- Louange / Adoration -
1 - Introduction.
a) Une base perturbée.
b) Un problème qui devient une force.
2 - L'action de grâce dans l'ancienne alliance.
a) Dans l'ancienne alliance.
- a.1) Pas en secret.
- a.2) En public.
b) La source de confusion.
- b.1) La tente de David.
- b.2) Une tente en ruine ?
- b.3) La brèche.
c) David n'est pas la suite de Moïse.
d) L'erreur des croyants.
e) De nos jours.
3 - L'action de grâce dans la nouvelle alliance.
a) Dans la nouvelle alliance.
b) Rendre grâce.
- b.1) Jésus rend grâce.
- b.2) D'autres personnes rendent grâces.
c) La suite.
4 - Concrètement de nos jours.
a) Ensemble et sous-ensemble.
b) Privé/publique.
5 - L'importance de la vérité.
a) Le corollaire.
b) Un peu de sérieux !
6 - Ce que ça n'est pas.
a) La louange n'a rien à voir avec ce qu'on peut gagner ou recevoir.
b) La louange ne sert pas à ressentir la présence de Dieu.
c) La louange n'est pas puissante, Dieu l'est.
d) Les "groupes chrétiens".
7 - Ce que c'est.
a) Le mot en lui-même.
b) L'abandon.
c) La forme de la louange.
d) Dieu et pas nous.
8 - Ce qui tue la louange.
a) Le coeur.
b) Le contenu.
c) La sainteté.
d) La sainteté vestimentaire.
9 - L'adoration.
a) Ancienne alliance.
- a.1) Abraham.
- a.2) Schadrac, Meshac et Abed-Nego.
- a.3) Pour note.
b) Nouvelle alliance.
10 - Conclusion.
1 - Introduction.
a) Une base perturbée.
Le sujet est vaste, parce qu'on ne peut même pas se reposer sur des bases communes qui permettraient un départ sur les chapeaux de roues. Dans la tête de presque tout le monde, la louange et l'adoration sont des formes de chants dirigées vers Dieu, mais ça n'est pas réellement ce que nous montre la Parole de Dieu. Le problème essentiel étant que ces deux pratiques, si elles ont d'évidents points communs, sont différentes l'une de l'autre.
La première chose concernant la louange et l'adoration est de savoir ce que les mots veulent dire. Or, tristement, personne ne semble capable de donner une définition claire de ce qu'est la louange. Le problème est civilisationnel. Si les mots n'évoluent pas dans le texte, par contre, l'humain s'évertue encore et encore à en changer la définition.
La chose se complique d'autant plus lorsqu'on pénètre le milieu opaque de la chrétienté, qui pour se donner une profondeur, se choisit un champ lexical qui lui est propre. Dès lors, non seulement la définition de certains des mots de la Parole de Dieu ne correspond pas totalement à celle des dictionnaires, mais au-delà de cette particularité, la définition que les croyants donnent à certains mots ne correspond pas plus à celle qui nous est montrée dans cette même Parole. Ils sont donc assez facilement d'accord pour que leur compréhension diverge de la définition littérale d'un dictionnaire, mais ne s'attachent pas à vérifier que leur approche puisse correspondre à celle du texte qui devrait être leur référence.
Pour ajouter à cela, la chrétienté dans sa forme actuelle, qui n'est malheureusement pas une évolution mais une décomposition de ce qu'elle a été, a depuis longtemps remplacé tout ce qui demande un effort par n'importe quoi lui permettant de ne pas en fournir. Toutes les notions sont donc modifiées, les unes après les autres, pour permettre de justifier la métamorphose. Et la tâche a été titanesque sous bien des aspects. Réussir à justifier de se reposer sous la grâce pour ne plus faire aucun effort lorsque la Parole nous parle de persévérance tient de l'exploit.
La louange a donc été l'un des nombreux éléments qui ont été revisités, et la version 2.0 prôné par les assemblées n'aurait pas donnée envie à nos ancêtres dans la foi.
b) Un problème qui devient une force.
La première fois qu'on nous parle de louange dans la Parole de Dieu, cela n'a rien de spirituel, bien au contraire. C'est alors que Abraham se rend en Egypte pour fuir la famine que Sara va attirer l'attention des "grands de Pharaon" qui "la virent aussi et la vantèrent (Halal) à Pharaon ; et la femme fut emmenée dans la maison de Pharaon" (Genèse 12.15). Le mot "halal" signifiant bel et bien "louange", comme par exemple dans 2 Samuel 22.4 : Je m'écrie : Loué (Halal) soit l'Eternel ! Et je suis délivré de mes ennemis.
Comme dans de très nombreux cas, les traducteurs se sont donnés des libertés dans le but d'orienter la compréhension du lecteur. Malheureusement ils se sont évertués à les orienter non pas dans la direction d'une meilleure compréhension, mais dans celle d'un fouillis presque inextricable sans l'aide du Saint-Esprit. On retrouve par exemple exactement la même situation avec le mot "cohen", traduit presqu'uniformément par "sacrificateur", mais dès lors que le "cohen" en question n'officie plus dans le tabernacle, alors ils ont traduit par "prêtre". Ils ont enlevé au contexte le rôle fondamental de différenciation pour permettre une lecture moins attentive. Si vous lisez de manière automatique, sans réellement prêter attention au texte, lire "sacrificateur" vous indique qu'on parle des sacrificateurs de Dieu, alors que lire "prêtre" signifie que ça n'est pas le cas. Mais la Parole de Dieu n'est pas un programme scolaire qu'on simplifie d'année en année. Elle ne doit pas changer et encore moins être modifiée pour en orienter la compréhension. Ca n'est pas simplement un fait isolé, mais une volonté perverse et orchestrée de longue date. On retrouve cela également dans le nom de Jésus (identique à celui de Josué qui pourtant est traduit différemment), dans la notion d'abomination, dans celle d'impudicité, dans la distinction précepte/loi/ordonnance/statut ou encore dans l'inversion entre puissance et autorité dans l'évangile. La pratique est trop présente pour imaginer ne serait-ce qu'un instant qu'elle ne soit pas volontaire.
Dans le cas de l'action de grâce, nous nous retrouvons à nouveau en face de ce procédé abject.
Deux mots sont traduits par "actions de grâces". Ce sont les mots "Shelem" et "Towdah". Rien qu'en prenant en compte cet élément on se doute qu'il va y avoir un problème. Pourquoi deux mots pour dire une seule chose ? Pour être plus précis, "Shelem" est présent 87 fois, dont 85 traduites par "actions de grâces" ; "Towdah" est présent 31 fois, dont 19 traduites à l'identique de "Shelem".
Le meilleur moyen de comprendre se trouve dans le chapitre 7 du livre du Lévitique. Il se passe malheureusement exactement la même chose que ce que je mettais en avant dans l'enseignement sur l'abomination. Au verset 12, nous avons les deux termes dont je parlais, mais ils ne sont pas traduits de la même manière :
🔘 Lévitique 7.12 : Si quelqu'un l'offre par reconnaissance (Towdah), il offrira, avec le sacrifice d'actions de grâces (Towdah), des gâteaux sans levain pétris à l'huile, des galettes sans levain arrosées d'huile, et des gâteaux de fleur de farine frite et pétris à l'huile.
On pourrait penser que la première occurrence exprime simplement le fait d'être reconnaissant alors que la deuxième parle d'un sacrifice pour le signifier. D'un point de vue du contexte, ça peut se tenir, mais cela n'en reste pas moins deux fois le même mot avec deux traductions différentes. La chose se complique dans le verset suivant :
🔘 Lévitique 7.13 : A ces gâteaux il ajoutera du pain levé pour son offrande, avec son sacrifice de reconnaissance (Towdah) et d'actions de grâces (Shelem).
Soudainement la simple "reconnaissance" devient un "sacrifice de reconnaissance", donc techniquement, un "sacrifice d'actions de grâces", mais le traducteur ne l'a pas traduit de la sorte parce que "actions de grâces" se trouve à la fin du même verset, mais sous un autre mot, le mot "Shelem". Donc pour éviter la redondance, il choisit de faire varier sa traduction. Pratique houleuse puisque deux versets plus loin, alors que le sujet n'a pas changé, il va faire exactement l'inverse :
🔘 Lévitique 7.15 : La chair du sacrifice de reconnaissance (Shelem) et d'actions de grâces (Towdah) sera mangée le jour où il est offert ; on n'en laissera rien jusqu'au matin.
Cette fois-ci "actions de grâces" redevient la traduction de "towdah" alors que le terme venait juste d'être traduit par "sacrifice de reconnaissance", et reconnaissance redevient la traduction de "Shelem" qui venait juste d'être traduit par "actions de grâces".
Dans le cas présent, ça n'est pas le contexte qui définit le sens, mais une décision arbitraire du traducteur.
Si ce mélange permanent est préjudiciable pour comprendre la loi de Moïse avec précision, par contre, lors du passage dans la nouvelle alliance, le fond prenant le pas sur la forme, les choses se simplifient au moins sous cet aspect. Au final cette tentative d'embrouiller le tableau a plus tendance à nous le clarifier. L'expression de la reconnaissance dans la nouvelle alliance ne se faisant plus sous la forme d'un sacrifice animal, mais sous celle d'un : sacrifice de louange, c'est-à-dire le fruit de lèvres qui confessent son nom (Hébreux 13.15). L'expression de notre reconnaissance devenant un sacrifice en soi, la frontière entre la reconnaissance et le sacrifice qui en résultait dans l'ancienne alliance est abolie et leurs existences deviennent simultanées.
Cependant, il reste nécessaire de comprendre plusieurs points concernant la reconnaissance et le sacrifice qui s'y rattache, appelé sacrifice d'actions de grâce, justement parce que ça n'est que la frontière entre les deux qui a disparu, mais eux perdurent.
Nota :
"shelem" est présent 87 fois dans l'ancienne alliance et est traduit 85 fois par "actions de grâces", 1 fois par "reconnaissance" (Lévitique 7.15), et 1 fois par prospérité.
" Towdah" est présent 31 fois dans l'ancienne alliance et est traduit 19 fois par "actions de grâces", 3 fois par "reconnaissance", 1 fois par hommage, 1 fois par faute, 5 fois par louange, et 3 fois par "chœur".
2 - L'action de grâce dans l'ancienne alliance.
a) Dans l'ancienne alliance.
En ce temps la séparation entre louange et action de grâce était presque anecdotique et il est très difficile de faire la part des choses. Il est assez paradoxal de réaliser que l'ancienne alliance n'est pas un socle figé. Les choses ne sont pas identiques au début et à la fin. S'il est vrai que l'ancienne alliance parle à un peuple spécifique et que la nouvelle parle également à un peuple spécifique, ce ne sont pas deux marches successives vers Dieu, mais un escalier complet. Ainsi, dans l'ancienne alliance, les choses évoluent d'époques en époques, et ce qui est admis du temps de Jérémie ou d'Ezéchiel, ne l'était pas du temps de Moïse. La grâce déjà présente aux côtés de Moïse, devient prépondérante dans la vie de David, mais c'est la loi de Moïse qui est censée caractériser ce temps.
De la même manière, dans la nouvelle alliance, ce qui était pratique courante du temps de Jésus a évolué avec le temps. Ca n'est pas un changement de loi, mais une évolution de la compréhension. La révélation de la nappe en étant cette fois-ci un exemple parfait. Une heure auparavant certains animaux étaient interdits, et soudainement ça n'est plus le cas. La progression globale ne se fait pas d'une loi de Moïse figée vers une loi spirituelle qui le serait tout autant. Dans la réalité, tout est progression, étape après étape, du commencement du voyage jusqu'à l'arrivée et ce, non pas parce que la loi est changeante, mais parce que nos propres limites ne nous permettent pas de tout appréhender en une seule fois.
Or dans l'ancienne alliance, la notion d'action de grâce évolue assez rapidement. Cela ne signifie pas que l'ancienne compréhension s'annule, mais qu'elle s'additionne avec la nouvelle, elle s'affine. Or les actions de grâces étaient premièrement concrétisées par des sacrifices, et si elles ne cesseront jamais de l'être, par contre la forme du sacrifice va changer.
Concrètement, l'action de grâce entraînait un sacrifice, mais personne n'était autorisé à faire son sacrifice dans son coin. Les choses étaient encadrées.
a.1) Pas en secret.
Si les actions de grâces ne pouvaient pas se faire en secret, c'était essentiellement afin de s'assurer que l'Eternel en soit le destinataire et que des humains en soient les témoins.
🔘 Lévitique 17.1-7 : L'Éternel parla à Moïse, et dit : 2 Parle à Aaron et à ses fils, et à tous les enfants d'Israël, et tu leur diras : Voici ce que l'Éternel a ordonné. 3 Si un homme de la maison d'Israël égorge dans le camp ou hors du camp un bœuf, un agneau ou une chèvre, 4 et ne l'amène pas à l'entrée de la tente d'assignation, pour en faire une offrande à l'Éternel devant le tabernacle de l'Éternel, le sang sera imputé à cet homme ; il a répandu le sang, cet homme-là sera retranché du milieu de son peuple. 5 C'est afin que les enfants d'Israël, au lieu de sacrifier leurs victimes dans les champs, les amènent au sacrificateur, devant l'Éternel, à l'entrée de la tente d'assignation, et qu'ils les offrent à l'Éternel en sacrifices d'actions de grâces. 6 Le sacrificateur en répandra le sang sur l'autel de l'Éternel, à l'entrée de la tente d'assignation ; et il brûlera la graisse, qui sera d'une agréable odeur à l'Éternel. 7 Ils n'offriront plus leurs sacrifices aux boucs, avec lesquels ils se prostituent. Ce sera une loi perpétuelle pour eux et pour leurs descendants.
Ce passage du livre du Lévitique ne dit pas que les enfants d'Israël faisaient exprès de faire leurs sacrifices aux boucs, avec lesquels ils se prostituent. Il nous dit qu'ils s'y prenaient mal et que parce qu'ils ne faisaient pas les choses comme l'Eternel les désirait, alors ils ne les faisaient pas pour lui. Et le principe reste le même de nos jours, la louange et les actions de grâces doivent se faire selon ce que l'Eternel demande, sinon, il n'en est pas le destinataire et ce passage parle du regard que l'Eternel porte dessus.
Il faut donc comprendre que les sacrifices d'actions de grâces ne peuvent se faire dans la solitude, et ce qui semble être un détail est fondamentale parce que c'est le sens même de ce que sont ces types de sacrifices. Ils consistent à rendre gloire à Dieu (Psaumes 50.23 : Celui qui offre pour sacrifice des actions de grâces me glorifie), et se font en présence des sacrificateurs qui y participent.
a.2) En public.
La louange existe conjointement à l'action de grâce. Concrètement, lorsque Moïse et les enfants d'Israël franchissent la mer rouge, ils se mettent bel et bien à chanter (Exode 15.1-19), suite à quoi, Marie prend un tambourin et, suivie par les femmes qui font de même, danse tout en encourageant les enfants d'Israël à continuer de louer Dieu. Lorsque Marie danse avec le tambourin, il est textuellement question de louanges, spécifiquement chantées, mais pas d'action de grâces. Pourtant lorsque l'Eternel donne la loi, quelques jours plus tard, il n'y a pas de loi sur la louange, mais il y en a sur les actions de grâces et elles sont parlantes.
