Jésus rompait le pain, un morceau rapetissant au fur et à mesure des divisions, mais que chacun ait systématiquement la quantité nécessaire pour se nourrir et au-delà.
C'est dans cette optique qu'il faut comprendre la troisième multiplication, qui se trouve être la fraction du pain lors du dernier repas. Jésus rompant le pain et précisant que c'est son corps, ne le brise pas, parce que son corps n'a pas été brisé. Jésus ne se donne pas partiellement à ceux qui lui appartiennent. Il se révèle différemment, comme nous le montre ses 7 descriptions aux églises du livre de l'apocalypse, mais ensuite il complète toujours petit à petit cette révélation pour que chacun en ait la totalité, dans la mesure du possible (le temps étant un facteur humain important). Jésus veut que nous lui appartenions intégralement, alors il se livre de la même manière.
C'est pour cela que la fraction du pain de la sainte-Cène ne doit pas être vue comme une division, mais comme une multiplication. Bien que le pain d'un point de vue charnel diminue en quantité, le pain d'un point de vue spirituel se répand dans son intégralité, et sans limite. Ainsi, lorsque Jésus rompt le pain une première fois, chaque morceau représente désormais l'intégralité de sa personne, et à chaque division charnelle, le sens spirituel reste entier.
Jésus annonçait donc dans la première multiplication le don qui était fait aux hommes durant la première partie de l'alliance. Dans la deuxième multiplication, il annonçait le don qui était fait durant la deuxième partie de l'alliance. Finalement, à quelques heures de sceller cette alliance annoncée depuis si longtemps, il fait même passer l'image charnelle de la multiplication dans le spirituel, divisant le pain, mais en multipliant la signification.
7 - La révélation de la nappe
A l'origine, Dieu avait donné à Noé tous les animaux, tous les poissons et tous les oiseaux pour nourriture. Puis, avec la loi de Moïse, une séparation a été faite entre les animaux qu'il fallait regarder comme purs et ceux qu'il fallait regarder comme impurs. Dans la réalité cette séparation ne parlait pas des animaux mais des hommes. Elle ne parlait pas d'un état de fait, mais du regard de l'observateur. Elle révélait une séparation arbitraire, devait faire comprendre qu'Israël n'était pas différente des peuples qui l'entourait de manière intrinsèque. Elle portait sa différence uniquement de par le choix de Dieu, pas par une vertu qui lui serait personnelle. N'oublions pas que L'Eternel voulait détruire ce peuple et en faire naître un nouveau à partir de Moïse. C'est l'intercession du prophète qui a sauvé le peuple.
Finalement avec l'accomplissement apporté par Jésus, la loi qui devait révéler ce qui avait toujours été et qui sera toujours a fini par pouvoir être comprise, et le voile s'étant déchiré elle n'a plus de sens qu'en nous révélant une surface dont l'Esprit du Dieu Vivant est le seul à pouvoir nous expliquer la profondeur. Comme si la loi de Moïse n'est que la partie émergée d'un iceberg, et que l'Esprit de Dieu peut nous révéler la partie cachée. Celui qui ignore cette partie dissimulée a beau connaître une partie de ce à quoi ressemble l'iceberg, dans la réalité il n'a aucune conscience de sa taille, de sa masse, de son importance. Il ne pourra pas correctement le comprendre, sera en danger s'il s'en approche, ne pourra pas prévoir ses déplacements. Il ne pourra que le regarder de loin, comme les hébreux sont restés loin de la montagne.
Dieu avait donné la possibilité de le rencontrer, et la loi de Moïse n'est qu'une parenthèse destinée au peuple qu'il s'était choisi pour ne pas qu'il s'éloigne. Parenthèse qui, en se refermant, ne peut disparaître, parce que si elle est une esquisse de ce qui doit être révélé, elle est également un révélateur. Elle a beau n'être qu'une infime partie de la grandeur de ce qui doit être compris, il n'en reste pas moins qu'elle en est une partie, et Dieu a voulu, dans sa sagesse, que cette infime partie soit primordiale.
Cependant, avec le sacrifice et la résurrection de Jésus, certains fondements refont surfaces. De la même manière que la finalité de tous ces millénaires d'errance est de retourner dans le Jardin, le Jardin du commencement n'est que l'image charnelle du Jardin de la fin, dans lequel le choix de l'arbre se fait avant d'y entrer et duquel on ne ressort jamais.
