- L'église de Jéroboam -
Une des particularités les plus amusantes de la structure de l'église d'aujourd'hui, c'est qu'elle n'est pas du tout fondée sur la Parole de Dieu. On peut essayer de se mentir en détournant tel ou tel passage, mais la réalité et que Jésus n'est pas venu nous imposer des règles et des rituels. L'organisation qui consiste à traiter la louange comme une introduction au culte et non un culte en soi est déjà un problème, décider de sa durée avant même qu'elle n'ait commencé également. La faire suivre par les informations diverses, les éventuelles présentations de nouveaux nés et les choses de ce type n'est pas plus biblique. Finalement, la prédication suivra également une forme et une durée prédéfinies. La quasi-intégralité des églises du monde reprennent ce schéma qui pourtant n'est en rien inscrit dans la Parole de Dieu sans que cela n'interpelle personne (ou presque).
Devant ce mimétisme mondial, il n'y a que deux solutions, soit Dieu a révélé cette façon de faire à la terre entière ET tout le monde l'a entendu. Soit les hommes ont arbitrairement mis en place des règles auxquelles personne ne réfléchit. Bien sûr, il est normal de se demander en quoi cet ordre pourrait être mauvais et la réponse est simple. La base même de la réflexion voudrait que n'importe quel croyant se demande comment ça se fait que Dieu ne supporterait pas plus de louange ! Ou comment ça se ferait qu'il n'ait pas la capacité de parler plus longtemps à son peuple ! Comment se fait-il que chaque problème demandait une solution particulière dans la Parole mais que nous organisions toujours tout exactement de la même façon, sans nous demander si c'est la volonté de Dieu. Nous faisons un peu de chaque chose pour nous assurer les "bénédictions" qui vont avec chaque domaine, oubliant que c'est l'obéissance qui est béni et non les mantras.
Le seul moyen de trouver des descriptions correspondantes à la forme qu'à l'église moderne, c'est de lire la lettre aux sept églises de l'apocalypse. En dehors de ça, aucun moyen de justifier la forme des cultes.
Il y a une incompréhension latente dans la Parole de Dieu qui vient directement de ce que nous pensons de nous-mêmes. Nous voulons bien remettre en question le monde qui nous entoure, voir même remettre en question la Parole de Dieu, mais lorsqu'on en arrive à devoir nous remettre nous-même en question, alors les choses vont trop loin. Si la folie c'est de refaire les mêmes choses en espérant une fin différente, alors l'église est folle.
La plus parfaite image de ce qu'elle est devenue ne se trouve pas dans le livre des actes, mais dans le livre des rois.
a) Jéroboam.
Jéroboam était un serviteur de Salomon que l'Eternel va désigner pour être roi sur dix tribus à la place du fils de Salomon (Roboam). Il est intéressant de se rappeler le concernant que lorsque l'Eternel s'adresse à lui afin de le nommer roi, il lui dit pourquoi il retire 10 tribus à la maison de David.
🔘 1 Rois 11.33 : Et cela, parce qu'ils m'ont abandonné, et se sont prosternés devant Astarté, divinité des Sidoniens, devant Kemosch, dieu de Moab, et devant Milcom, dieu des fils d'Ammon, et parce qu'ils n'ont point marché dans mes voies pour faire ce qui est droit à mes yeux et pour observer mes lois et mes ordonnances, comme l'a fait David, père de Salomon.
Donc Jéroboam sait qu'Astarté, Kemosch et Milcom sont de mauvaises choses et qu'il faut observer les lois et les ordonnances de Dieu. Lorsqu'il devient roi un peu plus tard, il a donc forcément cette évidence en tête.
Le temps passe et ce que l'Eternel a annoncé arrive, Jéroboam devient roi sur 10 tribus.
A ce moment, nous avons 10 tribus qui sont sous l'autorité de Jéroboam (Israël), et une tribu qui est sous celle de Roboam (Juda). La douzième tribu étant celle de Levi qui est sous l'autorité directe de Dieu. C'est alors qu'on va avoir la parfaite image de l'église actuelle, et nous la retrouvons dans le passage suivant :
🔘 1 Rois 12.26-31 : Jéroboam dit en son cœur : Le royaume pourrait bien maintenant retourner à la maison de David. 27 Si ce peuple monte à Jérusalem pour faire des sacrifices dans la maison de l'Éternel, le cœur de ce peuple retournera à son seigneur, à Roboam, roi de Juda, et ils me tueront et retourneront à Roboam, roi de Juda. 28 Après s'être consulté, le roi fit deux veaux d'or, et il dit au peuple : Assez longtemps vous êtes montés à Jérusalem ; Israël! voici ton Dieu, qui t'a fait sortir du pays d'Égypte. 29 Il plaça l'un de ces veaux à Béthel, et il mit l'autre à Dan. 30 Ce fut là une occasion de péché. Le peuple alla devant l'un des veaux jusqu'à Dan. 31 Jéroboam fit une maison de hauts lieux, et il créa des sacrificateurs pris parmi tout le peuple et n'appartenant point aux fils de Lévi.