🔘 Lévitique 7.11-18 : Voici la loi du sacrifice d'actions de grâces, qu'on offrira à l'Éternel. 12 Si quelqu'un l'offre par reconnaissance, il offrira, avec le sacrifice d'actions de grâces, des gâteaux sans levain pétris à l'huile, des galettes sans levain arrosées d'huile, et des gâteaux de fleur de farine frite et pétris à l'huile. 13 A ces gâteaux il ajoutera du pain levé pour son offrande, avec son sacrifice de reconnaissance et d'actions de grâces. 14 On présentera par élévation à l'Éternel une portion de chaque offrande; elle sera pour le sacrificateur qui a répandu le sang de la victime d'actions de grâces. 15 La chair du sacrifice de reconnaissance et d'actions de grâces sera mangée le jour où il est offert; on n'en laissera rien jusqu'au matin. 16 Si quelqu'un offre un sacrifice pour l'accomplissement d'un vœu ou comme offrande volontaire, la victime sera mangée le jour où il l'offrira, et ce qui en restera sera mangé le lendemain. 17 Ce qui restera de la chair de la victime sera brûlé au feu le troisième jour. 18 Dans le cas où l'on mangerait de la chair de son sacrifice d'actions de grâces le troisième jour, le sacrifice ne sera point agréé ; il n'en sera pas tenu compte à celui qui l'a offert ; ce sera une chose infecte, et quiconque en mangera restera chargé de sa faute.
🔘 Lévitique 7.29-36 : Parle aux enfants d'Israël, et dis : Celui qui offrira à l'Éternel son sacrifice d'actions de grâces apportera son offrande à l'Éternel, prise sur son sacrifice d'actions de grâces. 30 Il apportera de ses propres mains ce qui doit être consumé par le feu devant l'Éternel ; il apportera la graisse avec la poitrine, la poitrine pour l'agiter de côté et d'autre devant l'Éternel. 31 Le sacrificateur brûlera la graisse sur l'autel, et la poitrine sera pour Aaron et pour ses fils. 32 Dans vos sacrifices d'actions de grâces, vous donnerez au sacrificateur l'épaule droite, en la présentant par élévation. 33 Celui des fils d'Aaron qui offrira le sang et la graisse du sacrifice d'actions de grâces aura l'épaule droite pour sa part. 34 Car je prends sur les sacrifices d'actions de grâces offerts par les enfants d'Israël la poitrine qu'on agitera de côté et d'autre et l'épaule qu'on présentera par élévation, et je les donne au sacrificateur Aaron et à ses fils, par une loi perpétuelle qu'observeront les enfants d'Israël. 35 C'est là le droit que l'onction d'Aaron et de ses fils leur donnera sur les sacrifices consumés par le feu devant l'Éternel, depuis le jour où ils seront présentés pour être à mon service dans le sacerdoce. 36 C'est ce que l'Éternel ordonne aux enfants d'Israël de leur donner depuis le jour de leur onction ; ce sera une loi perpétuelle parmi leurs descendants.
Ces deux passages montrant clairement que les sacrifices d'actions de grâces ont la particularité de devoir être consommés par les sacrificateurs. Raison pour laquelle ils sont forcément publics.
La profondeur du premier passage va bien au-delà lorsqu'il nous est précisé : Ce qui restera de la chair de la victime sera brûlé au feu le troisième jour. Dans le cas où l'on mangerait de la chair de son sacrifice d'actions de grâces le troisième jour, le sacrifice ne sera point agréé ; il n'en sera pas tenu compte à celui qui l'a offert ; ce sera une chose infecte, et quiconque en mangera restera chargé de sa faute (Lévitique 7.17-18). Ce passage faisant le lien avec le partage du pain dans le dernier repas de Jésus. Dans ce passage du Lévitique, il faut réaliser que l'annonce qui est faite va bien au-delà de l'époque dans laquelle elle est faite. La fin du verset 18 nous dit : quiconque en mangera restera chargé de sa faute (Lévitique 7.18), or le sacrifice d'action de grâces n'est pas un sacrifice pour une faute, mais un sacrifice de reconnaissance. C'est pour cela que le texte nous dit que celui qui en mange le troisième jour reste chargé de sa faute, parce que le troisième jour Jésus est ressuscité et celui qui participe à un sacrifice qui se trouve en dehors de celui de Jésus ne peut être pardonné de ses fautes parce qu'il communie avec les idoles.
Jésus, qui est le sacrifice, est l'action de grâces. Or il ne sauve que celui qui reconnaît que le prix de sa faute a été payé durant les trois jours de sa mort. Lorsqu'il prend son dernier repas avec ses disciples, c'est le souverain sacrificateur qui partage le sacrifice avec les sacrificateurs (Luc 22.19 : Ceci est mon corps, qui est donné pour vous). Pour tous ceux qui se forgent une croyance dans laquelle il n'est pas monté sur la croix, il n'en est pas descendu ou il n'est pas ressuscité au troisième jour, alors le sacrifice en question perd sa valeur et celui qui a de telles prétentions reste chargé de sa faute, et ce, quelle que soit son apparente sainteté (en outre, on verra par après que "rendre grâce" est directement rattaché au sacrifice de Jésus).
b) La source de confusion.
L'action de grâce et la louange sont toutes les deux présentes dans l'ancienne alliance, mais pas nécessairement de manière équilibrée, l'une prenant souvent l'ascendant sur l'autre. Justement parce que dans ces temps-là, la révélation se faisait également progressivement. Au temps de Moïse, la confusion est impossible. La louange est presque absente et les actions de grâces sont constantes. Ca ne signifie cependant pas que l'un est plus important que l'autre mais uniquement que l'un est révélé mais pas l'autre. Ainsi, pendant toute cette époque, la reconnaissance du peuple va se retranscrire par les sacrifices d'actions de grâces, donnant une fausse impression d'absence de louange, alors que le cantique chanté par Moïse et les enfants d'Israël après avoir traversé la mer rouge atteste de sa présence.
Pourtant, alors que le temps va passer, on arrive en quelques années à exactement l'inverse. Les sacrifices d'actions de grâce changent de forme, tout comme la louange. Cependant, une fois de plus, alors que la forme change, essentiellement sous le règne de David, le terme également change. On passe des actions de grâces sous Moïse, à la louange sous David. Par contre, ce qui ne change pas, c'est la réalité de l'acte. La louange est une action de grâce, ce que Néhémie va nous indiquer assez clairement : car autrefois, du temps de David et d'Asaph, il y avait des chefs de chantres et des chants de louanges et d'actions de grâces en l'honneur de Dieu (Néhémie 12.46).
C'est donc en se basant sur le fait que David est connu comme étant un chantre et qu'il a installé une louange permanente dans le tabernacle que l'église actuelle représente la louange selon la façon du tabernacle de David et en oublie tout le reste. C'est oublier que David lui-même ne concevait pas du tout la continuation de ce qu'il avait mis en place. On réalise bien que s'approchant de sa fin, il ne donne pas des consignes à son fils Salomon pour la continuation de ce qu'il avait mis en place pour lui-même. Bien au contraire, il organise les chantres pour le temple que Salomon va bâtir. Ce temple n'est donc pas l'image du tabernacle de Moïse, tout comme il n'est pas celui du tabernacle de David. Il est la fusion des deux, et c'est là que l'incompréhension globale de la Parole de Dieu devient pernicieuse.
b.1) La tente de David.
On nous parle de cette tente dans deux livres de la Parole de Dieu, tout d'abord dans Amos, et ensuite, en citant le prophète, dans le livre des actes.
🔘 Amos 9.11 : En ce temps-là, je relèverai de sa chute la maison (Cukkah) de David, J'en réparerai les brèches (perets), j'en redresserai les ruines, Et je la rebâtirai comme elle était autrefois,
🔘 Actes 15.16 : Après cela, je reviendrai, et je relèverai de sa chute la tente (skene) de David, J'en réparerai les ruines, et je la redresserai,
Les deux versets ont leur importance puisque le deuxième permet de comprendre la réelle traduction du mot 'cukkah' traduit par maison dans cette version du livre d'Amos. Ce mot a de nombreuses traductions possibles, dont les trois principales dans le cas qui nous concerne sont : Tabernacle, tente, maison. Cependant, si les trois possibilités sont présentes, il se trouve que ça n'est pas réellement le cas dans le livre des Actes des Apôtres, où l'équivalent de ce mot est 'skene' qui ne se traduit pas par maison, mais par 'tente / tabernacle' (Sachant que le tabernacle n'est qu'une tente particulière et qu'en Grec 'maison' se dit 'oikos').
Donc dans le livre d'Amos, l'Eternel parle bien de la tente de David et non de sa maison. La différence est importante parce que la 'maison' de David peut parfaitement se référer à autre chose que le tabernacle qu'il avait installé justement dans sa maison. 'Maison' se référant très souvent dans la Parole de Dieu aux membres de la famille étant sous l'autorité d'une personne dont c'est justement la maison. C'est le cas de la maison de Noé (Genèse 7.1 : L'Éternel dit à Noé : Entre dans l'arche, toi et toute ta maison ...), de Terach, d'Abraham et ainsi de suite. 'Tente' ou 'tabernacle' nous parle donc du spirituel, lorsque 'maison' nous parle du charnel. D'où l'importance de comprendre le vrai sens du mot présent dans le livre du prophète Amos.
Cependant, puisque cela parle donc d'une tente/tabernacle, la précision suivante devient source de questionnement.
b.2) Une tente en ruine ?
Ca pose alors le problème de la suite du verset qui parle d'en réparer les brèches et d'en redresser les ruines. Comment redresser la ruine d'une tente ou en réparer les brèches ? La solution se trouve dans le verset lui-même puisque la tente de David n'est tout simplement pas tombée du temps de David, elle n'a pas été mise à terre. Or elle a cessé d'exister indépendamment du temple à partir de Salomon, et la chute en question parle donc de ce qui s'est passé lorsqu'elle était indissociable du temple puisqu'elle n'existait pas sans lui par après.
Et c'est là que se trouve l'incompréhension de tous lorsqu'ils lisent que la tente de David sera restaurée. Ils l'imaginent au temps de David, donc indépendante de la tente de Moïse et composée intégralement de louanges. Partant de là, ils dérivent logiquement, puisqu'ils n'ont plus l'ancre de la Parole, dans des exagérations qui prennent la forme de ce qu'on connaît de nos jours. La réalité de l'affirmation du prophète Amos parle de restaurer non pas le tabernacle de David dont nous avons la trace sous le règne de David, mais la forme aboutie de ce que Dieu était en train de faire. Le temple de Salomon était l'addition du tabernacle de Moïse et de celui de David, et lorsqu'il nous est dit que celui de David sera rebâti, nous ne pouvons pas le comprendre indépendamment de ce qu'il était à partir de Salomon, la moitié d'un tout. Dans l'addition des deux tabernacles, les actions de grâce et la louange finissent donc par se rejoindre.
En conséquence, l'affirmation transmise par Amos nous dit en réalité que le tabernacle de Moïse existera, mais sans la présence de celui de David, et nous connaissons déjà le déséquilibre que cela instaure. C'est donc pendant cette période que l'Eternel rétablira le tabernacle de David, non pas comme un tout, mais comme une partie indispensable d'un tout que forme la maison de Dieu. Il va de soi que leurs existences simultanées sont figuratives, nous sommes le temple de Dieu, et c'est donc en nous que doivent coexister les deux tabernacles.
b.3) La brèche.
La mention d'une brèche est très importante pour comprendre ce dont nous parle le prophète Amos. Si elle est la source de l'erreur de traduction de 'tente' en 'maison', il n'en reste pas moins que la présence de cette précision est un socle sans lequel il n'est pas possible de comprendre ce dont l'Eternel est en train de parler. Il faut donc se référer à un autre passage qui va nous faire comprendre le sujet réel du verset. Ce passage contient une affirmation étrange est difficile à comprendre, simplement parce que c'est le lien avec le verset d'Amos.
Alors que David est déjà roi sur Israël, il émet le souhait que l'arche de l'alliance le rejoigne à Jérusalem. On sait qu'il devra s'y prendre à deux fois et le sujet a déjà été traité ailleurs. C'est lors de la première tentative que se déroule un incident fâcheux. L'arche de l'Alliance étant transportée de manière inadéquate, elle subit les aléas du terrain et se voit déstabilisée jusqu'à pencher de manière inquiétante. Uzza décide alors de saisir l'arche de la main pour éviter qu'elle ne finisse par tomber. La colère de l'Eternel va s'enflammer et Uzza, frappé par l'Eternel, meurt sur l'instant.
Le texte nous dit alors dans la plupart des traductions : David fut irrité de ce que l'Éternel avait frappé (parats = faire une brèche) Uzza d'un tel châtiment. Et ce lieu a été appelé jusqu'à ce jour Pérets Uzza (2 Samuel 6.8). Cette traduction, dissimule la réalité du texte que la version Darby (entre autres) retranscrit plus fidèlement : Alors David fut très irrité de ce que l'Éternel avait fait une brèche en la personne d' Uzza ; et il appela ce lieu-là du nom de Pérets-Uzza, qui lui est resté jusqu'à ce jour. D'ailleurs si la conséquence pour l'endroit où s'est arrivé est qu'il est renommé en : 'Pérets-Uzza' qui signifie 'la brèche d'Uzza', ça n'est pas pour rien. Ce qui souligne une fois de plus l'importance d'avoir des traductions qui privilégient l'exactitude plutôt que la beauté de la syntaxe. Admettons cependant que l'étrangeté de la formulation réelle n'aidait pas. La notion de brèche était difficile à comprendre, jusqu'à ce que l'Eternel réutilise ce même terme par la bouche d'Amos, pour justement parler très exactement de cette même arche de l'alliance, qui représente la gloire de Dieu et qui sera le centre de la louange dans la tente de David.
Cette brèche est le lien qui permet de comprendre de quoi parle l'Eternel à travers Amos.
L'Israël d'alors est encore héritière de celle de Saül qui est une représentation de l'église sans la présence de la gloire de Dieu, c'est l'église actuelle. L'arrivée de David en tant que roi n'a pas tout changé immédiatement, il a fallu du temps et la transition se fait essentiellement durant la période du retour de l'arche. Ce qui est en train de se passer alors que David essaye de faire revenir la gloire de l'Eternel dans sa ville, c'est exactement ce que l'église actuelle a fait. Elle a essayé de faire revenir la gloire de l'Eternel au milieu de son peuple, mais a totalement négligé de s'appuyer sur la Parole de Dieu, élément indispensable à la venue de la gloire de Dieu au milieu d'elle. C'est là que l'Eternel a fait une brèche, et que sa gloire s'est éloignée de Jérusalem, non pas définitivement, mais dans l'attente d'une repentance sincère et d'un retour à la Parole de Dieu. L'Eternel a fait les choses bien. Alors qu'Obed Edom recevait l'arche sous son toit, la bénédiction commençait à toucher sa famille, s'amplifiant encore et encore. Finalement, les bénédictions sur sa famille étaient telles que tout le monde en a entendu parler. C'est alors seulement que David a fait ce qui était nécessaire, se soumettre à la Parole de Dieu, et donc la connaître, seul moyen pour que la gloire de l'Eternel revienne au milieu de son peuple.
