- Saül -

FAQ

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1 - L'ébauche du rejet.

La période des juges suit une boucle perpétuelle. Le peuple est loin de Dieu, il se fait opprimer par ses ennemis, il crie à Dieu qui leur envoie un juge pour redresser la situation. Marchant dans l'obéissance, Israël est de nouveau souverain pendant la vie du juge, et ensuite le peuple repart dans ses travers.

La boucle reprend alors jusqu'au prochain juge, et ce, sans exception.

Le premier des rois sera nommé par le dernier des juges. Saül sera donc nommé par Samuel.

Cela ne signifie cependant pas que la boucle est rompue. Le juge était simplement la personne que Dieu envoyait pour remettre son peuple sur les rails. La différence dans ce qui se prépare, c'est la forme que va prendre le rejet du peuple.


a) L'idolâtrie de l'arche.

Alors que le peuple se trouve encore sans roi et que la demande est encore très loin d'être formulée, Israël est en guerre contre leur ennemi perpétuel, les Philistins. Et la prochaine bataille va être un cruelle défaite. A cette époque, Samuel représente déjà une particularité. Il est juge sur tout Israël ce qui, en plus de tous les rôles qu'il remplit, en fait la parfaite transition vers la constitution d'un royaume unifié sous la tutelle d'un homme unique qui portera le titre de roi.

🔘 1 Samuel 4.1-2 : « La parole de Samuel s'adressait à tout Israël. Israël sortit à la rencontre des Philistins, pour combattre. Ils campèrent près d'Ében Ézer, et les Philistins étaient campés à Aphek. 2 Les Philistins se rangèrent en bataille contre Israël, et le combat s'engagea. Israël fut battu par les Philistins, qui tuèrent sur le champ de bataille environ quatre mille hommes ».

Dans ce combat qui voit la mort de 4000 hommes, personne n'a pensé à consulter Dieu. Ca peut passer inaperçu, mais il n'en est pas fait mention. Par contre, alors que l'évidence de la défaite est là, soudainement le spirituel refait surface.

🔘 1 Samuel 4.3 : « Le peuple rentra au camp, et les anciens d'Israël dirent : Pourquoi l'Éternel nous a-t-il laissé battre aujourd'hui par les Philistins ? Allons chercher à Silo l'arche de l'alliance de l'Éternel ; qu'elle vienne au milieu de nous, et qu'elle nous délivre de la main de nos ennemis ». 

Ce verset est l'annonce d'une tragédie à lui tout seul. Le peuple ne recherche pas le concours de Dieu, ne lui demande pas conseil. Il se contente de considérer que l'arche de l'alliance les délivrera. Ils n'attendent plus la délivrance de Dieu mais de ce qui le représente. L'arche est devenue pour eux un veau qu'ils arborent fièrement en lui prêtant des capacités, ils ont déjà remplacé Dieu en le réduisant au statut des dieux des nations alentours. Ils ont oublié que même l'arche de l'alliance est faite de bois et d'or et qu'elle n'a pas d'oreilles pour entendre. Israël dans le désert avait le veau de fonte ; Jéroboam avait les veaux d'or ; Israël, à cette époque, à l'arche de l'alliance ; l'église actuelle a la croix. Chacun en son temps a oublié que Dieu et Dieu et qu'il ne peut jamais se réduire. La puissance et l'autorité appartiennent à Dieu et pas à un veau, une arche ou une croix.

Dieu va donc les priver de cette arche qu'ils méprisent et leur montrer qu'elle n'est pas comparable aux dieux des nations. Il va s'en suivre toute l'histoire de la présence de l'arche chez les philistins et de son retour en Israël, histoires que nous trouvons dans les chapitres 5 et 6 du premier livre de Samuel et qui n'est pas le centre du sujet traité ici.


b) Retour et mépris de l'arche.

L'arche étant de retour, on pourrait penser que le peuple serait en liesse, mais ça n'est pas du tout ce qui va se passer. Ils l'ont perdu parce qu'ils la méprisaient et n'ont strictement rien fait pour la récupérer, c'est l'Eternel qui l'a fait revenir. Le texte pourrait faire croire que sont installation en Israël se fait de la bonne manière en raison de la consécration de celui qui va la garder, mais il n'en est rien.

Tout d'abord elle revient à Beth Schémesch, qui est une ville sacerdotale, et alors qu'elle arrive, les habitants ne trouvent rien d'autre à faire que de regarder dedans, ce qui montre le niveau d'ignorance de la Parole des habitants d'une ville de sacrificateurs.

🔘 1 Samuel 6.19 : « L'Éternel frappa les gens de Beth Schémesch, lorsqu'ils regardèrent l'arche de l'Éternel ; il frappa [cinquante mille] soixante-dix hommes parmi le peuple. Et le peuple fut dans la désolation, parce que l'Éternel l'avait frappé d'une grande plaie ».

Devant la catastrophe, pas de repentance, mais plutôt un rejet. Les habitants de Beth Schémesch ne se remettent pas en question mais choisissent plutôt d'éloigner l'arche et la confient à Kirjath Jearim. Seulement voilà, la réalité est qu'il y a 47 autres villes sacerdotales, et Kirjath Jearim n'en fait partie.

🔘 1 Samuel 7.1 : « Les gens de Kirjath Jearim vinrent, et firent monter l'arche de l'Éternel; ils la conduisirent dans la maison d'Abinadab, sur la colline, et ils consacrèrent son fils Éléazar pour garder l'arche de l'Éternel ».

La moindre des choses aurait été de la ramener à Silo, dans la tente d'assignation, d'où elle avait été prise.

C'est pour ça que la consécration dont on nous parle peut faire très spirituelle, dans la réalité cela revient a enterrer l'arche. Israël méprisait suffisamment Dieu pour considérer l'arche comme une arme et son retour ne les enchante pas.


c) Le cycle se poursuit.

Mise au rebut à Kirjath Jearim, l'arche de l'alliance passe 20 années sans que personne ne s'en soucis, et le peuple s'endurcit suffisamment pour finir une fois de plus sous la coupe des Philistins et avoir besoin de l'action de Dieu.

🔘 1 Samuel 7.2-4 : « Il s'était passé bien du temps depuis le jour où l'arche avait été déposée à Kirjath Jearim. Vingt années s'étaient écoulées. Alors toute la maison d'Israël poussa des gémissements vers l'Éternel. 3 Samuel dit à toute la maison d'Israël : Si c'est de tout votre coeur que vous revenez à l'Éternel, ôtez du milieu de vous les dieux étrangers et les Astartés, dirigez votre coeur vers l'Éternel, et servez-le lui seul ; et il vous délivrera de la main des Philistins. 4 Et les enfants d'Israël ôtèrent du milieu d'eux les Baals et les Astartés, et ils servirent l'Éternel seul ».

Le peuple revient donc très temporairement, par contre, il ne changera pas sa position par rapport à l'arche de l'alliance qui reste dans son isolement. Israël a besoin de Dieu, alors ils le servent, ce qui impliquent toujours que lorsque les choses iront mieux, ils le quitteront.

Et c'est ce qui se passe.

Finalement, toujours loin de l'arche, ils finissent par rejeter la personne de Samuel et donc celle de Dieu et vont demander un roi.

- Je t'ai donné un roi dans ma colère -

2 - Les prémices des rois (1 Samuel 8.1-22)

a) Le coeur du peuple.

Le peuple ne change pas, il garde ses travers. Les situations évoluent dans la forme, mais dans le fond elles restent toujours les mêmes. Alors que la vie de Samuel s'approchait de son terme, le peuple était bien conscient que ses fils ne pourraient pas le remplacer. Ils s'étaient corrompus et bien qu'exerçant la fonction de Juges (1 Samuel 8.2 : « Son fils premier-né se nommait Joël, et le second Abija ; Ils étaient juges à Beer Schéba »), ils étaient cupides et violaient la justice.

Devant l'évidence du changement d'autorité à venir, le peuple ne va pourtant pas chercher à se rapprocher de Dieu afin de ne pas avoir pour intermédiaires Joël et Abija. Leur coeur n'a pas changé depuis que l'Eternel est apparu sur la montagne dans le désert. Une fois de plus, la seule logique du peuple et de demander à Samuel de leur trouver un autre homme qui les commandera.

En outre, ils ne demandent pas des Juges intègres, un prophète ou un sacrificateur à la dimension de Samuel. Ca n'est donc même pas la volonté de ne pas perdre le contact avec Dieu qui les motive. Ils ont simplement l'opportunité de vivre un changement de régime, et tant qu'à faire, ils préfèreraient que Dieu ne soit plus l'origine de la chaîne d'autorité.

Leur coeur les porte à vouloir ce que les autres nations ont. Ca a toujours été leur fond. Le veau de fonte était un dieu à l'aspect animal, une création de l'artisanat humain, comme les autres peuples le faisaient. Ceux qui fuient Dieu cherchent toujours a adorer la créature, ils aiment à réduire Dieu au niveau d'une création, parce que ça leur permet de devenir son égal.

Dans le cas présent, c'est un roi que le peuple demande (1 Samuel 8.5 : « ... établis sur nous un roi ... ») et ils le veulent pour remplacement de ce que Dieu faisait. Ce roi aura pour tâche de les juger (1 Samuel 8.5 : « ... pour nous juger ... »). Comme souvent, dire une chose c'est en impliquer plusieurs autres. S'ils veulent qu'un roi les juges, c'est parce qu'ils ne veulent plus que Dieu le fasse. La demande du peuple consiste donc à chercher non plus un intermédiaire, mais un décideur autonome. Quelqu'un qui remplacera à la fois Dieu et son serviteur. Et ce qui motive leur demande est précisé juste après : « ... comme il y en a chez toutes les nations » (1 Samuel 8.5). Ils ne veulent plus de leur spécificité, ils veulent être comme les autres, quitte à se perdre avec eux.

Pourtant, devant l'évidence de la folie du peuple, Samuel fait quelque chose qui de nos jours peut paraître étonnant. Il va demander à Dieu. Le peuple ne demande rien à Dieu parce qu'il n'a pas de relation avec lui, il demande à Samuel. Charge à Samuel de se débrouiller comme il le veut pour le faire. On se rappellera que durant toute la période des juges, le peuple ne demandait pas de remplaçants à un juge, il préférait se corrompre jusqu'à ce qu'il paye un prix si élevé qu'il finissait par revenir à Dieu. La fin d'un juge était pour eux le début de l'ivresse. Comme le peuple n'a pas changé c'est également ce qu'ils sont en train de faire. Un juge va bientôt prendre fin, et ils font ce qu'ils faisaient depuis 400 ans, ils préparent la fête en demandant une administration qui n'ait plus Dieu à sa tête.

Dieu le sait, ne serait-ce que parce qu'il sait tout, mais la répétition fait que l'homme devrait également le savoir. La réponse de l'Eternel sera d'autant plus claire :

🔘 1 Samuel 8.7-9 : « L'Éternel dit à Samuel : Écoute la voix du peuple dans tout ce qu'il te dira ; Car ce n'est pas toi qu'ils rejettent, c'est moi qu'ils rejettent, afin que je ne règne plus sur eux. 8 Ils agissent à ton égard comme ils ont toujours agi depuis que je les ai fait monter d'Égypte jusqu'à ce jour ; Ils m'ont abandonné, pour servir d'autres dieux. 9 Écoute donc leur voix ; Mais donne-leur des avertissements, et fais-leur connaître le droit du roi qui régnera sur eux ».


b) Les droits du roi.

Les droits du roi son intéressants, non pas forcément dans leur liste, mais plutôt dans la réaction du peuple. Lorsque Samuel va voir l'Eternel, il lui donne ces avertissements à transmettre au peuple.

🔘 1 Samuel 8.10-18 : « Samuel rapporta toutes les paroles de l'Éternel au peuple qui lui demandait un roi. 11 Il dit : Voici quel sera le droit du roi qui régnera sur vous. Il prendra vos fils, et il les mettra sur ses chars et parmi ses cavaliers, afin qu'ils courent devant son char ; 12 Il s'en fera des chefs de mille et des chefs de cinquante, et il les emploiera à labourer ses terres, à récolter ses moissons, à fabriquer ses armes de guerre et l'attirail de ses chars. 13 Il prendra vos filles, pour en faire des parfumeuses, des cuisinières et des boulangères. 14 Il prendra la meilleure partie de vos champs, de vos vignes et de vos oliviers, et la donnera à ses serviteurs. 15 Il prendra la dîme du produit de vos semences et de vos vignes, et la donnera à ses serviteurs. 16 Il prendra vos serviteurs et vos servantes, vos meilleurs bœufs et vos ânes, et s'en servira pour ses travaux. 17 Il prendra la dîme de vos troupeaux, et vous-mêmes serez ses esclaves. 18 Et alors vous crierez contre votre roi que vous vous serez choisi, mais l'Éternel ne vous exaucera point ».