A tort nous voyons cela comme un rejet franc du peuple envers le Dieu d'Israël. Mais ça n'est pas du tout ce qui se passe. Comme à son habitude, le peuple est faible, il a besoin d'un décideur. Ca n'est pas pour rien que Jésus nous compare à des moutons ou des brebis. En ce temps c'était le roi qui était le décideur. Dès que le roi propose quelque chose qui leur permet de moins se fatiguer, ils sont partant. De nos jours, ayant reçu le Saint-Esprit, le décideur devrait être Dieu, comme pour la tribu de Levi. Malheureusement le peuple ne change pas réellement, et il préfère suivre des hommes qui en l'occurrence se font appeler "ministères".
En ce temps, le roi Jéroboam va chercher un moyen de s'accaparer l'attention du peuple en le détournant de la vraie foi. Mais pour ce faire, il sait qu'il ne va pas être possible de simplement lui proposer les dieux des nations, Milcom, Astarté ou Kemosch. La supercherie serait telle qu'il ne parviendrait pas à l'imposer au peuple, et en outre, l'Eternel a été clair à ce sujet. Même lui aurait du mal à se mentir à lui-même.
Alors sa solution va être toute différente.
Au lieu de cela, il va faire fondre deux veaux d'or, dont je rappelle qu'ils ont la forment de chérubins. Il en placera un à Bethel, la "maison de Dieu" qui est à l'extrême sud de son territoire, et l'autre à Dan (le juge), qui est à l'extrême nord de son territoire. Ainsi, chacun aura l'opportunité de se rendre au "culte" sans aller jusqu'à Jérusalem.
Bien entendu, sa forfaiture ne va pas s'arrêter là. Il va créer un nouveau bâtiment servant de temple (une maison de hauts lieux), et il va nommer de nouveaux sacrificateurs (il créa des sacrificateurs pris parmi tout le peuple et n'appartenant point aux fils de Lévi). Mais le peuple a besoin de divertissements, alors il va également créer une fête :
🔘 1 Rois 12.32-33 : Il établit une fête au huitième mois, le quinzième jour du mois, comme la fête qui se célébrait en Juda, et il offrit des sacrifices sur l'autel. Voici ce qu'il fit à Béthel afin que l'on sacrifiât aux veaux qu'il avait faits. Il plaça à Béthel les prêtres des hauts lieux qu'il avait élevés. 33 Et il monta sur l'autel qu'il avait fait à Béthel, le quinzième jour du huitième mois, mois qu'il avait choisi de son gré. Il fit une fête pour les enfants d'Israël, et il monta sur l'autel pour brûler des parfums.
Hasard du calendrier ou non, cette date correspond à la Toussaint.
Jéroboam donne donc au peuple une image de son Dieu, un nouveau temple, de nouveaux sacrificateurs et de nouvelles fêtes. Tout est fait pour que chaque élément du véritable culte demandé par Dieu ait son pendant. La paresse du peuple ne lui permet pas de réaliser qu'il glisse dans la mauvaise direction. Celui que Dieu a choisi, donc Jéroboam, donne cette direction, et tous les éléments du culte sont présents. Il leur est toujours possible de prétendre qu'ils ne sont pas comme le monde et ne vont pas vers les Astartés, les Milcom et les Kemosch. Après tout ils ont toujours le culte, l'autel, les sacrificateurs et les fêtes, même si le temps les a légèrement transformés.
Mais les vrais serviteurs de Dieu, les Lévites, ne sont pas dupes. Cette période est également celle de l'exode massif des Lévites vers la tribu de Juda. Dans l'histoire du prophète de Béthel racontée dans le chapitre 13, on voit qu'il a beau ne pas participer, ses propres enfants le font à cœur joie. Le peuple ne réalise pas son égarement, et même lui, influencé par son entourage d'idolâtres, finit par mentir à un autre prophète, celui de Juda.
C'est trop facile de les regarder avec 3000 ans de recul et de penser qu'ils étaient ceci ou cela. La Parole de Dieu n'est pas là pour que nous jugions ceux qui y sont inscrits, mais pour que nous nous jugions nous-même, et ce que nous voyons dans ce texte ne nous révèle pas beaucoup de choses positives sur l'église actuelle.
b) L'état de l'église actuelle.
Manquer d'objectivité tue le discernement. Alors regardons simplement la réalité en face.
b.1) Les veaux d'or.