De nos jours, l'église a voulu de la gloire de Dieu, mais ne s'est pas préparée. Elle est restée ignorante de la Parole de Dieu et se berce d'illusions. Elle n'a même plus la possibilité de mettre la main sur l'arche, parce que son éloignement est tel que ça lui est devenue impossible. L'arche de l'alliance n'est pas venue dans l'église, au lieu de cela, elle est allée dans la maison d'un particulier, que Dieu bénit encore et encore, jusqu'à ce que l'accroissement en nombre et en intensité de ses bénédictions, les rendent visibles pour tous. Alors et alors seulement l'église pourra faire le choix de la Parole pour ne pas souiller la gloire de Dieu lorsqu'elle s'approchera.
Ce que l'Eternel nous dit dans Amos c'est qu'il se charge de régler le problème. Ca ne signifie pas que l'église est tranquille et que Dieu va faire le nécessaire pour que tous ses membres puissent accueillir sa gloire, au contraire, ce que cela signifie c'est que Dieu va faire le nécessaire pour que ceux parmi l'église décadente actuelle qui feront l'effort de recevoir la connaissance, ne soient plus mélangés avec ceux qui la refusent, et ils deviendront de facto la seule véritable église.
Cela va passer par la compréhension de ce qu'est réellement la louange, selon la Parole de Dieu, et non plus selon les émotions des hommes.
c) David n'est pas la suite de Moïse.
Evidemment, chronologiquement il l'est, mais dans la réalité du plan de Dieu, pas tant que cela. Il ne représente pas la version parfaite de ce que Dieu avait demandé à Moïse. Dans la réalité, ce que Dieu veut ne peut être compris qu'en Jésus, mais pour arriver à cette compréhension, il faut réaliser que l'ancienne alliance est la mise en place de tout ce qui est nécessaire à ce que cela puisse arriver.
L'Eternel a donc commencé par nous parler de Moïse, et a donné la loi à laquelle il est associé. Une fois que cette partie est transmise, il s'est attaché à nous montrer autre chose, c'est-à-dire la grâce à travers le règne de David. L'intégralité de la vie de David est sous ce signe. Ses fautes nombreuses auraient presque toutes dû lui coûter la vie, mais il se repend en permanence et est pardonné, ce qui n'existe pas sous la loi, mais uniquement sous la grâce.
A partir du rapatriement de l'arche, la louange sera désormais permanente durant son règne, c'est cependant à la fin de celui-ci que les choses prennent toute leur ampleur. Ses préparatifs pour le temple que Salomon son fils construira sont de grande ampleur. Il ne s'est pas limité à réunir les matériaux nécessaires mais a également nommé par avance les différentes personnes qui entreront en fonction dans chaque domaine, que ce soit les soldats, les portiers, où encore ... les chantres.
La chose est cocasse, le temple de Salomon n'est pas le tabernacle de Moïse en dur. Bien qu'il puisse être perçu de la sorte, les règles n'y sont pas les mêmes, pas plus que les fonctions. L'arche de l'alliance n'étant plus appelée à se déplacer, tous les Lévites dont la charge était de la porter sur les épaules n'ont plus de fonctions. De plus, des portiers sont nommés, ce qui n'existait pas auparavant, et évidemment, des chantres le sont, ce qui est également une nouveauté. Or l'Eternel n'a pas ajouté un addendum à la loi de Moïse.
Il avait dans un premier temps donné la loi qui se symbolise par le tabernacle de Moïse et dans lequel la reconnaissance s'exprimait par des sacrifices d'actions de grâces. Puis dans un deuxième, il a montré la grâce qui se symbolise par le tabernacle de David, dans lequel la reconnaissance s'exprimait par de la louange (spécifiquement chantée).
La synthèse de ces deux tabernacles se trouve justement être le temple fait par Salomon. Un subtil mélange des deux qui n'en reste cependant qu'une annonce de ce qui était à venir en Jésus.
Ainsi, ça n'est pas le tabernacle de Moïse qui est une image de ce qui doit être, pas plus que le tabernacle de David ne l'est. Ca n'était que des explications des deux parties qui composent le temple dans lequel l'Eternel voulait habiter, et c'est le temple en question qui est une image de ce que nous devons être. Lorsque Jésus parlera de la destruction et de la reconstruction du temple dans l'évangile selon Jean, l'écrivain nous précisait bien : Mais il parlait du temple de son corps (Jean 2.21) et non du tabernacle de son corps. Nous avons donc la progression de la révélation qui va du temple de Salomon vers celui de Zorobabel, et devant la tristesse qu'éprouve le peuple de le voir moins glorieux que son prédécesseur, l'Eternel va faire une annonce qui est celle de la suite de son plan :
🔘 Aggée 2.5-9 : Je reste fidèle à l'alliance que j'ai faite avec vous Quand vous sortîtes de l'Égypte, Et mon esprit est au milieu de vous; Ne craignez pas ! 6 Car ainsi parle l'Éternel des armées : Encore un peu de temps, Et j'ébranlerai les cieux et la terre, La mer et le sec ; 7 J'ébranlerai toutes les nations ; Les trésors de toutes les nations viendront, Et je remplirai de gloire cette maison, Dit l'Éternel des armées. 8 L'argent est à moi, et l'or est à moi, Dit l'Éternel des armées. 9 La gloire de cette dernière maison sera plus grande Que celle de la première, Dit l'Éternel des armées ; Et c'est dans ce lieu que je donnerai la paix, Dit l'Éternel des armées.
Or cette annonce ne parle pas du temple de Zorobabel mais annonce qu'après celui-là il y en aura un qui sera plus glorieux encore que celui de Salomon ne l'avait été.
Plusieurs éléments nous le montrent. Il commence par les rassurer sur le fait que son esprit est au milieu d'eux, et cette affirmation, si elle peut nous sembler presque évidente, et donc secondaire, ne l'est absolument pas. Il ne faut pas oublier que l'arche de l'alliance transportait la gloire de l'Eternel, et cette arche a disparu définitivement de la circulation lorsque Nebucadnetsar a détruit le temple de Salomon. Les enfants d'Israël ont donc fait d'immenses efforts pour reconstruire un temple qui n'a rien de commun avec celui d'autrefois. Ses murs ne sont pas couverts d'or, le bois ne vient pas du Liban, et plus que tout, la gloire semble absente puisque l'arche l'est. C'est pour cela que le verset 5 est important. L'esprit de Dieu est milieu de son peuple, mais pas au travers de la présence de l'arche. Ce qui efface tout parallèle avec les deux tabernacles précédents et avec le temple de Salomon. Il annonce alors que du temps doit passer et qu'alors seulement il remplira de gloire cette maison.
Ce que dit l'Eternel c'est de ne pas s'inquiéter de ce que ce temple reconstruit ne soit pas fait aussi richement que son prédécesseur. S'il leur précise que l'or et l'argent lui appartiennent, c'est pour qu'ils comprennent que couvrir ce bâtiment de la richesse des hommes n'a pas de valeur, parce que l'or qu'ils utiliseraient lui appartient déjà de toute façon. Aussi, estimer la gloire du temple en fonction de l'or et de l'argent qui en couvrent les murs n'a aucune valeur à ses yeux.
C'est après ces deux affirmations, la première étant que son esprit est au milieu d'eux, et la deuxième que l'or et l'argent lui appartiennent, qu'il précise que : La gloire de cette dernière maison sera plus grande que celle de la première, non pas en parlant de celle que Zorobabel vient de construire, mais en faisant mention de celle qui est à venir. Or rappelons-nous qu'il vient de préciser que son esprit est au milieu de son peuple, c'est donc cette affirmation qui est le sujet de la : dernière maison, et non celle qui vient d'être réalisée. C'est uniquement dans cette : dernière maison qu'il donnera la paix (Aggée 2.9 : Et c'est dans ce lieu que je donnerai la paix). Or c'est bien dans le temple que nous sommes qu'il a fait reposer la paix, et nulle part ailleurs (Jean 14.27 : Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix ...).
Le temple que Zorobabel a construit ne servait qu'à une chose, prouver que les hommes ne peuvent retrouver la gloire de Dieu par leurs propres efforts. Malgré tout le travail accompli, le bois n'est pas du Liban, les murs ne sont pas couverts d'or, et l'arche de la gloire de Dieu est absente. L'Eternel atteste que si sa gloire n'est plus présente dans le temple de Zorobabel, son arche ne s'y trouvant pas, c'est qu'il n'agrée plus un temple fait de mains d'hommes.
d) L'erreur des croyants.
Comprenant ce qui vient d'être dit, on réalise mieux l'égarement des croyants. Leur manque de connaissance de la Parole de Dieu leur a permis de se bercer de l'illusion que leur vie sera désormais faite de chansonnettes diverses. Lorsqu'Amos parle de relever la tente de David, et donc son tabernacle, ils en déduisent simplement que nous entrons à nouveau dans une période ressemblant au règne de David, et que la louange sera le centre de notre relation avec Dieu. L'erreur est d'autant plus pernicieuse, et pour ainsi dire mortelle, qu'ils ont juste suffisamment raison pour ne pas réaliser qu'ils ont tort.
Lorsqu'Amos nous annonce le relèvement de la tente de David, ça a pour but de nous rappeler que la louange ne se fait pas en fonction des émotions. La louange que nous pouvons faire seul dans notre chambre a ses limites, tout comme celle de David avait les siennes. Le seul moyen d'aller au-delà de ces dites limites, c'est de régler notre diapason, et la Parole de Dieu est le seul manuel qui nous explique comment faire.
Ainsi, de manière amusante, lorsque l'Eternel annonce qu'il va relever la tente de David, il signifie en réalité qu'il va relever la connaissance de la Parole de Dieu. Connaissance sans laquelle le tabernacle de David n'aurait jamais pu exister, et ne pourra jamais exister. Connaissance qui, si elle est refusée par le peuple, leur fera perdre leur salut si on s'en réfère à ce que nous transmettait Osée.
🔘 Osée 4.6 : Mon peuple est détruit, parce qu'il lui manque la connaissance. Puisque tu as rejeté la connaissance, je te rejetterai, et tu seras dépouillé de mon sacerdoce ; puisque tu as oublié la loi de ton Dieu, j'oublierai aussi tes enfants.
Oui, Dieu veut un peuple d'adorateurs, la louange est fondamentale, mais elle est incomprise. Le Père veut des VRAIS adorateurs (Jean 4.23), ce qui implique obligatoirement qu'il y en a des faux. La différence entre les uns et les autres se trouvant expliquée dans la suite de ce même verset de l'évangile selon Jean, lorsque Jésus nous indique le type d'adoration qui qualifie à être du type dont il parle : les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité. Or si ceux qui prétendent louer et adorer en esprit sont nombreux, par contre leur compréhension de la 'vérité' est généralement bancale. Elle se limite usuellement à penser que cela parle de sincérité, alors que la Parole, tant dans l'ancienne que dans la nouvelle alliance ne fait pas de secrets concernant l'identité réelle de la vérité :
🔘 Psaumes 119.160 : Le fondement de ta parole est la vérité, et toutes les lois de ta justice sont éternelles.
🔘 Jean 17.17 : Sanctifie-les par ta vérité : ta parole est la vérité.
Celui qui croit pouvoir s'exonérer de la Parole rejette le salut.
e) De nos jours.
Ainsi, ayant été mises en avant de manières successives, les actions de grâces et la louange ont fusionné dans le temple de Salomon. Le peuple venait offrir des sacrifices d'actions de grâces, et les chantres louaient Dieu. Par contre, avec le temple de Zorobabel, l'Eternel avait été clair sur le fait qu'il n'habitait plus dedans et qu'il résidait désormais au milieu de son peuple. Le passage de la chair à l'esprit était donc annoncé. C'est ce passage d'un état de la révélation vers l'autre qui va changer la donne.
Désormais le temple n'est pas invalidé, mais son adresse a changé. Ca n'est plus le bâtiment qui définit le temple, mais celui qui l'habite. La compréhension de ce qu'est le temple du temps de Salomon, bien qu'étant fondamentalement correcte, était incomplète. Le temple est temple non pas parce que les hommes le décident, mais parce que Dieu y demeure. Cela fait du temple de Salomon un endroit pouvant porter ce qualificatif parce que l'arche y résidait, mais cela rend également sa perpétuation impossible, parce que la gloire de Dieu n'y réside plus du temps de Zorobabel. Désormais, habitant au milieu de son peuple, comme ça avait toujours été son intention, c'est le croyant qui devient le temple de Dieu.
Le deuxième effet à prendre en compte, c'est que tous deviennent sacrificateurs et rois, c'est le sacerdoce royal dont nous parle Pierre. Dès lors, si on reprend le modèle que représente le temple de Salomon, tous sont impliqués plus personnellement dans les sacrifices d'actions de grâces et la louange. Le peuple qui se trouvait en dehors du parvis n'existe plus, cette zone est donnée aux nations. Désormais ils sont tous sacrificateurs, mais cela ne change pas forcément le fond des actions de grâces et de la louange, ça ne fait qu'en changer la forme. En chacun de nous réside l'un et l'autre, mais leurs expressions sont différentes.
C'est donc une pratique qui se veut aussi permanente qu'elle l'était du temps de David, tout en conservant également son côté sacrificiel. Ce qui distingue l'une de l'autre tient dans le thème. Les actions de grâces sont simplement une louange ayant un thème spécifique puisqu'elles consistent à remercier pour une chose précise qu'il a faite et pour laquelle nous exprimons notre reconnaissance, alors que la louange est plus large, permettant de lui rendre gloire pour tout et n'importe quoi. Mais dans l'ensemble, l'une et l'autre se confondent, la louange devenant un sacrifice en soi (Hébreux 13.15 : Par lui, offrons sans cesse à Dieu un sacrifice de louange, c'est-à-dire le fruit de lèvres qui confessent son nom).
3 - L'action de grâce dans la nouvelle alliance.
a) Dans la nouvelle alliance.
L'action de grâce est une louange, et la louange est une action de grâce. On est d'accord lorsqu'on le dit vite, mais lorsqu'on y réfléchit cela pose tout de même problème. Le problème en question vient de la différence entre la nouvelle et l'ancienne alliance. Dans de nombreux cas la même notion change de nom en passant de l'une à l'autre, mais pour autant le vocable de l'ancienne reste présent pour désigner autre chose. Nous sommes passés de la loi à la grâce, ce qui a transposé dans le spirituel ce qui était charnel. Un bon exemple pour comprendre ce problème dans la compréhension de beaucoup se trouve être la circoncision. Nous savons tous ce qu'elle était, nous savons tous ce qu'elle est devenue, mais la circoncision continue de désigner une pratique charnelle touchant le corps et peut donc perturber la compréhension de certains. Un autre exemple se trouve être la notion de sacrifice. Les sacrifices de l'ancienne alliance ne sont pas invalidés par ceux qui, comme la loi, sont restés charnels, par contre, pour celui qui a accepté Jésus, ils se retrouvent dans le sacrifice perpétuel du Fils de Dieu. L'ancien existe donc toujours, est toujours représentatif de la même chose, mais rejette ce qui est représenté. Pratiquer ce qui était une annonce lorsque l'annonce est révélée n'a pas de sens, mais ne signifie pas pour autant que cela attira l'approbation de tous. Certains continueront d'annoncer ce qui est déjà là. Il en va de même pour les sacrifices d'actions de grâces qui annonçaient quelque chose et qui désignaient quelque chose dans l'ancienne alliance, mais désignent autre chose dans la nouvelle. Pourtant elles continuent d'exister sous un autre nom.
Pour ce qui est de leur présence dans la nouvelle alliance, on ne peut pas dire qu'elles soient totalement absentes. En réalité il existe deux versets dans lesquels elles sont citées, les deux se trouvant dans le livre de l'Apocalypse.
