- Barabbas -

a) Le personnage.

La première chose à dire est que Barabbas, dont on ne connaît presque rien, est présent dans les quatre évangiles. Aussi anecdotique que cela puisse paraître, c'est tout de même quelque chose de suffisamment rare pour être signalé.

Il n'est pas nécessaire d'être long pour comprendre le message qui nous est transmis à travers ce personnage.

Barabbas était un prisonnier célèbre qui était un opposant violent au pouvoir en place, lors d'une révolte contre ce même pouvoir, il a tué un homme et s'est retrouvé emprisonné, à la fois pour la révolte à laquelle il a participé et pour le meurtre qu'il a commis. C'est pour cela que, bien qu'étant un brigand, il est apprécié par de nombreuses personnes dans le peuple.

Lorsque Jésus est présenté à Pilate, ce dernier tente de le faire libérer en usant d'une coutume consistant à libérer un prisonnier à Pâque. C'est là qu'interviennent les chefs des sacrificateurs qui, devant la demande de Pilate, excitent la foule en leur soufflant le nom de celui qui avait, quelque temps auparavant, tenté de libérer sa nation.


b) Points communs et oppositions avec Jésus.

b.1) Un libérateur.

Barabbas était venu libérer le peuple. Quand Jésus est venu nous rendre spirituellement libres, Barabbas est venu libérer le peuple charnellement. Le peuple avait voulu enlever Jésus pour le faire roi, cette volonté de libération était dans le cœur de tous, mais ils ne pouvaient pas comprendre la profondeur de leur esclavage, alors ils s'en remettaient à ce qu'ils connaissaient, la libération de l'oppression romaine.

b.2) Condamné à mort.

L'un comme l'autre sont condamnés à mort. Barabbas l'est à juste titre, Jésus est un sacrifice expiatoire pour le péché des hommes. Mais dans la condamnation, les deux sont jugés dignes de la même peine.

b.3) Lavé du péché.

Barabbas est lavé du péché par le peuple, montrant que les pécheurs se reconnaissent entre eux et que l'injustice attire l'injustice. Jésus, qui est le juste juge, se fait justice pour le monde et reçoit notre condamnation. Ce faisant, il lave le peuple de ses péchés.

La conséquence de ce parallèle est que Barabbas, qui est le champion du peuple, lui apporte la condamnation puisque la loi de Dieu interdit d'innocenter le coupable. En le faisant ils portent tous la culpabilité de celui qu'ils ont libéré, tout comme ils portent la culpabilité de celui qu'ils condamnent parce qu'il est innocent et juste, et que tout le monde le sait.

🔘 Exode 23.6-7 : Tu ne porteras point atteinte au droit du pauvre dans son procès. Tu ne prononceras point de sentence inique, et tu ne feras point mourir l'innocent et le juste; car je n'absoudrai point le coupable.

A l'inverse, Jésus qui est le condamné du peuple, leur apporte la possibilité de salut.

b.4) Fils de Dieu.

C'est le lien le plus étrange et le plus parlant. Jésus est le Fils de Dieu, cela ne fait pas grand mystère parmi les croyants. Ce que l'on prend rarement en compte, c'est que le nom de Barabbas signifie 'le fils du père', ou 'le fils d'un père'. On pourrait penser que Barabbas est un type de Jésus, il va de soi qu'il n'en est rien.


c) Explication 1 : L'image d'une image.

Barabbas est un type de l'antéchrist. Il est la bête blessée qui est guérie, condamné à mort sans aucune chance de s'en sortir, il retrouve sa liberté de criminel sous les acclamations du peuple. Toujours aussi coupable, mais exempt de sanction par les hommes.

Il est là avant Jésus et porte non pas son nom, mais son titre, faisant miroiter au peuple une libération que seul Jésus peut leur donner.


d) Explication 2 : Azazel.

C'est une deuxième façon de voir le personnage. Comme d'habitude, deux explications ne signifient pas qu'une seule soit vraie, les deux pouvant l'être, l'inverse étant également vrai.

La deuxième explication, qui peut être la même que la première sous un certain angle, serait de voir Barabbas et Jésus comme les deux boucs du sacrifice d'Azazel (Lévitique 16). Dans cette façon de voir, le péché est posé sur la tête de Jésus, qui est le bouc sacrificiel, celui qui sert à l'expiation, ensuite, le deuxième, qui dès lors serait Barabbas, serait alors renvoyé dans le désert afin d'annoncer que le péché s'apprête à être pardonné. Ce deuxième bouc porte la faute du peuple, donc la libération impie que le peuple lui a accordée et annonce que Dieu fait la paix avec son peuple.


e) Les passages parlant de Barabbas.