Le tableau est sombre. Les choses annoncées ne font pas réellement naître l'envie et il n'est pas nécessaire de les détailler, les relire suffit amplement. On pourrait penser que cela ferait réfléchir plus d'un, pourtant ça n'est pas la réaction du peuple.

🔘 1 Samuel 8.19-22 : « Le peuple refusa d'écouter la voix de Samuel. Non ! Dirent-ils, mais il y aura un roi sur nous, 20 et nous aussi nous serons comme toutes les nations ; Notre roi nous jurera il marchera à notre tête et conduira nos guerres. 21 Samuel, après avoir entendu toutes les paroles du peuple, les redit aux oreilles de l'Éternel. 22 Et l'Éternel dit à Samuel : Écoute leur voix, et établis un roi sur eux. Et Samuel dit aux hommes d'Israël : Allez-vous-en chacun dans sa ville ».

En disant « Non ! », le peuple ne dit pas que les droits du roi n'entreront pas en effet, il ne fait que dire, 'non nous ne t'écouterons pas, n'essayes pas de nous convaincre'. Le rejet du peuple est tel qu'il ne résonne plus, à l'image du peuple haranguant Pilate pour obtenir la mort de celui qui n'a fait de mal à personne, quitte à libérer un meurtrier. La raison n'est plus présente, seule persiste la haine et le rejet. Pour eux, le plus important c'est de s'émanciper de Dieu, le reste pourra être réfléchis ultérieurement.


c) L'acceptation.

Devant l'évidence de ce que le peuple n'est pas venu discuter mais ordonner, Samuel retourne vers Dieu qui lui dit de nommer un roi. Tout le monde va donc rentrer chez soi en attendant la nomination dont le principe a été acté.

3 - Selon le coeur des hommes (1 Samuel 9.1-10.27)

a) Les ânesses et le coeur de Saül.

La passé familial de Saül n'est présenté que courtement. On y apprend la vaillance de son père ainsi que le nom de ses ancêtres sur 5 générations. Précisions nous est faite de l'impressionnante stature physique et de la beauté du jeune homme. Evidemment, il est difficile de ne pas faire le parallèle avec la situation de David, et on comprend mieux pourquoi Samuel se méprendra sur ses 7 frères. Dans le cas de Saül, l'Eternel avait choisi celui qui frappait les regards.

Les ânesses sont pour ainsi dire le commencement de l'histoire de Saül, et si ce n'est pas avec des mots dans ce cas-là, elles sont cependant parlantes. Pour accentuer la différence d'avec son successeur, on notera la position de Saül dans sa maison, il est fils, les serviteurs lui sont inférieurs et il a la confiance de son père alors que David était inférieurs aux serviteurs et que son père avait du mal à le regarder comme un fils.

La différence entre les deux hommes est également flagrante au regard de la fonction. David est berger, et ce qu'il apprendra dans cette fonction le conduira a devenir le berger d'Israël. Il avait en lui ce qu'il allait devenir.

Malheureusement pour lui, il en va de même pour Saül, et l'histoire des ânesses le montre avec netteté.


a.1) La nomination.

🔘 1 Samuel 9.3 : « Les ânesses de Kis, père de Saül, s'égarèrent ; Et Kis dit à Saül, son fils : Prends avec toi l'un des serviteurs, lève-toi, va, et cherche les ânesses ».

Si on se réfère à la formulation, alors Saül savait déjà que des ânesses s'étaient égarées mais il a besoin d'être envoyé, ça n'est pas en lui. David sautait sur l'ours et le lion pour protéger le troupeau. S'il paraît évident que tous les bergers ont un jour où l'autre vu une de leurs bêtes s'égarer, ce qui compte c'est ce qu'on nous dit, et dans le cas de Saül, c'est cet exemple qui est mis en avant alors que dans celui de David, c'est le fait de mettre sa vie en danger pour protéger le troupeau.


a.2) Le renoncement.

Tout ce qui arrive est significatif de ce que sera Saül en tant que roi, et ça n'est pas pour rien que la vie des deux rois commence par l'histoire de leur rapport au troupeau.

🔘 1 Samuel 9.5 : « Ils étaient arrivés dans le pays de Tsuph, lorsque Saül dit à son serviteur qui l'accompagnait : Viens, retournons, de peur que mon père, oubliant les ânesses, ne soit en peine de nous ».

Saül est près a abandonner les ânesses pur une raison qui, si elle paraît noble, c'est à dire les inquiétudes de son père, n'en reste pas moins un renoncement. Chercher les ânesses est la mission que son père lui a confié et il est près à ne pas le faire soi-disant pour éviter que ce même père ne s'inquiète. On remarquera plus tard dans le règne de Saül que ce qui pourrait paraître anodin ici est en réalité un mode de fonctionnement. Il justifie toujours ses actes en mettant en avant la responsabilité des autres. Ici, ça n'est pas qu'il en a marre, c'est que son père s'inquiète.


a.3) Un sacrifice qui ne me coute rien.

Tout ce qui précède son élection est important pour comprendre ce qui prendra place après. Dans le cas présent, les ânesses sont toujours perdues, et Saül veut rentrer en prenant son père pour prétexte. C'est son serviteur qui va présenter l'alternative consistant à aller consulter Samuel (1 Samuel 9.6 : « ... il y a dans cette ville un homme de Dieu). Rappelons-nous que tout Israël était allé vers cet 'homme de Dieu' et qu'il est censé donner prochainement le nom de celui qui règnera sur Israël, mais la maison de Saül n'a pas l'air très informée de la chose.

Il s'en suit alors la décision d'y aller, mais elle ne se fait pas sans nous révéler une nouvelle chose. Cette décision est la résultante d'une suite de trois versets :

🔘 1 Samuel 9.7-8 : « Saül dit à son serviteur : Mais si nous y allons, que porterons-nous à l'homme de Dieu ? Car il n'y a plus de provisions dans nos sacs, et nous n'avons aucun présent à offrir à l'homme de Dieu. Qu'est-ce que nous avons ? 8 Le serviteur reprit la parole, et dit à Saül : Voici, j'ai sur moi le quart d'un sicle d'argent ; Je le donnerai à l'homme de Dieu, et il nous indiquera notre chemin ».

🔘 1 Samuel 9.10 : « Saül dit à son serviteur : Tu as raison : Viens, allons ! ».

Ce que Saül ne comprend pas, c'est que le don qui était fait à l'homme de Dieu n'avait pas d'importance en lui-même, il ne faisait que représenter l'offrande faite à celui qui allait parler au travers de l'homme de Dieu. Sa valeur n'est pas marchande, elle parle du coeur de celui qui offre. Saül est loin de ce genre de considérations, il reste ancré dans la chair et ne veut se soumettre à cette coutume que parce qu'elle fait partie des traditions. Il n'en comprend pas le sens et en déduis donc que le plus important est de ne pas venir les mains vides, même si ce ne sont pas ses mains qui sont pleines.

Dans une situation qui n'est pas sans rapports puisqu'elle parle du coeur de l'homme, il devra également offrir un sacrifice dans l'urgence. De la même manière, un serviteur proposera de pourvoir au dit sacrifice, mais le futur roi d'Israël refusera :

🔘 1 Chroniques 21.24 : « Mais le roi David dit à Ornan : Non ! je veux l'acheter contre sa valeur en argent, car je ne présenterai point à l'Éternel ce qui est à toi, et je n'offrirai point un holocauste qui ne me coûte rien ».

Pour Saül, ça ne représente pas un problème, parce qu'il ne comprend pas que la véritable valeur du don est celle du sacrifice qu'il représente pour celui qui le fait.


a.4) Par soi-même plutôt que de demander à Dieu.

Bien que cela puisse ne sembler être qu'une petite précision, il faut cependant prendre en compte, suite à ce qui vient d'être dit, que Samuel habite à Rama (1 Samuel 7.17 : « Puis il revenait à Rama, où était sa maison ... »). Lorsque Saül et son serviteur arrivent dans la ville, il nous est fait la précision : « ... Ils étaient arrivés au milieu de la ville, quand ils furent rencontrés par Samuel qui sortait pour monter au haut lieu » (1 Samuel 9.14). Samuel vient donc de sortir de chez lui, ce qui confirme qu'ils se trouvent tous à Rama lors de cette rencontre.

Or Rama se trouve à environ 2 à 3 kilomètres à vol d'oiseau de Guibéa, lieu de résidence de Saül et de ses ancêtres. 

Donc bien qu'il soit évident que Saül n'ait pas fait le trajet en ligne droite, puisqu'il : « passa par la montagne d'Éphraïm et traversa le pays de Schalischa, sans les trouver ; ils passèrent par le pays de Schaalim, et elles n'y étaient pas ; ils parcoururent le pays de Benjamin, et ils ne les trouvèrent pas » (1 Samuel 9.4), il faut cependant garder une vision claire des distances dans un pays aussi petit qu'Israël (Ephraïm n'est qu'à 3 où 4 kilomètres de Rama). Si Saül est parti depuis quelques temps, ce qu'atteste le fait qu'ils n'aient plus de provisions dans leurs sacs (1 Samuel 9.7-8), l'énonciation des pays qu'il a traversé ne doit pas faussé la compréhension. Ce sont des zones géographiques bien inférieures à ce qu'on imagine naturellement en entendant parler de pays. Cela parle en réalité de la terre de Schalischa, de Schaalim et de Benjamin. Donc Saül et son serviteur sont partis vers le Nord et ont cherché les ânesses dans les montagnes d'Ephraïm, à quelques kilomètres de chez eux, ainsi que dans deux régions s'y trouvant (Schalischa et Schaalim). On est loin de l'épopée d'Omer.

Cependant, le but n'est pas de l'en blâmer mais de simplement comprendre réellement ce passage. Ce qui ressort de ce passage passe au-delà de ça.

Dans la réalité, les pérégrinations de Saül à la recherche des ânesses mettent autre chose en avant.

Ca n'est pas plus étonnant que cela qu'il ne les ait pas retrouvé. Bien que la zone de recherche soit plus petite que ce qu'on imagine, il n'en reste pas moins qu'on parle de retrouver des animaux qui ont décidé de partir en vadrouille. C'était presque peine perdu depuis le commencement. S'ils étaient perdus dans une ville ce ne serait pas simple de les retrouver, perdez de vue la personne que vous suivez ne serait-ce qu'un court instant et vous risquez de ne plus jamais la revoir. En allant plus loin, deux personnes qui se cherchent l'une l'autre pourraient ne pas se trouver sans informations ni moyens de communiquer. Là on parle de retrouver des animaux dans la nature, ils peuvent changer de directions n'importe quand, se diriger vers n'importe où, ne suivent pas forcément les routes humaines et pour ajouter à cela, rien ne dit qu'elles sont restées groupées.

La réalité est que le père de Saül lui a demandé de chercher les ânesses, il ne lui a pas dit comment.

Saül se voit donc demander quelque chose d'impossible et choisit de le faire par lui-même alors qu'il avait le prophète Samuel à 20 où 30 minutes de marche de chez lui. Au final, même devant l'échec de sa recherche il n'y pensera pas et c'est de son serviteur que l'idée viendra. Saül n'est pas un homme qui pense à Dieu, il ne pense qu'à lui-même, et il a besoin d'être entouré de personnes qui y pensent à sa place pour ne pas l'oublier totalement.


a.5) La rencontre.

Dieu connaissant toute chose, il a voulu la présence de ce serviteur aux côtés de Saül, parce que sans lui, Saül serait rentré bredouille et n'aurait pas croisé la route du prophète. Ca peut paraître étrange que l'Eternel ait choisi un homme comme celui que dépeignent les premiers textes qui parlent de lui. Pourtant il faut toujours garder à l'esprit que Saül n'est pas réellement le choix plein et entier de Dieu. Aussi étrange que cela puisse sembler, c'est tristement une réalité, souvent incomprise. Ca n'est pas une situation où Dieu décide tout seul de quelque chose, c'est le peuple qui a décidé en venant vers Samuel et en disant ce qu'il voulait. Le choix que l'Eternel fait est un choix dirigé. D'une certaine manière, il a une liste de course, un peu comme si vous partiez acheter des pates et que sur place c'est vous qui décidiez lesquelles, mais ça doit rester des pates. Le roi qu'il va choisir ne doit pas être selon son coeur, mais selon le coeur du peuple. La réponse doit être à l'image de la demande, or la demande du peuple portait en elle le rejet de Dieu. Il n'était donc pas possible que la réponse ne le porte pas également.