🔘 Apocalypse 4.9 : Quand les êtres vivants rendent gloire et honneur et actions de grâces à celui qui est assis sur le trône, à celui qui vit aux siècles des siècles,
🔘 Apocalypse 7.11-12 : Et tous les anges se tenaient autour du trône et des vieillards et des quatre êtres vivants ; et ils se prosternèrent sur leur face devant le trône, et ils adorèrent Dieu, 12 en disant : Amen ! La louange, la gloire, la sagesse, l'action de grâces, l'honneur, la puissance, et la force, soient à notre Dieu, aux siècles des siècles ! Amen !
La particularité étant que dans les deux cas on ne nous parle pas d'êtres humains. Cela signifie que dans toute la nouvelle alliance, il n'y a plus d'actions de grâces prononcées par des êtres humains. L'importance de noter ces deux versets ne s'arrête pas là. On note dans Apocalypse 7.11-12 qu'il est fait mention non seulement des 'actions de grâces', mais également de 'louange'. Ce qui établit que ce sont deux choses différentes. Donc si chacune renvoie à l'autre, elles n'en restent pas moins deux choses différentes dont on sait à minima que les actions de grâces ne sont faites que par des êtres célestes.
b) Rendre grâce.
Pourtant, la notion de grâce nous est familière et pas seulement dans la grâce de Dieu dont nous sommes les bénéficiaires. Certaines coutumes parlent de prières portant ce nom et qui sont usuellement récitées en fin de repas. Ces pratiques n'ont cependant rien de scripturaire, mais elles ont été véhiculées pendant tellement longtemps que beaucoup les ont adoptés par mimétisme, persuadés qu'elles sont tirées de la Parole de Dieu. Ce qui n'est évidemment pas le cas. Comme souvent, ces fausses conceptions se basent sur une fausse impression qu'une lecture inattentive de la Parole de Dieu peut donner.
Oui, Jésus rend grâce à plusieurs reprises, mais contrairement à la tradition des hommes qui place ce genre de supposées prières après un repas, il ne rend jamais grâce après un repas, pas plutôt avant, même si, comme je viens de le dire, ça pourrait le laisser entendre. Pour mieux comprendre cette particularité, on va regarder l'intégralité des versets de la nouvelle alliance parlant de rendre grâce.
b.1) Jésus rend grâce.
En tout et pour tout, Jésus rend grâce dans trois situations, qui sont :
1️⃣ La résurrection de Lazare.
2️⃣ La multiplication des pains (le pain).
3️⃣ Son dernier repas avec les disciples (le pain et le vin).
En détail :
1️⃣ La résurrection de Lazare.
🔘 Jean 11.41 : Ils ôtèrent donc la pierre. Et Jésus leva les yeux en haut, et dit : Père, je te rends grâces (eucharisteo) de ce que tu m'as exaucé.
2️⃣ La multiplication des pains (le pain).
🔘 Matthieu 15.36 : prit les sept pains et les poissons, et, après avoir rendu grâces (eucharisteo), il les rompit et les donna à ses disciples, qui les distribuèrent à la foule.
🔘 Marc 8.6 : Alors il fit asseoir la foule par terre, prit les sept pains, et, après avoir rendu grâces (eucharisteo), il les rompit, et les donna à ses disciples pour les distribuer; et ils les distribuèrent à la foule.
🔘 Jean 6.11 : Jésus prit les pains, rendit grâces (eucharisteo), et les distribua à ceux qui étaient assis; il leur donna de même des poissons, autant qu'ils en voulurent.
🔘 Jean 6.23 : Le lendemain, comme d'autres barques étaient arrivées de Tibériade près du lieu où ils avaient mangé le pain après que le Seigneur eut rendu grâces (eucharisteo),
3️⃣ Son dernier repas avec les disciples (le pain et le vin).
🔘 Matthieu 26.27 : Il prit ensuite une coupe ; et, après avoir rendu grâces (eucharisteo), il la leur donna, en disant : Buvez-en tous ;
🔘 Marc 14.23 : Il prit ensuite une coupe; et, après avoir rendu grâces (eucharisteo), il la leur donna, et ils en burent tous.
🔘 Luc 22.17 : Et, ayant pris une coupe et rendu grâces (eucharisteo), il dit : Prenez cette coupe, et distribuez-la entre vous ;
🔘 Matthieu 26.26 : Pendant qu'ils mangeaient, Jésus prit du pain ; et, après avoir rendu grâces (eulogeo = bénir), il le rompit, et le donna aux disciples, en disant : Prenez, mangez, ceci est mon corps.
🔘 Marc 14.22 : Pendant qu'ils mangeaient, Jésus prit du pain ; et, après avoir rendu grâces (eulogeo = bénir), il le rompit, et le leur donna, en disant : Prenez, ceci est mon corps.
🔘 Luc 22.19 : Ensuite il prit du pain ; et, après avoir rendu grâces (eucharisteo), il le rompit, et le leur donna, en disant : Ceci est mon corps, qui est donné pour vous; faites ceci en mémoire de moi.
Il y a deux choses très intéressantes à prendre en compte suite à l'observation de tous les versets stipulant que Jésus rendait grâce.
La première se trouve dans le mot Grec et dans le fait que dans deux de ces versets le mot qui a été traduit par "rendre grâce" n'est pas le même que dans tous les autres. Usuellement, c'est le mot "eucharisteo" qui signifie "avoir ou exprimer de la reconnaissance", mais dans le cas de Matthieu 26.26 et Marc 14.22, c'est le mot "eulogeo", qui signifie "bénir", qui est employé. Il se trouve que ces deux versets, ainsi que celui de Luc 22.19, parlent exactement de la même chose, ce qui exclut donc la possibilité d'une variation dans le thème. Cette variation n'existe que dans le mot, et Matthieu, ayant été présent lorsque Jésus a rendu grâce, sait parfaitement ce qu'il a entendu, et ce qu'il a entendu, il le définit comme étant "eulogeo", donc une bénédiction. Or, lorsqu'on rend grâce, on remercie pour quelque chose de précis qui est le sujet de la reconnaissance qu'on exprime ; par contre, bénir ne porte pas cette limitation. Par exemple, l'ange de l'Eternel parlant à Gédéon l'appelle "vaillant héro" alors qu'il n'a démontré aucune vaillance ni aucun héroïsme. L'ange de l'Eternel dit du bien de lui sans cause connue, donc, en d'autres termes, il le bénit. Le but ici, n'est pas de savoir quel mot est le bon, mais de comprendre que les deux le sont. Le but n'étant donc plus de trouver lequel dépend de l'autre, mais plutôt de trouver le dénominateur commun. Donc Jésus bénit le Père pour une chose qu'il a faite. Ensuite, trouver de quelle chose il peut s'agir renvoie à la deuxième chose intéressante.
La deuxième se trouve donc dans les situations où s'est arrivé. Même s'il y a 11 versets en tout, dans la réalité il n'y a que trois types particuliers. Le partage du vin, le partage du pain et la résurrection de Lazare. Ces trois évènements sont les seuls où Jésus rend grâces. Or, si on ne s'en rend pas obligatoirement compte à prime abord, il se trouve que cela parle de la même chose : la résurrection. Le pain et le vin parlent de celle de Jésus, et la résurrection de Lazare l'annonce. On pourrait se réfugier derrière l'idée d'une coïncidence, mais ce serait hasardeux concernant un texte que Dieu a personnellement inspiré à ses serviteurs.
Maintenant, pourquoi rend-t-il grâces ? On voit quand il l'a fait, mais cela ne signifie pas que l'on sache pourquoi. Commençons de suite par anéantir l'affirmation de la prière avant les repas. Elle n'est pas fondée sur la Parole de Dieu. Lorsque Jésus rend grâces pendant son dernier repas, il ne l'a pas fait avant, ni après le repas, mais pendant (Matthieu 26.26 : Pendant qu'ils mangeaient...) (Marc 14.22 : Pendant qu'ils mangeaient...). Pour ajouter à cela, lorsqu'il donnera la leçon de prière à ses disciples, il dira bien "donne nous aujourd'hui notre pain quotidien" (Matthieu 6.11), sans relier la demande à un début quelconque de repas, mais en le plaçant dans le cadre de la prière normale du croyant. Il a donc rendu grâces lorsque du pain et du vin étaient disponibles, et non parce que cela parlait du repas. La raison plus précise de rendre grâce se trouve exprimée dans le cas de Lazare, où Jésus ne rend pas grâces au Père pour la résurrection de Lazare, mais pour quelque chose de bien plus simple : je te rends grâces de ce que tu m'as exaucé (Jean 11.41). Jésus était donc reconnaissant de ce que le Père l'écoute et ce, bien qu'il savait que le Père l'écoute toujours (Pour moi, je savais que tu m'exauces toujours; mais j'ai parlé à cause de la foule qui m'entoure, afin qu'ils croient que c'est toi qui m'as envoyé : Jean 11.42), et il exprimait cette reconnaissance uniquement dans des moments qui étaient rattachés à sa résurrection.
b.2) D'autres personnes rendent grâces.
Dans l'intégralité de la nouvelle alliance, il se trouve que Jésus est presque le seul à rendre grâce. Cela peut sembler étrange, mais c'est simplement un fait. Dans les quatre versions de l'évangile, il n'y a que deux autres versets qui sont concernés, tous les deux dans l'évangile selon Luc. Le premier concerne le Samaritain guérit de la lèpre (Luc 17.16 : Il tomba sur sa face aux pieds de Jésus, et lui rendit grâces (eucharisteo). C'était un Samaritain) et le second un pharisien dont la prière est un exemple de ce qu'une prière ne doit pas être (Luc 18.11 : Le pharisien, debout, priait ainsi en lui-même : O Dieu, je te rends grâces (eucharisteo) de ce que je ne suis pas comme le reste des hommes, qui sont ravisseurs, injustes, adultères, ou même comme ce publicain). Dans les deux cas, ce qui est dit de ce qu'ils ont fait est un témoignage de ce qui s'est passé, et non de ce qui est droit devant Dieu. Par ailleurs, on ne nous parle pas de qui ils sont, mais de ce qu'ils sont, un samaritain et un pharisien.
Avec ceux concernant Jésus, ce sont tous les versets qui parlent de rendre grâces dans les quatre versions de l'évangile.
Ensuite il y a encore deux versets dans le livre des Actes qui impliquent Paul et qui, une fois de plus, sont particulièrement problématiques. (Actes 27.35 : Ayant ainsi parlé, il prit du pain, et, après avoir rendu grâces (eucharisteo) à Dieu devant tous, il le rompit, et se mit à manger) (Actes 28.15 : De Rome vinrent à notre rencontre, jusqu'au Forum d'Appius et aux Trois Tavernes, les frères qui avaient entendu parler de nous. Paul, en les voyant, rendit grâces (eucharisteo) à Dieu, et prit courage).
Puis plus aucun cas dans les épîtres, et finalement un dernier cas dans le livre de l'apocalypse où, cette fois-ci, les 24 vieillards se prosternent devant Dieu (Apocalypse 11.17 : en disant : Nous te rendons grâces (eucharisteo), Seigneur Dieu tout-puissant, qui es, et qui étais, de ce que tu as saisi ta grande puissance et pris possession de ton règne). Or le Dieu en question est le Fils puisqu'ils disent qu'il a pris possession de son règne, et c'est Jésus qui est le roi des rois (Apocalypse 19.16 : Il avait sur son vêtement et sur sa cuisse un nom écrit : Roi des rois et Seigneur des seigneurs) (Apocalypse 17.14 : ... il est le Seigneur des seigneurs et le Roi des rois). Leur raison de rendre grâces est justement que Jésus soit entré dans son règne, or il a acquis le trône par sa résurrection, ce qui aligne les 24 vieillards avec les Paroles de Jésus de son temps terrestre.
Il n'y a donc plus de sacrifices d'actions de grâces au sens de l'ancienne alliance, mais une transposition dans la vie personnelle qui consiste à rendre grâces, et donc à exprimer notre reconnaissance pour notre salut. Quel que soit le sujet qui nous pousse à exprimer notre reconnaissance, nous devons en arriver à comprendre que ce qui permet que le Seigneur prenne soin de nous c'est notre naissance dans l'esprit. S'il nous évite un accident, il le fait non pas parce que nous sommes meilleurs que les autres, mais parce que nous lui appartenons. S'il nous guérit, il ne le fait pas parce que nous sommes meilleurs que les autres, mais également parce que nous lui appartenons. Aussi, il faut grandir dans la compréhension que chaque chose qu'il fait pour nous témoigne que nous lui appartenons. Elle est la conséquence directe de son sacrifice et de sa résurrection et c'est pour cela qu'à chaque fois que Jésus rendait grâces, cela se rattachait systématiquement au pain, au vin et à la résurrection elle-même.
Chaque chose qu'il fait pour nous, aussi insignifiante que nous pouvons penser qu'elle soit, atteste de ce qu'il a fait pour nous il y a 2000 ans. Aussi, nous pouvons le remercier pour cette chose que nous considérons insignifiante, ou réaliser ce qu'elle atteste et lui rendre grâces pour ce qui compte vraiment.
c) La suite.
Cependant, cela ne règle pas la question de la louange et de l'adoration à proprement parler. Par contre ça nous permet à minima de comprendre qu'en toute chose, la reconnaissance doit être la même parce que tout atteste de sa grandeur. Les petites comme les grandes choses à nos yeux. Parce qu'aux yeux de Dieu, rien n'est grand ou petit.
Ce qui a été mis en avant ici est uniquement l'origine de ce que nous appelons 'louange' de nos jours, parce que certaines des bases qui la composaient sont toujours présentes et il est nécessaire de savoir de quoi on parle lorsque je vais aborder plus concrètement la louange et l'adoration.
4 - Concrètement de nos jours.
L'ancienne alliance nous a montré successivement l'importance des actions de grâces et de la louange. Ces deux axes ont été révélés par leurs tabernacles respectifs pour finalement s'unir dans le temple de Salomon, qui est l'image de ce que nous sommes.
Si les actions de grâces et la louange finissent par se confondre simplement dans la louange, il n'en reste pas moins que ce qui les différenciait existe toujours, mais à un autre niveau.
a) Ensemble et sous-ensemble.
1️⃣ La louange, qui est plus générale, n'est pas forcément une action de grâce. Vous pouvez louer Dieu pour autre chose que ce qu'il a fait.
2️⃣ L'action de grâce, qui est plus particulière, est toujours une louange. Vous louez Dieu pour ce qu'il a fait.
La différence entre les deux est donc minime.
Ensuite, et c'est la partie la plus importante, la différence se situe entre le privé et le public.
b) Privé/public.
L'exemple de David va une fois de plus être important.
Il a passé son enfance et son adolescence à louer Dieu avec sa harpe au milieu des troupeaux de son père. Tout allait pour le mieux et Dieu était avec lui. Pourtant, lorsqu'il va vouloir faire revenir l'arche au milieu de son peuple, les choses vont se corser et sa manière de faire, qui pourtant fonctionnait parfaitement auparavant, ne va pas permettre d'éviter la catastrophe. Evidemment, et j'en ai déjà parlé, le problème était sa méconnaissance de la loi de Dieu qui l'avait poussé à faire ce qui n'était pas permis. Ce qui établit une bonne fois pour toutes que les bonnes intentions ne justifient rien.