Finalement, la promesse faite à Abraham devait s'accomplir un peu plus, en attendant son plein accomplissement. Et c'est à nouveau au travers d'une révélation alimentaire que le Seigneur va prévenir son peuple de la réunification faite en son sang alors que la lance dans son flanc signait la réconciliation de la lignée de Caïn et celle d'Abel en une seule accédant au salut de la même manière, et se condamnant également de manière identique.
a) La vision.
🔘 Actes 10.9-15 : « Le lendemain, comme ils étaient en route, et qu'ils approchaient de la ville, Pierre monta sur le toit, vers la sixième heure, pour prier. 10 Il eut faim, et il voulut manger. Pendant qu'on lui préparait à manger, il tomba en extase. 11 Il vit le ciel ouvert, et un objet semblable à une grande nappe attachée par les quatre coins, qui descendait et s'abaissait vers la terre, 12 et où se trouvaient tous les quadrupèdes et les reptiles de la terre et les oiseaux du ciel. 13 Et une voix lui dit : Lève-toi, Pierre, tue et mange. 14 Mais Pierre dit : Non, Seigneur, car je n'ai jamais rien mangé de souillé ni d'impur. 15 Et pour la seconde fois la voix se fit encore entendre à lui : Ce que Dieu a déclaré pur, ne le regarde pas comme souillé. 16 Cela arriva jusqu'à trois fois ; et aussitôt après, l'objet fut retiré dans le ciel ».
Le début du verset 9 ne nous parle pas de Pierre mais des émissaires de Corneille, et rien que cela est très intéressant. On pourrait croire que la révélation commence par les enfants de Dieu, mais ici ça n'est pas le cas. Nous sommes des rouages dans ce que Dieu fait, rarement des points de départs ou des finalités. La même évidence se retrouve dans l'annonce de la naissance de Jésus, les mages venus d'Orient ont été prévenus longtemps avant la naissance de Jésus, ayant une grande route à parcourir, mais les bergers l'ont été le soir-même. Lorsqu'Hérode va massacrer tous les enfants de moins de deux dans la région de Bethlehem, il le fait « selon la date dont il s'était soigneusement enquis auprès » (Matthieu 2.16), c'est-à-dire la date à laquelle ils ont reçu la nouvelle. En d'autres termes : très longtemps en avance.
L'autre chose très intéressante qui passe un peu inaperçue, c'est que le texte ne nous dit pas qui parle à Pierre. Seule est faite la mention de « une voix lui dit », pourtant Pierre la reconnaît de suite, attestant de ce que disait Jésus sur le fait que ses brebis reconnaissent sa voix.
Ceci étant dit, la vision en elle-même est courte et consiste simplement en une « grande nappe attachée par les quatre coins, qui descendait et s'abaissait vers la terre, et où se trouvaient tous les quadrupèdes et les reptiles de la terre et les oiseaux du ciel ». Faisant suite à ce qu'il voit, Pierre entend Jésus lui dire de manger de tout, mais dans des termes spéciaux. Ces termes sont : « Lève-toi, Pierre, tue et mange ». Pierre, fidèle à lui-même commence par contester avant que la voix fasse une précision de taille : « Ce que Dieu a déclaré pur, ne le regarde pas comme souillé ».
Une précision qui est faite mérite une attention particulière. Lorsqu'il nous est fait la mention que « Cela arriva jusqu'à trois fois ; et aussitôt après, l'objet fut retiré dans le ciel », cela ne signifie pas que la vision a eu lieu trois fois, mais que Jésus va lui dire une troisième chose et qu'ensuite la nappe avec son contenu remonte d'où elle est venue. Nous avions la première parole : « Lève-toi, Pierre, tue et mange », puis la deuxième : « Ce que Dieu a déclaré pur, ne le regarde pas comme souillé ». Cette deuxième nous est introduite en nous disant : « Et pour la seconde fois ». C'est donc une suite logique lorsque le verset suivant nous dit : « Cela arriva jusqu'à trois fois ». La question étant donc logiquement : quelle est cette troisième parole qui précède le retrait de la nappe ?