Aussi, bien que Saül soit le choix de Dieu, dans la réalité il est premièrement le choix du peuple.

Samuel de son côté a été averti « un jour avant l'arrivée de Saül » (1 Samuel 9.15), et Dieu l'informe de l'identité du fils de Kis lorsqu'il arrive à son contact (1 Samuel 9.17 : « Voici l'homme dont je t'ai parlé ; C'est lui qui régnera sur mon peuple »). Dans cette scène presque surréaliste, nous avons un vieil homme qui connaît un jeune homme parce que l'Eternel lui parle de lui et lui donne les informations importantes. Dans l'autre sens nous avons un jeune homme qui ignore tout d'un vieillard alors que le dit vieillard est le juge d'Israël depuis la presque intégralité de sa vie, qu'il est le prophète le plus craint de tout le pays, qu'il doit désigner le futur roi, et qu'il habite à 20 minutes à pieds de chez lui. Le fait que le serviteur de Saül soit obligé de lui parler de qui est cet homme pour essayer de le convaincre démontre qu'il n'en a vraiment aucune idée (1 Samuel 9.6 : « c'est un homme considéré ; tout ce qu'il dit ne manque pas d'arriver »). Quand on se rappelle du branle-bas de combat à l'arrivée de Samuel dans le village de David, on n'a pas le même tableau de brossé. De toute évidence, la maison de son père n'attache pas beaucoup d'importance à la volonté de Dieu. C'est une ville qui a une histoire dans le rejet de Dieu et dans la gravité de ses comportements, on se rappellera que les habitants de Guibea ont presque été entièrement exterminés suite à un comportement si abominable que les autres tributs sont montées contre elle pour obtenir justice et, ne l'obtenant pas, les ont massacrés (Juges chapitre 20).

On remarquera également que l'Eternel ne fait pas d'alliance avec Saül comme il le fera avec David, il le choisit pour son peuple, qui est nommé par trois fois dans la discussion que l'Eternel a avec Samuel (1 Samuel 9.16 : « tu l'oindras pour chef de mon peuple d'Israël. Il sauvera mon peuple de la main des Philistins ; Car j'ai regardé mon peuple, parce que son cri est venu jusqu'à moi »), et lorsqu'il s'approchera enfin de Samuel, alors que l'Eternel indique à son prophète que c'est l'homme dont il lui parlait, il précise : « Voici l'homme dont je t'ai parlé ; C'est lui qui régnera sur mon peuple » (1 Samuel 9.17). Le centre de la pensée de Dieu c'est son peuple. Il a toujours été dans sa pensée que son peuple ait un roi au-dessus de lui, mais ce roi devait être Jésus. Le peuple en a donc logiquement demandé un à l'image des hommes, presque une version antéchrist de ce que l'Eternel avait en tête. C'est le même principe que celui du mont Sinaï, l'Eternel voulait la grâce pour tout son peuple, ils ont refusé et en ont reçu une image périssable sous la forme de la loi de Moïse, en attendant d'être capable de la recevoir. Ici c'est une reproduction du schéma mais avec la royauté comme centre, en attendant qu'ils soient capables de recevoir celle du roi qui était initialement prévu, Jésus.


b) L'élection préalable.

Samuel va donc prendre le jeune homme et l'amener avec lui en lui donnant une base suffisante pour qu'il puisse avancer dans la confiance.

🔘 1 Samuel 9.18-20 : « Saül s'approcha de Samuel au milieu de la porte, et dit : Indique-moi, je te prie, où est la maison du voyant. 19 Samuel répondit à Saül : C'est moi qui suis le voyant. Monte devant moi au haut lieu, et vous mangerez aujourd'hui avec moi. Je te laisserai partir demain, et je te dirai tout ce qui se passe dans ton coeur. 20 Ne t'inquiètes pas des ânesses que tu as perdues il y a trois jours, car elles sont retrouvées. Et pour qui est réservé tout ce qu'il y a de précieux en Israël ? N'est-ce pas pour toi et pour toute la maison de ton père ? ».

Evidemment Saül ne va pas comprendre grand chose à ce qui est en train de se passer, mais on ne peut pas vraiment l'en blâmer.

🔘 1 Samuel 9.21 : « Saül répondit : Ne suis-je pas Benjamite, de l'une des plus petites tribus d'Israël ? Et ma famille n'est-elle pas la moindre de toutes les familles de la tribu de Benjamin ? Pourquoi donc me parles-tu de la sorte ? ».

D'autant que la situation ne va pas en s'arrangeant. Il est introduit auprès des 30 personnes qui étaient conviés, donc probablement des personnes importantes, et il est placé à leur tête. Pour le jeune homme ça fait beaucoup a accepter. D'autant qu'on va le servir en lui donnant l'épaule de la bête ainsi que ce qui l'entoure, ce qui est la partie qui est normalement réservée aux sacrificateurs dans les sacrifices de prospérité/actions de grâce (Lévitique 7.34 : « Car je prends sur les sacrifices d'actions de grâces offerts par les enfants d'Israël la poitrine qu'on agitera de côté et d'autre et l'épaule qu'on présentera par élévation, et je les donne au sacrificateur Aaron et à ses fils, par une loi perpétuelle qu'observeront les enfants d'Israël »). Un peu comme si l'Eternel transférait au roi une partie du rôle du sacrificateur afin qu'il puisse régner sur le peuple (en réalité comme s'il la dupliquait, parce que le don est perpétuel pour les sacrificateurs).

Suite à leur repas, les deux hommes vont discuter sur le toit, probablement dans la maison de Samuel, mais il n'existe aucun texte relatant leur discussion. Finalement, à l'aube et juste avant que Saül ne reparte pour Guibéa, Samuel va à nouveau appeler le jeune homme sur le toit. Il est possible que l'architecture d'alors n'incluait pas des chambres d'amis à tout va et que Saül et son serviteur y ont dormis. Le fait que Samuel appelle Saül sur le toit pour l'accompagner vers la sortie de la ville est en tous les cas parlant sur le fait que c'est Saül qui s'y trouvait et non Samuel. De la porte de la ville il va alors demander à Saül de dire à son serviteur de passer devant, ce qui en soit est impressionnant de rigueur. Il respecte les niveaux d'autorité. Le serviteur de Saül n'est pas sous l'autorité de Samuel, et il ne considère pas sa position de prophète et de juge comme lui donnant la moindre autorité sur lui, ce qui pourrait être une leçon d'humilité pour pas mal de monde. Ca n'est qu'ensuite qu'il va lui transmettre la parole de Dieu.

Il l'oint, l'embrasse et lui donne les directives suivantes, essentiellement composées de signes amenant son changement et lui permettant d'entrer dans son règne.

🔘 1 Samuel 10.1-6 : « Samuel prit une fiole d'huile, qu'il répandit sur la tête de Saül. Il le baisa, et dit : L'Éternel ne t'a-t-il pas oint pour que tu sois le chef de son héritage ? 2 Aujourd'hui, après m'avoir quitté, tu trouveras deux hommes près du sépulcre de Rachel, sur la frontière de Benjamin, à Tseltsach. Ils te diront : Les ânesses que tu es allé chercher sont retrouvées ; Et voici, ton père ne pense plus aux ânesses, mais il est en peine de vous, et dit : Que dois-je faire au sujet de mon fils ? 3 De là tu iras plus loin, et tu arriveras au chêne de Thabor, où tu seras rencontré par trois hommes montant vers Dieu à Béthel, et portant l'un trois chevreaux, l'autre trois gâteaux de pain, et l'autre une outre de vin. 4 Ils te demanderont comment tu te portes, et ils te donneront deux pains, que tu recevras de leur main. 5 Après cela, tu arriveras à Guibea Élohim, où se trouve une garnison de Philistins. En entrant dans la ville, tu rencontreras une troupe de prophètes descendant du haut lieu, précédés du luth, du tambourin, de la flûte et de la harpe, et prophétisant eux-mêmes. 6 L'esprit de l'Éternel te saisira, tu prophétiseras avec eux, et tu seras changé en un autre homme ».

Alors que David aura dans les grandes lignes une préparation qui aura pris les 30 premières années de sa vie, Saül aura la journée.

🔘 1 Samuel 10.7 : « Lorsque ces signes auront eu pour toi leur accomplissement, fais ce que tu trouveras à faire, car Dieu est avec toi ».

🔘 1 Samuel 10.8 : « Puis tu descendras avant moi à Guilgal ; Et voici, je descendrai vers toi, pour offrir des holocaustes et des sacrifices d'actions de grâces. Tu attendras sept jours, jusqu'à ce que j'arrive auprès de toi et que je te dise ce que tu dois faire ».


c) L'élection publique.

La suite va être l'accomplissement de tout ce que Samuel a annoncé à Saül jusqu'à la reconnaissance de tous de ce qu'il est un homme différent par l'affirmation concernant sa paternité. Consécutivement à cela, il se rend au haut lieu.

🔘 1 Samuel 10.9-13 : « Dès que Saül eut tourné le dos pour se séparer de Samuel, Dieu lui donna un autre cœur, et tous ces signes s'accomplirent le même jour. 10 Lorsqu'ils arrivèrent à Guibea, voici, une troupe de prophètes vint à sa rencontre. L'esprit de Dieu le saisit, et il prophétisa au milieu d'eux. 11 Tous ceux qui l'avaient connu auparavant virent qu'il prophétisait avec les prophètes, et l'on se disait l'un à l'autre dans le peuple : Qu'est-il arrivé au fils de Kis ? Saül est-il aussi parmi les prophètes ? 12 Quelqu'un de Guibea répondit : Et qui est leur père ? -De là le proverbe : Saül est-il aussi parmi les prophètes ? 13 Lorsqu'il eut fini de prophétiser, il se rendit au haut lieu » .

Le changement de Saül semble effectif, mais personne ne change réellement un homme s'il ne le désire pas vraiment. L'Eternel lui a donné l'impulsion, lui a donné un coeur nouveau, mais cela ne signifie pas que l'ancien Saül ait disparu, et on va vite réaliser qu'il est toujours là et que l'Eternel n'a fait que mettre devant lui le chemin de la bénédiction et de la malédiction.


c.1) Le choix de l'ombre.

Si tout semble se passer parfaitement, Saül reste Saül. Aussi lorsque Abner, son oncle vient l'interroger sur son absence, le jeune homme a deux choix, dire la vérité ou mentir. Le texte ne laisse pas planer le suspens, il choisit de mentir. Il est bien plus facile de faire la volonté de Dieu lorsqu'on est entouré de personnes qui lui appartiennent, mais la réalité est qu'on se retrouve toujours entouré par des personnes qui n'ont pas la même inclinaison et à cet instant arrive immanquablement la peur du regard de l'autre.

🔘 1 Samuel 10.14-16 : « L'oncle de Saül dit à Saül et à son serviteur : Où êtes-vous allés ? Saül répondit : Chercher les ânesses ; Mais nous ne les avons pas aperçues, et nous sommes allés vers Samuel. 15 L'oncle de Saül reprit : Raconte-moi donc ce que vous a dit Samuel. 10.16 Et Saül répondit à son oncle : Il nous a assuré que les ânesses étaient retrouvées. Et il ne lui dit rien de la royauté dont avait parlé Samuel ».

On connaît Abner, et on connait sa force, il est évident que cet homme devait avoir une prestance hors du commun. Il finira par être le général des armées d'Israël, un stratège qui tiendra tête à David pendant longtemps. S'il n'a pas encore la position, nulle doute qu'il a déjà la stature. Saül de son côté est un homme de grande taille, il en impose et a l'attention de son oncle. Son propre père, Kis est connu pour être « un homme fort et vaillant » (14 Samuel 9.1). Il est probable qu'Abner voit en son neveu un autre exemple de l'héritage de vaillance de leur famille. Saul descend d'une lignée de guerrier et a toute l'apparence de quelqu'un qui pourrait bien un jour tous les surpasser. Pourtant, en face de son oncle, alors qu'il lui demande ce que le prophète Samuel lui a dit, il choisit d'oublier toute la partie concernant son règne à venir, malheureusement il ne s'en rappellera probablement jamais vraiment. On connait les exemples concernant la peur de certains d'être dirigés par ceux-là même qui leur étaient inférieurs un temps. C'est l'histoire de l'humanité. C'est déjà ce qui a causé les réprobations de Jacob à Joseph son fils, et qui a attiré la haine de ses frères.