La question se pose cependant. Cela implique-t-il que durant tout le reste de sa vie passée il avait toujours fait exactement ce qu'il fallait ? Ou y a-t-il une donnée nouvelle qui n'entrait pas en ligne de compte auparavant et qui désormais devient si importante que toutes ses habitudes sont renversées au point qu'il va avoir peur de l'arche et l'éloigner de sa présence ? Il est évident qu'une donnée supplémentaire est apparue, et qu'il ne s'y attendait pas. Cette donnée, c'est la Parole de Dieu.
Dans le cadre privé, Dieu connaissait son cœur et recevait sa louange malgré les failles, par contre, dans l'assemblée, il n'en va pas de même, et les failles vont agir comme autant de pièges pour celui qui entend et pour celui qui participe. Le témoignage rendu par la louange doit être en accord avec la Parole de Dieu. Il ne peut en aucun cas contenir des éléments qui terniraient la gloire de Dieu par leurs non-conformités. La louange doit attester avec exactitude de ce que Dieu a fait, et la Parole de Dieu est le seul socle par lequel chacun peut établir avec certitude l'action de Dieu dont il est question. Les choses que chacun vit individuellement ne peuvent pas faire l'objet de louanges publiques. La vérité prime au-dessus de la volonté de s'exprimer. Or peu importe ce que vous vivez personnellement, vous êtes le seul à savoir que vous l'avez vécu (et rien ne garantit que vous l'ayez compris). Le changer en chant pour que tous l'entonnent, c'est leur demander de remercier Dieu pour une chose dont ils ne savent pas si elle est vraie. C'est même prendre le risque de louer Dieu pour un mensonge. Seule la Parole de Dieu est éprouvée, et elle seule doit être la source de la louange au milieu de l'assemblée. D'autant que vous courez le risque de publiquement louer Dieu pour une exception que chacun prendrait alors comme l'expression d'une vérité générale. Que se passerait-il si Osée se retrouvait dans une assemblée et louait Dieu pour avoir épousé une prostituée. Chacun penserait alors que c'est autorisé, alors que ça ne l'est pas, pourtant c'est bien ce que l'Eternel a dit à Osée de faire.
5 - L'importance de la vérité.
a) Le corollaire.
Il suit de ce que je viens de dire que l'une des choses qui définit si la louange est adéquate, qu'elle soit publique ou privée, tient dans la véracité des termes qu'elle met en avant. Cette vérité se doit d'être encadrée par la Parole de Dieu. Tous chants qui relatent nos expériences personnelles, ou encore pire, nos émotions, nos requêtes ... , ne sont pas de la louange, et ça pose un énorme problème. Dieu siège au milieu des louanges de son peuple, et si ce qui est chanté n'est pas de la louange, indépendamment de la sincérité des protagonistes, alors celui pour qui elle est chantée n'est pas Dieu et la catastrophe n'est pas loin.
C'est pour cela que la première étape de tout chant qui se veut être de la louange, doit être de passer l'épreuve de la Parole de Dieu. Si ça n'est pas totalement conforme, alors ça doit impérativement être rejeté.
Si la louange n'est pas conforme, il ne faut pas se berner en pensant que Dieu ne l'acceptera simplement pas. Dans la réalité, la louange sera toujours de la louange, c'est son destinataire qui change. Si ce qui est le sujet de votre louange n'est pas conforme à la Parole de Dieu, alors votre louange sera reçue par quelqu'un d'autre, et nous savons tous qui.
Si ce que vous proclamez n'est pas la Parole de Dieu, alors c'est la vôtre. Lorsqu'Eve répond au serpent, elle fait passer sa parole pour la Parole de Dieu, et il faut bien comprendre que ça ne provoque pas la chute de satan, qui est déjà tombé, ça provoque la sienne.
On en revient donc tout naturellement au problème premier de l'église, elle ne connaît pas la Parole de Dieu. Malheureusement pour elle, il n'est pas question de trouver un moyen pour qu'elle puisse tout de même louer Dieu malgré son abyssal manque de connaissance de la Parole. Il n'y a pas de raccourcis, si c'était le cas, David n'aurait pas eu à chercher dans la loi comment faire pour transporter l'arche, ça aurait marché la première fois. La Parole ne sera jamais une étape qu'on peut négliger, et pour ceux qui ont longtemps pensé que c'était une possibilité, le temps est court pour se mettre à Jour. Si Dieu ne fait pas d'exception dans un sens, il faut bien comprendre qu'il n'en fait pas plus dans l'autre, sa Justice rend cette éventualité impossible. Quant au faux refuge de la grâce, il faut bien comprendre que la grâce est pour ceux qui ont réellement accepté le Seigneur ; et pour ceux qui rejettent la Parole ou la négligent, il faut se rappeler que Jésus est la Parole vivante, ces personnes ont rejeté Jésus et ne sont donc pas sous la grâce, même si elles le professent.
b) Un peu de sérieux !
Nous sommes passés du sérieux du service dans le tabernacle de Moïse, où la présentation d'un feu étranger signifiait la mort, à une vision presque chaotique de la louange qu'on associe faussement au tabernacle de David. Cela fait probablement partie des choses les plus difficiles à extirper de notre subconscient. Rien ne nous dit que la louange dans le tabernacle de David n'était pas tout autant structurée que les actions de grâces l'étaient dans le tabernacle de Moïse. En réalité, il est plus que probable qu'un ordre presque Spartiate régnait dans la louange du tabernacle de David. Si on ne se rend pas forcément compte de ce que David nous en dit, il faut cependant réaliser qu'à la fin de sa vie, alors que David s'apprête à transposer son tabernacle dans le temple de Salomon, il va structurer des chantres dans un ordre précis. Ce qui ne signifie pas qu'on faisait n'importe quoi durant la vie de David, mais simplement que, sa fin arrivant, il fallait faire le bilan et s'assurer de la perpétuation au sein du temple, de ce qui se faisait dans son tabernacle.
La louange, tant dans le tabernacle de David que dans le temple de Salomon était structurée, parce que ça n'était pas un comportement fleur bleu, un concert au sein duquel chacun fait ce qu'il veut. Un spectacle introductif pendant lequel on prend sa place et on finit de saluer les frères et sœurs. C'était un service saint, à l'image des différents sacrifices qui se pratiquaient et donc du sacrifice de Jésus.
La louange de nos jours doit retrouver cet aspect. Louer est un acte saint qui doit être traité de la sorte. Ca n'exclut pas certaines extériorisations, mais remet en question le cœur de ceux qui louent. Combien ont à l'esprit que lorsqu'ils louent, l'Eternel se tient au milieu d'eux et les écoute. La sainteté de la présence de Dieu requiert de la déférence, du respect.
Il ne s'agit cependant pas de la ritualiser, mais de comprendre à la fois ce que c'est et ce que ça n'est pas. Nous devons comprendre le sérieux de la louange et ne plus la considérer comme un instant récréatif qui sera suivi par quelque chose de sérieux (prédication). Nous confondons bien trop souvent la louange et la musique. Cette méprise c'est justement le feu étranger de Nadab et Abihu qui, s'il leur a coûté la vie, nous coûtera notre âme.
La vérité ne se négocie pas pour une rime ou une phrase choc.
6 - Ce que ça n'est pas.
Comme presque toujours avec la Parole de Dieu, recevoir une vérité nécessite de rejeter un mensonge. C'est une condition obligatoire parce que les sujets dont nous ignorons l'existence sont presque inexistants. Tous les sujets sont déjà connus, c'est notre compréhension qui est mauvaise et qui doit être réajustée. Peu importe que ce soit le salut, le mensonge ou la louange, nous n'apprenons pas l'existence de ces notions, nous ne les comprenons pas comme il le faudrait, donc selon la Parole de Dieu.
Dans l'ensemble, l'Esprit de Dieu ouvre nos esprits pour que nous comprenions la réalité des choses. Comme le dit la Parole, ses pensées ne sont pas les nôtres, et il en va de même avec la louange. Comprendre ce qu'elle est commence par comprendre ce qu'elle n'est pas.
Ce que ça n'est pas revêt une particularité intéressante. Dans l'ensemble, c'est exactement ce que chacun prétend qu'elle est. Signe supplémentaire, s'il était besoin, que le rétablissement de ce qu'elle doit être est nécessaire et urgent.
a) La louange n'a rien à voir avec ce qu'on peut gagner ou recevoir.
Le problème de cette façon de voir contient la même source que tous les autres problèmes. La louange n'est pas un moyen d'obtenir quelque chose, sinon elle est intéressée et ça n'est plus de la louange. Si la véracité des paroles prononcées est primordiale, celle du cœur du croyant l'est tout autant. Avoir tout autre but que de bénir Dieu dans la louange la fait cesser d'en être.
b) La louange ne sert pas à ressentir la présence de Dieu.
Cette affirmation est fréquente, et ça n'est pas pour rien. Comme je le disais plus tôt, l'église n'est plus basée sur la vérité, mais sur les émotions. Le croyant ne veut pas de la Parole, il veut des sensations. La Parole de Dieu lui dit que l'Eternel siège au milieu des louanges de son peuple, mais s'il ne le ressent pas, il n'y croit pas. Or, lorsqu'on recherche des sensations, une chose est certaine, on va les trouver. Par contre elles sont rarement de Dieu. Je ne dis pas qu'on ne peut pas ressentir sa présence pendant qu'on le loue. Dans la réalité on peut ressentir sa présence absolument dans n'importe quelle situation, bonne ou mauvaise. Cependant, reléguer la louange à un moyen c'est la transformer en outil, en recette pour forcer Dieu à manifester sa présence à des personnes qui ne croient pas ce que la Parole de Dieu déclare.
Et de manière tragique, ce que je dis là, beaucoup de dirigeants le savent. Beaucoup savent que la lumière tamisée, la musique forte, les effets de lumières, les accentuations à certains moments plutôt qu'à d'autres, les thèmes parlant du croyant plus que de l'Eternel, toutes ces choses vont faire naître des émotions, et elles seront de suite estampillées "présence de Dieu".
Au final, les croyants finissent par accepter que la présence de Dieu se trouve surtout dans la louange, ce qui n'est absolument pas la Parole de Dieu. Ils finissent par compartimenter les choses, et parce qu'ils croient que la louange sert à ressentir la présence de Dieu, ils acceptent sans même s'en rendre compte, l'idée qu'en dehors de la louange, c'est beaucoup plus difficile de ressentir sa présence. Ils deviennent accros non pas à la présence de Dieu, mais à leurs émotions et en oublient que la louange est un sacrifice que l'on fait à Dieu, ils perdent de vue la sainteté du Dieu qui est apparu sur la montagne pour se contenter du veau qu'ils se sont construits et autour duquel ils se réjouissent.
La louange ne sert pas à ressentir la présence de Dieu. Il est toujours là et, par la foi, nous devrions le savoir parce que c'est écrit. Il peut manifester sa présence à n'importe quel moment, au milieu des bombes tout comme, s'il le souhaite, pendant un moment de louange. Par contre, prêter à un acte qui ne devrait avoir d'autre but que d'honorer Dieu, quelques vertus que ce soit est dangereux.
La louange doit être désintéressée, sinon ça n'est plus de la louange. Ainsi, deux personnes l'une à côté de l'autre, pendant le même instant, peuvent pour l'une louer, et l'autre tenter de manipuler Dieu.
c) La louange n'est pas puissante, Dieu l'est.
Je suis certain qu'une recherche sous "la puissance de la louange" donnera une multitude d'enseignements et de vidéos en tous genres, remplis d'affirmations indémontrables mais qui donnent l'impression qu'on pourrait obtenir ce qui est basiquement la conséquence de l'obéissance à la Parole de Dieu en se dédouanant de cette même obéissance, simplement en s'adonnant à quelques chansonnettes une fois par semaine.
Evidemment, certains affirmeront qu'ils ont vu telles ou telles choses arriver pendant un moment de louange. Comme ils ne connaissent pas la Parole de Dieu, ça leur servira de "vérité éprouvée" à la place de la Parole de Dieu. Pourtant ça ne fera pas illusion aux yeux de Dieu. Ca restera un détournement de sa volonté. Et je sais que l'exemple généralement mis en avant est la défaite de Moab, d'Amnon et de ceux de la montagne de Séir sous le règne de Josaphat, alors que l'Eternel demandera à son peuple de le louer et que l'ennemi tombera sous les mains des uns et des autres sans qu'Israël n'ait à combattre (2 Chroniques 20.10-30*). Mais ça n'est pas la louange qui était puissante, c'est Dieu. Si pour certains ça parait être la même chose, ils ne se rendent pas compte qu'ils déconnectent Dieu de ce qu'il fait pour le rattacher à ce que eux font. Josaphat s'est humilié devant Dieu et Dieu lui a demandé un acte de foi, une obéissance, celle de louer au lieu de combattre. Ca n'est donc même pas la louange qui est le centre de ce qui se passe, elle n'est que la forme d'obéissance que Dieu avait demandée.
Parce qu'il s'agit exactement de cela.
Prétendre que la louange est puissante, c'est affirmer que la puissance est extérieure à Dieu et qu'elle dépend de nous. "Si nous louons, nous déclenchons une puissance". Pourtant ce qui a été demandé à Josaphat et à Israël c'était de l'obéissance. Il en va de même lorsque Achab va s'humilier devant Dieu et que Dieu va délivrer Israël. Ce n'est pas l'humiliation qui est puissante, une fois de plus, c'est Dieu. Dans chaque cas où Dieu demande quelque chose et où l'obéissance est suivie d'une délivrance d'un type ou d'un autre. Ca n'est jamais le type d'obéissance qui est puissant (louange, repentance, jeûne ...), c'est Dieu, et par l'obéissance, il y a établissement de ce que nous sommes son peuple. En d'autres termes tout acte d'obéissance est un acte de foi, et il se trouve justement que Jésus est : le consommateur de la foi (Hébreux 12.2). Et si on ajoute à cela le psaume 148*, alors cette fois-ci on peut en arriver à louer par obéissance, si tant est qu'on garde à l'esprit que c'est une direction claire donnée par l'Eternel dans sa Parole et non plus le délire de personnes qui confondent "émotion" et "présence de Dieu". Et si nous le faisons pour les bonnes raisons, alors ce qui aura du poids, ça ne sera toujours pas la louange, mais l'obéissance à Dieu.
Ordre Biblique de louer.
* Psaumes 148.1-14 : Louez l'Eternel ! Louez l'Eternel du haut des cieux ! Louez-le dans les lieux élevés ! 2 Louez-le, vous tous ses anges ! Louez-le, vous toutes ses armées ! 3 Louez-le, soleil et lune ! Louez-le, vous toutes, étoiles lumineuses ! 4 Louez-le, cieux des cieux, Et vous, eaux qui êtes au-dessus des cieux ! 5 Qu'ils louent le nom de l'Eternel ! Car il a commandé, et ils ont été créés. 6 Il les a affermis pour toujours et à perpétuité; Il a donné des lois, et il ne les violera point. 7 Louez l'Eternel du bas de la terre, Monstres marins, Et vous tous, abîmes, 8 Feu et grêle, neige et brouillards, Vents impétueux, qui exécutez ses ordres, 9 Montagnes et toutes les collines, Arbres fruitiers et tous les cèdres, 10 Animaux et tout le bétail, Reptiles et oiseaux ailés, 11 Rois de la terre et tous les peuples, Princes et tous les juges de la terre, 12 Jeunes hommes et jeunes filles, Vieillards et enfants ! 13 Qu'ils louent le nom de l'Eternel ! Car son nom seul est élevé; Sa majesté est au-dessus de la terre et des cieux. 14 Il a relevé la force de son peuple : Sujet de louange pour tous ses fidèles, Pour les enfants d'Israël, du peuple qui est près de lui. Louez l'Eternel !