Si des pistes existent, aucune n'est déterminante et n'a donc suffisamment de valeur pour être nommée.
b) L'introspection.
Devant l'étrangeté d'une telle vision, Pierre est en introspection. Il a vécu toute sa vie en suivant des préceptes alimentaires qui lui imposaient de faire une distinction entre les animaux. Passer à l'alimentation qu'il vient d'entendre est un changement de taille. Ca peut nous sembler presque sans importance, mais dans la tête d'un homme qui a respecté des principes stricts, ça doit être la tempête. S'il mange une seule fois de ce qu'il s'est toujours interdit, il franchit un cap, et tous les caps ont l'aspect de péninsules pour ceux qui doivent les franchir. Pour lui, il s'agit de faire une chose qui a toujours été un interdit, c'est un pas en avant qui ne peut pas souffrir de pas en arrière. D'où la profondeur de l'introspection.
🔘 Actes 10.17-20 : « Tandis que Pierre ne savait en lui-même que penser du sens de la vision qu'il avait eue, voici, les hommes envoyés par Corneille, s'étant informés de la maison de Simon, se présentèrent à la porte, 18 et demandèrent à haute voix si c'était là que logeait Simon, surnommé Pierre. 19 Et comme Pierre était à réfléchir sur la vision, l'Esprit lui dit : Voici, trois hommes te demandent ; 20 lève-toi, descends, et pars avec eux sans hésiter, car c'est moi qui les ai envoyés ».
Les hommes que Corneille a envoyés viennent d'arriver et le demandent alors qu'il est encore sur le toit à réfléchir à la vision.
Bien que cela soit fait de manière discrète, Pierre qui est à nouveau dans la barque secouée par la tempête, a besoin que Jésus calme les flots. Il le fait en initiant la compréhension de la vision qu'il vient de donner à son serviteur.
Et le moyen qu'il utilise pour le faire tient en deux simples mots : "lève-toi ».
c) La compréhension.
Pierre est donc sur le toit et médite sur ce qu'il vient de voir et d'entendre. Les premiers mots de cette révélation que Jésus avait dite à son disciple étaient : « Lève-toi, Pierre, tue et mange ».
On passe assez souvent dessus sans y prêter trop d'attention, pourtant ces termes sont étonnants. C'est une vision, alors pourquoi se lever ? Comment tuer ? Et finalement comment manger ? Pierre le sait. Il est conscient que se lever était possible, mais les deux directives suivantes ne l'étaient pas, ce qui invalidait probablement la compréhension simpliste de la première consistant dans le simple fait de se lever.
Et pour ajouter à cela, à peine entend-il ces trois directives que la nappe remonte d'où elle était venue et disparaît, ne lui laissant de toute manière pas le temps de le faire. C'est donc autre chose que Jésus demande.
On peut encore cumuler les éléments étranges. Pourquoi Jésus ne lui explique-t-il pas de suite de quoi il parle et le laisse-t-il y réfléchir ? Il lui parlait clairement un court instant auparavant et va à nouveau le faire. Pierre n'a pas de doute sur celui qui lui a parlé, et ne s'étonne que concernant la signification de ce qui lui a été révélé. Ca montre à minima que la pratique était courante. Il n'est pas étonné de ne pas comprendre alors que Jésus aurait pu lui ouvrir l'esprit de manière à ce que cela ne soit pas voilé. Sa curiosité est entière, il sait que Dieu vient de lui montrer quelque chose, il sait que Dieu vient de lui parler, mais ça en est encore au stade du jeu de piste. Dans de très nombreux cas, Dieu ne nous dit pas les choses pour que nous les comprenions d'emblée, donc en se réduisant à notre niveau, il les dit de manière à ce que nous comprenions sa manière de penser, que nous nous habituions peu à peu à ses pensées. Par ailleurs le don d'une révélation et le don de sa compréhension ne sont pas souvent simultanés. Avec Dieu, le QUAND est aussi important que le QUOI, le QUI et le COMMENT.