Le Jésus qui est prêché dans les assemblées n'a plus grand-chose à voir avec le Jésus qui a foulé le sol d'Israël. Ses enseignements sont détournés, parfois passés sous silence entièrement. L'Eternel dont on nous parle n'est qu'une pâle version de celui qui règne en majesté. Une version qui brille de la gloire des hommes alors que nous devrions briller de la gloire de Dieu. Dis autrement, le Jésus qui est prêché n'est pas le Jésus qui est la Parole faite chair. C'est donc bel et bien une idole. Tout le monde peut se tromper, mais en arriver à transmettre une version si différente de celle que la Parole de Dieu dépeint ne relève pas de l'erreur de parcours.
b.2) La maison des hauts lieux.
Le simple fait que les protestants appellent le lieu où ils se réunissent un temple devrait donner à réfléchir. Selon la Parole de Dieu, c'est nous qui sommes le temple de Dieu. Même dans l'ancienne alliance, au temps de Zorobabel, l'Eternel disait déjà qu'il habitait au milieu de son peuple et pas dans une bâtisse. L'église actuelle s'est créée une nouvelle maison des hauts lieux, et gare à vous s'y vous ne vous y soumettez pas. Combien de fois peut-on entendre que l'un des tout premiers devoirs du croyant est de se rendre à l'église toutes les semaines. Je n'ai aucune idée du nombre de fois où j'ai pu entendre que l'une des règles qui définissait un croyant se trouvait être le fait qu'il se rende à l'église régulièrement.
Pierre nous disait : Approchez-vous de lui, pierre vivante, rejetée par les hommes, mais choisie et précieuse devant Dieu ; et vous-mêmes, comme des pierres vivantes, édifiez-vous pour former une maison spirituelle (1 Pierre 2.4-5). Nous sommes censés être le temple de Dieu, nous sommes censés être l'église. Mais les adorateurs actuels ont choisi une nouvelle maison des hauts lieux dans laquelle vous avez l'obligation de vous rendre sous peine de ne plus être considéré comme un croyant. On peut toujours chercher la différence avec l'époque de Jéroboam, mais la trouver requiert d'accepter de se mentir. Ca peut choquer, ça peut renfrogner, mais c'est une réalité.
b.3) Les sacrificateurs.
Nous sommes là aussi tout aussi coupables que l'était Jéroboam. Pierre est très clair dans sa formulation : vous êtes une race élue, un sacerdoce royal, une nation sainte, un peuple acquis (1 Pierre 2.9). Nous sommes tous sacrificateurs, mais cela implique que chacun ait un rôle à jouer, et ça ne plaît pas trop à un peuple de brebis habituées à marcher derrière un homme en broutant de l'herbe, les yeux rivés vers le sol. Alors l'église a décidé de se choisir des serviteurs à son image. Désormais plus de Moïse, plus d'Amos, plus d'Elie, plus d'Osée que l'Eternel est allé chercher en personne afin de les établir. Nous avons trouvé mieux, les écoles bibliques. Nous décidons de la connaissance de ceux que nous décidons de placer à notre tête. Nous leur apprenons ce qu'ils doivent savoir et donc nous apprendre. Le peuple se donne des serviteurs à son image. Ca n'a jamais été aussi vrai que de nos jours.
Seul prérequis : que l'Eternel ne vous ait pas choisi*, en dehors de cela, il suffira de payer l'inscription et vous serez ministre d'un dieu qui n'est pas celui d'Abraham d'Isaac et de Jacob, mais qui fera parfaitement illusion dans un temple qui n'est pas non plus celui de Dieu. Quiconque venait avec un jeune taureau et sept béliers, afin d'être consacré, devenait sacrificateur de ce qui n'est point Dieu (2 Chroniques 13.9). Le schéma commence sérieusement à devenir récurant.
(* 2 Chroniques 13.9 : N'avez-vous pas repoussé les sacrificateurs de l'Éternel, les fils d'Aaron et les Lévites, et ne vous êtes-vous pas fait des sacrificateurs, comme les peuples des autres pays? Quiconque venait avec un jeune taureau et sept béliers, afin d'être consacré, devenait sacrificateur de ce qui n'est point Dieu).
b.4) Les fêtes.
Et même pour un domaine qui pourrait paraître aussi facile d'accès, on est à nouveau en tort. Les fêtes perpétuelles de l'ancienne alliance se sont également accomplies, et ce, dans la sainte cène qui, pour faire court, représente le pain des prémices des récoltes (la pâque), le vin venant des vendanges (Sukkoth), et le déversement de l'esprit qui unit les deux (la pentecôte). Il est compréhensible de ne pas avoir reçu cette compréhension. Cependant, on constatera assez facilement que même pour ceux qui ne l'ont pas comprise, leur Pâques n'est pas la Pâque Juive. Ces deux fêtes, supposées être la même, se déroulent à des dates différentes, de manières différentes et anecdotiquement ne s'écrivent même pas de la même manière, justement pour les différencier. La fête de Pâques (donc chrétienne) est une image de celle pratiquée par les Juifs. Tout comme Jéroboam faisait une fête : comme la fête qui se célébrait en Juda. Tout est fait pour qu'on pense que c'est la même, mais ça n'est pas le cas.