Il n'en reste pas moins que Saül fait le choix du silence, et on notera qu'alors que Samuel lui disait de faire ce qu'il trouverait à faire dans la semaine qui les séparait de leur prochaine rencontre, le futur roi ne fera tout simplement rien. Lorsque Samuel lui faisait cette déclaration, il ne lui parlait pas de vaquer à ses occupations encore quelque jours avant leur rendez-vous. La précision de « ... car Dieu est avec toi » (1 Samuel 10.7) pointe directement des choses pour lesquelles le concours de Dieu est nécessaire.

Pendant toute cette semaine il aurait pu, à l'image de Gédéon, demander des signes divers afin de grandir dans sa foi, il aurait pu attaquer la garnison de Guibéa Elohim que le prophète avait désigné comme la dernière étape de sa transformation (1 Samuel 10.5 : « Guibea Élohim, où se trouve une garnison de Philistins »). Garnison que son propre fils, conduit par Dieu, attaquera peu de temps plus tard (1 Samuel 13.3 : « Jonathan battit le poste des Philistins qui étaient à Guéba... »).

Il y a bien des choses qu'il aurait pu faire, l'Eternel étant avec lui, mais il ne fera rien.


c.2) De Guilgal à Mitspa.

Une particularité se situe dans la localisation de la rencontre à venir.

Dans ses premières directives, Samuel avait dit à Saül :

🔘 1 Samuel 10.8 : « Puis tu descendras avant moi à Guilgal ; Et voici, je descendrai vers toi, pour offrir des holocaustes et des sacrifices d'actions de grâces. Tu attendras sept jours, jusqu'à ce que j'arrive auprès de toi et que je te dise ce que tu dois faire ».

Puis, alors que le jour de la révélation publique arrive finalement, le texte ne nous parle plus de de Guilgal :

🔘 1 Samuel 10.17 : « Samuel convoqua le peuple devant l'Éternel à Mitspa ... ».

Or nous savons d'un texte précédent que ces deux villes sont des trois dans lesquelles Samuel jugeait le peuple annuellement.

🔘 1 Samuel 7.16 : « Il allait chaque année faire le tour de Béthel, de Guilgal et de Mitspa, et il jugeait Israël dans tous ces lieux ».

La réalité est que si les deux affirmations de 1 Samuel 10.8 mentionnant Guilgal et 1 Samuel 10.17 mentionnant Mitspa ont beau se suivre, elles ne parlent pas l'une de l'autre. Il y a eu une autre rencontre entre les deux hommes, qui s'est déroulée à Guilgal et dont on ne nous parle pas. On peut faire des conjectures, mais pas avoir de certitudes.

Samuel et Saül avaient déjà discuté sans que l'on sache de quel sujet, sur le toit de la maison de Samuel. C'est quelques heures après qu'il lui donne rendez-vous une semaine plus tard, au lieu où il juge le peuple. Si le but de la discussion était simplement de lui donner des directives concernant son règne, il aurait pu lui dire de repasser chez lui, mais il fallait attendre le jour spécifique où il juge le peuple. C'est pour cela que bien que ne pouvant pas connaître le fond de la discussion, il n'en reste pas moins que la logique de base pointe vers la notion de jugement.

C'est donc après cette rencontre à Guilgal que les deux hommes vont à nouveau se rencontrer, mais cette fois-ci, à Mitspa.


c.3) L'option de la lumière.

Que l'on accepte de se préparer ou non, cela ne change pas le plan de Dieu, cela ne fait que changer notre niveau de préparation. Ca paraît logique, mais c'est une évidence qui n'est pas autant partagée qu'on pourrait le croire. Le plan de Dieu se déroule au millimètre, on ne repousse ni n'avance un évènement, on se prépare dans l'obéissance où on l'affronte dans l'impréparation. Saül n'était pas près, n'a pas pris le temps offert pour essayer de le faire, et va finir par régner de manière catastrophique. Par contre Dieu fera très exactement ce qu'il voulait, il va libérer son peuple. Saül ne fera que souffrir de son impréparation.

Aussi, bien que Saül n'ait rien fait depuis sa rencontre avec Samuel, cela ne retarde pas l'élection qui se passe à Mitspa.

🔘 1 Samuel 10.17 : « Samuel convoqua le peuple devant l'Éternel à Mitspa, 10.18 et il dit aux enfants d'Israël : Ainsi parle l'Éternel, le Dieu d'Israël : J'ai fait monter d'Égypte Israël, et je vous ai délivrés de la main des Égyptiens et de la main de tous les royaumes qui vous opprimaient. 10.19 Et aujourd'hui, vous rejetez votre Dieu, qui vous a délivrés de tous vos maux et de toutes vos souffrances, et vous lui dites : Établis un roi sur nous ! Présentez-vous maintenant devant l'Éternel, selon vos tribus et selon vos milliers ».


c.4) Un roi dans sa colère.

Bien que Samuel sache parfaitement qui est le choix de l'Eternel puisqu'il l'a déjà oint quelques temps auparavant, le peuple n'en est pas encore informé. Or dans le cadre de décisions impactant toute la nation, il était de coutume de s'en remettre au sort. L'Urim et le thummim servaient à cela. Le livre des Proverbes résumant cette vérité avec beaucoup de simplicité : « On jette le sort dans le pan de la robe, mais toute décision vient de l'Éternel » (Proverbes 16.33). Cela permettait simplement de ne pas contester et attestait que ça n'était pas la décision d'un homme seul, mais de Dieu.

🔘 1 Samuel 10.20-21 : « Samuel fit approcher toutes les tribus d'Israël, et la tribu de Benjamin fut désignée. 21 Il fit approcher la tribu de Benjamin par familles, et la famille de Matri fut désignée. Puis Saül, fils de Kis, fut désigné ... ».

Finalement, ce qui était attendu par tous est arrivé, un roi vient d'être désigné. Le seul qui ne semble pas s'en réjouir à ce stade, c'est justement le principal intéressé. Rappelons nous qu'il sait parfaitement que ce jour est le jour de sa désignation. Il n'est pas comme le reste du peuple attendant le résultat de l'Urim et du Thummim, il le connait déjà. C'est le jour où il devient roi aux yeux de tout Israël. Mais il est introuvable. Chaque tribu a été appelée à son tour, il voyait le temps de l'appel de la sienne s'approcher. Puis quand l'appel de la tribu de ses pères a retenti, il a choisi soit de rester caché, soit d'aller le faire rapidement. On peut assez facilement imaginer Kis ou Abner croiser les doigts pour devenir le premier roi d'Israël, focalisant leur attention sur le nom qui allait être donné et ne remarquant pas l'absence de Saül. Pourtant c'est son nom qui "sort du chapeau".

Mais lui se planque.

🔘 1 Samuel 10.21 : « ... On le chercha, mais on ne le trouva point ».

Toute la tribu de Benjamin est à sa recherche, se cacher devient un travail à plein temps dans lequel il excelle. A tel point qu'il faut à nouveau consulter l'Eternel qui va indiquer où il se cache.

🔘 1 Samuel 10.22 : « On consulta de nouveau l'Éternel : Y a-t-il encore un homme qui soit venu ici ? Et l'Éternel dit : Voici, il est caché vers les bagages ».

Tout Israël demande un roi et celui qui est désigné semble être le seul qui ne veut vraiment pas l'être. "Semble", parce que les choses sont souvent trompeuses. Combien demandent des ouvriers dans la moisson pour se donner bonne conscience, mais préfèrent ne pas en être. Il est probable que beaucoup d'autres auraient eu une particulière appréhension, il se trouve simplement que c'est tombé sur Saül.

Sa cachette étant éventée, la suite ne se fait plus attendre.

🔘 1 Samuel 10.23 : « On courut le tirer de là, et il se présenta au milieu du peuple. Il les dépassait tous de la tête. 24 Samuel dit à tout le peuple : Voyez-vous celui que l'Éternel a choisi ? Il n'y a personne dans tout le peuple qui soit semblable à lui. Et tout le peuple poussa les cris de : Vive le roi ! ».

Le roi qui est issu de la colère de Dieu vient d'être nommé. Il ne reste plus qu'à attendre qu'il excite sa fureur (Osée 13.11 : « Je t'ai donné un roi dans ma colère, je te l'ôterai dans ma fureur »).


d) Chaque solution est le début d'un problème.

Maintenant que le peuple a obtenu ce qu'il demandait en la personne de Saül, il faut forcément que certains râlent Les réseaux sociaux n'ont rien inventés. Pourtant on doit admettre qu'on peut partiellement les comprendre. Vu comme il traînait du pied, se dire qu'il va sauver le peuple peut paraître difficile. D'autant que la demande d'un roi venant du rejet de l'administration de Dieu, ils regardent forcément dans la chair.

Leur duplicité est cependant évidente dans le texte qui suit :

🔘 1 Samuel 10.25-27 : « Samuel fit alors connaître au peuple le droit de la royauté, et il l'écrivit dans un livre, qu'il déposa devant l'Éternel. Puis il renvoya tout le peuple, chacun chez soi. 26 Saül aussi s'en alla dans sa maison à Guibea. Il fut accompagné par les honnêtes gens, dont Dieu avait touché le coeur. 27 Il y eut toutefois des hommes pervers, qui disaient : Quoi ! C'est celui-ci qui nous sauvera ! Et ils le méprisèrent, et ne lui apportèrent aucun présent. Mais Saül n'y prit point garde ».


d.1) Retour à la normale.

Une fois de plus, la suite consiste à rentrer à la maison, et Saül va reprendre sa vie d'avant, une partie du peuple ayant accepté de bon coeur le choix de l'Eternel.


d.2) L'odeur de la rébellion.

Depuis environ quatre cents ans le peuple passe son temps dans une boucle consistant à s'éloigner de Dieu, se corrompre suffisamment pour être sous la domination de ses ennemis, puis crier à Dieu pour avoir un libérateur qui les sauvera et les jugera. Une fois mort, ce juge sera invariablement suivi par la répétition de cette même boucle qui s'est répétée d'Othniel, premier des juges, à Samson, prédécesseur de Samuel. Maintenant que le temps de Samuel s'achève doucement, le peuple suit sa logique habituelle.

Alors qu'ils savent qu'ils ont besoin d'un sauveur, ils décident d'être ceux qui sont capables de savoir lequel ce sera. On note par ailleurs, et ça n'est pas sans importance, que leur plainte consiste en ce simple : « Quoi ! C'est celui-ci qui nous sauvera ! ». Quid de la requête dans sa forme première ? Rappelons qu'elle consistait dans l'affirmation suivante : « établis sur nous un roi pour nous juger ». Finalement leur plainte ne parle plus de jugement, mais uniquement de salut. Ils veulent un larbin qui vienne les sortir de leurs problèmes, pas un roi qui va leur dire quoi faire. D'où le mécontentement de certains.

4 - Le dernier virage (1 Samuel 11.1-12.25)

Comme d'habitude, l'homme ne fait la volonté de Dieu que forcé. Saül savait qu'il était roi, mais il l'a caché à tout le monde, même à sa famille. Maintenant l'Eternel l'a annoncé à tous à travers l'entremise de son serviteur Samuel, mais les choses ne changent pas. Saül est au champs, derrière les bœufs et Israël est exactement dans la même situation qu'avant. Si Saül est à l'image de ce que le peuple voulait, il manque de toute évidence de ce charisme qui unifie autour d'un dirigeant. Le peuple sait qu'il est roi, ça a été annoncé en grande pompe, mais basiquement ...

Pour que les tribus deviennent plus proactives, il va falloir une fois de plus que ce soit celui qu'elles rejettent massivement qui s'en occupe. Des enfants rebelles persuadés de s'être émancipés mais qui tiennent uniquement parce que leur père veille au grain de loin.

Dans le cas présent, cela va prendre la forme d'une menace étrangère.


a) La confiance des Ammonites.