Il n'est cependant pas un professeur négligeant et ne s'éloigne jamais de son élève. Aussi, Pierre réfléchissant, Jésus lui donne non pas la solution, mais l'élément qui lui permet de la recevoir. « lève-toi, descends, et pars avec eux sans hésiter, car c'est moi qui les ai envoyés » (Actes 10.20). Cette phrase est un déclencheur. Pierre comprend que lorsque Jésus lui disait « Lève-toi, Pierre, tue et mange », la première partie faisait mention de ce qu'il vient de lui dire « lève-toi, descends, et pars avec eux sans hésiter, car c'est moi qui les ai envoyés ». Avec : « lève-toi », Jésus initie la compréhension. Pierre accomplit donc la première partie en se levant et va rencontrer les hommes qui le demandent.
🔘 Actes 10.21-27 : « Pierre donc descendit, et il dit à ces hommes : Voici, je suis celui que vous cherchez ; quel est le motif qui vous amène ? 22 Ils répondirent : Corneille, centenier, homme juste et craignant Dieu, et de qui toute la nation des Juifs rend un bon témoignage, a été divinement averti par un saint ange de te faire venir dans sa maison et d'entendre tes paroles. 23 Pierre donc les fit entrer, et les logea. Le lendemain, il se leva, et partit avec eux. Quelques-uns des frères de Joppé l'accompagnèrent. 24 Ils arrivèrent à Césarée le jour suivant. Corneille les attendait, et avait invité ses parents et ses amis intimes. 25 Lorsque Pierre entra, Corneille, qui était allé au-devant de lui, tomba à ses pieds et se prosterna. 26 Mais Pierre le releva, en disant : Lève-toi ; moi aussi, je suis un homme. 27 Et conversant avec lui, il entra, et trouva beaucoup de personnes réunies.
Il obéît à Dieu et accompagne donc ces hommes. C'est le verset qui suit ce passage qui nous donne le sens de la révélation :
🔘 Actes 10.28 : « Vous savez, leur dit-il, qu'il est défendu à un Juif de se lier avec un étranger ou d'entrer chez lui ; mais Dieu m'a appris à ne regarder aucun homme comme souillé et impur».
La question est donc de savoir comment lui qui ne comprenait pas la vision, est passé de « lève-toi » à : 'les païens ne doivent plus être regardés comme souillés et impurs' ? C'est évidemment par les deux mots qui suivaient : « tue et mange ».
Comme souvent, la traduction n'aide pas. « tue » ici n'est pas le mot standard qui désigne le fait de mettre à mort. C'est le mot "Thuo" qui est utilisé, et sa particularité est qu'il parle de sacrifice et pas simplement de mettre à mort un animal. Ainsi, Jésus ne lui dit pas réellement « Lève-toi, Pierre, tue et mange », mais « Lève-toi, Pierre, sacrifie et mange ». Or comme Pierre nous le dira lui-même, nous portons la sacrificature (1 Pierre 2.9), et lorsque le sacrifice était fait s'il n'était pas consumé entièrement, il était mangé. Dans le cas d'un sacrifice d'action de grâce, le sacrifice était mangé avec le peuple, et c'est de cela que parle la révélation de la nappe. Jésus disait à Pierre d'aller présenter un sacrifice et de le manger avec le peuple, lui désignant dans l'intervalle Corneille et ses amis comme étant ceux qui offrent ce dit sacrifice. C'est pour cela que Pierre fait la déduction du verset 28 : « ... Dieu m'a appris à ne regarder aucun homme comme souillé et impur ».
d) La séparation des animaux.
Que Pierre le comprenne à cet instant ou qu'il l'ait toujours su et ne fait face qu'à un changement de paradigme, il n'en reste pas moins que la pureté des animaux parle ici de la pureté des hommes. Et il se trouve que ça a toujours été le cas. Les premières affirmations divines concernant les animaux les plaçaient tous sur un pied d'égalité. On se rappellera que l'arche de Noé contenait un mâle et une femelle de chaque espèce (7 pour les animaux sacrificiels), et en sortant, tous les animaux étaient comestibles.
Ca n'est que lorsque le peuple va rejeter Dieu que l'Eternel va séparer les animaux en catégories. Mais les animaux n'ont pas changé. Dieu leur montrait par là qu'ils n'étaient pas mieux que les autres peuples, et chaque fois qu'un Hébreu devait faire la distinction entre les animaux, ça lui rappelait que Dieu avait la grande bonté de faire de même les concernant. Mais le peuple va finir par oublier que sa position dépend de Dieu et pas de lui-même. Il va finir par oublier le privilège qui est le sien et rejeter l'Eternel une nouvelle fois dans la personne du Fils de Dieu.