Délivrance d'Israël.
* 2 Chroniques 20.10-30 : Maintenant voici, les fils d'Ammon et de Moab et ceux de la montagne de Séir, chez lesquels tu n'as pas permis à Israël d'entrer quand il venait du pays d'Égypte, -car il s'est détourné d'eux et ne les a pas détruits, - 11 les voici qui nous récompensent en venant nous chasser de ton héritage, dont tu nous as mis en possession. 12 O notre Dieu, n'exerceras-tu pas tes jugements sur eux ? Car nous sommes sans force devant cette multitude nombreuse qui s'avance contre nous, et nous ne savons que faire, mais nos yeux sont sur toi. 13 Tout Juda se tenait debout devant l'Éternel, avec leurs petits enfants, leurs femmes et leurs fils. 14 Alors l'esprit de l'Éternel saisit au milieu de l'assemblée Jachaziel, fils de Zacharie, fils de Benaja, fils de Jeïel, fils de Matthania, Lévite, d'entre les fils d'Asaph. 15 Et Jachaziel dit : Soyez attentifs, tout Juda et habitants de Jérusalem, et toi, roi Josaphat ! Ainsi vous parle l'Éternel : Ne craignez point et ne vous effrayez point devant cette multitude nombreuse, car ce ne sera pas vous qui combattrez, ce sera Dieu. 16 Demain, descendez contre eux; ils vont monter par la colline de Tsits, et vous les trouverez à l'extrémité de la vallée, en face du désert de Jeruel. 17 Vous n'aurez point à combattre en cette affaire: présentez-vous, tenez-vous là, et vous verrez la délivrance que l'Éternel vous accordera. Juda et Jérusalem, ne craignez point et ne vous effrayez point, demain, sortez à leur rencontre, et l'Éternel sera avec vous ! 18 Josaphat s'inclina le visage contre terre, et tout Juda et les habitants de Jérusalem tombèrent devant l'Éternel pour se prosterner en sa présence. 19 Les Lévites d'entre les fils des Kehathites et d'entre les fils des Koréites se levèrent pour célébrer d'une voix forte et haute l'Éternel, le Dieu d'Israël. 20 Le lendemain, ils se mirent en marche de grand matin pour le désert de Tekoa. A leur départ, Josaphat se présenta et dit : Écoutez-moi, Juda et habitants de Jérusalem ! Confiez-vous en l'Éternel, votre Dieu, et vous serez affermis ; confiez-vous en ses prophètes, et vous réussirez. 21 Puis, d'accord avec le peuple, il nomma des chantres qui, revêtus d'ornements sacrés, et marchant devant l'armée, célébraient l'Éternel et disaient : Louez l'Éternel, car sa miséricorde dure à toujours ! 22 Au moment où l'on commençait les chants et les louanges, l'Éternel plaça une embuscade contre les fils d'Ammon et de Moab et ceux de la montagne de Séir, qui étaient venus contre Juda. Et ils furent battus. 23 Les fils d'Ammon et de Moab se jetèrent sur les habitants de la montagne de Séir pour les dévouer par interdit et les exterminer; et quand ils en eurent fini avec les habitants de Séir, ils s'aidèrent les uns les autres à se détruire. 24 Lorsque Juda fut arrivé sur la hauteur d'où l'on aperçoit le désert, ils regardèrent du côté de la multitude, et voici, c'étaient des cadavres étendus à terre, et personne n'avait échappé. 25 Josaphat et son peuple allèrent prendre leurs dépouilles; ils trouvèrent parmi les cadavres d'abondantes richesses et des objets précieux, et ils en enlevèrent tant qu'ils ne purent tout emporter. Ils mirent trois jours au pillage du butin, car il était considérable. 26 Le quatrième jour, ils s'assemblèrent dans la vallée de Beraca, où ils bénirent l'Éternel; c'est pourquoi ils appelèrent ce lieu vallée de Beraca, nom qui lui est resté jusqu'à ce jour. 27 Tous les hommes de Juda et de Jérusalem, ayant à leur tête Josaphat, partirent joyeux pour retourner à Jérusalem, car l'Éternel les avait remplis de joie en les délivrant de leurs ennemis. 28 Ils entrèrent à Jérusalem et dans la maison de l'Éternel, au son des luths, des harpes et des trompettes. 29 La terreur de l'Éternel s'empara de tous les royaumes des autres pays, lorsqu'ils apprirent que l'Éternel avait combattu contre les ennemis d'Israël. 30 Et le royaume de Josaphat fut tranquille, et son Dieu lui donna du repos de tous côtés.
d) Les "groupes chrétiens".
La sainteté de la louange est tellement malmenée que la plupart des personnes pensent que les groupes de musiques parlant de Dieu font de la louange. Ca n'est pas le cas. Je l'expliquerai plus tard, mais le simple fait de monnayer une musique destinée à Dieu la souille. Pour ce qui est des groupes, la plupart de ces entités écrivent des paroles qui ne sont pas conformes à la Parole de Dieu, ils vivent des vies qui ne sont pas plus conformes et ont accepté un système financier qui de toute manière anéantit la sainteté qu'il y a dans la louange.
Ca n'est pas pire d'écouter la musique du monde que ce genre de musique, ni inversement. En réalité, si vous ne faites pas attention aux paroles, il vaut encore mieux écouter la musique du monde, au moins vous savez de base que ce qui est écrit est mauvais. Je ne dis pas que la musique supposée chrétienne est mauvaise, par contre il faut comprendre que ceux qui la font ne sont pas des exemples à suivre, et que leur donner notre confiance en les laissant s'immiscer dans nos têtes avec des textes détournant souvent la réalité de la Parole de Dieu est particulièrement nocif. Pour beaucoup c'est le seul accès à la Parole de Dieu qu'ils acceptent, et ils apprennent des Paroles par cœur alors que les choses dites sont fausses.
Il n'y a pas d'industrie de la musique chrétienne qui serait différente de celle du monde. C'est la même chose. Dans le monde chacun choisit son public cible. Certains décident de faire de la musique pour enfants, d'autre pour ados et ainsi de suite. Certains en font pour des chrétiens. C'est le même business model. Et nous créons même des cérémonies pendant lesquelles nous récompensons les "meilleurs" artistes. Moments "merveilleux" de célébrations de l'homme où tout ce qui compte de populaire parmi la jeunesse chrétienne se réunis et trouve le moyen d'oublier Dieu.
La réalité est qu'il n'y a pas réellement de musique Chrétienne, il y a des chrétiens qui font de la musique, et ça n'est en rien un service qu'ils rendent à Dieu.
7 - Ce que c'est.
Pour chacun des points cités auparavant, la réalité est la même, l'homme prête à la louange, qui est une demande de Dieu, des vertus qui viennent de Dieu. Mais la louange, si elle a Dieu pour destination, vient des hommes. Celui qui pense donc que la louange peut lui permettre d'obtenir quoi que ce soit, pense que ses œuvres produisent un mérite auquel Dieu doit se soumettre.
Tristement, l'homme n'est pas capable de faire quelque chose pour Dieu sans se demander ce que ça peut lui rapporter.
a) Le mot en lui-même.
Le mot en lui-même est intéressant. Au lieu de le mettre en avant de suite, il est intéressant d'en regarder la racine.
Cette dernière se trouve être le mot "halal", qui signifie autant louer, qu'être vantard. C'est donc le fait de louer dans un sens particulièrement général. Que ce soit positif ou négatif. Ce mot, un peu comme dans un arbre généalogique, va en donner deux autres, et cette double descendance est très intéressante. L'un des deux mots est le mot "Heylel" qui n'est présent qu'une seule fois dans la Parole de Dieu. Et pour ceux qui l'ignorent, c'est simplement l'expression qui désigne "satan" dans le livre d'Esaïe.
🔘 Esaïe 14.12 : Te voilà tombé du ciel, Astre brillant (Heylel), fils de l'aurore ! Tu es abattu à terre, Toi, le vainqueur des nations !
Donc le troisième archange, dont la musique était suffisamment réputée pour que le verset précédent nous précise qu'il est descendu au séjour des morts, avec le son de ses luths, est désignée par une expression qui dérive du mot "louange". Il représente donc la version pervertie de la louange. Non pas en opposition à la version sainte, mais uniquement à la version positive.
Le deuxième mot qui vient de cette même racine est le mot "Tehillah", qui cette fois-ci désigne donc la louange dans un sens positif et qui est très majoritairement utilisé pour parler de louanges à Dieu, ou de sa gloire.
Il est donc intéressant de réaliser que la louange, d'un point de vue générale, couvre un vaste éventail de possibilités dans le sujet de la louange elle-même. La louange que Dieu agrée est évidemment celle qui lui est destinée et qui correspond à ses critères. N'oublions pas qu'avant de devenir satan, qui en perdant son nom d'archange n'est plus identifié que par sa fonction (adversaire, accusateur ...), le troisième archange louait Dieu continuellement. Il y a donc fort à parier qu'il en connaît bien plus que nous sur la louange selon le cœur de Dieu et qu'il a la subtilité nécessaire pour donner l'apparence de la sainteté à une louange qui n'en porte plus. Penser que nous pourrions en redéfinir les contours est une folie, et suivre ce que dit la Parole de Dieu est une sécurité.
b) L'abandon.
La base même de la louange est l'obéissance. Ca ne signifie cependant pas que l'obéissance doit être aveugle et que notre soumission se fait par la force. Si nous ne sommes pas réellement reconnaissants, alors notre louange est hypocrite et nous ne sommes pas agréés. Dieu a exprimé son désir d'être loué, et celui qui l'aime fera le nécessaire pour lui faire plaisir. La louange est l'expression la plus pure de notre abandon. Dieu devient la partie la plus importante de ce qui se passe ou de ce qui s'est passé. C'est le moment par excellence où nous nous oublions pour lui donner toute la gloire. Plus nous nous abandonnons, plus nous nous approchons. C'est l'orgueil de l'homme qui le pousse à vouloir multiplier les louanges et faire de beaux textes, dans l'idée que la beauté d'une quelconque syntaxe pourrait satisfaire à la volonté de Dieu de recevoir la reconnaissance d'une âme sincère. Et pendant que les hommes se creusent les méninges pour essayer d'écrire le chant qui couvrira les ondes radio, les séraphins chantent "saint, saint, saint est l'Eternel des armées ! toute la terre est pleine de sa gloire ! (Esaïe 6.3)". Notre louange est trop souvent le fruit de notre orgueil plutôt que celui de notre reconnaissance.
c) La forme de la louange.
Les choses deviennent même particulièrement amusantes lorsqu'on cherche à savoir quelle est la forme de la louange. De nos jours, presque tout le monde pensera immédiatement à des chants lorsqu'on parle de louer Dieu. Pourtant ça n'est pas du tout ce dont nous parle la Parole de Dieu. Pour une raison ou une autre, la chrétienté a accepté cette idée qui consiste à croire que la louange est le nom qu'on donne à une chanson lorsqu'elle parle de Dieu. Le détournement est tel que des groupes de musiques diverses sont considérés comme faisant de la louange uniquement parce que leurs textes mettent en avant des notions vaguement bibliques.
Louer Dieu n'est cependant pas un synonyme de chanter. On peut "chanter ses louanges", mais le simple fait que l'on puisse dire cela atteste que louer et chanter sont deux choses différentes dont l'une n'exclut pas la possibilité de l'autre.
Le plus simple est tout bonnement de se référer à la Parole de Dieu. Nous trouvons autant Daniel qui loue Dieu alors qu'il est en prière, remerciant Dieu du songe qu'il vient de recevoir :
🔘 Daniel 2.23 : Dieu de mes pères, je te glorifie et je te loue de ce que tu m'as donné la sagesse et la force, et de ce que tu m'as fait connaître ce que nous t'avons demandé, de ce que tu nous as révélé le secret du roi.
Mais nous trouvons également Jésus qui loue le Père à plusieurs reprises, et dans chaque cas, il ne fait que parler.
🔘 Jean 11.41-42 : Ils ôtèrent donc la pierre. Et Jésus leva les yeux en haut, et dit : Père, je te rends grâces de ce que tu m'as exaucé. 42 Pour moi, je savais que tu m'exauces toujours ; mais j'ai parlé à cause de la foule qui m'entoure, afin qu'ils croient que c'est toi qui m'as envoyé.
🔘Matthieu 11.25-26 : En ce temps-là, Jésus prit la parole, et dit : Je te loue, Père, Seigneur du ciel et de la terre, de ce que tu as caché ces choses aux sages et aux intelligents, et de ce que tu les as révélées aux enfants. 26 Oui, Père, je te loue de ce que tu l'as voulu ainsi.
Mais si cela élargit le champ de ce que la louange peut être, ça ne le limite pas plus. Dans ce même évangile selon Matthieu, il est également dit :
🔘Matthieu 21.16 : Ils lui dirent : Entends-tu ce qu'ils disent ? Oui, leur répondit Jésus. N'avez-vous jamais lu ces paroles : Tu as tiré des louanges de la bouche des enfants et de ceux qui sont à la mamelle ?
Ce verset met donc en avant que des bébés, qui ne savent pas encore parler, sont cependant capables de louer Dieu. Les choses vont encore plus loin lorsqu'on regarde le psaume 148 :
🔘 Psaumes 148.1-14 : Louez l'Eternel ! Louez l'Eternel du haut des cieux ! Louez-le dans les lieux élevés ! 2 Louez-le, vous tous ses anges ! Louez-le, vous toutes ses armées ! 3 Louez-le, soleil et lune ! Louez-le, vous toutes, étoiles lumineuses ! 4 Louez-le, cieux des cieux, Et vous, eaux qui êtes au-dessus des cieux ! 5 Qu'ils louent le nom de l'Eternel ! Car il a commandé, et ils ont été créés. 6 Il les a affermis pour toujours et à perpétuité ; Il a donné des lois, et il ne les violera point. 7 Louez l'Eternel du bas de la terre, Monstres marins, Et vous tous, abîmes, 8 Feu et grêle, neige et brouillards, Vents impétueux, qui exécutez ses ordres, 9 Montagnes et toutes les collines, Arbres fruitiers et tous les cèdres, 10 Animaux et tout le bétail, Reptiles et oiseaux ailés, 11 Rois de la terre et tous les peuples, Princes et tous les juges de la terre, 12 Jeunes hommes et jeunes filles, Vieillards et enfants ! 13 Qu'ils louent le nom de l'Eternel ! Car son nom seul est élevé ; Sa majesté est au-dessus de la terre et des cieux. 14 Il a relevé la force de son peuple : Sujet de louange pour tous ses fidèles, Pour les enfants d'Israël, du peuple qui est près de lui. Louez l'Eternel !