🔘 1 Samuel 11.1-3 : « Nachasch, l'Ammonite, vint assiéger Jabès en Galaad. Tous les habitants de Jabès dirent à Nachasch : Traite alliance avec nous, et nous te servirons. 2 Mais Nachasch, l'Ammonite, leur répondit : Je traiterai avec vous à la condition que je vous crève à tous l'œil droit, et que j'imprime ainsi un opprobre sur tout Israël. 3 Les anciens de Jabès lui dirent : Accorde-nous une trêve de sept jours, afin que nous envoyions des messagers dans tout le territoire d'Israël ; Et s'il n'y a personne qui nous secoure, nous nous rendrons à toi ».

Si d'un point de vu personnel, Israël a l'impression d'avoir enfin un roi comme les peuples qui les entourent, la réalité est que ce n'est pas ce que les peuples en question voient. Pour eux, Israël n'a plus de Dieu, ils sont donc fragilisés. Les Hébreux viennent de rejeter ce qui faisait leur différence et leur force, c'est donc le moment de les abattre. D'autant que leur supposé roi est occupé aux champs ... ce qui paraît ridicule pour le rang qui est supposé être le sien.

C'est donc le moment parfait pour les attaquer.

Leur confiance est telle que les Ammonites sont prêt à attendre une semaine, le temps que les habitants de Jabès cherchent du secours. Persuadés que personne ne viendra pour les sauver. Pourtant leurs intentions sont particulièrement mauvaises, ils ne viennent pas dans des dispositions guerrières normales. Ils veulent humilier Israël, et Jabès est un moyen pour le faire. Ils refusent tout compromis, aucune alliance, même une de celles qui de toute manière plongerait Jabès dans la servitude, à l'image des Gabaonites sous Josué. Les Ammonites ont bien l'intention de réduire Jabès à l'esclavage, mais il n'est pas question de le faire sans les humilier au préalable, et dans le même mouvement, d'humilier tout Israël. Le seul compromis qu'ils acceptent est de crever l'œil droit de toute la population, ce qui ne peut être vu que comme une manière de cracher à la face de ce même Dieu qu'Israël vient de rejeter. Dans la loi de Moïse, faire perdre son œil à un esclave ne se réparait qu'en lui rendant sa liberté *. Ici, ils veulent ce même signe comme marque de l'esclavage, manière de leur dire « votre Dieu vous dit que vous êtes libre, mais nous disons que vous nous appartenez, voyez qui a raison ».

* 🔘 Exode 21.26 : Si un homme frappe l'œil de son esclave, homme (Ebed) ou femme (Amah), et qu'il lui fasse perdre l'œil, il le mettra en liberté, pour prix de son œil.

Leur suffisance sera leur perte, par leur déclaration ils s'e nsont pris non plus au peuple, mais à Dieu lui-même.


b) L'unification du royaume.

🔘 1 Samuel 11.4-7 : « Les messagers arrivèrent à Guibea de Saül, et dirent ces choses aux oreilles du peuple. Et tout le peuple éleva la voix, et pleura. 5 Et voici, Saül revenait des champs, derrière ses bœufs, et il dit : Qu'a donc le peuple pour pleurer ? On lui raconta ce qu'avaient dit ceux de Jabès. 11.6 Dès que Saül eut entendu ces choses, il fut saisi par l'esprit de Dieu, et sa colère s'enflamma fortement. 11.7 Il prit une paire de bœufs, et les coupa en morceaux, qu'il envoya par les messagers dans tout le territoire d'Israël, en disant : Quiconque ne marchera pas à la suite de Saül et de Samuel, aura ses bœufs traités de la même manière. La terreur de l'Éternel s'empara du peuple, qui se mit en marche comme un seul homme ».

Plusieurs choses sont à noter :

1️⃣ Personne n'informe Saül, c'est Saül qui, revenant des champs, voit le peuple en plein émoi et s'enquiert de la raison.

2️⃣ Découper les bœufs en parties qui sont envoyées aux différentes tribus n'est pas une choses commune. Bien que la pratique soit déjà arrivée dans la Parole de Dieu, il se trouve que c'est justement au sujet d'une infamie qui s'est déroulée dans le lieu ou ils se trouvent alors. Plus précisément, c'est suite au viol de la concubine d'un Lévite par les habitant de cette même ville que le Lévite va la découper et envoyer les morceaux aux tribus. Guibéa sera presque entièrement détruite pour conséquence. Maintenant, quelques siècles plus tard, c'est cette même ville, anciennement coupable qui réutilise cette façon de faire pour unir à nouveau le peuple, mais contre les Ammonites.

3️⃣ Bien que Saül soit poussé par l'Esprit de Dieu, il n'en reste pas moins tributaire de ses propres doutes et limitations. Nous ne sommes pas dans une configuration où Dieu utilise son serviteur mais dans celle où il se sert de lui. Comme il le ferait d'un païen. Dans le cas présent, on voit que la directive que Saül donne au peuple contient un élément étrange. Ses paroles sont : « Quiconque ne marchera pas à la suite de Saül et de Samuel ». Or Samuel n'est plus dans l'équation. C'est Saül qui règne, et Samuel est le représentant du Dieu, qui a été 'officiellement' rejeté. Les habitants de Jabès n'ont pas cherché le secours de l'Eternel, mais celui d'Israël, et c'est un roi selon leur coeur qui est censé répondre à l'appel.

On constate que le peuple démarre sa vie sans Dieu de la pire des manières qui soit, pourtant ce même Dieu qui a été rejeté ne rejette pas son peuple. Il les observe et s'occupe d'eux dans l'ombre. Il est la lumière, et donc ne la recherche pas. C'est lui qui saisit Saül afin qu'il ait enfin le courage de faire quelque chose de sa royauté, c'est lui qui saisit le coeur de tout le peuple pour qu'il s'unisse « comme un seul homme ».


C'est donc saisi par une terreur venant de l'Eternel que le peuple se réunit à Bézèk, fait informer Jabès de leur secours prochain, et part combattre Ammon, l'ennemi héréditaire. 

🔘 1 Samuel 11.8 « Saül en fit la revue à Bézek ; Les enfants d'Israël étaient trois cent mille, et les hommes de Juda trente mille. 11.9 Ils dirent aux messagers qui étaient venus : Vous parlerez ainsi aux habitants de Jabès en Galaad : Demain vous aurez du secours, quand le soleil sera dans sa chaleur. Les messagers portèrent cette nouvelle à ceux de Jabès, qui furent remplis de joie ; 11.10 Et qui dirent aux Ammonites : Demain nous nous rendrons à vous, et vous nous traiterez comme bon vous semblera. 11.11 Le lendemain, Saül divisa le peuple en trois corps. Ils pénétrèrent dans le camp des Ammonites à la veille du matin, et ils les battirent jusqu'à la chaleur du jour. Ceux qui échappèrent furent dispersés, et il n'en resta pas deux ensemble ».

Ammon sera un ennemi constant d'Israël. Ils avaient déjà à plusieurs reprises tenté d'envahir Israël pendant l'époque des Juges (Ehud puis Jephté les ont repoussé). Maintenant qu'un changement de régime survient, ils sont les premiers à venir essayer de ravager la terre d'Israël et seront continuellement en guerre contre le royaume jusqu'à l'époque de Salomon.

Dans le cas présent, la bataille ne durera que jusqu'au début de l'après-midi, laissant Ammon exsangue, et Israël finalement unifiée dans la victoire.


c) La confirmation du règne.

🔘 1 Samuel 11.12 « Le peuple dit à Samuel : Qui est-ce qui disait : Saül régnera-t-il sur nous ? Livrez ces gens, et nous les ferons mourir. 11.13 Mais Saül dit : Personne ne sera mis à mort en ce jour, car aujourd'hui l'Éternel a opéré une délivrance en Israël. 11.14 Et Samuel dit au peuple : Venez, et allons à Guilgal, pour y confirmer la royauté. 11.15 Tout le peuple se rendit à Guilgal, et ils établirent Saül pour roi, devant l'Éternel, à Guilgal. Là, ils offrirent des sacrifices d'actions de grâces devant l'Éternel ; Et là, Saül et tous les hommes d'Israël se livrèrent à de grandes réjouissances ».


c.1) La gloire du vainqueur.

Tout comme Barak est allé au combat uniquement parce que Déborah était avec lui et qui n'a pas reçu de gloire , Saül n'est pas capable d'assumer sa position de roi et annonçait que le peuple devait les suivre, lui et Samuel. Il en résulte, tout comme la gloire retombait sur Déborah, que la gloire retombe sur Samuel. C'est à lui que le peuple s'adresse. Saül n'intervient que pour attirer l'attention, comme il le fera souvent. Il voit bien que c'est vers Samuel que tout le monde se tourne et donne un avis facile à donner. Il sera tout du long de son règne très large lorsqu'il s'agit de parler, mais beaucoup moins lorsqu'il s'agira de faire ce qui a été dit.

Ceci étant dit, devant la victoire qui n'est pas de petite taille, envisager que Saül puisse régner devient beaucoup plus facile pour le peuple. Tout le monde se rend donc à Guilgal, ancien campement de Josué, lieu où se trouve l'arche de l'alliance, pour l'établir roi. Ce qui pourtant avait déjà été fait quelques temps auparavant.


c.2) Les lieux de couronnement.

Saül a été oint à Guibéa de Benjamin, ville rebelle, couronné une première fois à Mitspa, ville de jugement de Samuel, et une deuxième fois à Guilgal, également ville de jugement de Samuel. Il représente l'église pervertie qui bien que ointe n'a pas profitée de son premier jugement et doit vivre le deuxième.

David de son côté a été oint à Bethlehem, couronné une première fois à Hébron, ville sacerdotale, et une deuxième fois à Jérusalem. C'est l'alliance dans le corps de Jésus par le pain que représente la maison du main (Bethlehem), puis il est couronné à Hébron, la ville des sacrificateurs, puis à Jérusalem la ville des rois, représentant le sacerdoce royal qui nous est cité dans 1 Pierre 2.9.

Salomon finalement représente le passage du monde vers l'héritage de Dieu, du pied extérieur de la muraille de Jérusalem à l'intérieur de Jérusalem. Il est l'alliance dont Dieu précise qu'il ne se retirera pas d'elle. Celle qui est éternelle.


d) Un échappatoire pour le peuple.

Avec la nomination définitive d'un roi, la décision du peuple est définitivement actée. C'est donc le moment pour Samuel de faire un bilan de son service.

Bilan pendant lequel il fera une affirmation intéressante à relever. Affirmation qu'il fait par deux fois, parlant de son oint (mashiyach) qui, dans le cas présent, désigne Saül. Dans la nouvelle alliance, on traduirait ces deux versets en utilisant le mot 'christ'. Ce terme est utilisé 38 fois dans l'ancienne alliance et est porté aux nues par une horde de croyants/ Sur les 38 fois, il désigne 10 fois directement Saül, et une fois indirectement.


XXX


🔘 1 Samuel 12.1 « Samuel dit à tout Israël : Voici, j'ai écouté votre voix dans tout ce que vous m'avez dit, et j'ai établi un roi sur vous. 12.2 Et maintenant, voici le roi qui marchera devant vous. Pour moi, je suis vieux, j'ai blanchi, et mes fils sont avec vous ; J'ai marché à votre tête, depuis ma jeunesse jusqu'à ce jour. 12.3 Me voici ! Rendez témoignage contre moi, en présence de l'Éternel et en présence de son oint. De qui ai-je pris le bœuf et de qui ai-je pris l'âne ? Qui ai-je opprimé, et qui ai-je traité durement ? De qui ai-je reçu un présent, pour fermer les yeux sur lui ? Je vous le rendrai. 12.4 Ils répondirent : Tu ne nous as point opprimés, et tu ne nous as point traités durement, et tu n'as rien reçu de la main de personne ».

🔘 1 Samuel 12.5 « Il leur dit encore : L'Éternel est témoin contre vous, et son oint est témoin, en ce jour, que vous n'avez rien trouvé dans mes mains. Et ils répondirent : Ils en sont témoins ».