La parenthèse se referme donc et l'Eternel cesse de faire une distinction entre les hommes. Si le salut de Dieu est venu vers les hommes, il ne peut être venu pour rien, alors il se tourne vers les nations. Parlant à son serviteur Moïse, il disait : « ... vous le regarderez comme impur » (Lévitique 11.4), et lorsqu'il s'adresse à son serviteur Pierre il met fin à l'arbitraire de la distinction : « Ce que Dieu a déclaré pur, ne le regarde pas comme souillé ». Une fois de plus, ça n'est pas l'animal qui a changé, mais le regard. L'annonce faite à Noé s'est accomplie en Jésus.
Dès lors, avec cette révélation, la séparation entre les animaux n'existe plus, et évidemment, ça n'est pas parce que les animaux ont changé, mais parce que le prix a finalement été payé pour le salut de l'humanité. Preuve que la séparation représentait justement cette différence de statut. Sous Moïse, le peuple a rejeté Dieu en ne voulant pas monter sur la montagne, et Dieu leur a alors parlé par la séparation des animaux, des poissons et des oiseaux pour leur faire comprendre qu'ils n'étaient que la résultante d'un choix de Dieu. Finalement, des siècles plus tard, alors qu'il ne leur demandait même plus de monter sur la montagne mais qu'il a envoyé son propre fils la descendre pour venir vers eux, ils l'ont finalement à nouveau rejeté.
Cette fois-ci, Moïse ne pouvait plus intercéder pour eux, et Dieu s'est choisi un nouveau peuple. Il accomplira ce qu'il avait promis à son ami Abraham parce que ce que Dieu dit il le fait, mais la séparation entre les animaux, les poissons et les oiseaux n'existe plus, parce que la séparation entre les peuples a disparu.
Quant à cette généralisation du Salut, elle devient universelle, les quatre coins de la nappe représentant la même chose que les quatre cornes de l'autel, ce sont les points cardinaux et ils désignent le fait que la vision pointe toute la création.
Finalement, si le jeûne est important, la chose dont on se prive l'est tout autant.
La nourriture est fondamentale à la survie de l'être humain, et nous savons que lorsque Jésus disait « Cherchez premièrement le royaume et la justice de Dieu ; et toutes ces choses vous seront données par-dessus » (Matthieu 6.33), il parlait bien de « ... toutes CES choses ... » et non de « ... toutes choses ... ». Les choses en question étant les vêtements, la boisson et la nourriture.
Si ce sont des besoins fondamentaux, ça ne peut qu'être en reflet de fondamentaux spirituels et nous voyons maintenant que sa Parole nous dit les choses encore et encore. Ce que nous pouvons comprendre d'une manière, elle regorge d'autres manières de nous le faire comprendre autrement.
La spécificité de cette manière est de nous faire comprendre la raison de la séparation des animaux.
8 - Clôture, une autre révélation par la nourriture
Pour finir, il existe encore deux autres multiplications des pains, mais elles se trouvent dans l'ancienne alliance, dans le livre des rois. Par contre, ce qui leur donne une grande importance, c'est qu'elles sont données par deux personnages qui sont très particuliers et qui apportent dans leur unité un message global. Il s'agit d'Elie et d'Elisée.
a) Elie.
Elie est le parallèle du message de la fin des temps pour ceux qui ont accepté Jésus, et la multiplication des pains est la suivante :
🔘 1 Rois 17.14-16 : « Car ainsi parle l'Éternel, le Dieu d'Israël : La farine qui est dans le pot ne manquera point et l'huile qui est dans la cruche ne diminuera point, jusqu'au jour où l'Éternel fera tomber de la pluie sur la face du sol. 15 Elle alla, et elle fit selon la parole d'Élie. Et pendant longtemps elle eut de quoi manger, elle et sa famille, aussi bien qu'Élie. 16 La farine qui était dans le pot ne manqua point, et l'huile qui était dans la cruche ne diminua point, selon la parole que l'Éternel avait prononcée par Élie ».
Elle porte la provision dans les ingrédients, mais l'obligation de l'effort pour faire le pain.
b) Elisée.