Dans ce psaume, toute chose loue l'Eternel. Bien que ce passage soit dense en informations, ce qui nous concerne est assez simple à comprendre. Tout ce que Dieu a créé le loue, que ça ait une bouche ou non. La louange n'est donc pas obligatoirement verbale. La particularité de l'être humain est que c'est une créature essentiellement sociable. Elle a besoin de contacts humains et ressent un véritable besoin de partage. Nous avons besoin d'exprimer ce que nous ressentons et nous avons besoin de voir ce que les autres ressentent. Nous passons notre temps, consciemment ou non, à analyser le comportement d'autrui pour anticiper. Nous faisons attention à ce qui est dit, au ton qui est employé, à la gestuelle, et ainsi de suite. Tout cela parce que nous sommes viscéralement attachés à la notion de partage. Nous avons besoin de communiquer, et lorsque cela devient impossible, les personnes se séparent, autant dans un couple que pendant la construction de la tour de Babel. C'est pour cela que notre manière de louer Dieu se synthétise par des Paroles, chantées ou non. Dans la solitude il est plus facile de parler, alors qu'au milieu de la multitude, le chant permet une forme de synchronisation de la louange.
Ce psaume met en avant des choses intéressantes, comme le fait que la neige, malgré son existence qui parfois ne dépasse pas quelques secondes, le loue. Mais également comme le fait que la raison pour que tout ce qui est dans le ciel le loue se trouve simplement être le fait qu'il l'ait créé.
d) Dieu et pas nous.
La plupart des chants supposés de louange mettent en avant la même chose, mais il y a une subtilité qui n'est pas souvent perçue. Le but fondamental est d'exprimer sa reconnaissance, mais il y a une limite dans le champ de cette même reconnaissance. On ne peut pas louer Dieu pour des choses mauvaises parce que Dieu ne fait pas le mal. Par exemple, on ne va pas louer Dieu parce qu'une personne qu'on n'apprécie pas est tombée dans les escaliers. Cela parait être une évidence, pourtant ça ne l'est pas tant que ça. C'est simplement un exemple volontairement extrême pour comprendre le principe général.
Dans la Parole nous avons un exemple de ce type dans l'évangile selon Luc :
🔘 Luc 18.11 : Le pharisien, debout, priait ainsi en lui-même : O Dieu, je te rends grâces de ce que je ne suis pas comme le reste des hommes, qui sont ravisseurs, injustes, adultères, ou même comme ce publicain.
Le centre de ce que ce pharisien est en train de dire ne parle pas de Dieu, il parle de lui-même. Il s'élève au lieu d'élever Dieu. D'une certaine manière, il prétend atteindre le ciel mais reste ancré sur terre. Il se différencie des hommes qu'il juge mauvais sans réaliser qu'aux yeux de Dieu nous sommes tous les mêmes. Le fait que Dieu nous aime tous personnellement ne signifie pas que nous soyons différents à ses yeux. Ca ne nous apprend rien sur nous mais nous apprend beaucoup sur lui qui a été capable de donner son Fils unique pour une iniquité au singulier commise par tous et qui place ce pharisien sur un pied d'égalité avec ce publicain. Ce qui nous rend spéciaux c'est son esprit en nous, sans sa présence nous n'avons pas plus d'intérêt les uns que les autres.
La reconnaissance que nous devons à Dieu ne pointe pas qui nous sommes mais qui il est, elle ne pointe pas le destinataire de ce qu'il a fait, mais ce qu'il a fait. La différence est parfois subtile, mais l'influence derrière ne l'est pas tant que cela. Et si je parle d'influence qui se trouverait derrière c'est simplement parce que les chants que nous pouvons entendre sont justement très majoritairement centrés sur nous plutôt que sur lui. Il n'y est qu'un intervenant permettant de prétendre que c'est de la louange pendant que nous racontons ce qui nous est arrivé.
Quant à la subtilité en question elle tient beaucoup au cœur de l'homme, qui par ailleurs oriente également sa compréhension de la Parole. Dans le livre des psaumes, David nous dit : Je te loue de ce que je suis une créature si merveilleuse (Psaumes 139.14). Le roi et prophète ne met pas en avant ce qu'il est grâce à Dieu, c'est-à-dire une créature si merveilleuse, mais au contraire il admire le travail de l'Eternel en lui, utilisant ce que Dieu a fait de lui pour affirmer la grandeur du travail de Dieu. C'est pour cela qu'il complète ce même verset en précisant : Tes œuvres sont admirables. Il pointe Dieu et utilise son œuvre pour attester de sa grandeur. Son but n'est pas d'établir sa propre grandeur. En d'autres termes, au lieu d'être fier de ce que Dieu a fait de lui, il est admiratif qu'il ait pu le faire en lui.
8 - Ce qui tue la louange.
La louange est donc l'expression de la reconnaissance envers celui qui a créé toute chose. Sa forme est variée, mais pas son contenu. Le simple fait de lui obéir est déjà de la louange en soi, parce que c'est reconnaître sa position et le reconnaître digne de recevoir notre obéissance. Par contre il faut toujours garder à l'esprit que la louange ne sera jamais une cause, mais elle restera éternellement une conséquence. Nous louons "parce que", nous ne louons pas "pour".
Ce que ça induit forcément, c'est que ce qui définit la louange ne se limite pas seulement à ce qui est quantifiable. Si j'ai déjà abordé le sujet, on va compiler tout cela.
a) Le cœur.
Un même chant, chanté par deux personnes dans le même endroit peut parfaitement être de la louange dans un cas et ne pas en être dans l'autre. Parce qu'il n'y a pas que des règles purement terrestres qui la définissent. Si tout dans l'apparence semble correct, le cœur peut changer la donne. Tout comme il peut le faire dans le sens inverse. Une louange imparfaite avec un cœur pur peut être agréée, alors qu'une louange parfaite selon les critères de bases, mais avec un cœur égaré ne le sera pas.
b) Le contenu.
Le texte est une base de ce qui est de la louange. Je ne reviendrai pas sur les détails, mais si le texte n'est pas conforme à la vérité, alors il n'a aucun moyen d'être de la louange. Cela fait que louer Dieu en privé est différent de le louer en public. Que les paroles soient parlées ou chantées, la vérité qu'elles contiennent doit pouvoir être attestée de tous ceux qui participent, même si c'est uniquement en l'entendant. Cela fait que le louer pour ce qu'il fait dans nos vies ne se partage pas de la même manière que le fait de le louer publiquement. La nécessité de véracité impose de le louer pour ce que tous savent être vrais, et il n'existe que la Parole de Dieu qui soit éprouvée.
Bien sûr on peut imaginer une assemblée louant Dieu pour quelque chose qu'il a fait pour l'assemblée, ou dont toute l'assemblée a été témoin, mais même là on prend un risque.
La nécessité de vérité est impérative et ne dépend pas de nos émotions. On ne peut pas se baser sur le fait qu'on connaisse la personne qui affirme telle ou telle chose, elle peut parfaitement ne pas avoir compris ce qui lui est arrivé. Ce qui est positif en apparence aujourd'hui peut être négatif en réalité et ne pas venir de Dieu. A l'inverse ce qui est négatif aujourd'hui peut s'avérer positif demain et être finalement quand même de Dieu. Dans l'intervalle on aura béni Dieu pour ce qui n'est pas de lui, ou à l'inverse, on ne l'aura pas béni pour ce qui était de lui.
La seule sécurité que nous ayons c'est sa Parole, qui est vraie en tout temps.
c) La sainteté.
Dieu est saint, techniquement il l'est même trois fois, et notre louange doit également l'être. Il y a une chose qui détruit la sainteté d'une louange qui pourtant semble cocher toutes les cases, et c'est l'argent. L'argent est pointé du doigt par Jésus sans arrêt dans les quatre versions de l'évangile. Que ce soit en mettant Mammon en avant, lui qui semblait ne pas exister auparavant, que ce soit en rappelant la difficulté de trouver le royaume de Dieu pour ceux qui se confient en lui ou finalement que ce soit en nous intiment un ordre, ce qui fait de ce verset le plus méprisé qui soit de nos temps :
🔘 Matthieu 10.8 : ... Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement.
Les choses sont simples, votre louange ne peut avoir Dieu pour destination que si elle l'a également pour origine. Or si elle l'a pour origine, son prix c'est celui du sacrifice de Jésus, et aucun autre. Dès lors nous recevons gratuitement, alors nous donnons gratuitement. Dieu a dit qu'il s'occuperait de nous, celui qui met un prix sur la louange, d'une manière ou d'une autre*, monnaie ce qui vient de Dieu et se fait donc de l'argent sur son dos. Il reçoit de Dieu, mais il vole à ceux qui auraient dû recevoir gratuitement. Parce qu'on oublie assez facilement que si Jésus nous dit : ... Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement, cela signifie que certaines personnes doivent recevoir gratuitement ce que Dieu nous a donné gratuitement. En les faisant payer vous les volez. Si Dieu nous donne gratuitement pour que nous donnions également gratuitement, alors nous sommes des intermédiaires, et décider arbitrairement de prendre une commission n'est pas agréé par Dieu.
* (Livres, cd, transparents, places de concerts, conventions ...)
Tous ceux qui agissent de la sorte se prostituent avec le monde, et le salaire de la prostituée n'est pas agréée dans la maison de l'Eternel (Deutéronome 23.18 : Tu n'apporteras point dans la maison de l'Éternel, ton Dieu, le salaire d'une prostituée ni le prix d'un chien, pour l'accomplissement d'un voeu quelconque ; car l'un et l'autre sont en abomination à l'Éternel, ton Dieu). Et évidemment je connais les arguments du "tout a un prix", mais le salut n'échappe pas à cette règle, et il passe par l'obéissance. Le but n'est pas de réécrire la Parole de Dieu pour qu'elle corresponde à l'orgueil et la cupidité de certains, mais de lui obéir. Que nous ne voyions pas comment c'est possible de faire de la sorte ne devrait pas nous inquiéter, ses pensées ne sont pas les nôtres (Esaïe 55.8). Dès que quelqu'un choisit de se faire de l'argent avec ce qui vient de Dieu, la chaîne s'arrête, la sainteté s'en va.
d) La sainteté vestimentaire.
Il y a quelque chose qu'il faut impérativement comprendre. Nous pourrions lister plusieurs domaines l'un après l'autre, en précisant qu'il faut y placer de la sainteté, mais la réalité est que nous devrions être saint. La présence de l'Esprit de Dieu en nous fait de nous des créatures particulières, et entrer dans la présence de Dieu ne se fait pas à la légère. Nous pourrions parler de la sainteté d'un point de vue plus général, mais ça n'est pas le sens de cet enseignement.
Rappelons-nous David et son tabernacle. La seule chose qui passe par la tête des croyants c'est les cantiques divers qu'il a composés et le fait qu'il était roi. Mais on oublie qu'il était également sacrificateur. Lui qui a voulu tout faire à sa façon sans consulter la Parole de Dieu a créé le trouble, et lorsqu'il s'est plongé dans la Parole de Dieu, la louange a pu être restaurée. Ce qu'on oublie c'est que si le sacerdoce de David était différent du sacerdoce Lévitique et donc qu'il ne revêtait pas la tenue de ces sacrificateurs, David ne s'habillait pas n'importe comment. Pour s'approcher de l'arche il revêtait l'éphod de lin.
De nos jours, on attend des ministères une tenue particulière, mais dans la réalité tout ce qu'on leur demande c'est d'être en costume pour les hommes, et comme elles le veulent pour les femmes. C'est une caricature de la réalité, mais uniquement très légère. Parce que les vêtements sont un problème. Le peuple ne comprend pas que les sacrificateurs ne se trouvent pas sur l'estrade, tout le monde l'est, et donc tout le monde doit avoir une tenue descente. Il ne s'agit pas de correspondre à la mode, mais de s'éloigner d'une suggestive impureté. Le but n'est pas de plaire aux hommes, mais de plaire à Dieu.
L'assemblée n'est pas un trottoir.
9 - L'adoration.
Avec tout ça, on n'a pas encore regardé ce qu'est réellement l'adoration. Pour beaucoup c'est simplement une forme de louange, mais plus focalisée. Un peu comme si la louange était une entrée en matière et débouchait sur l'adoration. Si la louange n'est pas ce que l'on croit usuellement, l'adoration est encore plus éloignée des poncifs.
En réalité le sens du mot est clair, que ce soit dans l'ancienne comme dans la nouvelle alliance.
a) Ancienne alliance.
Dans l'ancienne alliance, il y a deux passages qui permettent de bien comprendre ce qu'est l'adoration. Dans ces deux passages on voit clairement que l'adoration et la prosternation sont une seule et même chose. Le premier nous parle d'Abraham, et le deuxième nous parle de Schadrac, Meshac et Abed Nego. Bien qu'il y ait deux mots différents, le sens reste le même. Les mots sont 'Shachah' qui semble parler autant de se prosterner devant Dieu que devant les hommes, et le mot 'Cagad/cegid' qui parle d'adorer, mais qui est utilisé pour englober la prosternation. Dans l'ensemble, étant donné que c'est l'adoration de Dieu qui nous intéresse, le sens n'est donc pas si différent de l'un à l'autre.
a.1) Abraham.
La chose est simple.
La première fois dans la Parole de Dieu où on nous parle de se prosterner met le patriarche en scène alors qu'il aperçoit trois hommes venir vers lui. Ce passage se trouve dans Genèse 18.2 : Il leva les yeux, et regarda : et voici, trois hommes étaient debout près de lui. Quand il les vit, il courut au-devant d'eux, depuis l'entrée de sa tente, et se prosterna (Shachah - 7812) en terre. Pourtant, quelques chapitres plus tard, Abraham partant sacrifier son fils Isaac, va dire aux serviteurs qui les accompagnaient : Restez ici avec l'âne ; moi et le jeune homme, nous irons jusque-là pour adorer (Shachah - 7812), et nous reviendrons auprès de vous (Genèse 22.5).
Le même mot mais traduit de deux manières différentes, simplement parce qu'il porte les deux significations. Lorsque Abraham affirme qu'ils vont aller adorer Dieu, cela inclut le fait qu'ils vont se prosterner devant lui. L'adoration et la prosternation sont donc liés.
a.2) Schadrac, Meshac et Abed-Nego.
Dans l'ensemble il va s'agir de se prosterner devant : la statue d'or qu'a élevée le roi Nebucadnetsar, c'est la formulation qui va changer tout au long de la scène. La seule exception pour le mot 'cegid' se trouve dans le chapitre deux où le roi se prosterne devant Daniel, mais il le fait parce qu'il a la crainte de son Dieu (Daniel 2.46 : Alors le roi Nebucadnetsar tomba (Nephal) sur sa face et se prosterna (Cegid) devant Daniel, et il ordonna qu'on lui offrît des sacrifices et des parfums). Il faut prendre en compte qu'à l'image des pharaons Egyptiens, le roi de Babylone se prend pour un demi-dieu et considère donc Daniel de la sorte. Ces deux cultures ont toujours accepté et mis en avant comme une évidence qu'il y a les dieux, les hommes et des hommes ayant un corps et étant simultanément dieux. Quoi qu'il en soit, nous avons donc cet exemple du chapitre deux où le mot 'Cegid' est traduit par 'se prosterner', mais dans tout le chapitre trois ce sera traduit par 'adorer' alors que le mot 'prosterner' sera la traduction de 'Nephal'.
Au chapitre trois du livre de Daniel se trouve donc l'histoire de l'érection d'une statue d'or représentant le monarque Babylonien et devant laquelle tout le monde est appelé à se prosterner tout en adorant. Cinq mentions consécutives vont être faites précisant les deux choses, se prosterner et adorer :
🔘 Daniel 3.5 : Au moment où vous entendrez le son de la trompette, du chalumeau, de la guitare, de la sambuque, du psaltérion, de la cornemuse, et de toutes sortes d'instruments de musique, vous vous prosternerez (Nephal) et vous adorerez (Cegid) la statue d'or qu'a élevée le roi Nebucadnetsar.