🔘 1 Samuel 12.6 « Alors Samuel dit au peuple : C'est l'Éternel qui a établi Moïse et Aaron, et qui a fait monter vos pères du pays d'Égypte. 12.7 Maintenant, présentez-vous, et je vous jugerai devant l'Éternel sur tous les bienfaits que l'Éternel vous a accordés, à vous et à vos pères. 12.8 Après que Jacob fut venu en Égypte, vos pères crièrent à l'Éternel, et l'Éternel envoya Moïse et Aaron, qui firent sortir vos pères d'Égypte et les firent habiter dans ce lieu. 12.9 Mais ils oublièrent l'Éternel, leur Dieu ; Et ils les vendit entre les mains de Sisera, chef de l'armée de Hatsor, entre les mains des Philistins, et entre les mains du roi de Moab, qui leur firent la guerre. 12.10 Ils crièrent encore à l'Éternel, et dirent : Nous avons péché, car nous avons abandonné l'Éternel, et nous avons servi les Baals et les Astartés ; Délivre-nous maintenant de la main de nos ennemis, et nous te servirons. 12.11 Et l'Éternel envoya Jerubbaal, Bedan, Jephthé et Samuel, et il vous délivra de la main de vos ennemis qui vous entouraient, et vous demeurâtes en sécurité ».

🔘 1 Samuel 12.12 « Puis, voyant que Nachasch, roi des fils d'Ammon, marchait contre vous, vous m'avez dit : Non ! Mais un roi régnera sur nous. Et cependant l'Éternel, votre Dieu, était votre roi ».

🔘 1 Samuel 12.13 « Voici donc le roi que vous avez choisi, que vous avez demandé ; Voici, l'Éternel a mis sur vous un roi. 12.14 Si vous craignez l'Éternel, si vous le servez, si vous obéissez à sa voix, et si vous n'êtes point rebelles à la parole de l'Éternel, vous vous attacherez à l'Éternel, votre Dieu, vous et le roi qui règne sur vous ».

🔘 1 Samuel 12.15 « Mais si vous n'obéissez pas à la voix de l'Éternel, et si vous êtes rebelles à la parole de l'Éternel, la main de l'Éternel sera contre vous, comme elle a été contre vos pères. 12.16 Attendez encore ici, et voyez le prodige que l'Éternel va opérer sous vos yeux. 12.17 Ne sommes-nous pas à la moisson des blés ? J'invoquerai l'Éternel, et il enverra du tonnerre et de la pluie. Sachez alors et voyez combien vous avez eu tort aux yeux de l'Éternel de demander pour vous un roi. 12.18 Samuel invoqua l'Éternel, et l'Éternel envoya ce même jour du tonnerre et de la pluie. Tout le peuple eut une grande crainte de l'Éternel et de Samuel. 12.19 Et tout le peuple dit à Samuel : Prie l'Éternel, ton Dieu, pour tes serviteurs, afin que nous ne mourions pas ; Car nous avons ajouté à tous nos péchés le tort de demander pour nous un roi. 12.20 Samuel dit au peuple : N'ayez point de crainte ! Vous avez fait tout ce mal ; Mais ne vous détournez pas de l'Éternel, et servez l'Éternel de tout votre coeur. 12.21 Ne vous en détournez pas ; Sinon, vous iriez après des choses de néant, qui n'apportent ni profit ni délivrance, parce que ce sont des choses de néant. 12.22 L'Éternel n'abandonnera point son peuple, à cause de son grand nom, car l'Éternel a résolu de faire de vous son peuple. 12.23 Loin de moi aussi de pécher contre l'Éternel, de cesser de prier pour vous ! Je vous enseignerai le bon et le droit chemin. 12.24 Craignez seulement l'Éternel, et servez-le fidèlement de tout votre cœur ; Car voyez quelle puissance il déploie parmi vous. 12.25 Mais si vous faites le mal, vous périrez, vous et votre roi ».

- La royauté -

1 - Le début des querelles.

Les chapitres 13 et 14 s'articulent de manière très peu intuitive. La même histoire est racontée deux fois, mais ce ne sont pas nécessairement les mêmes choses qui sont dites. Dans une lecture normale, il est probablement impossible de s'y retrouver correctement. En deux chapitres, on va passer du début à la fin du règne de Saül.


a) La particularité du début.

Saül a été oint deux fois pour roi sur Israël. Le début de son règne ne se situe donc pas au couronnement, mais à l'instant où Dieu la désigné. C'est de cela que parle le premier verset du chapitre 13 du premier livre de Samuel. 

🔘 1 Samuel 13.1 : Saül était âgé de... ans, lorsqu'il devint roi, et il avait déjà régné deux ans sur Israël.

Le problème de l'âge des différents protagonistes de la Parole de Dieu est récurrent. Non pas dans le sens où leurs âge seraient problématiques, mais dans le sens où nous nous contentons souvent de laisser notre imagination en décider au lieu de regarder précisément ce que nous disent les textes. Ainsi on imagine rarement que Joseph à 91 ans lorsque ses frères le rejoignent en Egypte ou encore qu'Abraham avait 75 ans à la mort de Noé.

La notion d'âge est une fois de plus abstraite lorsqu'on parle de Saül, d'autant que l'absence de sa précision dans un verset qui était supposé l'apporter ne simplifie pas la chose. Son âge n'est pas connu, et c'est bien dommage, parce que la manière dont on nous en parle pourrait faire penser que c'est un jeune homme, alors que dans la réalité il n'en est rien. C'est déjà un homme accomplit. Si on ne peut pas savoir avec précision quel âge il a au moment de son règne, on peut cependant en faire un estimation. Nous savons que son règne durera environ 15 ans. Par rapport à la scène présente, où il a déjà régné deux années, nous savons qu'il va sous peu rencontrer David qui a une quinzaine d'années et qui va lui succéder à l'âge de trente ans. Donc son règne va durer environ 15 à 17 ans. La fourchette basse représentant le temps depuis le couronnement et la fourchette haute le temps depuis la première onction. Or, lorsqu'il va périr, Abner mettra sur le trône son quatrième fils Isch Boscheth, dont on nous dit qu'il avait 40 ans, tout en sachant qu'il n'était pas l'ainé, puisque c'est Jonathan qui aurait dû en hériter.

Donc à son onction, il avait déjà plusieurs fils, dont l'un au moins, qui n'est pas son aîné, avait déjà 23 ans. On peut donc très facilement estimé qu'il avait plus de quarante ans.

Pour ajouter à cette problématique de l'âge, le verset suivant comporte également une précision. N'oublions pas ce que nous disait le premier, cela fait deux années que Saül a été oint pour roi sur Israël. C'est dans ce cadre qu'on nous dit :

🔘 1 Samuel 13.2 : Saül choisit trois mille hommes d'Israël : Deux mille étaient avec lui à Micmasch et sur la montagne de Béthel, et mille étaient avec Jonathan à Guibea de Benjamin. Il renvoya le reste du peuple, chacun à sa tente. 

Ce qui signifie que deux ans après son onction, son fils Jonathan est déjà un chef de guerre avec 1000 hommes sous ses ordres, la moitié du nombre attribué à son père, le roi. Ce qui corrobore l'âge minimum de son père.

Nous avons donc Saül qui se trouve à Micmasch avec ses hommes et Jonathan qui se trouve à Guibéa de Benjamin avec les siens.


b) Le poste des Philistins.


🔘 1 Samuel 14.1-5 : Un jour, Jonathan, fils de Saül, dit au jeune homme qui portait ses armes : Viens, et poussons jusqu'au poste des Philistins qui est là de l'autre côté. Et il n'en dit rien à son père. 14.2 Saül se tenait à l'extrémité de Guibea, sous le grenadier de Migron, et le peuple qui était avec lui formait environ six cents hommes. 14.3 Achija, fils d'Achithub, frère d'I Kabod, fils de Phinées, fils d'Éli, sacrificateur de l'Éternel à Silo, portait l'éphod. Le peuple ne savait pas que Jonathan s'en fût allé. 14.4 Entre les passages par lesquels Jonathan cherchait à arriver au poste des Philistins, il y avait une dent de rocher d'un côté et une dent de rocher de l'autre côté, l'une portant le nom de Botsets et l'autre celui de Séné. 14.5 L'une de ces dents est au nord vis-à-vis de Micmasch, et l'autre au midi vis-à-vis de Guéba.

🔘 1 Samuel 14.6-10 : Jonathan dit au jeune homme qui portait ses armes : Viens, et poussons jusqu'au poste de ces incirconcis. Peut-être l'Éternel agira-t'il pour nous, car rien n'empêche l'Éternel de sauver au moyen d'un petit nombre comme d'un grand nombre. 14.7 Celui qui portait ses armes lui répondit : Fais tout ce que tu as dans le cœur, n'écoute que ton sentiment, me voici avec toi prêt à te suivre. 14.8 Hé bien ! Dit Jonathan, allons à ces gens et montrons-nous à eux. 14.9 S'ils nous disent : Arrêtez, jusqu'à ce que nous venions à vous ! Nous resterons en place, et nous ne monterons point vers eux. 14.10 Mais s'ils disent : Montez vers nous ! Nous monterons, car l'Éternel les livre entre nos mains. C'est là ce qui nous servira de signe.

🔘 1 Samuel 14.11-13 : Ils se montrèrent tous deux au poste des Philistins, et les Philistins dirent : Voici les Hébreux qui sortent des trous où ils se sont cachés. 14.12 Et les hommes du poste s'adressèrent ainsi à Jonathan et à celui qui portait ses armes : Montez vers nous, et nous vous ferons savoir quelque chose. Jonathan dit à celui qui portait ses armes : Monte après moi, car l'Éternel les livre entre les mains d'Israël. 14.13 Et Jonathan monta en s'aidant des mains et des pieds, et celui qui portait ses armes le suivit. Les Philistins tombèrent devant Jonathan, et celui qui portait ses armes donnait la mort derrière lui.

🔘 1 Samuel 14.14 : Dans cette première défaite, Jonathan et celui qui portait ses armes tuèrent une vingtaine d'hommes, sur l'espace d'environ la moitié d'un arpent de terre.




Pour note 🔘 1 Samuel 10.1-6 : « Samuel prit une fiole d'huile, qu'il répandit sur la tête de Saül. Il le baisa, et dit : L'Éternel ne t'a-t-il pas oint pour que tu sois le chef de son héritage ? 2 Aujourd'hui, après m'avoir quitté, tu trouveras deux hommes près du sépulcre de Rachel, sur la frontière de Benjamin, à Tseltsach. Ils te diront : Les ânesses que tu es allé chercher sont retrouvées ; Et voici, ton père ne pense plus aux ânesses, mais il est en peine de vous, et dit : Que dois-je faire au sujet de mon fils ? 3 De là tu iras plus loin, et tu arriveras au chêne de Thabor, où tu seras rencontré par trois hommes montant vers Dieu à Béthel, et portant l'un trois chevreaux, l'autre trois gâteaux de pain, et l'autre une outre de vin. 4 Ils te demanderont comment tu te portes, et ils te donneront deux pains, que tu recevras de leur main. 5 Après cela, tu arriveras à Guibea Élohim, où se trouve une garnison de Philistins. En entrant dans la ville, tu rencontreras une troupe de prophètes descendant du haut lieu, précédés du luth, du tambourin, de la flûte et de la harpe, et prophétisant eux-mêmes. 6 L'esprit de l'Éternel te saisira, tu prophétiseras avec eux, et tu seras changé en un autre homme ».




c) La nouvelle se répand.

🔘 1 Samuel 13.3 : Jonathan battit le poste des Philistins qui étaient à Guéba, et les Philistins l'apprirent. Saül fit sonner de la trompette dans tout le pays, en disant : Que les Hébreux écoutent !

🔘 1 Samuel 13.4-5 : Tout Israël entendit que l'on disait : Saül a battu le poste des Philistins, et Israël se rend odieux aux Philistins. Et le peuple fut convoqué auprès de Saül à Guilgal. 5 Les Philistins s'assemblèrent pour combattre Israël. Ils avaient mille chars et six mille cavaliers, et ce peuple était innombrable comme le sable qui est sur le bord de la mer. Ils vinrent camper à Micmasch, à l'orient de Beth Aven.

🔘 1 Samuel 14.15-17 : L'effroi se répandit au camp, dans la contrée et parmi tout le peuple ; Le poste et ceux qui ravageaient furent également saisis de peur ; Le pays fut dans l'épouvante. C'était comme une terreur de Dieu. 16 Les sentinelles de Saül, qui étaient à Guibea de Benjamin, virent que la multitude se dispersait et allait de côté et d'autre. 17 Alors Saül dit au peuple qui était avec lui : Comptez, je vous prie, et voyez qui s'en est allé du milieu de nous. Ils comptèrent, et voici, il manquait Jonathan et celui qui portait ses armes.