🔘 Matthieu 27.15-26 : A chaque fête, le gouverneur avait coutume de relâcher un prisonnier, celui que demandait la foule. Ils avaient alors un prisonnier fameux, nommé Barabbas. Comme ils étaient assemblés, Pilate leur dit : Lequel voulez-vous que je vous relâche, Barabbas, ou Jésus, qu'on appelle Christ ? Car il savait que c'était par envie qu'ils avaient livré Jésus. Pendant qu'il était assis sur le tribunal, sa femme lui fit dire : Qu'il n'y ait rien entre toi et ce juste; car aujourd'hui j'ai beaucoup souffert en songe à cause de lui. Les principaux sacrificateurs et les anciens persuadèrent à la foule de demander Barabbas, et de faire périr Jésus. Le gouverneur prenant la parole, leur dit : Lequel des deux voulez-vous que je vous relâche ? Ils répondirent : Barabbas. Pilate leur dit : Que ferai-je donc de Jésus, qu'on appelle Christ ? Tous répondirent : Qu'il soit crucifié ! Le gouverneur dit : Mais quel mal a-t-il fait ? Et ils crièrent encore plus fort : Qu'il soit crucifié ! Pilate, voyant qu'il ne gagnait rien, mais que le tumulte augmentait, prit de l'eau, se lava les mains en présence de la foule, et dit : Je suis innocent du sang de ce juste. Cela vous regarde. Et tout le peuple répondit : Que son sang retombe sur nous et sur nos enfants ! Alors Pilate leur relâcha Barabbas ; et, après avoir fait battre de verges Jésus, il le livra pour être crucifié.

🔘 Marc 15.6-15 : A chaque fête, il relâchait un prisonnier, celui que demandait la foule. Il y avait en prison un nommé Barabbas avec ses complices, pour un meurtre qu'ils avaient commis dans une sédition. La foule, étant montée, se mit à demander ce qu'il avait coutume de leur accorder. Pilate leur répondit : Voulez-vous que je vous relâche le roi des Juifs ? Car il savait que c'était par envie que les principaux sacrificateurs l'avaient livré. Mais les chefs des sacrificateurs excitèrent la foule, afin que Pilate leur relâchât plutôt Barabbas. Pilate, reprenant la parole, leur dit : Que voulez-vous donc que je fasse de celui que vous appelez le roi des Juifs ? Ils crièrent de nouveau : Crucifie-le ! Pilate leur dit : Quel mal a-t-il fait ? Et ils crièrent encore plus fort : Crucifie-le ! Pilate, voulant satisfaire la foule, leur relâcha Barabbas ; et, après avoir fait battre de verges Jésus, il le livra pour être crucifié.

🔘 Luc 23.17-24 : A chaque fête, il était obligé de leur relâcher un prisonnier. Ils s'écrièrent tous ensemble : Fais mourir celui-ci, et relâche-nous Barabbas. Cet homme avait été mis en prison pour une sédition qui avait eu lieu dans la ville, et pour un meurtre. Pilate leur parla de nouveau, dans l'intention de relâcher Jésus. Et ils crièrent: Crucifie, crucifie-le ! Pilate leur dit pour la troisième fois : Quel mal a-t-il fait ? Je n'ai rien trouvé en lui qui mérite la mort. Je le relâcherai donc, après l'avoir fait battre de verges. Mais ils insistèrent à grands cris, demandant qu'il fût crucifié. Et leurs cris l'emportèrent : Pilate prononça que ce qu'ils demandaient serait fait.

🔘 Jean 18.38-40 : Pilate lui dit : Qu'est-ce que la vérité ? Après avoir dit cela, il sortit de nouveau pour aller vers les Juifs, et il leur dit : Je ne trouve aucun crime en lui. Mais, comme c'est parmi vous une coutume que je vous relâche quelqu'un à la fête de Pâque, voulez-vous que je vous relâche le roi des Juifs ? Alors de nouveau tous s'écrièrent : Non pas lui, mais Barabbas. Or, Barabbas était un brigand.