🔘 Daniel 3.6 : Quiconque ne se prosternera (Nephal) pas et n'adorera (Cegid) pas sera jeté à l'instant même au milieu d'une fournaise ardente.
🔘 Daniel 3.7 : C'est pourquoi, au moment où tous les peuples entendirent le son de la trompette, du chalumeau, de la guitare, de la sambuque, du psaltérion, et de toutes sortes d'instruments de musique, tous les peuples, les nations, les hommes de toutes langues se prosternèrent (Nephal) et adorèrent (Cegid) la statue d'or qu'avait élevée le roi Nebucadnetsar.
🔘 Daniel 3.10 : Tu as donné un ordre d'après lequel tous ceux qui entendraient le son de la trompette, du chalumeau, de la guitare, de la sambuque, du psaltérion, de la cornemuse, et de toutes sortes d'instruments, devraient se prosterner (Nephal) et adorer (Cegid) la statue d'or,
🔘 Daniel 3.11 : et d'après lequel quiconque ne se prosternerait (Nephal) pas et n'adorerait (Cegid) pas serait jeté au milieu d'une fournaise ardente.
Evidemment les trois adolescents vont refuser de se plier aux exigences du roi. Donc pour mieux imaginer, nous avons tous les dirigeants qui se prosternent et trois personnes qui restent debout. Ce qui est la raison pour laquelle ils se font repérer. Pourtant ce qui va leur être reproché c'est de ne pas adorer.
🔘 Daniel 3.12 : Or, il y a des Juifs à qui tu as remis l'intendance de la province de Babylone, Schadrac, Méschac et Abed-Nego, hommes qui ne tiennent aucun compte de toi, ô roi ; ils ne servent pas tes dieux, et ils n'adorent (Cegid) point la statue d'or que tu as élevée.
🔘 Daniel 3.14 : Nebucadnetsar prit la parole et leur dit : Est-ce de propos délibéré, Schadrac, Méschac et Abed-Nego, que vous ne servez pas mes dieux, et que vous n'adorez (Cegid) pas la statue d'or que j'ai élevée ?
Et quand une nouvelle chance va leur être donnée de montrer leur soumission, les deux demandes ressurgissent. Par contre le roi réduit son ordre à l'adoration dans un deuxième temps alors qu'il veut mettre les trois hommes en garde.
Daniel 3.15 : Maintenant tenez-vous prêts, et au moment où vous entendrez le son de la trompette, du chalumeau, de la guitare, de la sambuque, du psaltérion, de la cornemuse, et de toutes sortes d'instruments, vous vous prosternerez (Nephal) et vous adorerez (Cegid) la statue que j'ai faite ; si vous ne l'adorez (Cegid) pas, vous serez jetés à l'instant même au milieu d'une fournaise ardente. Et quel est le dieu qui vous délivrera de ma main ?
En réponse, les trois Hébreux vont réaffirmer leur position, et ne parleront que d'adoration, et pas de prosternation. Tout simplement parce que c'est inclus.
Daniel 3.18 : Sinon, sache, ô roi, que nous ne servirons pas tes dieux, et que nous n'adorerons (Cegid) pas la statue d'or que tu as élevée.
Ce passage nous montre donc le lien insécable entre l'adoration et la prosternation, et non l'inverse. Parce que l'adoration est toujours utilisée pour englober les deux, mais la prosternation est possible sans adoration. La prosternation est un signe de soumission, qui montre l'acceptation de la volonté de l'autre, notre "mise en danger" volontaire. De la même manière qu'une poignée de main servait à attester que nous n'avions pas d'arme et était donc un signe de paix entre deux personnes équivalentes, la prosternation est la soumission totale de son sort envers celui devant qui on se prosterne. L'adoration c'est le fait de le faire de tout son cœur et de le proclamer en même temps.
On constate même que lorsque Nebucadnetsar va reconnaître le Dieu de Schadrac, de Méschac et d'Abed-Nego, il parlera de ce qu'ils ont refusé : de servir et d'adorer (Daniel 3.28). Bien qu'il ne nomme pas la prosternation, il fait mention de son sens profond. Parce que la prosternation est une marque de soumission totale et qu'il fait mention de servir. Celui qui se prosterne reconnaît la grandeur de celui devant qui il se prosterne et devient (ou est) son serviteur.
L'adoration, dans l'ancienne alliance n'est pas dissociable de la prosternation.
a.3) Pour note.
🔘 Esaïe 44.15 : Ces arbres servent à l'homme pour brûler, Il en prend et il se chauffe. Il y met aussi le feu pour cuire du pain; Et il en fait également un dieu, qu'il adore, Il en fait une idole, devant laquelle il se prosterne (Cagad).
🔘 Esaïe 44.17 : Et avec le reste il fait un dieu, son idole, Il se prosterne (Cagad) devant elle, il l'adore, il l'invoque, Et s'écrie : Sauve-moi ! Car tu es mon dieu !
🔘 Esaïe 44.19 : Il ne rentre pas en lui-même, Et il n'a ni l'intelligence, ni le bon sens de dire : J'en ai brûlé une moitié au feu, J'ai cuit du pain sur les charbons, J'ai rôti de la viande et je l'ai mangée; Et avec le reste je ferais une abomination ! Je me prosternerais (Cagad) devant un morceau de bois !
🔘 Esaïe 46.6 : Ils versent l'or de leur bourse, Et pèsent l'argent à la balance; Ils paient un orfèvre, pour qu'il en fasse un dieu, Et ils adorent (Cagad) et se prosternent.
b) Nouvelle alliance.
Comme on pouvait s'y attendre, le principe de l'adoration va rester exactement le même. Cette fois-ci, le mot employé est 'proskuneo'. Une incompréhension est possible en raison du mot 'pipto'. L'un des passages qui permettent de comprendre et de réaffirmer le lien insécable entre l'adoration et la prosternation se trouve alors que Jésus est tenté dans le désert.
🔘 Matthieu 4.8-10 : Le diable le transporta encore sur une montagne très élevée, lui montra tous les royaumes du monde et leur gloire, 9 et lui dit : Je te donnerai toutes ces choses, si tu te prosternes (pipto) et m'adores (proskuneo). 10 Jésus lui dit : Retire-toi, Satan ! Car il est écrit : Tu adoreras le Seigneur, ton Dieu, et tu le serviras lui seul.
Mais l'évidence présente est double, même si on ne s'en rend pas compte avec ce simple passage.
Tout d'abord, le mot 'pipto' est très rarement traduit par 'prosterner'. Usuellement, il signifie 'tomber' ou 'se jeter à terre', ce qui n'est pas obligatoirement de la prosternation. Par exemple dans Jean 18.6, alors que les soldats viennent arrêter Jésus et qu'il annonce que c'est lui, le texte nous dit : Lorsque Jésus leur eut dit : C'est moi, ils reculèrent et tombèrent (pipto) par terre. Ce choix de traduction en 'prosterner' est étrange. Sur 85 occurrences dans la nouvelle alliance, ça n'arrive que 8 fois en tout, et 6 d'entre elles sont spécifiquement concernant les 24 vieillards dans la salle du trône. Les deux seuls cas en dehors des 24 vieillards sont celui que je viens de citer et le passage où les mages viennent adorer Jésus enfant (Matthieu 2.11). Ce que ça met en avant c'est une fois de plus le choix des termes fait par les traducteurs et donc si 'pipto' devait ou ne devait pas être traduit par 'prosterner' dans toute la Parole. La question se pose en raison essentiellement de la signification de 'proskuneo'.
Donc, le mot 'proskuneo' est traduit ici par 'adorer'. On a vu que dans l'ancienne alliance, le mot pour désigner l'adoration impliquait la prosternation. Une fois de plus, lorsqu'on regarde l'ensemble des traductions, on obtient le découpage suivant : ce mot est traduit 42 fois par 'adorer' et 15 fois par 'prosterner'. Pourtant le mot en lui-même signifie directement 'prosterner', ou plus généralement 'se courber devant quelqu'un', mais on le traduit par adorer. Simplement parce que cela revient au-même. D'ailleurs, lorsqu'on regarde la réaction de Jésus devant Jean qui se jette à ses pieds dans le livre de l'Apocalypse, on observe une nouvelle fois ce qu'on observait dans le livre de Daniel :
🔘 Apocalypse 19.10 : Et je tombai (pipto) à ses pieds pour l'adorer (proskuneo) ; mais il me dit : Garde-toi de le faire! Je suis ton compagnon de service, et celui de tes frères qui ont le témoignage de Jésus. Adore (proskuneo) Dieu. -Car le témoignage de Jésus est l'esprit de la prophétie.
'Proskuneo' porte les deux significations. Par contre 'pipto' ne porte pas la signification de prosterner, mais bien de se jeter à terre. Or, on peut effectivement se jeter à terre pour se prosterner, tout comme on peut le faire pour éviter une balle, et on peut se jeter à terre pour adorer. On a par ailleurs un parfait exemple de cela dans l'évangile selon Matthieu, alors qu'un serviteur se jette à terre afin de se prosterner : Le serviteur, se jetant à terre (pipto), se prosterna (proskuneo) devant lui (Matthieu 18.26 ).
Donc dans la nouvelle alliance tout comme dans l'ancienne, la prosternation est portée par l'adoration qui ne peut s'en défausser.
10 - Conclusion.
La louange et l'adoration ne sont pas deux stades successifs, le deuxième n'est pas une incrémentation du premier. Dans la réalité, la louange est l'expression de notre reconnaissance envers Dieu. Elle est usuellement verbale, que ce soit chantée ou non, mais elle peut être silencieuse, tout comme Abraham était prophète sans jamais avoir prophétisé verbalement. L'obéissance étant également une marque de reconnaissance, obéir peut en soi, être une louange. Celui qui marche dans la reconnaissance est une louange permanente.
De par sa nature, la louange ne peut exprimer que la vérité, aussi elle se doit d'être différente selon la présence ou non d'un auditoire et nous devrions être vigilants quant au contenu des chants que nous acceptons comme en étant. Ce qui est vrai dans notre relation individuelle avec Dieu ne l'est pas forcément pour tous et proclamer sa gloire au sujet de choses dont personne ne peut attester n'est justement pas une gloire en soi. C'est pour cela que la Parole de Dieu est le référant de la louange, parce que la Parole est éprouvée.
Dans sa nature, la louange est l'expression de notre reconnaissance pour ce qu'il est ou ce qu'il a fait. Elle n'est pas censée cibler le destinataire de l'action de Dieu, mais Dieu, dans sa personne ou son action. C'est là que le cœur de l'homme entre en ligne de compte. Parce que nous avons tendance à le remercier pour ce qu'il fait spécifiquement pour nous, et nous avons du mal à voir sa grandeur dans ce qu'il fait pour les autres. Nous ne comprenons pas que ce qu'il a fait pour Josué en stoppant la course du temps est digne de louange, parce que la Parole de Dieu n'est pas suffisamment vivante en nous. Nous voulons bien admettre que la Parole de Dieu est importante, pourtant nous ne le remercions que pour ce qu'il fait pour nous. Notre esprit formaté considère qu'il n'y a pas de raison de le remercier pour ce qu'il a fait pour des personnes que nous ne connaissons pas vraiment. Et parce que nous refusons à la Parole de Dieu le droit d'être vivante, alors elle n'agit que très peu dans la vie de chacun. Pourtant, il a clairement dit qu'il ne changeait pas, mais nous voyons cela avec tellement de recul que nous nous limitons à le remercier pour les petites choses de tous les jours (et il faut le faire), mais nous omettons de le remercier pour les grandes d'hier. La louange dans une assemblée devrait servir à ça, le bénir d'avoir toujours été là, comme c'est écrit.
Le livre des psaumes nous dit que la parole est une lampe à nos pieds et une lumière sur notre sentier (Psaumes 119.105*). Quel que soit le domaine de la vie du croyant, elle sera toujours la boussole que Dieu nous a donnée pour nous diriger. Penser que la louange pourrait s'en émanciper est une folie. La restauration du tabernacle de louange de David ne peut se faire qu'en restaurant la Parole de Dieu parmi les croyants, et il ne faut pas s'étonner que satan, dont la spécialité a toujours été la louange, ait pu produire une contrefaçon tellement plaisante pour l'homme. Contrefaçon qui efface la Parole de Dieu au profit des émotions, qui endette des assemblées pour acheter du matériel et les convainc sans trop de difficulté de faire de la louange une machine à faire de l'argent qui pourtant appartient à Dieu qui le donne à qui il veut.
(* Psaumes 119.105 : Ta parole est une lampe à mes pieds, Et une lumière sur mon sentier).
Louer Dieu se fait dans toutes les situations de la vie, il n'y a pas d'horaires privilégiés ou de jours désignés. La réalité est que dans les moments les plus difficiles de nos vies, là où remercier est la dernière chose qui nous viendrait à l'esprit, la louange prend une dimension toute particulière, mais dans les moments où tout va au mieux, c'est également là que prendre du temps pour le remercier passe souvent à la trappe et que le faire est important. Tout nous poussera toujours à ne pas le faire, justement parce que c'est important. Et lorsque nous décidons de tout de même le faire, malgré les multiples raisons qui nous viennent à l'esprit de ne pas le faire, alors ne pouvant nous arrêter, l'ennemi tentera de nous le faire faire d'une mauvaise manière. Nous sommes devenus des rois et des sacrificateurs, ce que nous faisons a du poids et ne doit jamais être fait à la légère. La louange est le sacrifice de nos lèvres (Hébreux 13.15) et nous devrions avoir le même sérieux que les sacrificateurs de l'ancienne alliance, nous rappelant ce que disait Jérémie : Maudit soit celui qui fait avec négligence l'œuvre de l'Éternel (Jérémie 48.10).
La louange est un service en soi, tout comme la prédication, et tout le monde s'attend à ce que celui qui porte la Parole de Dieu soit rigoureux et ne la déforme pas, par contre, lorsqu'on en vient à louer, cette rigueur disparaît soudainement, tout comme elle disparaît généralement dans la prophétie, presque jamais sérieusement éprouvée. Dès que cela va dans le sens de l'homme, plus aucune vérification n'est de mise, plus aucun sérieux ne se trouve, l'homme est satisfait donc il considère que cela vient de Dieu. Mais lorsque l'homme n'a pas envie d'être repris, soudainement sa vigilance revient, et il veut des preuves, il veut des versets, des références. Il est temps d'être honnête, et soit de n'avoir de rigueur pour rien et cesser de prétendre être des enfants de Dieu, soit en avoir sur tout et enfin le devenir pleinement. Le côté pervers des pharisiens n'a jamais été leur rigueur dans l'observation de la Parole de Dieu, mais le fait qu'ils le faisaient sans l'Esprit de Dieu.
La louange doit retrouver cette rigueur.
L'adoration, de son côté, est une expression physique de notre soumission qui se fait par la prosternation. Elle est souvent devenue un terme utilisé pour essayer de faire croire à une profondeur particulière, alors que dans les faits, elle se résume à ce que j'en disais. C'est l'homme qui se met en position de dépendance totale devant son Dieu.
La question de la restauration à la fois de la louange et de l'adoration ne se pose pas réellement, elle va avoir lieu. La vraie question concerne le fait d'en faire partie ou non. Chacun fera son choix.