🔘 1 Samuel 13.6-7 : Les hommes d'Israël se virent à l'extrémité, car ils étaient serrés de près, et ils se cachèrent dans les cavernes, dans les buissons, dans les rochers, dans les tours et dans les citernes. 13.7 Il y eut aussi des Hébreux qui passèrent le Jourdain, pour aller au pays de Gad et de Galaad. Saül était encore à Guilgal, et tout le peuple qui se trouvait auprès de lui tremblait.


d) La réaction de Saül.

🔘 1 Samuel 14.18-19 : Et Saül dit à Achija : Fais approcher l'arche de Dieu ! - Car en ce temps l'arche de Dieu était avec les enfants d'Israël. 14.19 Pendant que Saül parlait au sacrificateur, le tumulte dans le camp des Philistins allait toujours croissant ; Et Saül dit au sacrificateur : Retire ta main !

🔘 1 Samuel 13.8-15 : Il attendit sept jours, selon le terme fixé par Samuel. Mais Samuel n'arrivait pas à Guilgal, et le peuple se dispersait loin de Saül. 13.9 Alors Saül dit : Amenez-moi l'holocauste et les sacrifices d'actions de grâces. Et il offrit l'holocauste. 13.10 Comme il achevait d'offrir l'holocauste, voici, Samuel arriva, et Saül sortit au-devant de lui pour le saluer. 13.11 Samuel dit : Qu'as-tu fait ? Saül répondit : Lorsque j'ai vu que le peuple se dispersait loin de moi, que tu n'arrivais pas au terme fixé, et que les Philistins étaient assemblés à Micmasch, 13.12 je me suis dit : Les Philistins vont descendre contre moi à Guilgal, et je n'ai pas imploré l'Éternel ! C'est alors que je me suis fait violence et que j'ai offert l'holocauste. 13.13 Samuel dit à Saül : Tu as agi en insensé, tu n'as pas observé le commandement que l'Éternel, ton Dieu, t'avait donné. L'Éternel aurait affermi pour toujours ton règne sur Israël ; 13.14 Et maintenant ton règne ne durera point. L'Éternel s'est choisi un homme selon son cœur, et l'Éternel l'a destiné à être le chef de son peuple, parce que tu n'as pas observé ce que l'Éternel t'avait commandé. 13.15 Puis Samuel se leva, et monta de Guilgal à Guibea de Benjamin. Saül fit la revue du peuple qui se trouvait avec lui : Il y avait environ six cents hommes.


e) Le conflit.

🔘 1 Samuel 13.16-18 : Saül, son fils Jonathan, et le peuple qui se trouvait avec eux, avaient pris position à Guéba de Benjamin, et les Philistins campaient à Micmasch. 13.17 Il sortit du camp des Philistins trois corps pour ravager : L'un prit le chemin d'Ophra, vers le pays de Schual ; 13.18 L'autre prit le chemin de Beth Horon ; Et le troisième prit le chemin de la frontière qui regarde la vallée de Tseboïm, du côté du désert.

🔘 1 Samuel 13.19 : On ne trouvait point de forgeron dans tout le pays d'Israël ; Car les Philistins avaient dit : Empêchons les Hébreux de fabriquer des épées ou des lances.

🔘 1 Samuel 13.20-23 : Et chaque homme en Israël descendait chez les Philistins pour aiguiser son soc, son hoyau, sa hache et sa bêche, 13.21 quand le tranchant des bêches, des hoyaux, des tridents et des haches, était émoussé, et pour redresser les aiguillons. 13.22 Il arriva qu'au jour du combat il ne se trouvait ni épée ni lance entre les mains de tout le peuple qui était avec Saül et Jonathan ; Il ne s'en trouvait qu'auprès de Saül et de Jonathan, son fils. 13.23 Un poste de Philistins vint s'établir au passage de Micmasch.

🔘 1 Samuel 14.20 : Puis Saül et tout le peuple qui était avec lui se rassemblèrent, et ils s'avancèrent jusqu'au lieu du combat ; Et voici, les Philistins tournèrent l'épée les uns contre les autres, et la confusion était extrême.

🔘 1 Samuel 14.21-22 : Il y avait parmi les Philistins, comme auparavant, des Hébreux qui étaient montés avec eux dans le camp, où ils se trouvaient disséminés, et ils se joignirent à ceux d'Israël qui étaient avec Saül et Jonathan. 14.22 Tous les hommes d'Israël qui s'étaient cachés dans la montagne d'Éphraïm, apprenant que les Philistins fuyaient, se mirent aussi à les poursuivre dans la bataille.

🔘 1 Samuel 14.23 : L'Éternel délivra Israël ce jour-là, et le combat se prolongea jusqu'au-delà de Beth Aven.


f) Le miel.

🔘 1 Samuel 14.24-28 : La journée fut fatigante pour les hommes d'Israël. Saül avait fait jurer le peuple, en disant : Maudit soit l'homme qui prendra de la nourriture avant le soir, avant que je me sois vengé de mes ennemis ! Et personne n'avait pris de nourriture. 14.25 Tout le peuple était arrivé dans une forêt, où il y avait du miel à la surface du sol. 14.26 Lorsque le peuple entra dans la forêt, il vit du miel qui coulait ; Mais nul ne porta la main à la bouche, car le peuple respectait le serment. 14.27 Jonathan ignorait le serment que son père avait fait faire au peuple ; Il avança le bout du bâton qu'il avait à la main, le plongea dans un rayon de miel, et ramena la main à la bouche ; Et ses yeux furent éclaircis. 14.28 Alors quelqu'un du peuple, lui adressant la parole, dit : Ton père a fait jurer le peuple, en disant : Maudit soit l'homme qui prendra de la nourriture aujourd'hui ! Or le peuple était épuisé.

🔘 1 Samuel 14.29-30 : Et Jonathan dit : Mon père trouble le peuple ; Voyez donc comme mes yeux se sont éclaircis, parce que j'ai goûté un peu de ce miel. 14.30 Certes, si le peuple avait aujourd'hui mangé du butin qu'il a trouvé chez ses ennemis, la défaite des Philistins n'aurait-elle pas été plus grande ?

🔘 1 Samuel 14.31-33 : Ils battirent ce jour-là les Philistins depuis Micmasch jusqu'à Ajalon. Le peuple était très fatigué, 14.32 et il se jeta sur le butin. Il prit des brebis, des bœufs et des veaux, il les égorgea sur la terre, et il en mangea avec le sang. 14.33 On le rapporta à Saül, et l'on dit : Voici, le peuple pèche contre l'Éternel, en mangeant avec le sang. Saül dit : Vous commettez une infidélité ; Roulez à l'instant vers moi une grande pierre.

🔘 1 Samuel 14.34-37 : Puis il ajouta : Répandez-vous parmi le peuple, et dites à chacun de m'amener son bœuf ou sa brebis, et de l'égorger ici. Vous mangerez ensuite, et vous ne pécherez point contre l'Éternel, en mangeant avec le sang. Et pendant la nuit, chacun parmi le peuple amena son bœuf à la main, afin de l'égorger sur la pierre. 14.35 Saül bâtit un autel à l'Éternel : Ce fut le premier autel qu'il bâtit à l'Éternel. 14.36 Saül dit : Descendons cette nuit après les Philistins, pillons-les jusqu'à la lumière du matin, et n'en laissons pas un de reste. Ils dirent : Fais tout ce qui te semblera bon. Alors le sacrificateur dit : Approchons-nous ici de Dieu. 14.37 Et Saül consulta Dieu : Descendrai-je après les Philistins ? Les livreras-tu entre les mains d'Israël ? Mais en ce moment il ne lui donna point de réponse.

🔘 1 Samuel 14.38-46 : Saül dit : Approchez ici, vous tous chefs du peuple ; Recherchez et voyez comment ce péché a été commis aujourd'hui. 14.39 Car l'Éternel, le libérateur d'Israël, est vivant ! Lors même que Jonathan, mon fils, en serait l'auteur, il mourrait. Et dans tout le peuple personne ne lui répondit. 14.40 Il dit à tout Israël : Mettez-vous d'un côté ; Et moi et Jonathan, mon fils, nous serons de l'autre. Et le peuple dit à Saül : Fais ce qui te semblera bon. 14.41 Saül dit à l'Éternel : Dieu d'Israël ! Fais connaître la vérité. Jonathan et Saül furent désignés, et le peuple fut libéré. 14.42 Saül dit : Jetez le sort entre moi et Jonathan, mon fils. Et Jonathan fut désigné. 14.43 Saül dit à Jonathan : Déclare-moi ce que tu as fait. Jonathan le lui déclara, et dit : J'ai goûté un peu de miel, avec le bout du bâton que j'avais à la main : Me voici, je mourrai. 14.44 Et Saül dit : Que Dieu me traite dans toute sa rigueur, si tu ne meurs pas, Jonathan ! 14.45 Le peuple dit à Saül : Quoi ! Jonathan mourrait, lui qui a opéré cette grande délivrance (Yeshua) en Israël ! Loin de là ! L'Éternel est vivant ! Il ne tombera pas à terre un cheveu de sa tête, car c'est avec Dieu qu'il a agi dans cette journée. Ainsi le peuple sauva Jonathan, et il ne mourut point. 14.46 Saül cessa de poursuivre les Philistins, et les Philistins s'en allèrent chez eux.


g) Résumé du reste de son règne.

🔘 1 Samuel 14.47-48 : Après que Saül eut pris possession de la royauté sur Israël, il fit de tous côtés la guerre à tous ses ennemis, à Moab, aux enfants d'Ammon, à Édom, aux rois de Tsoba, et aux Philistins ; Et partout où il se tournait, il était vainqueur. 14.48 Il manifesta sa force, battit Amalek, et délivra Israël de la main de ceux qui le pillaient.

🔘 1 Samuel 14.49-51 : Les fils de Saül étaient Jonathan, Jischvi et Malkischua. Ses deux filles s'appelaient : L'aînée Mérab, et la plus jeune Mical. 14.50 Le nom de la femme de Saül était Achinoam, fille d'Achimaats. Le nom du chef de son armée était Abner, fils de Ner, oncle de Saül. 14.51 Kis, père de Saül, et Ner, père d'Abner, étaient fils d'Abiel.

🔘 1 Samuel 14.52 : Pendant toute la vie de Saül, il y eut une guerre acharnée contre les Philistins ; Et dès que Saül apercevait quelque homme fort et vaillant, il le prenait à son service.


L'ordre réel des chapitres 13 et 14

🔘 1 Samuel 13.1-2 : Saül était âgé de... ans, lorsqu'il devint roi, et il avait déjà régné deux ans sur Israël. 2 Saül choisit trois mille hommes d'Israël : Deux mille étaient avec lui à Micmasch et sur la montagne de Béthel, et mille étaient avec Jonathan à Guibea de Benjamin. Il renvoya le reste du peuple, chacun à sa tente.

🔘 1 Samuel 14.1-14 : Un jour, Jonathan, fils de Saül, dit au jeune homme qui portait ses armes : Viens, et poussons jusqu'au poste des Philistins qui est là de l'autre côté. Et il n'en dit rien à son père. 14.2 Saül se tenait à l'extrémité de Guibea, sous le grenadier de Migron, et le peuple qui était avec lui formait environ six cents hommes. 14.3 Achija, fils d'Achithub, frère d'I Kabod, fils de Phinées, fils d'Éli, sacrificateur de l'Éternel à Silo, portait l'éphod. Le peuple ne savait pas que Jonathan s'en fût allé. 14.4 Entre les passages par lesquels Jonathan cherchait à arriver au poste des Philistins, il y avait une dent de rocher d'un côté et une dent de rocher de l'autre côté, l'une portant le nom de Botsets et l'autre celui de Séné. 14.5 L'une de ces dents est au nord vis-à-vis de Micmasch, et l'autre au midi vis-à-vis de Guéba. 6 Jonathan dit au jeune homme qui portait ses armes : Viens, et poussons jusqu'au poste de ces incirconcis. Peut-être l'Éternel agira-t'il pour nous, car rien n'empêche l'Éternel de sauver au moyen d'un petit nombre comme d'un grand nombre. 14.7 Celui qui portait ses armes lui répondit : Fais tout ce que tu as dans le cœur, n'écoute que ton sentiment, me voici avec toi prêt à te suivre. 14.8 Hé bien ! Dit Jonathan, allons à ces gens et montrons-nous à eux. 14.9 S'ils nous disent : Arrêtez, jusqu'à ce que nous venions à vous ! Nous resterons en place, et nous ne monterons point vers eux. 14.10 Mais s'ils disent : Montez vers nous ! Nous monterons, car l'Éternel les livre entre nos mains. C'est là ce qui nous servira de signe. 11 Ils se montrèrent tous deux au poste des Philistins, et les Philistins dirent : Voici les Hébreux qui sortent des trous où ils se sont cachés. 14.12 Et les hommes du poste s'adressèrent ainsi à Jonathan et à celui qui portait ses armes : Montez vers nous, et nous vous ferons savoir quelque chose. Jonathan dit à celui qui portait ses armes : Monte après moi, car l'Éternel les livre entre les mains d'Israël. 14.13 Et Jonathan monta en s'aidant des mains et des pieds, et celui qui portait ses armes le suivit. Les Philistins tombèrent devant Jonathan, et celui qui portait ses armes donnait la mort derrière lui. 14 Dans cette première défaite, Jonathan et celui qui portait ses armes tuèrent une vingtaine d'hommes, sur l'espace d'environ la moitié d'un arpent de terre.