La deuxième est donc celle d'Elisée, alors que toute sa vie représente le message du salut des juifs dans la fin des temps :
🔘 2 Rois 4.42-44 : « Un homme arriva de Baal Schalischa. Il apporta du pain des prémices à l'homme de Dieu, vingt pains d'orge, et des épis nouveaux dans son sac. Élisée dit : Donne à ces gens, et qu'ils mangent. 43 Son serviteur répondit : Comment pourrais-je en donner à cent personnes ? Mais Élisée dit : Donne à ces gens, et qu'ils mangent ; car ainsi parle l'Éternel : On mangera, et on en aura de reste. 44 Il mit alors les pains devant eux ; et ils mangèrent et en eurent de reste, selon la parole de l'Éternel ».
Celle-ci porte la multiplication du produit fini ainsi que d'épis nouveaux dont la précision est un déterminant du sens réel de ce passage. Pour ceux qui ont refusé, il va y avoir une nouvelle pluie comme celle qui est tombée sur le Carmel au temps d'Elie et qui annonçait la fin, provoquant la course finale entre Elie et Achab qui aboutira à la volonté de Jézabel (image de la grande prostituée) de tuer le prophète et finalement à son enlèvement qui représente celui de l'épouse. Le lien est simplement le mot « Epis » qui est en réalité le mot « Karmel ». Cette annonce est donc celle d'un nouveau signal de départ, un nouveau Carmel, mais annoncé par Elisée, le personnage qui représente le salut d'Israël.
Tout comme pour Elie dont la pluie du mont Carmel annonçait le début des épreuves et la nécessité de se confier en lui plutôt que dans les hommes et qui a mené à l'enlèvement ; Ici aussi, c'est le début des dernières épreuves avant le retour de Jésus qui est annoncé. Ce qui est dissimulé dans le nom de l'endroit d'origine de celui qui apporte le nouveau Carmel : « Baal Schalischa » dont le nom signifie « le tiers de Baal ». On peut le rapprocher d'un élément de la fin des temps très particulier qui se déroule durant le même des 7 anges durant lequel les juifs reconnaissent Jésus comme leur Seigneur et maître, initiant à leur tour le début de la volonté de la bête de les éradiquer.
Il s'agit du sixième ange, qui commence par l'enlèvement des témoins et de l'épouse, se poursuit par la destruction de la prostituée et s'achève par la mort du tiers des hommes sous la conduite de la bête puisque la prostituée n'est plus, et finalement initie le rassemblement de toutes les nations pour monter et détruire Israël, ce qui est connu sous le nom d'Armageddon. Ce qui fait le lien avec « Baal Schalischa » (« le tiers de Baal »).
c) La fin de la fin.
Finalement, la multiplication faite par Elie parlait de notre époque, alors que sa vie entière annonçait la fin des temps concernant ceux qui seront enlevés et se terminait par son propre enlèvement, image de celui de l'épouse ; la multiplication des pains d'Elisée annonce le sixième ** et septième ange de l'apocalypse pour se terminer dans ce que la Parole appelle Armageddon. La dernière notification concernant Elisée parlant de la résurrection d'un mort (2 Rois 13.20-21*), annonçant la fin du septième ange où suite au retour triomphant de Jésus, a lieu la première résurrection.
Annonces qui toutes deux sont faites une fois de plus en parlant de nourriture et de multiplications.
* 🔘 2 Rois 13.20-21 : Élisée mourut, et on l'enterra. L'année suivante, des troupes de Moabites pénétrèrent dans le pays. 21 Et comme on enterrait un homme, voici, on aperçut une de ces troupes, et l'on jeta l'homme dans le sépulcre d'Élisée. L'homme alla toucher les os d'Élisée, et il reprit vie et se leva sur ses pieds.
** 🔘 Apocalypse 9.13-15 : Le sixième ange sonna de la trompette. Et j'entendis une voix venant des quatre cornes de l'autel d'or qui est devant Dieu, 14 et disant au sixième ange qui avait la trompette : Délie les quatre anges qui sont liés sur le grand fleuve d'Euphrate. 15 Et les quatre anges qui étaient prêts pour l'heure, le jour, le mois et l'année, furent déliés afin qu'ils tuassent le tiers des hommes.