De manières encore plus criantes, nous avons également des fêtes qui commémorent des évènements bibliques dont Dieu n'a jamais demandé à ce qu'ils soient commémorés de la sorte (naissance de Jésus, épiphanie, Pâques, Ascension, pentecôte ...) . Mais pires encore sont les fêtes qui finalement commémorent des évènements qui ne sont jamais arrivés (Assomption, Toussaint). N'oublions pas que si Jésus nous a bien demandé de faire quelque chose pour nous souvenir de lui, c'était de rompre le pain, pas de fêter son anniversaire (Luc 22.19 : Ceci est mon corps, qui est donné pour vous; faites ceci en mémoire de moi). En outre le fêter à une date dont on sait que ça n'est de toute façon pas la bonne ajoute encore le mensonge à l'infâmie. Quant à la Toussaint, la fête qui se déroule à la date décidée par Jéroboam lui-même, elle consiste à se souvenir des morts ..., l'étape suivante étant de les invoquer dans les prières de certains.
c) Le constat.
L'église actuelle est persuadée d'être la suite de l'église des Actes alors que tout montre qu'elle est la parfaite continuation de celle de Jéroboam. Et ce constat vient de notre incapacité à regarder les choses en face. Dit autrement c'est simplement parce que nous considérons que c'est toujours la faute des autres. Nous voulons bien accepter l'idée que nous ne soyons pas parfaits, mais dès qu'un domaine quelconque fait surface, alors c'est justement un domaine où nous considérons ne pas être concerné. On se croirait dans un entretien d'embauche où le postulant se voit demandé son principal défaut qui, comme par hasard, est toujours une qualité. A ses yeux, le seul défaut de l'église est toujours quelque chose qui fondamentalement est positif. On ne l'entend pas dire qu'elle est adultère (ce qu'elle est spirituellement ET charnellement), qu'elle a rejeté la Parole de Dieu ... Elle ne porte la faute de rien et considère faire de son mieux.
De toute façon elle peut se permettre de faire n'importe quoi, elle est sous la grâce !
Nous nous sommes tellement habitués à la laideur ambiante que nous n'avons pas réalisé la pente sur laquelle nous sommes depuis des décennies. Pendant ce temps des hordes de serviteurs formés dans les "meilleures" écoles bibliques, ou par ceux qui y sont passés, nous explique qu'ils voient les signes de réveils partout autour d'eux, et des parterres de croyants avalent ces paroles en ne voyant cependant absolument rien. C'est le réchauffement spirituel. Il fait froid chez nous mais on nous raconte qu'il fait chaud chez les autres, et on les croit parce que c'est plus facile que de s'opposer au discours ambiant. On ne fait pas de tarte dans un moule à cake, et les moules ont déjà été distribués.
d) Comment sortir de cette situation.
Alors qu'Elie se préparait à confondre les prophètes de Baal, le peuple présent n'était pas le peuple rebelle qui avait choisi les faux dieux. C'était un ensemble de personnes qui avaient entendu parler de ce duel à venir et qui voulaient savoir quel dieu sortirait vainqueur. Ils n'avaient jamais vu la puissance de Dieu se révéler mais en avaient entendu parler. Pour eux les gesticulations des serviteurs de Baals et d'Astartés faisaient office de culte depuis toujours, mais les histoires des anciens temps continuaient de tourner dans leurs têtes.
Ils continuaient d'espérer plus.
L'église actuelle a choisi sa voie, et la pente devient glissante. C'est pour cela que les jours d'Elie reviennent, parce qu'il faut une intervention extérieure. Elle n'est plus composée que de personnes suivant aveuglément les serviteurs de Jéroboam, et les quelques-uns qui continuent encore de croire dans le seul vrai Dieu se laissent tous influencer petit à petit, à l'image du prophète de Béthel qui n'a vu aucun problème à mentir à un prophète intègre. Et il n'y a pas vu de problèmes parce que confronté au péché depuis si longtemps, sa vision de la sainteté en avait été ternie et rendait possible de tels comportements.
Jésus ne revient pas parce que nous sommes dans le temps de l'église des Actes, il revient parce que nous sommes dans celui de l'église de Jéroboam. Dieu va à nouveau, et pour la dernière fois, détruire la construction humaine, il va à nouveau fendre l'autel que l'homme s'est construit (1 Rois 13.5 : L'autel se fendit, et la cendre qui était dessus fut répandue).