🔘 1 Samuel 13.3-5 : Jonathan battit le poste des Philistins qui étaient à Guéba, et les Philistins l'apprirent. Saül fit sonner de la trompette dans tout le pays, en disant : Que les Hébreux écoutent ! 4 Tout Israël entendit que l'on disait : Saül a battu le poste des Philistins, et Israël se rend odieux aux Philistins. Et le peuple fut convoqué auprès de Saül à Guilgal. 5 Les Philistins s'assemblèrent pour combattre Israël. Ils avaient mille chars et six mille cavaliers, et ce peuple était innombrable comme le sable qui est sur le bord de la mer. Ils vinrent camper à Micmasch, à l'orient de Beth Aven.

🔘 1 Samuel 14.15-17 : L'effroi se répandit au camp, dans la contrée et parmi tout le peuple ; Le poste et ceux qui ravageaient furent également saisis de peur ; Le pays fut dans l'épouvante. C'était comme une terreur de Dieu. 16 Les sentinelles de Saül, qui étaient à Guibea de Benjamin, virent que la multitude se dispersait et allait de côté et d'autre. 17 Alors Saül dit au peuple qui était avec lui : Comptez, je vous prie, et voyez qui s'en est allé du milieu de nous. Ils comptèrent, et voici, il manquait Jonathan et celui qui portait ses armes.

🔘 1 Samuel 13.6-7 : Les hommes d'Israël se virent à l'extrémité, car ils étaient serrés de près, et ils se cachèrent dans les cavernes, dans les buissons, dans les rochers, dans les tours et dans les citernes. 13.7 Il y eut aussi des Hébreux qui passèrent le Jourdain, pour aller au pays de Gad et de Galaad. Saül était encore à Guilgal, et tout le peuple qui se trouvait auprès de lui tremblait.

🔘 1 Samuel 14.18-19 : Et Saül dit à Achija : Fais approcher l'arche de Dieu ! - Car en ce temps l'arche de Dieu était avec les enfants d'Israël. 14.19 Pendant que Saül parlait au sacrificateur, le tumulte dans le camp des Philistins allait toujours croissant ; Et Saül dit au sacrificateur : Retire ta main !

🔘 1 Samuel 13.8-23 : Il attendit sept jours, selon le terme fixé par Samuel. Mais Samuel n'arrivait pas à Guilgal, et le peuple se dispersait loin de Saül. 13.9 Alors Saül dit : Amenez-moi l'holocauste et les sacrifices d'actions de grâces. Et il offrit l'holocauste. 13.10 Comme il achevait d'offrir l'holocauste, voici, Samuel arriva, et Saül sortit au-devant de lui pour le saluer. 13.11 Samuel dit : Qu'as-tu fait ? Saül répondit : Lorsque j'ai vu que le peuple se dispersait loin de moi, que tu n'arrivais pas au terme fixé, et que les Philistins étaient assemblés à Micmasch, 13.12 je me suis dit : Les Philistins vont descendre contre moi à Guilgal, et je n'ai pas imploré l'Éternel ! C'est alors que je me suis fait violence et que j'ai offert l'holocauste. 13.13 Samuel dit à Saül : Tu as agi en insensé, tu n'as pas observé le commandement que l'Éternel, ton Dieu, t'avait donné. L'Éternel aurait affermi pour toujours ton règne sur Israël ; 13.14 Et maintenant ton règne ne durera point. L'Éternel s'est choisi un homme selon son cœur, et l'Éternel l'a destiné à être le chef de son peuple, parce que tu n'as pas observé ce que l'Éternel t'avait commandé. 13.15 Puis Samuel se leva, et monta de Guilgal à Guibea de Benjamin. Saül fit la revue du peuple qui se trouvait avec lui : Il y avait environ six cents hommes. 16 Saül, son fils Jonathan, et le peuple qui se trouvait avec eux, avaient pris position à Guéba de Benjamin, et les Philistins campaient à Micmasch. 13.17 Il sortit du camp des Philistins trois corps pour ravager : L'un prit le chemin d'Ophra, vers le pays de Schual ; 13.18 L'autre prit le chemin de Beth Horon ; Et le troisième prit le chemin de la frontière qui regarde la vallée de Tseboïm, du côté du désert. 19 On ne trouvait point de forgeron dans tout le pays d'Israël ; Car les Philistins avaient dit : Empêchons les Hébreux de fabriquer des épées ou des lances. 20 Et chaque homme en Israël descendait chez les Philistins pour aiguiser son soc, son hoyau, sa hache et sa bêche, 13.21 quand le tranchant des bêches, des hoyaux, des tridents et des haches, était émoussé, et pour redresser les aiguillons. 13.22 Il arriva qu'au jour du combat il ne se trouvait ni épée ni lance entre les mains de tout le peuple qui était avec Saül et Jonathan ; Il ne s'en trouvait qu'auprès de Saül et de Jonathan, son fils. 13.23 Un poste de Philistins vint s'établir au passage de Micmasch.

🔘 1 Samuel 14.20 : Puis Saül et tout le peuple qui était avec lui se rassemblèrent, et ils s'avancèrent jusqu'au lieu du combat ; Et voici, les Philistins tournèrent l'épée les uns contre les autres, et la confusion était extrême. 21 Il y avait parmi les Philistins, comme auparavant, des Hébreux qui étaient montés avec eux dans le camp, où ils se trouvaient disséminés, et ils se joignirent à ceux d'Israël qui étaient avec Saül et Jonathan. 14.22 Tous les hommes d'Israël qui s'étaient cachés dans la montagne d'Éphraïm, apprenant que les Philistins fuyaient, se mirent aussi à les poursuivre dans la bataille.

🔘 1 Samuel 14.23 : L'Éternel délivra Israël ce jour-là, et le combat se prolongea jusqu'au-delà de Beth Aven.

🔘 1 Samuel 14.24-28 : La journée fut fatigante pour les hommes d'Israël. Saül avait fait jurer le peuple, en disant : Maudit soit l'homme qui prendra de la nourriture avant le soir, avant que je me sois vengé de mes ennemis ! Et personne n'avait pris de nourriture. 14.25 Tout le peuple était arrivé dans une forêt, où il y avait du miel à la surface du sol. 14.26 Lorsque le peuple entra dans la forêt, il vit du miel qui coulait ; Mais nul ne porta la main à la bouche, car le peuple respectait le serment. 14.27 Jonathan ignorait le serment que son père avait fait faire au peuple ; Il avança le bout du bâton qu'il avait à la main, le plongea dans un rayon de miel, et ramena la main à la bouche ; Et ses yeux furent éclaircis. 14.28 Alors quelqu'un du peuple, lui adressant la parole, dit : Ton père a fait jurer le peuple, en disant : Maudit soit l'homme qui prendra de la nourriture aujourd'hui ! Or le peuple était épuisé.

🔘 1 Samuel 14.29-30 : Et Jonathan dit : Mon père trouble le peuple ; Voyez donc comme mes yeux se sont éclaircis, parce que j'ai goûté un peu de ce miel. 14.30 Certes, si le peuple avait aujourd'hui mangé du butin qu'il a trouvé chez ses ennemis, la défaite des Philistins n'aurait-elle pas été plus grande ?

🔘 1 Samuel 14.31-33 : Ils battirent ce jour-là les Philistins depuis Micmasch jusqu'à Ajalon. Le peuple était très fatigué, 14.32 et il se jeta sur le butin. Il prit des brebis, des bœufs et des veaux, il les égorgea sur la terre, et il en mangea avec le sang. 14.33 On le rapporta à Saül, et l'on dit : Voici, le peuple pèche contre l'Éternel, en mangeant avec le sang. Saül dit : Vous commettez une infidélité ; Roulez à l'instant vers moi une grande pierre.

🔘 1 Samuel 14.34-37 : Puis il ajouta : Répandez-vous parmi le peuple, et dites à chacun de m'amener son bœuf ou sa brebis, et de l'égorger ici. Vous mangerez ensuite, et vous ne pécherez point contre l'Éternel, en mangeant avec le sang. Et pendant la nuit, chacun parmi le peuple amena son bœuf à la main, afin de l'égorger sur la pierre. 14.35 Saül bâtit un autel à l'Éternel : Ce fut le premier autel qu'il bâtit à l'Éternel. 14.36 Saül dit : Descendons cette nuit après les Philistins, pillons-les jusqu'à la lumière du matin, et n'en laissons pas un de reste. Ils dirent : Fais tout ce qui te semblera bon. Alors le sacrificateur dit : Approchons-nous ici de Dieu. 14.37 Et Saül consulta Dieu : Descendrai-je après les Philistins ? Les livreras-tu entre les mains d'Israël ? Mais en ce moment il ne lui donna point de réponse.

🔘 1 Samuel 14.38-46 : Saül dit : Approchez ici, vous tous chefs du peuple ; Recherchez et voyez comment ce péché a été commis aujourd'hui. 14.39 Car l'Éternel, le libérateur d'Israël, est vivant ! Lors même que Jonathan, mon fils, en serait l'auteur, il mourrait. Et dans tout le peuple personne ne lui répondit. 14.40 Il dit à tout Israël : Mettez-vous d'un côté ; Et moi et Jonathan, mon fils, nous serons de l'autre. Et le peuple dit à Saül : Fais ce qui te semblera bon. 14.41 Saül dit à l'Éternel : Dieu d'Israël ! Fais connaître la vérité. Jonathan et Saül furent désignés, et le peuple fut libéré. 14.42 Saül dit : Jetez le sort entre moi et Jonathan, mon fils. Et Jonathan fut désigné. 14.43 Saül dit à Jonathan : Déclare-moi ce que tu as fait. Jonathan le lui déclara, et dit : J'ai goûté un peu de miel, avec le bout du bâton que j'avais à la main : Me voici, je mourrai. 14.44 Et Saül dit : Que Dieu me traite dans toute sa rigueur, si tu ne meurs pas, Jonathan ! 14.45 Le peuple dit à Saül : Quoi ! Jonathan mourrait, lui qui a opéré cette grande délivrance (Yeshua) en Israël ! Loin de là ! L'Éternel est vivant ! Il ne tombera pas à terre un cheveu de sa tête, car c'est avec Dieu qu'il a agi dans cette journée. Ainsi le peuple sauva Jonathan, et il ne mourut point. 14.46 Saül cessa de poursuivre les Philistins, et les Philistins s'en allèrent chez eux.

🔘 1 Samuel 14.47-48 : Après que Saül eut pris possession de la royauté sur Israël, il fit de tous côtés la guerre à tous ses ennemis, à Moab, aux enfants d'Ammon, à Édom, aux rois de Tsoba, et aux Philistins ; Et partout où il se tournait, il était vainqueur. 14.48 Il manifesta sa force, battit Amalek, et délivra Israël de la main de ceux qui le pillaient.

🔘 1 Samuel 14.49-51 : Les fils de Saül étaient Jonathan, Jischvi et Malkischua. Ses deux filles s'appelaient : L'aînée Mérab, et la plus jeune Mical. 14.50 Le nom de la femme de Saül était Achinoam, fille d'Achimaats. Le nom du chef de son armée était Abner, fils de Ner, oncle de Saül. 14.51 Kis, père de Saül, et Ner, père d'Abner, étaient fils d'Abiel.

🔘 1 Samuel 14.52 : Pendant toute la vie de Saül, il y eut une guerre acharnée contre les Philistins ; Et dès que Saül apercevait quelque homme fort et vaillant, il le prenait à son service.